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	<title>Triple Performance - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-09-21T13:40:19Z</updated>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fourniture_d%27azote_par_les_couverts_v%C3%A9g%C3%A9taux&amp;diff=198035</id>
		<title>Fourniture d&#039;azote par les couverts végétaux</title>
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		<updated>2026-09-16T13:42:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : /* Stocker l&amp;#039;azote grâce aux couverts : ce qu&amp;#039;il faut savoir */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique}}&lt;br /&gt;
== Stocker l&#039;azote grâce aux couverts : ce qu&#039;il faut savoir ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Destruction_d&#039;un_couvert_végétal.jpg|vignette|Destruction d&#039;un couvert végétal]]&lt;br /&gt;
Un constat simple d&#039;abord : plus un couvert produit de biomasse, plus il stocke d&#039;azote. Reste ensuite à savoir d&#039;où vient cet azote. Il peut être prélevé dans le sol, c&#039;est le principe de la CIPAN (culture intermédiaire piège à nitrates), ou capté dans l&#039;air, c&#039;est la spécificité des légumineuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;effet CIPAN : toutes les espèces piègent l&#039;azote du sol ===&lt;br /&gt;
Les CIPAN les plus efficaces restent les crucifères (moutarde, radis, navette…), grâce à leur croissance rapide et à leur enracinement puissant. Les légumineuses ont pourtant elles aussi une réelle capacité à prélever l&#039;azote du sol, comme le montre le graphique ci-dessous.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fixation_d&#039;azote_par_les_CIPAN.png|centré|vignette|928x928px|Fixation d&#039;azote par les CIPAN]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;effet CIPAN est en fait commun, dans une certaine mesure, à toutes les espèces. Avant que les nodosités se forment, une légumineuse n&#039;a pas d&#039;autre choix que de puiser dans l&#039;azote minéral du sol pour démarrer. À titre d&#039;exemple, une féverole a besoin d&#039;environ 200 degrés-jours (base 0 °C) avant de produire ses premières nodosités. Pendant cette phase d&#039;installation, elle se comporte donc comme n&#039;importe quelle CIPAN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Toutes les légumineuses ne fixent pas l&#039;azote de la même façon ===&lt;br /&gt;
Une légumineuse est capable de fixer l&#039;azote de l&#039;air, mais cette capacité varie beaucoup d&#039;une espèce à l&#039;autre. Elle dépend aussi fortement de l&#039;azote disponible dans le sol : plus il y a d&#039;azote minéral, moins la plante a « intérêt » à fixer celui de l&#039;air, et plus la fixation diminue.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Inhibition_de_la_fixation_azotée,_.png|centré|vignette|849x849px|Inhibition de la fixation azotée par le reliquat azoté, essais en cultures pleines, thèse de Maé Guinet]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette inhibition est proportionnelle à la quantité d&#039;azote minéral disponible. Il n&#039;existe pas de seuil commun à toutes les espèces, mais la tendance se vérifie de façon générale. Conséquence pratique : semer une légumineuse derrière un précédent qui laisse beaucoup de reliquats, c&#039;est accepter qu&#039;elle fixe peu et qu&#039;elle joue surtout un rôle de CIPAN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut malgré tout dégager une hiérarchie. D&#039;après les travaux des instituts techniques des oléoprotéagineux (Terres Inovia, 2018), les meilleures fixatrices sont les légumineuses fourragères (trèfles, luzerne, vesces…). Viennent ensuite la féverole et le lupin, puis le soja inoculé, les pois, le pois chiche, la lentille et les haricots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Taux_de_fixation_azoté_des_légumineuses.png|centré|vignette|535x535px|Taux de fixation azoté des légumineuses]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attention toutefois, ces résultats peuvent varier localement : le taux de fixation dépend aussi du pédoclimat (type de sol, pH, humidité, température).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fixer beaucoup ET produire beaucoup ===&lt;br /&gt;
Un bon taux de fixation ne suffit pas : ce qui compte pour l&#039;agriculteur, c&#039;est la quantité totale d&#039;azote stockée, c&#039;est-à-dire la combinaison d&#039;une fixation élevée et d&#039;une biomasse importante. Une espèce qui fixe très bien mais produit peu apportera finalement moins qu&#039;une espèce un peu moins performante mais très productive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conditions de culture, lorsque l&#039;on croise ces deux critères, ce sont la féverole et le soja qui ressortent en tête.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Azote_contenu_dans_les_parties_aériennes_de_différentes_espèces_de_légumineuses_en_fonction_de_la_biomasse_produite._Essais_en_culture_sur_deux_années_dans_le_cadre_de_la_thèse_de_Maé_Guinet.png|centré|vignette|711x711px|Azote contenu dans les parties aériennes de différentes espèces de légumineuses en fonction de la biomasse produite. Essais en culture sur deux années dans le cadre de la thèse de Maé Guinet]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Que peut-on attendre des légumineuses en pur en interculture ? ===&lt;br /&gt;
Pour se faire une idée de ce qu&#039;une interculture de légumineuses peut réellement apporter, et de ce qu&#039;elle coûte, on peut s&#039;appuyer sur les essais menés en Suisse par Agroscope. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils donnent, sur plusieurs pédoclimats, la biomasse produite par différentes légumineuses au bout de trois mois ainsi que leur teneur en azote.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Conditions_pédoclimatiques_des_essais_couverts_végétaux_d&#039;Agroscope.png|centré|vignette|575x575px|Conditions pédoclimatiques des essais couverts végétaux d&#039;Agroscope]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ordre de grandeur, une légumineuse bien implantée produit souvent de 2 à 5 t de matière sèche/ha en trois mois, avec une teneur en azote de 3 à 4 %. Cela représente un stock de l&#039;ordre de 60 à 150 kg N/ha dans les parties aériennes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Biomasse_aérienne_produite_par_les_légumineuses_d&#039;interculture_dans_les_essais_Agroscope1.png|centré|vignette|800x800px|Biomasse aérienne produite par les légumineuses d&#039;interculture dans les essais Agroscope]]&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pourcentage_d&#039;azote_dérivé_de_l&#039;air_dans_les_légumineuses_d&#039;interculture_dans_les_essais_Agroscope.png|centré|vignette|803x803px|Pourcentage d&#039;azote dérivé de l&#039;air par les légumineuses d&#039;interculture dans les essais Agroscope]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est un potentiel intéressant, mais très dépendant de la date de semis et de la pluviométrie à l&#039;implantation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La dynamique de restitution de l&#039;azote ===&lt;br /&gt;
Stocker l&#039;azote est une chose, le restituer à la culture suivante en est une autre. Il est très difficile d&#039;estimer précisément la part d&#039;azote d&#039;un couvert qui sera réellement disponible, car la minéralisation dépend de trois grands facteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier est le &#039;&#039;&#039;C/N du couvert&#039;&#039;&#039;. Plus il est bas (légumineuses jeunes, autour de 10 à 15), plus la décomposition est rapide et l&#039;azote vite libéré. À l&#039;inverse, un couvert âgé ou riche en tiges (C/N supérieur à 25-30) peut temporairement « bloquer » de l&#039;azote du sol, les micro-organismes en ayant besoin pour dégrader les résidus : c&#039;est la faim d&#039;azote.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième est la &#039;&#039;&#039;température&#039;&#039;&#039;. Plus il fait chaud, plus les micro-organismes sont actifs et dégradent rapidement les résidus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième est l&#039;&#039;&#039;&#039;humidité du sol&#039;&#039;&#039;. Sans eau, pas de vie microbienne, donc très peu de minéralisation. En cas de sécheresse prolongée, la libération de l&#039;azote contenu dans les couverts peut être quasiment stoppée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ces incertitudes, quelques grandes tendances se dégagent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Sur l&#039;année suivant la destruction ====&lt;br /&gt;
Au-delà de la température et de l&#039;humidité, la part d&#039;azote minéralisé dépend surtout du C/N du couvert et du temps écoulé depuis sa destruction. Plus le C/N est bas et plus la période de décomposition est longue, plus la quantité d&#039;azote libérée est importante. En pratique, une destruction trop tardive d&#039;un couvert de légumineuses peut décaler une partie de la fourniture d&#039;azote au-delà de la période où la culture en a le plus besoin.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pourcentage_d&#039;azote_minéralisé_suivant_la_date_de_destruction_et_le_C-N.png|centré|vignette|668x668px|Pourcentage d&#039;azote minéralisé suivant la date de destruction et le C/N]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour se donner un ordre d&#039;idée, voici des résultats issus de la thèse de Mae Guinet, où les résidus proviennent du précédent cultural, et où le bilan du surcroit d&#039;azote minéralisé a été fait sur le blé suivant.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Quantité totale d’azote dans les résidus aériens des précédents culturaux. Relation entre le rapport C-N des résidus aériens et la proportion d’azote des résidus qui a été minéralisée.png|centré|vignette|699x699px|Quantité totale d’azote dans les résidus aériens des précédents culturaux. Relation entre le rapport C/N des résidus aériens et la proportion d’azote des résidus qui a été minéralisée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Sur plusieurs années ====&lt;br /&gt;
L&#039;effet des couverts ne s&#039;arrête pas à la première année. Une partie de l&#039;azote rejoint la matière organique du sol et sera restituée progressivement. Dans un essai Arvalis, un couvert de pois fourrager associé à de la lentille noire a ainsi permis de restituer 120 unités d&#039;azote sur cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fourniture_d’azote_à_la_culture_suivante_cumulée_par_un_couvert_de_non-légumineuse_(moutarde_blanche)_et_par_un_couvert_de_légumineuse.png|centré|vignette|684x684px|Fourniture d’azote à la culture suivante cumulée par un couvert de non-légumineuse (moutarde blanche) et par un couvert de légumineuse (pois fourrager puis lentille noirâtre). ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est là tout l&#039;intérêt de raisonner les couverts dans la durée : leur bénéfice se construit année après année, en enrichissant progressivement la fourniture d&#039;azote du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources : ==&lt;br /&gt;
https://agronomie.asso.fr/fileadmin/user_upload/revue_aes/aes_vol9_n1_juin2019/aes_vol9_n1_pdf/aes_vol9_n1_04_guinet-et-al_01.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://hal.science/hal-02158172v1/document&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://hal.science/hal-02158172v1/document&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/changins-legumineuses.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.arvalis.fr/infos-techniques/quel-est-leffet-fertilisant-des-cultures-intermediaires&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.terresinovia.fr/sites/default/files/document_library/20126/437704/726505/d%C3%A9ploiement_des_lag_comme_levier_de_la_transition_agro%C3%A9cologique_des_syst%C3%A8mes_de_culture_v.biarn%C3%A8s_%281%29.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fourniture_d%27azote_par_les_couverts_v%C3%A9g%C3%A9taux&amp;diff=198034</id>
		<title>Fourniture d&#039;azote par les couverts végétaux</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fourniture_d%27azote_par_les_couverts_v%C3%A9g%C3%A9taux&amp;diff=198034"/>
		<updated>2026-09-16T13:37:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : Page créée avec « {{Pratique}} == Stocker l&amp;#039;azote grâce aux couverts : ce qu&amp;#039;il faut savoir ==  Destruction d&amp;#039;un couvert végétal  Un constat simple d&amp;#039;abord : plus un couvert produit de biomasse, plus il stocke d&amp;#039;azote. Reste ensuite à savoir d&amp;#039;où vient cet azote. Il peut être prélevé dans le sol, c&amp;#039;est le principe de la CIPAN (culture intermédiaire piège à nitrates), ou capté dans l&amp;#039;air, c&amp;#039;est la spécificité... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique}}&lt;br /&gt;
== Stocker l&#039;azote grâce aux couverts : ce qu&#039;il faut savoir ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Destruction_d&#039;un_couvert_végétal.jpg|vignette|Destruction d&#039;un couvert végétal]]&lt;br /&gt;
Un constat simple d&#039;abord : plus un couvert produit de biomasse, plus il stocke d&#039;azote. Reste ensuite à savoir d&#039;où vient cet azote. Il peut être prélevé dans le sol, c&#039;est le principe de la CIPAN (culture intermédiaire piège à nitrates), ou capté dans l&#039;air, c&#039;est la spécificité des légumineuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;effet CIPAN : toutes les espèces piègent l&#039;azote du sol ===&lt;br /&gt;
Les CIPAN les plus efficaces restent les crucifères (moutarde, radis, navette…), grâce à leur croissance rapide et à leur enracinement puissant. Les légumineuses ont pourtant elles aussi une réelle capacité à prélever l&#039;azote du sol, comme le montre le graphique ci-dessous.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fixation_d&#039;azote_par_les_CIPAN.png|centré|vignette|928x928px|Fixation d&#039;azote par les CIPAN]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;[Graphique : azote prélevé dans le sol selon les espèces de couvert]&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;effet CIPAN est en fait commun, dans une certaine mesure, à toutes les espèces. Avant que les nodosités se forment, une légumineuse n&#039;a pas d&#039;autre choix que de puiser dans l&#039;azote minéral du sol pour démarrer. À titre d&#039;exemple, une féverole a besoin d&#039;environ 200 degrés-jours (base 0 °C) avant de produire ses premières nodosités. Pendant cette phase d&#039;installation, elle se comporte donc comme n&#039;importe quelle CIPAN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Toutes les légumineuses ne fixent pas l&#039;azote de la même façon ===&lt;br /&gt;
