Futurs éleveurs : la ferme autonome et bio de Louise
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A 18 ans, Louise Corsyn (alias Lou sur Twitter) est éleveuse en bio. Revenu des futurs éleveurs, bien-être animal, critiques sur les réseaux sociaux, prix des produits animaux, qualité de vie : Comment voit-elle son avenir et celui de l’élevage ?
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Louise représente une génération de futurs éleveurs qui savent qu'ils vont vivre avec la crise climatique et le mouvement animaliste et antispéciste. Et pourtant elle ne perd pas l'envie de faire évoluer sa ferme et son métier.
Alors elle est la première éleveuse à qui je pose cette question : Quel avenir pour l’élevage ? 100.000 exploitations agricoles ont disparu dans les dix dernières années (source : recensement agricole, 2021). Et les plus touchées sont les élevages : 1 sur 3 en moins. Les jeunes éleveurs sont-ils prêts à prendre le relais ? L’accès au foncier et les perspectives de revenus sont des freins importants.
Mais pas pour Louise. Elle veut reprendre la ferme des Bachats (Moselle) que sa famille tient depuis 100 ans et elle montre que le métier d’éleveuse peut séduire aujourd’hui encore. Son père Jean-Bernard a fait passé l'exploitation en bio en 2015. Louise souhaite continuer à faire évoluer le modèle.
A 18 ans, elle est engagée pour ses bêtes et en parle avec passion sur les réseaux sociaux. En particulier sur Twitter, où je l’ai découverte grâce aux FranceAgriTwittos et où elle publie sous le pseudo @LCorsyn : www.twitter.com/LCorsyn
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Liens utiles :
Compte Twitter de Louise :
Instagram de Louise Corsyn :
https://www.instagram.com/louise.corsyn/
Site internet de la ferme des Bachats :
https://www.domainelesbachats.com
Présentation sur Bienvenue à la ferme :
https://www.bienvenue-a-la-ferme.com/grandest/moselle/rhodes/ferme/domaine-les-bachats/278255
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0:00 Future éleveuse à 18 ans
0:56 Revenu des éleveurs
2:01 Diversification et tourisme à la ferme
2:44 Reprendre la ferme
4:46 Travail avec les animaux
5:55 Critiques de l’élevage
6:51 Transition agroécologique
8:21 Autonomie fourragère
9:05 Mises bas à la bergerie
9:46 Études agricoles
10:21 Avenir de l’élevage
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Une passion transmise de génération en génération
Pour cette première vidéo dédiée à l’avenir de l’élevage, Pierre Girard est allé à la rencontre de Louise Corsyn. Louise représente la quatrième génération à s’apprêter à prendre le relais sur l’exploitation familiale, une ferme qui appartient à sa famille depuis tout juste cent ans. En explorant les bâtiments, notamment l’ancien poulailler de sa grand-mère qui accueillait jusqu’à 500 poules à l’époque, on mesure l’évolution de la ferme.
L’évolution du cheptel et la diversification
Aujourd’hui, la famille Corsyn, avec Louise et son père Jean-Bernard, se concentre essentiellement sur l’élevage d’ovins pour la viande. Le cheptel a beaucoup évolué au fil du temps : le grand-père possédait environ 500 brebis, un chiffre réduit à 300 par le père de Louise. Ce dernier a choisi de diminuer encore la taille du cheptel (jusqu’à une cinquantaine de têtes) pour allier l’élevage à une activité de tourisme à la ferme, comprenant des chambres d’hôtes, une piscine et des activités nautiques sur l’étang familial de 550 hectares.
Cependant, Louise a pour objectif de faire remonter le cheptel à environ 500 brebis. