Catégorie:Millet

Le millet est une plante de la famille des Graminées. Cette céréale peu cultivée en France est une céréale rustique très répandue en Afrique et en Asie, où elle est capable de résister aux sols pauvres et à la sécheresse. Cette plante est une herbacée annuelle avec des tiges velues pouvant atteindre 1.50 m de hauteur. Elle possède une panicule dense, ramifiée et retombante à maturité.
En France, le millet est cultivé pour la filière oisellerie et pour l’alimentation humaine. La graine de millet utilisée pour l’alimentation humaine doit être décortiquée et la paille peut convenir à l’alimentation des vaches taries ou à des génisses.
Intérêts de l’utilisation du millet
Intérêts agronomiques
Le millet présente plusieurs avantages. C’est une culture résistante à la sécheresse et donc très adaptée à des conditions estivales. Elle permet de diversifier l’assolement en introduisant une céréale à cycle court (entre 90 et 110 jours). Son itinéraire technique est plutôt simple et elle est économe en intrants : il n’y a pas besoin d’irrigation ni de désherbage et la fertilisation n’est nécessaire que si le précédent cultural n’est pas une légumineuse ou une prairie[1].
Intérêts alimentaires
Cette céréale a l’avantage de ne pas contenir de gluten, et d’être riche en magnésium, phosphore ainsi qu’en vitamines A, C, B1, B2, B5, PP. Le millet est également riche en minéraux (silice, zinc, fer, manganèse) et il permet de diversifier ses apports en céréales[1].
Itinéraire technique
Préparation du sol
Afin d’assurer un démarrage rapide et homogène, le semis s’effectue dans un lit de semences suffisamment réchauffé (entre 12 et 15 °C minimum), ce qui correspond souvent à la mi-mai. Il est également important de veiller à une levée de culture rapide. Le millet ne supporte pas les sols lourds, tassés et les couches hydromorphes[2]. Après un couvert végétal, il est donc conseillé d'effectuer un passage de rotavator, déchaumeur à disque puis rouleau[1][3].
Semis
Le semis se fait de mi-mai à début juin avec un semoir à céréales et une densité de semis de 35kg/ha. L’humidité doit être présente ou arriver rapidement pour une levée rapide[1].
Gestion des adventices
Le millet a une croissance lente entre la levée et le stade 5 feuilles. Il est donc en concurrence avec les adventices, et vaut mieux privilégier les parcelles “propres” initialement pour le semis.
Il faut également éviter de placer le millet avant ou après un maïs lors de la rotation car ces deux cultures ont le même type d’adventices.
Au niveau des interventions, un ou deux faux semis avant la mise en culture permettent de limiter le stock de graines. Il est aussi possible d’effectuer une lutte mécanique avec un ou deux passages de herse étrille jusqu’au stade cinq feuilles[1].
Fertilisation
Cette culture est économe en intrants, cependant si le précédent cultural n’est pas une légumineuse, un apport d'engrais de ferme est possible (30 unités d’N pour un objectif de 25-30 qx/ha)[2].
Récolte et rendements
La récolte s’effectue en septembre à l’aide d’une moissonneuse batteuse réglée comme pour le colza. La récolte se fait à 15 % d’humidité au moins.
Le critère de déclenchement qui permet de vérifier si la culture est prête à être récoltée est que 2-3 grains se détachent en tapant sur l’épi. Attention, la plante s’égrène rapidement les jours suivants. Les oiseaux ne s’attaquent pas aux épis mais picorent post-moisson[1][2].
Séchage - triage - décorticage
Comme d'autres graines destinées à l'alimentation humaine, le millet nécessite des équipements spécifiques. Il est important de se renseigner en amont, il existe des prestataires et il est également possible d'adapter des matériels servant à d'autres cultures.
Le millet doit être séché immédiatement après la récolte, dans les 4 heures, jusqu'à 9-10 % d'humidité. Cela conditionne la qualité de la récolte et du rendement final après décorticage. Plusieurs solutions sont possibles : séchoir à maïs, émort ventilé, prestation, etc.
Le millet est ensuite stocké (humidité réduite à 12-13 %), puis trié à l'auscultateur/séparateur et trieur optique.
Pour l’alimentation humaine, le millet doit être décortiqué car sa coque trop riche en fibres n'est pas digestible. Cette étape entraîne des pertes (environ 25 %). À l'issue du décorticage, on récupère du grain entier et, selon le procédé utilisé, du millet concassé, de la farine. Ces résidus de décorticage peuvent être valorisés en alimentation humaine et animale, en textile (oreillers), etc[1].
Maladies et ravageurs
Le millet présente une grande résistance aux maladies. Cependant plusieurs ravageurs sont à surveiller dès l’émergence des plantules. Très appétents, en cas de printemps humide ces derniers peuvent être rapidement dévorés par les limaces. Et depuis quelques années, des dégâts de pyrale du maïs sont également observés[3].
Sources
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 https://www.civam-paysdelaloire.org/wp-content/uploads/2020/12/fiche-culture-du-millet-44_compressed.pdf
- ↑ 2,0 2,1 et 2,2 https://opera-connaissances.chambres-agriculture.fr/doc_num.php?explnum_id=207728
- ↑ 3,0 et 3,1 https://www.lafranceagricole.fr/cereales/article/738568/le-millet-source-de-diversification
Annexes
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