Une légumineuse est capable de fixer l&#039;azote de l&#039;air, mais cette capacité varie beaucoup d&#039;une espèce à l&#039;autre. Elle dépend aussi fortement de l&#039;azote disponible dans le sol : plus il y a d&#039;azote minéral, moins la plante a « intérêt » à fixer celui de l&#039;air, et plus la fixation diminue.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Inhibition_de_la_fixation_azotée,_.png|centré|vignette|849x849px|Inhibition de la fixation azotée par le reliquat azoté, essais en cultures pleines, thèse de Maé Guinet]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette inhibition est proportionnelle à la quantité d&#039;azote minéral disponible. Il n&#039;existe pas de seuil commun à toutes les espèces, mais la tendance se vérifie de façon générale. Conséquence pratique : semer une légumineuse derrière un précédent qui laisse beaucoup de reliquats, c&#039;est accepter qu&#039;elle fixe peu et qu&#039;elle joue surtout un rôle de CIPAN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut malgré tout dégager une hiérarchie. D&#039;après les travaux des instituts techniques des oléoprotéagineux (Terres Inovia, 2018), les meilleures fixatrices sont les légumineuses fourragères (trèfles, luzerne, vesces…). Viennent ensuite la féverole et le lupin, puis le soja inoculé, les pois, le pois chiche, la lentille et les haricots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Taux_de_fixation_azoté_des_légumineuses.png|centré|vignette|535x535px|Taux de fixation azoté des légumineuses]]&lt;br /&gt;
Source : [https://www.terresinovia.fr/sites/default/files/document_library/20126/437704/726505/d%C3%A9ploiement_des_lag_comme_levier_de_la_transition_agro%C3%A9cologique_des_syst%C3%A8mes_de_culture_v.biarn%C3%A8s_%281%29.pdf Terres Inovia – Déploiement des légumineuses comme levier de la transition agroécologique]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attention toutefois, ces résultats peuvent varier localement : le taux de fixation dépend aussi du pédoclimat (type de sol, pH, humidité, température).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fixer beaucoup ET produire beaucoup ===&lt;br /&gt;
Un bon taux de fixation ne suffit pas : ce qui compte pour l&#039;agriculteur, c&#039;est la quantité totale d&#039;azote stockée, c&#039;est-à-dire la combinaison d&#039;une fixation élevée et d&#039;une biomasse importante. Une espèce qui fixe très bien mais produit peu apportera finalement moins qu&#039;une espèce un peu moins performante mais très productive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conditions de culture, lorsque l&#039;on croise ces deux critères, ce sont la féverole et le soja qui ressortent en tête.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Azote_contenu_dans_les_parties_aériennes_de_différentes_espèces_de_légumineuses_en_fonction_de_la_biomasse_produite._Essais_en_culture_sur_deux_années_dans_le_cadre_de_la_thèse_de_Maé_Guinet.png|centré|vignette|711x711px|Azote contenu dans les parties aériennes de différentes espèces de légumineuses en fonction de la biomasse produite. Essais en culture sur deux années dans le cadre de la thèse de Maé Guinet]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Que peut-on attendre des légumineuses en pur en interculture ? ===&lt;br /&gt;
Pour se faire une idée de ce qu&#039;une interculture de légumineuses peut réellement apporter, et de ce qu&#039;elle coûte, on peut s&#039;appuyer sur les essais menés en Suisse par Agroscope. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils donnent, sur plusieurs pédoclimats, la biomasse produite par différentes légumineuses au bout de trois mois ainsi que leur teneur en azote.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Conditions_pédoclimatiques_des_essais_couverts_végétaux_d&#039;Agroscope.png|centré|vignette|575x575px|Conditions pédoclimatiques des essais couverts végétaux d&#039;Agroscope]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ordre de grandeur, une légumineuse bien implantée produit souvent de 2 à 5 t de matière sèche/ha en trois mois, avec une teneur en azote de 3 à 4 %. Cela représente un stock de l&#039;ordre de 60 à 150 kg N/ha dans les parties aériennes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Biomasse_aérienne_produite_par_les_légumineuses_d&#039;interculture_dans_les_essais_Agroscope1.png|centré|vignette|800x800px|Biomasse aérienne produite par les légumineuses d&#039;interculture dans les essais Agroscope]]&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pourcentage_d&#039;azote_dérivé_de_l&#039;air_dans_les_légumineuses_d&#039;interculture_dans_les_essais_Agroscope.png|centré|vignette|803x803px|Pourcentage d&#039;azote dérivé de l&#039;air par les légumineuses d&#039;interculture dans les essais Agroscope]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est un potentiel intéressant, mais très dépendant de la date de semis et de la pluviométrie à l&#039;implantation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La dynamique de restitution de l&#039;azote ===&lt;br /&gt;
Stocker l&#039;azote est une chose, le restituer à la culture suivante en est une autre. Il est très difficile d&#039;estimer précisément la part d&#039;azote d&#039;un couvert qui sera réellement disponible, car la minéralisation dépend de trois grands facteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier est le &#039;&#039;&#039;C/N du couvert&#039;&#039;&#039;. Plus il est bas (légumineuses jeunes, autour de 10 à 15), plus la décomposition est rapide et l&#039;azote vite libéré. À l&#039;inverse, un couvert âgé ou riche en tiges (C/N supérieur à 25-30) peut temporairement « bloquer » de l&#039;azote du sol, les micro-organismes en ayant besoin pour dégrader les résidus : c&#039;est la faim d&#039;azote.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième est la &#039;&#039;&#039;température&#039;&#039;&#039;. Plus il fait chaud, plus les micro-organismes sont actifs et dégradent rapidement les résidus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième est l&#039;&#039;&#039;&#039;humidité du sol&#039;&#039;&#039;. Sans eau, pas de vie microbienne, donc très peu de minéralisation. En cas de sécheresse prolongée, la libération de l&#039;azote contenu dans les couverts peut être quasiment stoppée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ces incertitudes, quelques grandes tendances se dégagent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Sur l&#039;année suivant la destruction ====&lt;br /&gt;
Au-delà de la température et de l&#039;humidité, la part d&#039;azote minéralisé dépend surtout du C/N du couvert et du temps écoulé depuis sa destruction. Plus le C/N est bas et plus la période de décomposition est longue, plus la quantité d&#039;azote libérée est importante. En pratique, une destruction trop tardive d&#039;un couvert de légumineuses peut décaler une partie de la fourniture d&#039;azote au-delà de la période où la culture en a le plus besoin.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Pourcentage_d&#039;azote_minéralisé_suivant_la_date_de_destruction_et_le_C-N.png|centré|vignette|668x668px|Pourcentage d&#039;azote minéralisé suivant la date de destruction et le C/N]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour se donner un ordre d&#039;idée, voici des résultats issus de la thèse de Mae Guinet, où les résidus proviennent du précédent cultural, et où le bilan du surcroit d&#039;azote minéralisé a été fait sur le blé suivant.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Quantité totale d’azote dans les résidus aériens des précédents culturaux. Relation entre le rapport C-N des résidus aériens et la proportion d’azote des résidus qui a été minéralisée.png|centré|vignette|699x699px|Quantité totale d’azote dans les résidus aériens des précédents culturaux. Relation entre le rapport C/N des résidus aériens et la proportion d’azote des résidus qui a été minéralisée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Sur plusieurs années ====&lt;br /&gt;
L&#039;effet des couverts ne s&#039;arrête pas à la première année. Une partie de l&#039;azote rejoint la matière organique du sol et sera restituée progressivement. Dans un essai Arvalis, un couvert de pois fourrager associé à de la lentille noire a ainsi permis de restituer 120 unités d&#039;azote sur cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Fourniture_d’azote_à_la_culture_suivante_cumulée_par_un_couvert_de_non-légumineuse_(moutarde_blanche)_et_par_un_couvert_de_légumineuse.png|centré|vignette|684x684px|Fourniture d’azote à la culture suivante cumulée par un couvert de non-légumineuse (moutarde blanche) et par un couvert de légumineuse (pois fourrager puis lentille noirâtre). ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est là tout l&#039;intérêt de raisonner les couverts dans la durée : leur bénéfice se construit année après année, en enrichissant progressivement la fourniture d&#039;azote du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources : ==&lt;br /&gt;
https://agronomie.asso.fr/fileadmin/user_upload/revue_aes/aes_vol9_n1_juin2019/aes_vol9_n1_pdf/aes_vol9_n1_04_guinet-et-al_01.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://hal.science/hal-02158172v1/document&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://hal.science/hal-02158172v1/document&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/changins-legumineuses.pdf&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Quantit%C3%A9_totale_d%E2%80%99azote_dans_les_r%C3%A9sidus_a%C3%A9riens_des_pr%C3%A9c%C3%A9dents_culturaux._Relation_entre_le_rapport_C-N_des_r%C3%A9sidus_a%C3%A9riens_et_la_proportion_d%E2%80%99azote_des_r%C3%A9sidus_qui_a_%C3%A9t%C3%A9_min%C3%A9ralis%C3%A9e.png&amp;diff=198033</id>
		<title>Fichier:Quantité totale d’azote dans les résidus aériens des précédents culturaux. Relation entre le rapport C-N des résidus aériens et la proportion d’azote des résidus qui a été minéralisée.png</title>
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		<updated>2026-09-16T13:37:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Quantité totale d’azote dans les résidus aériens des précédents culturaux. Relation entre le rapport C/N des résidus aériens et la proportion d’azote des résidus qui a été minéralisée&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<updated>2026-09-16T13:32:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Pourcentage d&#039;azote minéralisé suivant la date de destruction et le C/N&lt;/div&gt;</summary>
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		<updated>2026-09-16T13:29:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Fourniture d’azote à la culture suivante cumulée par un couvert de non-légumineuse (moutarde blanche) et par un couvert de légumineuse (pois fourrager puis lentille noirâtre). Essai moyenne durée ARVALIS de Boigneville (91-limon argileux) 2007-2011. Les chiffres indiquent les quantités d’azote contenu dans les parties aériennes des couverts chaque année.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<updated>2026-09-16T13:25:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Pourcentage d&#039;azote dérivé de l&#039;air dans les légumineuses d&#039;interculture dans les essais Agroscope&lt;/div&gt;</summary>
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		<updated>2026-09-16T13:24:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse aérienne produite par les légumineuses d&#039;interculture dans les essais Agroscope&lt;/div&gt;</summary>
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		<updated>2026-09-16T13:22:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse aérienne produite par les légumineuses d&#039;interculture dans les essais Agroscope&lt;/div&gt;</summary>
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		<updated>2026-09-16T13:21:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Conditions pédoclimatiques des essais couverts végétaux d&#039;Agroscope&lt;/div&gt;</summary>
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		<title>Fichier:Azote contenu dans les parties aériennes de différentes espèces de légumineuses en fonction de la biomasse produite. Essais en culture sur deux années dans le cadre de la thèse de Maé Guinet.png</title>
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		<updated>2026-09-16T13:19:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Azote contenu dans les parties aériennes de différentes espèces de légumineuses en fonction de la biomasse produite. Essais en culture sur deux années dans le cadre de la thèse de Maé Guinet&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<title>Fichier:Azote contenu la biomasse de différentes espèces de légumineuses en fonction de la biomasse produite. Essais en culture sur deux années dans le cadre de la thèse de Maé Guinet.png</title>
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		<updated>2026-09-16T13:17:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Azote contenu la biomasse de différentes espèces de légumineuses en fonction de la biomasse produite. Essais en culture sur deux années dans le cadre de la thèse de Maé Guinet&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Taux_de_fixation_azot%C3%A9_des_l%C3%A9gumineuses.png&amp;diff=198024</id>
		<title>Fichier:Taux de fixation azoté des légumineuses.png</title>
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		<updated>2026-09-16T13:15:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Taux de fixation azoté des légumineuses&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Inhibition_de_la_fixation_azot%C3%A9e,_.png&amp;diff=198023</id>
		<title>Fichier:Inhibition de la fixation azotée, .png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Inhibition_de_la_fixation_azot%C3%A9e,_.png&amp;diff=198023"/>
		<updated>2026-09-16T13:13:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Inhibition de la fixation azotée par le reliquat azoté, essais en cultures pleines, thèse de Maé Guinet&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Fixation_d%27azote_par_les_CIPAN.png&amp;diff=198022</id>
		<title>Fichier:Fixation d&#039;azote par les CIPAN.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Fixation_d%27azote_par_les_CIPAN.png&amp;diff=198022"/>
		<updated>2026-09-16T13:11:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Fixation d&#039;azote par les CIPAN&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Destruction_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal.jpg&amp;diff=198021</id>
		<title>Fichier:Destruction d&#039;un couvert végétal.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Destruction_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal.jpg&amp;diff=198021"/>
		<updated>2026-09-16T13:07:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Destruction d&#039;un couvert végétal&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Estimer_la_biomasse_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal_visuellement&amp;diff=197670</id>
		<title>Estimer la biomasse d&#039;un couvert végétal visuellement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Estimer_la_biomasse_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal_visuellement&amp;diff=197670"/>
		<updated>2026-09-03T09:28:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
|Image=Couvert au stade levée.jpg&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On vous présente ici deux façons de chiffrer la biomasse d&#039;un couvert avant destruction : le calcul suisse, hauteur × couverture, et la calibration de l’œil sur des photos de référence d&#039;Arvalis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La méthode suisse : hauteur × couverture ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les suisses d&#039;Agroscope ont mis au point une méthode permettant de prédire la biomasse d&#039;un couvert sans avoir à faire de pesées&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le principe est simple : la biomasse produite par un couvert végétal occupe un volume donné. Ce volume peut être estimé visuellement en combinant deux paramètres : la hauteur du couvert et la proportion du sol qu’il recouvre. L’indice de volume obtenu est ensuite proportionnel à la quantité de matière sèche produite.&lt;br /&gt;
