FERTILISATION : Amélioration des bouillies et de la compatibilité entre éléments minéraux
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Le site web de Sylvain Trommenschlager :
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Introduction
Dans cette vidéo, Sylvain Trommenschlager présente quelques bases de compatibilité des oligo-éléments et des éléments minéraux dans les bouillies, avec un objectif très concret : rendre la chimie « moins obscure » et aider à réussir des applications foliaires qui restent stables dans la cuve.
L’idée est simple : il est possible de faire de nombreux mélanges foliaires, mais encore faut-il que la bouillie reste compatible, fluide et utilisable jusqu’à la pulvérisation. La vidéo vise donc à expliquer, de manière visuelle, comment raisonner :
- la compatibilité entre produits ;
- le caractère réducteur ou oxydant des solutions ;
- l’importance de la qualité des matières premières.
L’intervenant précise qu’il ne s’agit pas ici de brosser toutes les matières premières existantes, mais de donner de grandes lignes pour mieux lire les différentes formes d’éléments et leurs origines.
Objectif de la démarche
Le but de cette série de vidéos est de :
- sensibiliser aux différentes catégories d’oligo-éléments et d’additifs ;
- montrer qu’il existe des moyens simples de tester ou d’améliorer certains mélanges ;
- dédramatiser la fabrication de bouillies complexes ;
- donner plus de clarté sur les associations possibles entre éléments minéraux.
L’intervenant rappelle que l’intérêt agronomique des mélanges peut être réel, mais que leur facilité d’utilisation demande un minimum de bases en chimie pratique.
Le thiosulfate, un produit d’avenir
La vidéo commence par le cas du thiosulfate, présenté comme un produit d’avenir, notamment parce qu’il améliore nettement l’efficacité de la solution azotée en mélange.
L’intervenant insiste sur plusieurs points :
- le thiosulfate est une forme particulière ;
- il possède de grandes capacités en application ;
- il présente aussi un intérêt en foliaire ;
- il peut contribuer à créer des milieux hostiles aux maladies fongiques.
Il est également rappelé qu’un thiosulfate de qualité se présente comme une solution plutôt limpide, souvent composée d’environ 65 % sur masse de soufre sous cette forme.
Test simple du thiosulfate avec un acide
Une des démonstrations proposées consiste à ajouter au thiosulfate une solution d’acide phosphorique particulière.
La réaction observée permet de reconnaître la nature du produit :
- une partie du soufre s’échappe sous forme de gaz sulfureux ;
- une autre partie se transforme en soufre élémentaire ;
- on obtient alors une suspension de soufre élémentaire, associée à une forme phosphatée selon l’acide utilisé.
L’intervenant souligne que cette réaction est immédiatement visible. Cela permet donc de tester facilement chez soi la qualité d’un thiosulfate en le faisant réagir avec un acide adapté.
Intérêt agronomique de cette réaction
Au-delà du simple test, cette réaction ouvre aussi des perspectives pratiques. Selon la vidéo, le contact entre le thiosulfate et l’acide phosphorique peut permettre d’obtenir une suspension à base de phosphore et de soufre.
Cette association est présentée comme intéressante pour ses vertus :
- création de conditions hostiles aux maladies fongiques ;
- valorisation conjointe du phosphore et du soufre ;
- possibilité de fabriquer une suspension de soufre élémentaire dont on connaît les propriétés.
Le carbonate de potassium
La deuxième démonstration porte sur le carbonate de potassium.
Là encore, le principe est simple : on lui ajoute un acide pour vérifier qu’il s’agit bien d’un carbonate. La réaction attendue est un dégagement de CO2.
L’intérêt de cette observation est pratique : si la solution réagit de cette manière, on peut rapidement constater qu’on est bien en présence de carbonate de potassium, et non d’une autre forme comme un nitrate de potassium.
L’intervenant rappelle au passage que le carbonate de potassium est, selon les publications évoquées, la forme de potasse la plus assimilable en foliaire.
Le sulfate de manganèse et les produits de compatibilisation
La vidéo aborde ensuite le cas du sulfate de manganèse.
Il est expliqué que, contrairement à certaines idées reçues, on peut trouver des sulfates de manganèse avec un comportement très réducteur. En revanche, leur solubilité n’est pas toujours parfaite ni très fluide.
Pour améliorer cela, on peut utiliser des produits de compatibilisation. Ces produits ont pour rôle d’améliorer le comportement physique du mélange et de conserver les propriétés attendues des éléments.
L’intervenant évoque ici différentes familles de produits chimiques, classés notamment selon leur indice de stabilité physique.
Rôle du sulfate d’ammonium liquide
Parmi les outils souvent utilisés, la vidéo cite le sulfate d’ammonium liquide, qui peut être optimisé par des compatibilisants.
Selon l’intervenant :
- ces solutions peuvent aider à rendre les mélanges plus stables ;
- certains acides, bien choisis, peuvent améliorer la fluidité ;
- le choix du type d’acide est important pour conserver les propriétés réductrices du produit.
Une démonstration montre qu’après ajout de ces produits, la solution finit par retrouver une bonne fluidité. Il est précisé que cette fluidification ne se fait pas toujours instantanément et peut demander quelques minutes, d’où l’accélération de certaines séquences dans la vidéo.
Exemple d’une bouillie volontairement difficile
Une autre expérience est réalisée avec une bouillie volontairement difficile à compatibiliser. La solution apparaît très trouble, très opaque, et semble commencer à prendre en masse.
La composition mentionnée comprend plusieurs éléments réputés difficiles à associer :
Cette démonstration sert à montrer l’intérêt d’utiliser un sulfate d’ammonium liquide associé à des compatibilisants sur base acide.
Le résultat observé est une resolubilisation rapide des éléments, sans modifier leurs propriétés, qu’elles soient réductrices ou oxydantes.
Réduire le cuivre grâce au thiosulfate
La dernière démonstration importante concerne le cuivre.
L’intervenant explique que le sulfate de cuivre, même de bonne qualité, n’est pas forcément très réducteur. Pour rendre le cuivre plus réducteur, il propose d’utiliser à nouveau le thiosulfate, présenté comme un produit très réducteur.
La réaction est décrite comme instantanée :
- le thiosulfate est ajouté au cuivre ;
- une forte compatibilité apparaît ;
- on observe un changement d’état permettant de faire passer le cuivre vers un état très réduit.
Cette séquence illustre une fois de plus l’intérêt du thiosulfate comme outil de transformation et d’amélioration du comportement de certains éléments dans les bouillies.
Messages clés à retenir
Les principales idées transmises dans cette vidéo sont les suivantes :
- tous les mélanges ne sont pas spontanément compatibles ;
- la qualité de la matière première compte beaucoup ;
- certaines formes chimiques sont plus intéressantes que d’autres selon l’usage foliaire recherché ;
- des tests simples permettent déjà de vérifier la nature ou le comportement de certains produits ;
- des compatibilisants peu coûteux peuvent améliorer fortement la stabilité et la fluidité des bouillies ;
- on peut raisonner les mélanges non seulement sur le plan agronomique, mais aussi sur le plan physico-chimique.
Une approche pratique et économique
L’intervenant insiste enfin sur le fait que ces produits de compatibilisation et ces associations sont, dans l’ensemble, peu onéreux. Ils permettent pourtant :
- d’éviter de nombreux problèmes de préparation ;
- de construire des associations plus logiques ;
- de combiner réponses agronomiques, techniques et pratiques.
Cette approche vise donc à aider les utilisateurs à sécuriser la réalisation de leurs bouillies, tout en tirant le meilleur parti des éléments minéraux employés.
Suite annoncée
Cette vidéo n’est présentée que comme une première série d’expériences. D’autres vidéos doivent suivre, en fonction des retours des spectateurs, afin de montrer :
- d’autres essais visuels ;
- d’autres cas de compatibilité ou d’incompatibilité ;
- de nouvelles expériences pratiques sur les oligo-éléments et les additifs.
L’objectif annoncé est de continuer à apporter des repères simples pour limiter les problèmes au moment de la préparation des bouillies et mieux comprendre les comportements chimiques observés en cuve.