Forêt gourmande : l'agriculture déguisée en forêt
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La Forêt gourmande pratique une agriculture déguisée en forêt depuis 14 ans, en Bourgogne. Dans cette agroforêt comestible, on cultive des fruits, des noix, des légumes et des racines pour nourrir les humains. Avec quels rendements ? Et quel bilan carbone ? Pour la première fois, une étude scientifique de très grande ampleur collecte et analyse ces données et les compare à une parcelle agricole et à une prairie en pâturage. Je vous y emmène !
Cette étude est menée par l'une des grandes spécialistes des sols agricoles, Sonia Henry (Laboratoire Sols et Environnement, INRAE/Université de Lorraine) avec Fabrice Desjours, l'initiateur de la Forêt Gourmande. Ils m'ont invité à y assister pour Tous Terriens.
La question est passionnante : dans un contexte de changement climatique, ces "nouveaux fruits et légumes" issus de l'agroforesterie pourraient être une des clés de notre résilience alimentaire, tout en offrant un refuge de biodiversité et un puits de carbone.
Ce modèle d'agroforesterie pourrait par exemple apporter une diversification à d'autres agriculteurs et agricultrices, pour replanter des haies productives.
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Pour en savoir plus sur la Forêt Gourmande, rendez-vous sur la chaîne de Fabrice et Claire : https://www.youtube.com/c/ForêtGourmande
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« Tous Terriens ! » est une série indépendante, fruit de mon engagement de citoyen et de journaliste pour une information à la hauteur des enjeux environnementaux et sociétaux.
Auteur et montage :
Rédaction et caméra,
traduction et sous-titrage (FR/EN/DE) :
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0:00 Forêt comestible : définition
0:41 Biomasse alimentaire ? bilan carbone ?
1:07 Sonia Henry, spécialiste sols agricoles
1:46 Agroforesterie et conservation des sols
2:13 Planter une haie nourricière
2:48 Agroforêt productive
3:31 Zones de la Forêt Gourmande
3:57 Carottage sols
4:18 Comment une plante stocke du carbone ? Photosynthèse, explication
5:15 Différence parcelle agricole et agroforêt
5:51 Macrofaune du sol
6:50 Prélèvement sol prairie
7:15 Prélèvement sol parcelle agricole labourée
8:01 Comparaison matière organique
9:05 Analyse de sols et du microbiote
9:36 Agriculture résiliente climat
10:18 Repas forestibles
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- TousTerriens
Forêt gourmande : l’agriculture déguisée en forêt
Dans cet épisode, Pierre Girard nous emmène en Bourgogne, au cœur de la “forêt gourmande” de Fabrice Desjours. Ce lieu singulier représente un modèle agricole innovant : une forêt qui produit de la nourriture (fruits, noix, feuilles, racines) sans nécessiter de travail du sol, de fertilisation artificielle ou d’arrosage.
Un projet scientifique inédit
Pour mieux comprendre le potentiel de ces systèmes, une équipe scientifique, menée par Sonia Henry du laboratoire Sols et environnement, a lancé une étude de grande envergure. L’objectif est de répondre à deux questions fondamentales qui n’ont jamais été tranchées par des données concrètes :
- Quel est le rendement alimentaire réel d’une forêt gourmande par rapport à une parcelle agricole classique ou une prairie ?
- Quel est le potentiel de stockage de carbone de ces systèmes ?
Contrairement aux parcelles agricoles conventionnelles, qui sont simplifiées pour faciliter la gestion, la forêt gourmande de Fabrice Desjours mise sur la complexité et la biodiversité. Le défi pour les chercheurs est d’adapter les protocoles scientifiques, habituellement conçus pour des monocultures, à cet écosystème multi-étagé.
Analyse des sols et biodiversité
Le protocole mis en place par Sonia Henry et son équipe consiste à comparer trois types de parcelles : la forêt gourmande, une prairie en pâturage et une parcelle agricole voisine. Les chercheurs effectuent des carottages jusqu’à 60 cm de profondeur pour mesurer la teneur en carbone organique et analyser la microflore par des extractions d’ADN.
Concernant la macrophune du sol (vers de terre, insectes, etc.), les premières observations sur le terrain ont révélé une surprise : le sol semble moins “grouillant” que dans une forêt traditionnelle. Alain, membre de l’équipe, explique que la litière très modeste dans ce système est rapidement recyclée, ce qui pourrait limiter la présence de grandes populations d’invertébrés faute de “garde-manger” pérenne en surface. Toutefois, il souligne qu’il s’agit d’une observation à l’œil nu et qu’il faudra attendre les analyses en laboratoire pour tirer des conclusions.
Un levier face au changement climatique
Au-delà de la production, ce système interroge notre résilience alimentaire. Alors que l’agroclimatologue Serge Zaka souligne les difficultés croissantes liées à la culture des céréales et légumes classiques dans un contexte de changement climatique, Fabrice Desjours rappelle l’immense potentiel de la biodiversité végétale. Il existe entre 5 000 et 7 000 espèces végétales alimentaires, alors que notre alimentation actuelle repose sur une soixantaine d’espèces seulement.
La forêt gourmande, par sa structure multi-étagée, permet une accumulation des récoltes et offre une voie vers une production alimentaire saine, diversifiée et plus respectueuse des cycles naturels.
Les résultats de cette étude, attendus dans l’année, permettront d’apporter des données scientifiques cruciales pour tous les agriculteurs et agricultrices qui explorent aujourd’hui les voies de l’agroforesterie et de la conservation des sols.