La méthode se déroule en trois étapes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;1. Mesurer la hauteur moyenne du couvert&#039;&#039;&#039; (en centimètres), directement sur le terrain, sans étirer les plantes. =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;2. Estimer le taux de couverture du sol&#039;&#039;&#039; (en %), =====&lt;br /&gt;
Soit via une photographie avec l&#039;application smartphone gratuite CANOPEO, soit visuellement avec le document ci dessous&lt;br /&gt;
[[Fichier:Couverture sol.png|centré|vignette|928x928px|Echelle de couverture du sol (issue de Büchi et al., 2016)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;3. Calculer la biomasse produite (en kg/ha)&#039;&#039;&#039; =====&lt;br /&gt;
[[Fichier:Équation calcul.png|centré|vignette|795x795px|Equation de calcul définie par Büchi et al.]]&lt;br /&gt;
Pour les espèces pures «jeunes» (avant floraison), il est recommandé de prendre la pente et la constante spécifiques à l’espèce indiquées dans le tableau ci dessous. • A un stade plus avancé, l’utilisation du modèle global est plus robuste face aux différences de conditions de croissance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les mélanges, prendre les valeurs du modèle global.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tableau de calcul 2.png|centré|vignette|1104x1104px|Densité et constante permettant d’estimer la biomasse à partir de la couverture du sol et de la hauteur pour vingt espèces de couverts végétaux. Teneur en nutriments et rapport C/N mesurés pour les vingt espèces à 48 et 85 jours après semis (jas).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;4. Calculer le prélèvement en nutriments (en kg/ha)&#039;&#039;&#039; =====&lt;br /&gt;
[[Fichier:Équation mélange.png|centré|vignette|758x758px]]&lt;br /&gt;
Pour les mélanges: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
• Estimer visuellement la part de biomasse produite par chacune des espèces composant le mélange. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
• Calculer le prélèvement de chaque espèce à partir de la part de biomasse produite par chacune et des valeurs spécifiques données dans le tableau ci-dessus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
• Additionner le prélèvement de chaque espèce pour calculer le prélèvement du mélange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce fiable ? ===&lt;br /&gt;
La réponse est oui. Le modèle est fiable, avec une fiabilité supérieure à 90% pour la plupart des espèces. Bien sur , il faut répéter la mesure à plusieurs endroits de la parcelle pour avoir une bonne estimation de la biomasse du couvert végétal d&#039;interculture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Validation modèle.png|centré|vignette|839x839px|Biomasse mesurée et biomasse prédite par les modèles spécifiques et par le modèle global pour six espèces cultivées l’année après l’essai ayant servi au calibrage des modèles. A: moutarde sarepta; B: radis chinois; C: pois fourrager; D: avoine rude; E: niger; F: phacélie.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La méthode Arvalis : se baser sur une banque de photographies : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Moutarde blanche ====&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Moutarde blande.png|centré|vignette|979x979px|Biomasse sèche de la moutarde blanche à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Radis fourrager ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;Attention au pivot : une part de la masse du radis se trouve au collet et en surface du sol, invisible sur une vue de dessus.&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Radis fourrager.png|centré|vignette|1078x1078px|Biomasse sèche du radis fourrager à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Phacélie ===&lt;br /&gt;
Le port dense et le feuillage découpé ferment le sol tôt. La différence entre 1 et 3 t se joue presque entièrement sur la hauteur.&amp;lt;div&amp;gt;[[Fichier:Phacélie 2.png|centré|vignette|1075x1075px|Biomasse sèche de la phacélie à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Graminées et céréales ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;RGI, seigle et avoine. Le port dressé rend le repère visuel plus fiable que chez les crucifères : la hauteur reste informative jusqu’à 4 t.&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;[[Fichier:Graminées.png|centré|vignette|1071x1071px|Biomasse sèche des graminées à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Légumineuses ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;Vesce commune et du Bengale, pois fourrager, féverole, lentille. Les vesces s’étalent : à 4 t, le couvert reste bas et la seule hauteur trompe.&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;[[Fichier:Légumineuses 2.png|centré|vignette|1047x1047px|Biomasse sèche des légumineuses à différents stades (Photos Arvalis)]]&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mélanges d&#039;espèces ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;[[Fichier:Mélange.png|centré|vignette|1074x1074px|Biomasse sèche des mélanges d&#039;espèces (Photos Arvalis)]]&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;https://www.progres-sol.ch/fileadmin/progres-sol/documents/FicheBiomasseCouvertsVegetaux.pdf&lt;br /&gt;
https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2016/03/methode-non-destructive-destimation-de-la-biomasse-de-couverts-vegetaux/&lt;br /&gt;
https://www.arvalis.fr/infos-techniques/estimer-les-quantites-dazote-absorbe-en-trois-etapes&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Estimer_la_biomasse_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal_visuellement&amp;diff=197669</id>
		<title>Estimer la biomasse d&#039;un couvert végétal visuellement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Estimer_la_biomasse_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal_visuellement&amp;diff=197669"/>
		<updated>2026-09-03T09:26:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
|Image=Couvert au stade levée.jpg&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On vous présente ici deux façons de chiffrer un couvert avant destruction : le calcul suisse, hauteur × couverture, et la calibration de l’œil sur des photos de référence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La méthode suisse : hauteur × couverture ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les suisses d&#039;Agroscope ont mis au point une méthode permettant de prédire la biomasse d&#039;un couvert sans avoir à faire de pesées&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le principe est simple : la biomasse produite par un couvert végétal occupe un volume donné. Ce volume peut être estimé visuellement en combinant deux paramètres : la hauteur du couvert et la proportion du sol qu’il recouvre. L’indice de volume obtenu est ensuite proportionnel à la quantité de matière sèche produite.&lt;br /&gt;
La méthode se déroule en trois étapes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;1. Mesurer la hauteur moyenne du couvert&#039;&#039;&#039; (en centimètres), directement sur le terrain, sans étirer les plantes. =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;2. Estimer le taux de couverture du sol&#039;&#039;&#039; (en %), =====&lt;br /&gt;
Soit via une photographie avec l&#039;application smartphone gratuite CANOPEO, soit visuellement avec le document ci dessous&lt;br /&gt;
[[Fichier:Couverture sol.png|centré|vignette|928x928px|Echelle de couverture du sol (issue de Büchi et al., 2016)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;3. Calculer la biomasse produite (en kg/ha)&#039;&#039;&#039; =====&lt;br /&gt;
[[Fichier:Équation calcul.png|centré|vignette|795x795px|Equation de calcul définie par Büchi et al.]]&lt;br /&gt;
Pour les espèces pures «jeunes» (avant floraison), il est recommandé de prendre la pente et la constante spécifiques à l’espèce indiquées dans le tableau ci dessous. • A un stade plus avancé, l’utilisation du modèle global est plus robuste face aux différences de conditions de croissance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les mélanges, prendre les valeurs du modèle global.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tableau de calcul 2.png|centré|vignette|1104x1104px|Densité et constante permettant d’estimer la biomasse à partir de la couverture du sol et de la hauteur pour vingt espèces de couverts végétaux. Teneur en nutriments et rapport C/N mesurés pour les vingt espèces à 48 et 85 jours après semis (jas).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== &#039;&#039;&#039;4. Calculer le prélèvement en nutriments (en kg/ha)&#039;&#039;&#039; =====&lt;br /&gt;
[[Fichier:Équation mélange.png|centré|vignette|758x758px]]&lt;br /&gt;
Pour les mélanges: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
• Estimer visuellement la part de biomasse produite par chacune des espèces composant le mélange. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
• Calculer le prélèvement de chaque espèce à partir de la part de biomasse produite par chacune et des valeurs spécifiques données dans le tableau ci-dessus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
• Additionner le prélèvement de chaque espèce pour calculer le prélèvement du mélange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Est-ce fiable ? ===&lt;br /&gt;
La réponse est oui. Le modèle est fiable, avec une fiabilité supérieure à 90% pour la plupart des espèces. Bien sur , il faut répéter la mesure à plusieurs endroits de la parcelle pour avoir une bonne estimation de la biomasse du couvert végétal d&#039;interculture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Validation modèle.png|centré|vignette|839x839px|Biomasse mesurée et biomasse prédite par les modèles spécifiques et par le modèle global pour six espèces cultivées l’année après l’essai ayant servi au calibrage des modèles. A: moutarde sarepta; B: radis chinois; C: pois fourrager; D: avoine rude; E: niger; F: phacélie.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La méthode Arvalis : se baser sur une banque de photographies : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Moutarde blanche ====&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Moutarde blande.png|centré|vignette|979x979px|Biomasse sèche de la moutarde blanche à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Radis fourrager ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;Attention au pivot : une part de la masse du radis se trouve au collet et en surface du sol, invisible sur une vue de dessus.&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Radis fourrager.png|centré|vignette|1078x1078px|Biomasse sèche du radis fourrager à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Phacélie ===&lt;br /&gt;
Le port dense et le feuillage découpé ferment le sol tôt. La différence entre 1 et 3 t se joue presque entièrement sur la hauteur.&amp;lt;div&amp;gt;[[Fichier:Phacélie 2.png|centré|vignette|1075x1075px|Biomasse sèche de la phacélie à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Graminées et céréales ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;RGI, seigle et avoine. Le port dressé rend le repère visuel plus fiable que chez les crucifères : la hauteur reste informative jusqu’à 4 t.&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;[[Fichier:Graminées.png|centré|vignette|1071x1071px|Biomasse sèche des graminées à différents stades (Photos Arvalis)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Légumineuses ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;Vesce commune et du Bengale, pois fourrager, féverole, lentille. Les vesces s’étalent : à 4 t, le couvert reste bas et la seule hauteur trompe.&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;[[Fichier:Légumineuses 2.png|centré|vignette|1047x1047px|Biomasse sèche des légumineuses à différents stades (Photos Arvalis)]]&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mélanges d&#039;espèces ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;[[Fichier:Mélange.png|centré|vignette|1074x1074px|Biomasse sèche des mélanges d&#039;espèces (Photos Arvalis)]]&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;https://www.progres-sol.ch/fileadmin/progres-sol/documents/FicheBiomasseCouvertsVegetaux.pdf&lt;br /&gt;
https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2016/03/methode-non-destructive-destimation-de-la-biomasse-de-couverts-vegetaux/&lt;br /&gt;
https://www.arvalis.fr/infos-techniques/estimer-les-quantites-dazote-absorbe-en-trois-etapes&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Validation_mod%C3%A8le.png&amp;diff=197668</id>
		<title>Fichier:Validation modèle.png</title>
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		<updated>2026-09-03T09:24:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse mesurée et biomasse prédite par les modèles spécifiques et par le modèle global pour six espèces cultivées l’année après&lt;br /&gt;
l’essai ayant servi au calibrage des modèles. A: moutarde sarepta; B: radis chinois; C: pois fourrager; D: avoine rude; E: niger; F: phacélie.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:%C3%89quation_calcul.png&amp;diff=197667</id>
		<title>Fichier:Équation calcul.png</title>
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		<updated>2026-09-03T09:22:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Equation de calcul définie par Büchi et al.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<updated>2026-09-03T09:21:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;équation mélange&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Tableau_de_calcul_2.png&amp;diff=197665</id>
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		<updated>2026-09-03T09:16:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Densité et constante permettant d’estimer la biomasse à partir de la couverture du sol et de la hauteur pour vingt espèces de couverts végétaux. Teneur en nutriments et rapport C/N mesurés pour les vingt espèces à 48 et 85 jours après semis (jas).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<updated>2026-09-03T09:15:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Densité et constante permettant d’estimer la biomasse à partir de la couverture du sol et de la hauteur pour vingt espèces de couverts végétaux. Teneur en nutriments et rapport C/N mesurés pour les vingt espèces à 48 et 85 jours après semis (jas).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<title>Fichier:Équation.png</title>
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		<updated>2026-09-03T09:11:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Equation de calcul définie par Büchi et al.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Couverture_sol.png&amp;diff=197662</id>
		<title>Fichier:Couverture sol.png</title>
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		<updated>2026-09-03T09:05:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Echelle de couverture du sol (issue de Büchi et al., 2016)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Estimer_la_biomasse_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal_visuellement&amp;diff=197661</id>
		<title>Estimer la biomasse d&#039;un couvert végétal visuellement</title>
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		<updated>2026-09-03T09:01:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : Page créée avec « {{Pratique |Image=Couvert au stade levée.jpg }} On vous présente ici deux façons de chiffrer un couvert avant destruction : le calcul suisse, hauteur × couverture, et la calibration de l’œil sur des photos de référence.    == La méthode suisse : hauteur × couverture ==      Les suisses d&amp;#039;Agroscope ont mis au point une méthode permettant de prédire la biomasse d&amp;#039;un couvert sans avoir à faire de pesées    Le principe est simple : la biomasse produite... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
|Image=Couvert au stade levée.jpg&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On vous présente ici deux façons de chiffrer un couvert avant destruction : le calcul suisse, hauteur × couverture, et la calibration de l’œil sur des photos de référence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La méthode suisse : hauteur × couverture ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les suisses d&#039;Agroscope ont mis au point une méthode permettant de prédire la biomasse d&#039;un couvert sans avoir à faire de pesées&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le principe est simple : la biomasse produite par un couvert végétal occupe un volume donné. Ce volume peut être estimé visuellement en combinant deux paramètres : la hauteur du couvert et la proportion du sol qu’il recouvre. L’indice de volume obtenu est ensuite proportionnel à la quantité de matière sèche produite.&lt;br /&gt;
La méthode se déroule en trois étapes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Mesurer la hauteur moyenne du couvert&#039;&#039;&#039; (en centimètres), directement sur le terrain, sans étirer les plantes.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Estimer le taux de couverture du sol&#039;&#039;&#039; (en pourcentage), soit à l’aide de l’application Canopéo, soit en s’appuyant sur les valeurs de référence présentées ci-dessous.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Appliquer le coefficient de densité ainsi que les constantes de calcul&#039;&#039;&#039; afin d’estimer la production de matière sèche du couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Moutarde blanche ====&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Moutarde blande.png|centré|vignette|979x979px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Radis fourrager ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;Attention au pivot : une part de la masse du radis se trouve au collet et en surface du sol, invisible sur une vue de dessus.&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Radis fourrager.png|centré|vignette|1078x1078px|Biomasse sèche du radis fourrager à différents stades]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Phacélie ===&lt;br /&gt;
Le port dense et le feuillage découpé ferment le sol tôt. La différence entre 1 et 3 t se joue presque entièrement sur la hauteur.&amp;lt;div&amp;gt;[[Fichier:Phacélie 2.png|centré|vignette|1075x1075px|Biomasse sèche de la phacélie à différents stades]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Graminées et céréales ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;RGI, seigle et avoine. Le port dressé rend le repère visuel plus fiable que chez les crucifères : la hauteur reste informative jusqu’à 4 t.&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;[[Fichier:Graminées.png|centré|vignette|1071x1071px|Biomasse sèche des graminées à différents stades]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Légumineuses ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;Vesce commune et du Bengale, pois fourrager, féverole, lentille. Les vesces s’étalent : à 4 t, le couvert reste bas et la seule hauteur trompe.&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;[[Fichier:Légumineuses 2.png|centré|vignette|1047x1047px|Biomasse sèche des légumineuses à différents stades]]&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mélanges d&#039;espèces ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;div&amp;gt;[[Fichier:Mélange.png|centré|vignette|1074x1074px|Biomasse sèche des mélanges d&#039;espèces]]&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&amp;lt;div&amp;gt;&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:M%C3%A9lange.png&amp;diff=197660</id>
		<title>Fichier:Mélange.png</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse sèche des mélanges d&#039;espèces&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:L%C3%A9gumineuses_2.png&amp;diff=197659</id>
		<title>Fichier:Légumineuses 2.png</title>
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		<updated>2026-09-03T08:59:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse sèche des légumineuses à différents stades&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Gramin%C3%A9es.png&amp;diff=197658</id>
		<title>Fichier:Graminées.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Gramin%C3%A9es.png&amp;diff=197658"/>
		<updated>2026-09-03T08:57:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse sèche des graminées à différents stades&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Phac%C3%A9lie_2.png&amp;diff=197657</id>
		<title>Fichier:Phacélie 2.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Phac%C3%A9lie_2.png&amp;diff=197657"/>
		<updated>2026-09-03T08:56:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse sèche de la phacélie à différents stades&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Radis_fourrager.png&amp;diff=197656</id>
		<title>Fichier:Radis fourrager.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Radis_fourrager.png&amp;diff=197656"/>
		<updated>2026-09-03T08:54:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse sèche du radis fourrager à différents stades&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Moutarde_blande.png&amp;diff=197655</id>
		<title>Fichier:Moutarde blande.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Moutarde_blande.png&amp;diff=197655"/>
		<updated>2026-09-03T08:51:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Biomasse sèche moutarde blanche&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Couvert_au_stade_lev%C3%A9e.jpg&amp;diff=197654</id>
		<title>Fichier:Couvert au stade levée.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Couvert_au_stade_lev%C3%A9e.jpg&amp;diff=197654"/>
		<updated>2026-09-03T08:44:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Couvert au stade levée&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Volatilisation_de_l%27azote_contenu_dans_un_couvert_lors_de_sa_destruction&amp;diff=197647</id>
		<title>Volatilisation de l&#039;azote contenu dans un couvert lors de sa destruction</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Volatilisation_de_l%27azote_contenu_dans_un_couvert_lors_de_sa_destruction&amp;diff=197647"/>
		<updated>2026-09-02T10:41:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:Broyage_d&#039;un_couvert_végétal_d&#039;interculture.png|vignette|Broyage d&#039;un couvert végétal d&#039;interculture, source, A2C]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait qu’une matière organique contenant de l’azote, lorsqu’elle est exposée à des températures élevées, au vent et reste en surface du sol, peut perdre une partie de son azote sous forme d’ammoniac (NH₃). Il est donc logique de se demander si les couverts végétaux d’interculture perdent une partie de l’azote qu’ils ont accumulé au moment de leur destruction, notamment lorsqu’ils sont broyés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un couvert peut il perdre son azote par volatilisation lors de la destruction ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse est &#039;&#039;&#039;oui&#039;&#039;&#039;, mais dans la plupart des situations agricoles, cette perte reste relativement faible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de De Ruijter montrent que les émissions d’ammoniac deviennent pratiquement négligeables lorsque les résidus contiennent moins de &#039;&#039;&#039;12,7 g d’azote par kg de matière sèche&#039;&#039;&#039;. Autrement dit, plus la concentration en azote des résidus diminue, plus le risque de volatilisation est faible (https://edepot.wur.nl/213704).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Volatilisation_azote.jpg|centré|vignette|865x865px|Volatilisation du NH3 contenu dans différents résidus de culture, traduit de Ruijter]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rapport C/N reste un bon indicateur du risque ==&lt;br /&gt;
Sur le terrain, le moyen le plus simple d’estimer ce risque est de regarder le rapport &#039;&#039;&#039;carbone/azote (C/N)&#039;&#039;&#039; du couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ci-dessous, nous avons repris les données du projet MERCI, qui présentent l’évolution du rapport C/N des principaux couverts végétaux d’interculture en fonction de leur durée de croissance dans les conditions françaises.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Rapport_C-N_des_principales_familles_de_cultures_intermédiaires_en_fonction_de_leur_durée_de_croissance_(en_jours).png|centré|vignette|856x856px|Rapport C/N des principales familles de cultures intermédiaires en fonction de leur durée de croissance (en jours). Données issues du Projet MERCI, provenant de 591 essais de 38 partenaires (chambres d’Agriculture, instituts techniques agricoles, Inrae, coopératives, établissements d’enseignement supérieur et de recherche…) de 1983 à 2020.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On observe que le risque de volatilisation diminue très rapidement à mesure que le couvert vieillit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les essais de De Ruijter mettent en évidence que :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* lorsque le &#039;&#039;&#039;rapport C/N dépasse 10&#039;&#039;&#039;, les pertes d’azote sous forme de NH₃ deviennent généralement &#039;&#039;&#039;inférieures à 10 % de l’azote contenu dans les résidus&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* lorsque le &#039;&#039;&#039;rapport C/N dépasse 15&#039;&#039;&#039;, ces pertes tombent généralement &#039;&#039;&#039;sous les 5 %&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces pourcentages correspondent à la part de l’azote total contenu dans les résidus de culture ou de couvert laissés &#039;&#039;&#039;à la surface du sol&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Relation_entre_l&#039;émission_cumulée_d&#039;ammoniac_après_37_jours.png|centré|vignette|606x606px|Relation entre l&#039;émission cumulée d&#039;ammoniac après 37 jours (exprimée en pourcentage de l&#039;azote appliqué) et le rapport C/N. &#039;&#039;Source : De Ruijter et al., 2010.&#039;&#039;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Que représente cette perte en pratique ? ==&lt;br /&gt;
Un couvert riche en légumineuses fixe généralement entre &#039;&#039;&#039;30 et 45 kg d’azote par tonne de matière sèche&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons un couvert produisant &#039;&#039;&#039;3 tonnes de matière sèche&#039;&#039;&#039; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* il contient environ &#039;&#039;&#039;90 à 135 unités d’azote&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* une volatilisation de &#039;&#039;&#039;5 à 10 %&#039;&#039;&#039; représente donc une perte de l’ordre de &#039;&#039;&#039;5 à 10 unités d’azote&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, même dans un scénario relativement favorable à la volatilisation, on reste sur des quantités modestes comparées à l’azote total recyclé par le couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Teneur_azotée_des_parties_aériennes_des_couverts.png|centré|vignette|585x585px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut également rappeler que la majorité des destructions de couverts ont lieu en automne tardif ou en hiver. À cette période, les températures sont basses, l’activité enzymatique est réduite et les conditions sont beaucoup moins favorables à la volatilisation. Les pertes réelles sont donc souvent encore plus faibles que celles observées dans les essais conduits dans des conditions plus favorables aux émissions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’incorporation des résidus peut changer la donne : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de préciser que les résultats précédents concernent des résidus &#039;&#039;&#039;laissés en surface&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès que les résidus sont incorporés dans le sol, même superficiellement, la volatilisation devient quasiment nulle. L’ammonium (NH₄⁺) libéré lors de la décomposition est rapidement retenu par le complexe argilo-humique et transformé par les micro-organismes du sol, ce qui limite fortement les pertes sous forme d’ammoniac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Harris et Hesterman (1991) illustrent bien cette différence entre des résidus laissés en surface et des résidus incorporés.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Taux_d&#039;évolution_nette_de_l&#039;NH₄⁺_issu_de_la_décomposition_d&#039;un_engrais_vert_au_cours_de_trois_périodes_d&#039;incubation_consécutives,_selon_le_positionnement_des_résidus..png|centré|vignette|747x747px|Taux d&#039;évolution nette de l&#039;NH₄⁺ issu de la décomposition d&#039;un engrais vert de lentilles au cours de trois périodes d&#039;incubation consécutives, selon le positionnement des résidus.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Broyage ou roulage : existe-t-il une différence ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une dernière question se pose naturellement : &#039;&#039;&#039;le broyage favorise-t-il davantage la volatilisation que le roulage ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le broyage fragmente les tissus végétaux, augmente la surface d’échange avec l’air et accélère la décomposition. On pourrait donc penser qu’il favorise également les pertes d’ammoniac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’inverse, un couvert roulé conserve plus longtemps son intégrité, ce qui pourrait ralentir la minéralisation et donc limiter temporairement les émissions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, à ce jour, nous n’avons pas identifié d’essais comparatifs permettant de quantifier précisément cette différence. Les quelques données disponibles concernent principalement la composition des résidus, leur rapport C/N ou leur mode de positionnement (surface ou incorporation), mais très rarement le mode de destruction lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu des connaissances actuelles, il semble que &#039;&#039;&#039;le rapport C/N du couvert, les conditions météorologiques au moment de la destruction et le fait que les résidus restent en surface ou soient incorporés aient un impact bien plus important que le choix entre broyage et roulage.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sources : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0167880924000896&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://edepot.wur.nl/290558&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://edepot.wur.nl/213704&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://ui.adsabs.harvard.edu/abs/1991SBiBi..23..291J/abstract&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/003807179190066S?via%3Dihub&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Volatilisation_de_l%27azote_contenu_dans_un_couvert_lors_de_sa_destruction&amp;diff=197646</id>
		<title>Volatilisation de l&#039;azote contenu dans un couvert lors de sa destruction</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Volatilisation_de_l%27azote_contenu_dans_un_couvert_lors_de_sa_destruction&amp;diff=197646"/>
		<updated>2026-09-02T10:37:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : Page créée avec « {{Pratique}} Broyage d&amp;#039;un couvert végétal d&amp;#039;interculture, source, A2C      On sait qu’une matière organique contenant de l’azote, lorsqu’elle est exposée à des températures élevées, au vent et reste en surface du sol, peut perdre une partie de son azote sous forme d’ammoniac (NH₃). Il est donc logique de se demander si les couverts végétaux d’interculture perdent une part... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:Broyage_d&#039;un_couvert_végétal_d&#039;interculture.png|vignette|Broyage d&#039;un couvert végétal d&#039;interculture, source, A2C]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait qu’une matière organique contenant de l’azote, lorsqu’elle est exposée à des températures élevées, au vent et reste en surface du sol, peut perdre une partie de son azote sous forme d’ammoniac (NH₃). Il est donc logique de se demander si les couverts végétaux d’interculture perdent une partie de l’azote qu’ils ont accumulé au moment de leur destruction, notamment lorsqu’ils sont broyés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un couvert peut il perdre son azote par volatilisation lors de la destruction ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse est &#039;&#039;&#039;oui&#039;&#039;&#039;, mais dans la plupart des situations agricoles, cette perte reste relativement faible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de De Ruijter montrent que les émissions d’ammoniac deviennent pratiquement négligeables lorsque les résidus contiennent moins de &#039;&#039;&#039;12,7 g d’azote par kg de matière sèche&#039;&#039;&#039;. Autrement dit, plus la concentration en azote des résidus diminue, plus le risque de volatilisation est faible (https://edepot.wur.nl/213704).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Volatilisation_azote.jpg|centré|vignette|865x865px|Volatilisation du NH3 contenu dans différents résidus de culture, traduit de Ruijter]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rapport C/N reste un bon indicateur du risque ==&lt;br /&gt;
Sur le terrain, le moyen le plus simple d’estimer ce risque est de regarder le rapport &#039;&#039;&#039;carbone/azote (C/N)&#039;&#039;&#039; du couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ci-dessous, nous avons repris les données du projet MERCI, qui présentent l’évolution du rapport C/N des principaux couverts végétaux d’interculture en fonction de leur durée de croissance dans les conditions françaises.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Rapport_C-N_des_principales_familles_de_cultures_intermédiaires_en_fonction_de_leur_durée_de_croissance_(en_jours).png|centré|vignette|856x856px|Rapport C/N des principales familles de cultures intermédiaires en fonction de leur durée de croissance (en jours). Données issues du Projet MERCI, provenant de 591 essais de 38 partenaires (chambres d’Agriculture, instituts techniques agricoles, Inrae, coopératives, établissements d’enseignement supérieur et de recherche…) de 1983 à 2020.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On observe que le risque de volatilisation diminue très rapidement à mesure que le couvert vieillit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les essais de De Ruijter mettent en évidence que :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* lorsque le &#039;&#039;&#039;rapport C/N dépasse 10&#039;&#039;&#039;, les pertes d’azote sous forme de NH₃ deviennent généralement &#039;&#039;&#039;inférieures à 10 % de l’azote contenu dans les résidus&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* lorsque le &#039;&#039;&#039;rapport C/N dépasse 15&#039;&#039;&#039;, ces pertes tombent généralement &#039;&#039;&#039;sous les 5 %&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces pourcentages correspondent à la part de l’azote total contenu dans les résidus de culture ou de couvert laissés &#039;&#039;&#039;à la surface du sol&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Relation_entre_l&#039;émission_cumulée_d&#039;ammoniac_après_37_jours.png|centré|vignette|606x606px|Relation entre l&#039;émission cumulée d&#039;ammoniac après 37 jours (exprimée en pourcentage de l&#039;azote appliqué) et le rapport C/N. &#039;&#039;Source : De Ruijter et al., 2010.&#039;&#039;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Que représente cette perte en pratique ? ==&lt;br /&gt;
Un couvert riche en légumineuses fixe généralement entre &#039;&#039;&#039;30 et 45 kg d’azote par tonne de matière sèche&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons un couvert produisant &#039;&#039;&#039;3 tonnes de matière sèche&#039;&#039;&#039; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* il contient environ &#039;&#039;&#039;90 à 135 unités d’azote&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
* une volatilisation de &#039;&#039;&#039;5 à 10 %&#039;&#039;&#039; représente donc une perte de l’ordre de &#039;&#039;&#039;5 à 10 unités d’azote&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, même dans un scénario relativement favorable à la volatilisation, on reste sur des quantités modestes comparées à l’azote total recyclé par le couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Teneur_azotée_des_parties_aériennes_des_couverts.png|centré|vignette|585x585px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut également rappeler que la majorité des destructions de couverts ont lieu en automne tardif ou en hiver. À cette période, les températures sont basses, l’activité enzymatique est réduite et les conditions sont beaucoup moins favorables à la volatilisation. Les pertes réelles sont donc souvent encore plus faibles que celles observées dans les essais conduits dans des conditions plus favorables aux émissions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’incorporation des résidus peut changer la donne : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
l est important de préciser que les résultats précédents concernent des résidus &#039;&#039;&#039;laissés en surface&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès que les résidus sont incorporés dans le sol, même superficiellement, la volatilisation devient quasiment nulle. L’ammonium (NH₄⁺) libéré lors de la décomposition est rapidement retenu par le complexe argilo-humique et transformé par les micro-organismes du sol, ce qui limite fortement les pertes sous forme d’ammoniac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Harris et Hesterman (1991) illustrent bien cette différence entre des résidus laissés en surface et des résidus incorporés.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Taux_d&#039;évolution_nette_de_l&#039;NH₄⁺_issu_de_la_décomposition_d&#039;un_engrais_vert_au_cours_de_trois_périodes_d&#039;incubation_consécutives,_selon_le_positionnement_des_résidus..png|centré|vignette|747x747px|Taux d&#039;évolution nette de l&#039;NH₄⁺ issu de la décomposition d&#039;un engrais vert de lentilles au cours de trois périodes d&#039;incubation consécutives, selon le positionnement des résidus.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Broyage ou roulage : existe-t-il une différence ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une dernière question se pose naturellement : &#039;&#039;&#039;le broyage favorise-t-il davantage la volatilisation que le roulage ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le broyage fragmente les tissus végétaux, augmente la surface d’échange avec l’air et accélère la décomposition. On pourrait donc penser qu’il favorise également les pertes d’ammoniac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’inverse, un couvert roulé conserve plus longtemps son intégrité, ce qui pourrait ralentir la minéralisation et donc limiter temporairement les émissions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, à ce jour, nous n’avons pas identifié d’essais comparatifs permettant de quantifier précisément cette différence. Les quelques données disponibles concernent principalement la composition des résidus, leur rapport C/N ou leur mode de positionnement (surface ou incorporation), mais très rarement le mode de destruction lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu des connaissances actuelles, il semble que &#039;&#039;&#039;le rapport C/N du couvert, les conditions météorologiques au moment de la destruction et le fait que les résidus restent en surface ou soient incorporés aient un impact bien plus important que le choix entre broyage et roulage.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sources : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0167880924000896&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://edepot.wur.nl/290558&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://edepot.wur.nl/213704&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://ui.adsabs.harvard.edu/abs/1991SBiBi..23..291J/abstract&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/003807179190066S?via%3Dihub&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Teneur_azot%C3%A9e_des_parties_a%C3%A9riennes_des_couverts.png&amp;diff=197645</id>
		<title>Fichier:Teneur azotée des parties aériennes des couverts.png</title>
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		<updated>2026-09-02T09:29:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;teneur azotée des parties aériennes des couverts&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Taux_d%27%C3%A9volution_nette_de_l%27NH%E2%82%84%E2%81%BA_issu_de_la_d%C3%A9composition_d%27un_engrais_vert_au_cours_de_trois_p%C3%A9riodes_d%27incubation_cons%C3%A9cutives,_selon_le_positionnement_des_r%C3%A9sidus..png&amp;diff=197644</id>
		<title>Fichier:Taux d&#039;évolution nette de l&#039;NH₄⁺ issu de la décomposition d&#039;un engrais vert au cours de trois périodes d&#039;incubation consécutives, selon le positionnement des résidus..png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Taux_d%27%C3%A9volution_nette_de_l%27NH%E2%82%84%E2%81%BA_issu_de_la_d%C3%A9composition_d%27un_engrais_vert_au_cours_de_trois_p%C3%A9riodes_d%27incubation_cons%C3%A9cutives,_selon_le_positionnement_des_r%C3%A9sidus..png&amp;diff=197644"/>
		<updated>2026-09-02T09:21:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Taux d&#039;évolution nette de l&#039;NH₄⁺ issu de la décomposition d&#039;un engrais vert au cours de trois périodes d&#039;incubation consécutives, selon le positionnement des résidus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résidus d&#039;engrais vert ont été réhumectés au 30ᵉ jour après 2 jours de séchage, puis de nouveau au 49ᵉ jour après 5 jours de séchage. Les valeurs représentées sur le graphique correspondent au taux moyen mesuré durant chaque intervalle d&#039;échantillonnage, traduit de Janzen, 1990&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Rapport_C-N_des_principales_familles_de_cultures_interm%C3%A9diaires_en_fonction_de_leur_dur%C3%A9e_de_croissance_(en_jours).png&amp;diff=197643</id>
		<title>Fichier:Rapport C-N des principales familles de cultures intermédiaires en fonction de leur durée de croissance (en jours).png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Rapport_C-N_des_principales_familles_de_cultures_interm%C3%A9diaires_en_fonction_de_leur_dur%C3%A9e_de_croissance_(en_jours).png&amp;diff=197643"/>
		<updated>2026-09-02T09:05:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Rapport C/N des principales familles de cultures intermédiaires en fonction de leur durée de croissance (en jours)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Données issues du Projet MERCI, provenant de 591 essais de 38 partenaires (chambres d’Agriculture, instituts techniques agricoles, Inrae, coopératives, établissements d’enseignement supérieur et de recherche…) de 1983 à 2020.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Relation_entre_l%27%C3%A9mission_cumul%C3%A9e_d%27ammoniac_apr%C3%A8s_37_jours.png&amp;diff=197642</id>
		<title>Fichier:Relation entre l&#039;émission cumulée d&#039;ammoniac après 37 jours.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Relation_entre_l%27%C3%A9mission_cumul%C3%A9e_d%27ammoniac_apr%C3%A8s_37_jours.png&amp;diff=197642"/>
		<updated>2026-09-02T09:00:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Relation entre l&#039;émission cumulée d&#039;ammoniac après 37 jours (exprimée en pourcentage de l&#039;azote appliqué) et le rapport C/N.&lt;br /&gt;
Source : De Ruijter et al., 2010.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Volatilisation_azote.jpg&amp;diff=197641</id>
		<title>Fichier:Volatilisation azote.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Volatilisation_azote.jpg&amp;diff=197641"/>
		<updated>2026-09-02T08:48:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Volatilisation du NH3 de différents résidus de culture en fonction de leur teneur en azote, traduit de Ruijter&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Broyage_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal_d%27interculture.png&amp;diff=197637</id>
		<title>Fichier:Broyage d&#039;un couvert végétal d&#039;interculture.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Broyage_d%27un_couvert_v%C3%A9g%C3%A9tal_d%27interculture.png&amp;diff=197637"/>
		<updated>2026-09-02T08:27:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;broyage d&#039;un couvert végétal d&#039;interculture&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197629</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197629"/>
		<updated>2026-09-02T06:56:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
|Organisme=Structure:Centre National d&#039;Agroécologie&lt;br /&gt;
|Programme=Transition Ferme&lt;br /&gt;
|Image=Illustration fertilisation.jpg&lt;br /&gt;
|Mots-clés=Fertilisation, Azote minéral&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les [[:Catégorie:Expérimentations|expérimentations]] menées dans le cadre du projet &#039;&#039;&#039;Transition Ferme&#039;&#039;&#039;, en partenariat avec Bureau Vallée et sa fondation, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’[[azote minéral]] très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ &#039;&#039;&#039;100 kg d’[[azote]] par hectare&#039;&#039;&#039; pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de [[blé tendre]], conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 200 kg d’azote par hectare suivant le bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les [[:Catégorie:Cultures|cultures]] maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la [[valorisation]] de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les trois formes d’azote d’un produit organique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la [[fertilisation]] [[organique]] commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N-NH₄⁺ (azote ammoniacal)&lt;br /&gt;
: Azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N organique minéralisable&lt;br /&gt;
: Azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N organique récalcitrant&lt;br /&gt;
: Azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un [[digestat]], la part N-NH₄⁺ / N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des teneurs très variables d’un produit à l’autre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.24.50.png|centré|vignette|545x545px|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La teneur totale par tonne de produit brut est très variable :&#039;&#039;&#039; 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en [[matière sèche]] qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate :&#039;&#039;&#039; elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de [[porc]] et les digestats bruts, et tombe sous 10 % pour les composts.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’[[azote organique]] :&#039;&#039;&#039; il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le [[compost]] de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une variabilité forte au sein d’une même famille ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.26.13.png|centré|vignette|592x592px|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier [[bovin]] varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de [[CIVE]] 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Six classes de cinétique de minéralisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.28.35.png|centré|vignette|865x865px|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fertilisant ou amendant : quatre familles, quatre stratégies ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.29.24.png|centré|vignette|647x647px|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis sur [[maïs]]), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits à dominante amendante (en bas à droite) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de [[matière organique]], stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de [[phosphore]], de potasse, de [[magnésium]] et de [[calcium]]. Leur azote se libère sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au [[Fertilisation organique et effet azote#Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée|chapitre consacré aux essais de longue durée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits mixtes (au centre et en haut à droite) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les fumiers, au centre ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ce que l’on apporte n’est pas ce que la culture reçoit ===&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette.&lt;br /&gt;
!PRO&lt;br /&gt;
!Dose classique (t/ha)&lt;br /&gt;
!N total (kg/ha)&lt;br /&gt;
!N-NH4 (kg/ha)&lt;br /&gt;
!N organique (kg/ha)&lt;br /&gt;
!Minéralisation Norg (%)&lt;br /&gt;
!N disponible (kg/ha)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Compost de déchets verts&lt;br /&gt;
|20&lt;br /&gt;
|167&lt;br /&gt;
|9&lt;br /&gt;
|157&lt;br /&gt;
| -1&lt;br /&gt;
|8&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Fumier de litière accumulée&lt;br /&gt;
|30&lt;br /&gt;
|174&lt;br /&gt;
|22&lt;br /&gt;
|152&lt;br /&gt;
|3&lt;br /&gt;
|26&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Boues urbaines épaissies chaulées&lt;br /&gt;
|10&lt;br /&gt;
|93&lt;br /&gt;
|1&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|32&lt;br /&gt;
|31&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Lisier non dilué&lt;br /&gt;
|40&lt;br /&gt;
|140&lt;br /&gt;
|70&lt;br /&gt;
|70&lt;br /&gt;
| -1&lt;br /&gt;
|69&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Engrais organique&lt;br /&gt;
|1&lt;br /&gt;
|120&lt;br /&gt;
|0&lt;br /&gt;
|120&lt;br /&gt;
|60&lt;br /&gt;
|72&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Fientes (séchées)&lt;br /&gt;
|5&lt;br /&gt;
|203&lt;br /&gt;
|25&lt;br /&gt;
|178&lt;br /&gt;
|30&lt;br /&gt;
|78&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Lisier porcin mixte&lt;br /&gt;
|40&lt;br /&gt;
|144&lt;br /&gt;
|108&lt;br /&gt;
|36&lt;br /&gt;
|20&lt;br /&gt;
|115&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
!Digestat brut de CIVE&lt;br /&gt;
|40&lt;br /&gt;
|196&lt;br /&gt;
|112&lt;br /&gt;
|84&lt;br /&gt;
|9&lt;br /&gt;
|120&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Premier enseignement — la quantité d’azote totale apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent donc différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Deuxième enseignement — les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles sous forme minéralisable. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Troisième enseignement — l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit plus loin. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution ou coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation.&#039;&#039;&#039; Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.38.54.png|centré|vignette|867x867px|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un exemple d’application ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de &#039;&#039;&#039;6 kg d’azote par hectare&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la [[matière organique du sol]] avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel compartiment la matière organique nouvellement apportée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.41.20.png|centré|vignette|638x638px|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le partage à trois voies ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 1 — minéralisation immédiate&lt;br /&gt;
: L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile&lt;br /&gt;
: L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 3 — humification et stabilisation [[minérale]]&lt;br /&gt;
: Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre les voies 2-3 et la voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’[[ISMO]] (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.44.36.png|centré|vignette|752x752px| Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le taux de matière organique ne suffit pas à prédire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta-Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.45.32.png|centré|vignette|485x485px|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_22.47.07.png|centré|vignette|768x768px|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à &#039;&#039;&#039;1,8 % de MO&#039;&#039;&#039; contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à &#039;&#039;&#039;4,0 % de MO&#039;&#039;&#039; contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’écart annuel est de &#039;&#039;&#039;+85 kg N/ha&#039;&#039;&#039;, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_23.23.26.png|centré|vignette|690x690px|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_23.24.34.png|centré|vignette|680x680px|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau ci-dessus explique pourquoi les décrochages estivaux observés sur la [[Fertilisation organique et effet azote#Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique|cinétique beauceronne]] sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit &#039;&#039;&#039;170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls&#039;&#039;&#039;. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté plus bas, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;La température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable ([[irrigation]], couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_23.26.16.png|centré|vignette|699x699px|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produirait donc de l’ordre de &#039;&#039;&#039;+20 à +30 kg N/ha&#039;&#039;&#039; de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Attention, ces chiffres restent très théoriques et sont à affiner sur le terrain au cas par cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;On n’irrigue pas pour minéraliser.&#039;&#039;&#039; Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas.&#039;&#039;&#039; Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une réserve utile vide au printemps fait chuter la minéralisation au moment où le blé ou le [[colza]] absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha (voir bien plus suivant les conditions locales), et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement et/ou de qualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_23.29.24.png|centré|vignette|850x850px|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol [[limoneux]], mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une alternance biennale.&#039;&#039;&#039; Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une tendance croissante nette.&#039;&#039;&#039; En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture_d’écran_2026-08-26_à_23.30.43.png|centré|vignette|864x864px|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de &#039;&#039;&#039;+2 à +3 kg N/ha par année de dispositif&#039;&#039;&#039;. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le [[reliquat azoté]] de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final.&lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du [[Grand Est]].&lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles.&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. (travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et [[modélisation]] de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management.&lt;br /&gt;
* Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT.&lt;br /&gt;
* Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon.&lt;br /&gt;
* Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS.&lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins.&lt;br /&gt;
* QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO.&lt;br /&gt;
* Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale.&lt;br /&gt;
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* Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
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{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197518</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197518"/>
		<updated>2026-08-26T22:11:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet &#039;&#039;&#039;Transition Ferme&#039;&#039;&#039;, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ &#039;&#039;&#039;100 kg d’azote par hectare&#039;&#039;&#039; pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les trois formes d’azote d’un produit organique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N-NH₄⁺ (azote ammoniacal)&lt;br /&gt;
: Azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N organique minéralisable&lt;br /&gt;
: Azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N organique récalcitrant&lt;br /&gt;
: Azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺ / N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des teneurs très variables d’un produit à l’autre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La teneur totale par tonne de produit brut est très variable :&#039;&#039;&#039; 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate :&#039;&#039;&#039; elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, et tombe sous 10 % pour les composts.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique :&#039;&#039;&#039; il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une variabilité forte au sein d’une même famille ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente &#039;&#039;&#039;60 à 384 kg N/ha apportés&#039;&#039;&#039; — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Six classes de cinétique de minéralisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fertilisant ou amendant : quatre familles, quatre stratégies ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits à dominante amendante (en bas à droite) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au [[#Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée|chapitre consacré aux essais de longue durée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits mixtes (au centre et en haut à droite) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : &#039;&#039;la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les fumiers, au centre ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ce que l’on apporte n’est pas ce que la culture reçoit ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Premier enseignement — la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent donc différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Deuxième enseignement — les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Troisième enseignement — l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit plus loin. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution ou coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation.&#039;&#039;&#039; Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un exemple d’application ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de &#039;&#039;&#039;6 kg d’azote par hectare&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel compartiment la matière organique nouvellement apportée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|638x638px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le partage à trois voies ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 1 — minéralisation immédiate&lt;br /&gt;
: L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile&lt;br /&gt;
: L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 3 — humification et stabilisation minérale&lt;br /&gt;
: Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre les voies 2-3 et la voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le taux de matière organique ne suffit pas à prédire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta-Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à &#039;&#039;&#039;1,8 % de MO&#039;&#039;&#039; contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à &#039;&#039;&#039;4,0 % de MO&#039;&#039;&#039; contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’écart annuel est de &#039;&#039;&#039;+85 kg N/ha&#039;&#039;&#039;, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau ci-dessus explique pourquoi les décrochages estivaux observés sur la [[#Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique|cinétique beauceronne]] sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit &#039;&#039;&#039;170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls&#039;&#039;&#039;. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté plus bas, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;La température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de &#039;&#039;&#039;+20 à +30 kg N/ha&#039;&#039;&#039; de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;On n’irrigue pas pour minéraliser.&#039;&#039;&#039; Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas.&#039;&#039;&#039; Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment.&#039;&#039;&#039; Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le scénario défavorable&#039;&#039;&#039; est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le scénario symétrique&#039;&#039;&#039; est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une alternance biennale.&#039;&#039;&#039; Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une tendance croissante nette.&#039;&#039;&#039; En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de &#039;&#039;&#039;+2 à +3 kg N/ha par année de dispositif&#039;&#039;&#039;. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles.&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. (travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. &lt;br /&gt;
* Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. &lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. &lt;br /&gt;
* QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. &lt;br /&gt;
* Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. &lt;br /&gt;
* COMIFER (2013). Calcul de la fertilisation azotée — Guide méthodologique pour l’établissement des prescriptions locales : cultures annuelles et prairies. Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée. &lt;br /&gt;
* Mary, B., Beaudoin, N., Justes, E., Machet, J.-M. (1999). Calculation of nitrogen mineralization and leaching in fallow soil using a simple dynamic model. European Journal of Soil Science, 50, 549-566. — Origine du modèle LIXIM.&lt;br /&gt;
* Clivot, H., Mouny, J.-C., Duparque, A., Dinh, J.-L., Denoroy, P., Houot, S., Vertès, F., Trochard, R., Bouthier, A., Sagot, S., Mary, B. (2019). Modeling soil organic carbon evolution in long-term arable experiments with AMG model. Environmental Modelling &amp;amp; Software, 118, 99-113. — Modèle AMG, coefficients isohumiques.&lt;br /&gt;
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* Justes, E., Mary, B., Nicolardot, B. (2009). Quantifying and modelling C and N mineralization kinetics of catch crop residues in soil. Plant and Soil, 325, 171-185.&lt;br /&gt;
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* Schröder, J. (2005). Revisiting the agronomic benefits of manure: a correct assessment and exploitation of its fertilizer value spares the environment. Bioresource Technology, 96, 253-261. Webb, J., Sørensen, P., Velthof, G., Amon, B., Pinto, M., Rodhe, L., Salomon, E., Hutchings, N., Burczyk, P., Reid, J. (2013). An assessment of the variation of manure nitrogen efficiency throughout Europe and an appraisal of means to increase manure-N efficiency. Advances in Agronomy, 119, 371-442.&lt;br /&gt;
* Sørensen, P., Amato, M. (2002). Remineralisation and residual effects of N after application of pig slurry to soil. European Journal of Agronomy, 16, 81-95. Peltre, C., Christensen, B. T., Dragon, S., Icard, C., Kätterer, T., Houot, S. (2012). RothC simulation of carbon accumulation in soil after repeated application of widely different organic amendments. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 52, 49-60. (à vérifier — revue et pagination)&lt;br /&gt;
* Noirot-Cosson, P.-E., Vaudour, E., Gilliot, J.-M., Gabrielle, B., Houot, S. (2016). Modelling the long-term effect of urban waste compost applications on carbon and nitrogen dynamics in temperate cropland. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 94, 138-153.&lt;br /&gt;
* Nicolardot, B., Recous, S., Mary, B. (2001). Simulation of C and N mineralisation during crop residue decomposition: a simple dynamic model based on the C:N ratio of the residues. Plant and Soil, 228, 83-103. — Référence sur la faim d’azote.&lt;br /&gt;
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* Minéralisation du sol, température, eau Birch, H. F. (1958). The effect of soil drying on humus decomposition and nitrogen availability. Plant and Soil, 10, 9-31. — Origine de l’« effet Birch ».&lt;br /&gt;
* Linn, D. M., Doran, J. W. (1984). Effect of water-filled pore space on carbon dioxide and nitrous oxide production in tilled and nontilled soils. Soil Science Society of America Journal, 48, 1267-1272.&lt;br /&gt;
* Rodrigo, A., Recous, S., Neel, C., Mary, B. (1997). Modelling temperature and moisture effects on C–N transformations in soils: comparison of nine models. Ecological Modelling, 102, 325-339. Kätterer, T., Reichstein, M., Andrén, O., Lomander, A. (1998). Temperature dependence of organic matter decomposition: a critical review using literature data analyzed with different models. Biology and Fertility of Soils, 27, 258-262.&lt;br /&gt;
* Lavallee, J. M., Soong, J. L., Cotrufo, M. F. (2020). Conceptualizing soil organic matter into particulate and mineral-associated forms to address global change in the 21st century. Global Change Biology, 26, 261-273. &lt;br /&gt;
* Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
* Constantin, J., Mary, B., Laurent, F., Aubrion, G., Fontaine, A., Kerveillant, P., Beaudoin, N. (2010). Effects of catch crops, no till and reduced nitrogen fertilization on nitrogen leaching and balance in three long-term experiments. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 135, 268-278.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197517</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197517"/>
		<updated>2026-08-26T22:05:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet &#039;&#039;&#039;Transition Ferme&#039;&#039;&#039;, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N-NH₄⁺ (azote ammoniacal)&lt;br /&gt;
: Azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
; N organique minéralisable&lt;br /&gt;
: Azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
; N organique récalcitrant&lt;br /&gt;
: Azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺ / N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La teneur totale par tonne de produit brut est très variable&#039;&#039;&#039; : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate&#039;&#039;&#039; : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, et tombe sous 10 % pour les composts.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique&#039;&#039;&#039; : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse du produit n’est donc pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les produits à dominante amendante (en bas à droite) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au [[#Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée|chapitre consacré aux essais de longue durée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les produits mixtes (au centre et en haut à droite) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : &#039;&#039;la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fumiers, au centre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ce que l’on apporte n’est pas ce que la culture reçoit ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Premier enseignement : la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant.&#039;&#039;&#039; Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent donc différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes.&#039;&#039;&#039; Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu.&#039;&#039;&#039; Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit plus loin. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution ou coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel compartiment la matière organique nouvellement apportée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|638x638px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Voie 1 — minéralisation immédiate.&#039;&#039;&#039; L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile.&#039;&#039;&#039; L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Voie 3 — humification et stabilisation minérale.&#039;&#039;&#039; Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre les voies 2-3 et la voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta-Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau ci-dessus explique pourquoi les décrochages estivaux observés sur la [[#Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique|cinétique beauceronne]] sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté plus bas, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;On n’irrigue pas pour minéraliser.&#039;&#039;&#039; Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas.&#039;&#039;&#039; Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment.&#039;&#039;&#039; Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une alternance biennale.&#039;&#039;&#039; Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une tendance croissante nette.&#039;&#039;&#039; En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
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* Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. &lt;br /&gt;
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* Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
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		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197516</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T21:48:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare. Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|638x638px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles.&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. (travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. &lt;br /&gt;
* Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. &lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. &lt;br /&gt;
* QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. &lt;br /&gt;
* Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. &lt;br /&gt;
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		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197515</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T21:47:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare. Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|497x497px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
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		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197514</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197514"/>
		<updated>2026-08-26T21:40:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production.&lt;br /&gt;
Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|497x497px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. — Source des teneurs et des doses des figures 1, 2 et du tableau 1.&lt;br /&gt;
CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est. (à vérifier — intitulé exact et année)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. — Source de la figure 4. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles. (à vérifier — référence de publication)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. — Source de la figure 7. (à vérifier — revue et référence exacte ; travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. — Source de la figure 5. (à vérifier — deux publications proches, années et revues à confirmer)&lt;br /&gt;
Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. — Source des figures 15 et 16 (incubations Mons et Auzeville).&lt;br /&gt;
Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. — Source de la figure 14.&lt;br /&gt;
Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. — Source de la figure 3.&lt;br /&gt;
Semenov, M. V. et coll. (2021). Survie des micro-organismes du fumier et activation de la flore tellurique après apport de fumier. — Source de la figure 9. (à vérifier — probablement dans Applied Soil Ecology ou Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. — Sources des figures 18 et 19. (à vérifier — numéros et années des articles)&lt;br /&gt;
QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. — Source de la figure 17.&lt;br /&gt;
Chambres d’agriculture de Normandie (septembre 2025). Calendrier détaillé des périodes interdites d’épandage. — Source de la figure 20.&lt;br /&gt;
Préfecture de région Normandie. 7ᵉ programme d’actions régional en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole. — Source de la figure 21.&lt;br /&gt;
Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. — Source de la figure 10.&lt;br /&gt;
Figure sur les indicateurs SOC/argile et O/T SOC (figure 11) : source non identifiée sur la diapositive. Se rattache aux travaux européens sur les indicateurs de carbone organique des sols, autour de 2021-2023. (à vérifier)&lt;br /&gt;
12.2 Méthode du bilan et référentiels de fertilisation&lt;br /&gt;
COMIFER (2013). Calcul de la fertilisation azotée — Guide méthodologique pour l’établissement des prescriptions locales : cultures annuelles et prairies. Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée. — Référence de base du formalisme du bilan et de la notion de KEQ.&lt;br /&gt;
COMIFER (2019/2021). Guide de la fertilisation raisonnée — phosphore, potassium, magnésium. Éditions France Agricole. (à vérifier — édition)&lt;br /&gt;
Mary, B., Beaudoin, N., Justes, E., Machet, J.-M. (1999). Calculation of nitrogen mineralization and leaching in fallow soil using a simple dynamic model. European Journal of Soil Science, 50, 549-566. — Origine du modèle LIXIM.&lt;br /&gt;
Clivot, H., Mouny, J.-C., Duparque, A., Dinh, J.-L., Denoroy, P., Houot, S., Vertès, F., Trochard, R., Bouthier, A., Sagot, S., Mary, B. (2019). Modeling soil organic carbon evolution in long-term arable experiments with AMG model. Environmental Modelling &amp;amp; Software, 118, 99-113. — Modèle AMG, coefficients isohumiques.&lt;br /&gt;
Coleman, K., Jenkinson, D. S. (1996). RothC-26.3 — A model for the turnover of carbon in soil. In Evaluation of Soil Organic Matter Models, Springer, 237-246.&lt;br /&gt;
Justes, E., Mary, B., Nicolardot, B. (2009). Quantifying and modelling C and N mineralization kinetics of catch crop residues in soil. Plant and Soil, 325, 171-185.&lt;br /&gt;
AFNOR NF U44-162. Amendements organiques et supports de culture — Caractérisation de la matière organique par fractionnement biochimique et estimation de sa stabilité biologique (indicateur ISMO).&lt;br /&gt;
12.3 Valeur fertilisante des effluents et des PRO&lt;br /&gt;
Gutser, R., Ebertseder, T., Weber, A., Schraml, M., Schmidhalter, U. (2005). Short-term and residual availability of nitrogen after long-term application of organic fertilizers on arable land. Journal of Plant Nutrition and Soil Science, 168, 439-446. — Référence majeure sur l’arrière-effet des apports répétés.&lt;br /&gt;
Schröder, J. (2005). Revisiting the agronomic benefits of manure: a correct assessment and exploitation of its fertilizer value spares the environment. Bioresource Technology, 96, 253-261.&lt;br /&gt;
Webb, J., Sørensen, P., Velthof, G., Amon, B., Pinto, M., Rodhe, L., Salomon, E., Hutchings, N., Burczyk, P., Reid, J. (2013). An assessment of the variation of manure nitrogen efficiency throughout Europe and an appraisal of means to increase manure-N efficiency. Advances in Agronomy, 119, 371-442.&lt;br /&gt;
Sørensen, P., Amato, M. (2002). Remineralisation and residual effects of N after application of pig slurry to soil. European Journal of Agronomy, 16, 81-95.&lt;br /&gt;
Peltre, C., Christensen, B. T., Dragon, S., Icard, C., Kätterer, T., Houot, S. (2012). RothC simulation of carbon accumulation in soil after repeated application of widely different organic amendments. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 52, 49-60. (à vérifier — revue et pagination)&lt;br /&gt;
Noirot-Cosson, P.-E., Vaudour, E., Gilliot, J.-M., Gabrielle, B., Houot, S. (2016). Modelling the long-term effect of urban waste compost applications on carbon and nitrogen dynamics in temperate cropland. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 94, 138-153.&lt;br /&gt;
Nicolardot, B., Recous, S., Mary, B. (2001). Simulation of C and N mineralisation during crop residue decomposition: a simple dynamic model based on the C:N ratio of the residues. Plant and Soil, 228, 83-103. — Référence sur la faim d’azote.&lt;br /&gt;
Morvan, T., Nicolardot, B. (2009). Role of organic fractions on C decomposition and N mineralization of animal wastes in soil. Biology and Fertility of Soils, 45, 477-486. (à vérifier)&lt;br /&gt;
Thuriès, L., Pansu, M., Feller, C., Herrmann, P., Rémy, J.-C. (2001). Kinetics of added organic matter decomposition in a Mediterranean sandy soil. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 33, 997-1010.&lt;br /&gt;
12.4 Minéralisation du sol, température, eau&lt;br /&gt;
Birch, H. F. (1958). The effect of soil drying on humus decomposition and nitrogen availability. Plant and Soil, 10, 9-31. — Origine de l’« effet Birch ».&lt;br /&gt;
Linn, D. M., Doran, J. W. (1984). Effect of water-filled pore space on carbon dioxide and nitrous oxide production in tilled and nontilled soils. Soil Science Society of America Journal, 48, 1267-1272.&lt;br /&gt;
Rodrigo, A., Recous, S., Neel, C., Mary, B. (1997). Modelling temperature and moisture effects on C–N transformations in soils: comparison of nine models. Ecological Modelling, 102, 325-339.&lt;br /&gt;
Kätterer, T., Reichstein, M., Andrén, O., Lomander, A. (1998). Temperature dependence of organic matter decomposition: a critical review using literature data analyzed with different models. Biology and Fertility of Soils, 27, 258-262.&lt;br /&gt;
Lavallee, J. M., Soong, J. L., Cotrufo, M. F. (2020). Conceptualizing soil organic matter into particulate and mineral-associated forms to address global change in the 21st century. Global Change Biology, 26, 261-273. — Référence sur le découpage POM / MAOM du tableau 5.&lt;br /&gt;
Cotrufo, M. F., Ranalli, M. G., Haddix, M. L., Six, J., Lugato, E. (2019). Soil carbon storage informed by particulate and mineral-associated organic matter. Nature Geoscience, 12, 989-994.&lt;br /&gt;
Johannes, A., Matter, A., Schulin, R., Weisskopf, P., Baveye, P. C., Boivin, P. (2017). Optimal organic carbon values for soil structure quality of arable soils. Does clay content matter? Geoderma, 302, 14-21. — Origine de l’indice SOC/argile.&lt;br /&gt;
Prout, J. M., Shepherd, K. D., McGrath, S. P., Kirk, G. J. D., Haefele, S. M. (2021). What is a good level of soil organic matter? An index based on organic carbon to clay ratio. European Journal of Soil Science, 72, 2493-2503.&lt;br /&gt;
12.5 Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable&lt;br /&gt;
Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
Constantin, J., Mary, B., Laurent, F., Aubrion, G., Fontaine, A., Kerveillant, P., Beaudoin, N. (2010). Effects of catch crops, no till and reduced nitrogen fertilization on nitrogen leaching and balance in three long-term experiments. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 135, 268-278.&lt;br /&gt;
Justes, E., Beaudoin, N., Bertuzzi, P., Charles, R., Constantin, J., Dürr, C., Hermon, C., Joannon, A., Le Bas, C., Mary, B., Mignolet, C., Montfort, F., Ruiz, L., Sarthou, J.-P., Souchère, V., Tournebize, J. (2012). Réduire les fuites de nitrate au moyen de cultures intermédiaires : conséquences sur les bilans d’eau et d’azote, autres services écosystémiques. Rapport d’étude, INRA, à la demande des ministères en charge de l’Écologie et de l’Agriculture.&lt;br /&gt;
Directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles (« directive Nitrates »), annexe III — plafond de 170 kg N/ha/an issu des effluents d’élevage.&lt;br /&gt;
Arrêté du 19 décembre 2011 relatif au programme d’actions national à mettre en œuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole, modifié. — Calendriers d’épandage, typologie des fertilisants (types I, II, III), plafonds.&lt;br /&gt;
Arrêté du 8 janvier 1998 fixant les prescriptions techniques applicables aux épandages de boues sur les sols agricoles. — Cadre des plans d’épandage de boues de STEP.&lt;br /&gt;
Norme NF U 44-051. Amendements organiques — Dénominations, spécifications et marquage. — Cadre de la mise sur le marché des composts.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197513</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T21:39:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production.&lt;br /&gt;
Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|497x497px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. — Source des teneurs et des doses des figures 1, 2 et du tableau 1.&lt;br /&gt;
CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est. (à vérifier — intitulé exact et année)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. — Source de la figure 4. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles. (à vérifier — référence de publication)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. — Source de la figure 7. (à vérifier — revue et référence exacte ; travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. — Source de la figure 5. (à vérifier — deux publications proches, années et revues à confirmer)&lt;br /&gt;
Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. — Source des figures 15 et 16 (incubations Mons et Auzeville).&lt;br /&gt;
Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. — Source de la figure 14.&lt;br /&gt;
Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. — Source de la figure 3.&lt;br /&gt;
Semenov, M. V. et coll. (2021). Survie des micro-organismes du fumier et activation de la flore tellurique après apport de fumier. — Source de la figure 9. (à vérifier — probablement dans Applied Soil Ecology ou Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. — Sources des figures 18 et 19. (à vérifier — numéros et années des articles)&lt;br /&gt;
QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. — Source de la figure 17.&lt;br /&gt;
Chambres d’agriculture de Normandie (septembre 2025). Calendrier détaillé des périodes interdites d’épandage. — Source de la figure 20.&lt;br /&gt;
Préfecture de région Normandie. 7ᵉ programme d’actions régional en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole. — Source de la figure 21.&lt;br /&gt;
Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. — Source de la figure 10.&lt;br /&gt;
Figure sur les indicateurs SOC/argile et O/T SOC (figure 11) : source non identifiée sur la diapositive. Se rattache aux travaux européens sur les indicateurs de carbone organique des sols, autour de 2021-2023. (à vérifier)&lt;br /&gt;
12.2 Méthode du bilan et référentiels de fertilisation&lt;br /&gt;
COMIFER (2013). Calcul de la fertilisation azotée — Guide méthodologique pour l’établissement des prescriptions locales : cultures annuelles et prairies. Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée. — Référence de base du formalisme du bilan et de la notion de KEQ.&lt;br /&gt;
COMIFER (2019/2021). Guide de la fertilisation raisonnée — phosphore, potassium, magnésium. Éditions France Agricole. (à vérifier — édition)&lt;br /&gt;
Mary, B., Beaudoin, N., Justes, E., Machet, J.-M. (1999). Calculation of nitrogen mineralization and leaching in fallow soil using a simple dynamic model. European Journal of Soil Science, 50, 549-566. — Origine du modèle LIXIM.&lt;br /&gt;
Clivot, H., Mouny, J.-C., Duparque, A., Dinh, J.-L., Denoroy, P., Houot, S., Vertès, F., Trochard, R., Bouthier, A., Sagot, S., Mary, B. (2019). Modeling soil organic carbon evolution in long-term arable experiments with AMG model. Environmental Modelling &amp;amp; Software, 118, 99-113. — Modèle AMG, coefficients isohumiques.&lt;br /&gt;
Coleman, K., Jenkinson, D. S. (1996). RothC-26.3 — A model for the turnover of carbon in soil. In Evaluation of Soil Organic Matter Models, Springer, 237-246.&lt;br /&gt;
Justes, E., Mary, B., Nicolardot, B. (2009). Quantifying and modelling C and N mineralization kinetics of catch crop residues in soil. Plant and Soil, 325, 171-185.&lt;br /&gt;
AFNOR NF U44-162. Amendements organiques et supports de culture — Caractérisation de la matière organique par fractionnement biochimique et estimation de sa stabilité biologique (indicateur ISMO).&lt;br /&gt;
12.3 Valeur fertilisante des effluents et des PRO&lt;br /&gt;
Gutser, R., Ebertseder, T., Weber, A., Schraml, M., Schmidhalter, U. (2005). Short-term and residual availability of nitrogen after long-term application of organic fertilizers on arable land. Journal of Plant Nutrition and Soil Science, 168, 439-446. — Référence majeure sur l’arrière-effet des apports répétés.&lt;br /&gt;
Schröder, J. (2005). Revisiting the agronomic benefits of manure: a correct assessment and exploitation of its fertilizer value spares the environment. Bioresource Technology, 96, 253-261.&lt;br /&gt;
Webb, J., Sørensen, P., Velthof, G., Amon, B., Pinto, M., Rodhe, L., Salomon, E., Hutchings, N., Burczyk, P., Reid, J. (2013). An assessment of the variation of manure nitrogen efficiency throughout Europe and an appraisal of means to increase manure-N efficiency. Advances in Agronomy, 119, 371-442.&lt;br /&gt;
Sørensen, P., Amato, M. (2002). Remineralisation and residual effects of N after application of pig slurry to soil. European Journal of Agronomy, 16, 81-95.&lt;br /&gt;
Peltre, C., Christensen, B. T., Dragon, S., Icard, C., Kätterer, T., Houot, S. (2012). RothC simulation of carbon accumulation in soil after repeated application of widely different organic amendments. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 52, 49-60. (à vérifier — revue et pagination)&lt;br /&gt;
Noirot-Cosson, P.-E., Vaudour, E., Gilliot, J.-M., Gabrielle, B., Houot, S. (2016). Modelling the long-term effect of urban waste compost applications on carbon and nitrogen dynamics in temperate cropland. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 94, 138-153.&lt;br /&gt;
Nicolardot, B., Recous, S., Mary, B. (2001). Simulation of C and N mineralisation during crop residue decomposition: a simple dynamic model based on the C:N ratio of the residues. Plant and Soil, 228, 83-103. — Référence sur la faim d’azote.&lt;br /&gt;
Morvan, T., Nicolardot, B. (2009). Role of organic fractions on C decomposition and N mineralization of animal wastes in soil. Biology and Fertility of Soils, 45, 477-486. (à vérifier)&lt;br /&gt;
Thuriès, L., Pansu, M., Feller, C., Herrmann, P., Rémy, J.-C. (2001). Kinetics of added organic matter decomposition in a Mediterranean sandy soil. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 33, 997-1010.&lt;br /&gt;
12.4 Minéralisation du sol, température, eau&lt;br /&gt;
Birch, H. F. (1958). The effect of soil drying on humus decomposition and nitrogen availability. Plant and Soil, 10, 9-31. — Origine de l’« effet Birch ».&lt;br /&gt;
Linn, D. M., Doran, J. W. (1984). Effect of water-filled pore space on carbon dioxide and nitrous oxide production in tilled and nontilled soils. Soil Science Society of America Journal, 48, 1267-1272.&lt;br /&gt;
Rodrigo, A., Recous, S., Neel, C., Mary, B. (1997). Modelling temperature and moisture effects on C–N transformations in soils: comparison of nine models. Ecological Modelling, 102, 325-339.&lt;br /&gt;
Kätterer, T., Reichstein, M., Andrén, O., Lomander, A. (1998). Temperature dependence of organic matter decomposition: a critical review using literature data analyzed with different models. Biology and Fertility of Soils, 27, 258-262.&lt;br /&gt;
Lavallee, J. M., Soong, J. L., Cotrufo, M. F. (2020). Conceptualizing soil organic matter into particulate and mineral-associated forms to address global change in the 21st century. Global Change Biology, 26, 261-273. — Référence sur le découpage POM / MAOM du tableau 5.&lt;br /&gt;
Cotrufo, M. F., Ranalli, M. G., Haddix, M. L., Six, J., Lugato, E. (2019). Soil carbon storage informed by particulate and mineral-associated organic matter. Nature Geoscience, 12, 989-994.&lt;br /&gt;
Johannes, A., Matter, A., Schulin, R., Weisskopf, P., Baveye, P. C., Boivin, P. (2017). Optimal organic carbon values for soil structure quality of arable soils. Does clay content matter? Geoderma, 302, 14-21. — Origine de l’indice SOC/argile.&lt;br /&gt;
Prout, J. M., Shepherd, K. D., McGrath, S. P., Kirk, G. J. D., Haefele, S. M. (2021). What is a good level of soil organic matter? An index based on organic carbon to clay ratio. European Journal of Soil Science, 72, 2493-2503.&lt;br /&gt;
12.5 Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable&lt;br /&gt;
Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
Constantin, J., Mary, B., Laurent, F., Aubrion, G., Fontaine, A., Kerveillant, P., Beaudoin, N. (2010). Effects of catch crops, no till and reduced nitrogen fertilization on nitrogen leaching and balance in three long-term experiments. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 135, 268-278.&lt;br /&gt;
Justes, E., Beaudoin, N., Bertuzzi, P., Charles, R., Constantin, J., Dürr, C., Hermon, C., Joannon, A., Le Bas, C., Mary, B., Mignolet, C., Montfort, F., Ruiz, L., Sarthou, J.-P., Souchère, V., Tournebize, J. (2012). Réduire les fuites de nitrate au moyen de cultures intermédiaires : conséquences sur les bilans d’eau et d’azote, autres services écosystémiques. Rapport d’étude, INRA, à la demande des ministères en charge de l’Écologie et de l’Agriculture.&lt;br /&gt;
Directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles (« directive Nitrates »), annexe III — plafond de 170 kg N/ha/an issu des effluents d’élevage.&lt;br /&gt;
Arrêté du 19 décembre 2011 relatif au programme d’actions national à mettre en œuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole, modifié. — Calendriers d’épandage, typologie des fertilisants (types I, II, III), plafonds.&lt;br /&gt;
Arrêté du 8 janvier 1998 fixant les prescriptions techniques applicables aux épandages de boues sur les sols agricoles. — Cadre des plans d’épandage de boues de STEP.&lt;br /&gt;
Norme NF U 44-051. Amendements organiques — Dénominations, spécifications et marquage. — Cadre de la mise sur le marché des composts.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;fourniture azote&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<updated>2026-08-26T21:29:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<updated>2026-08-26T21:26:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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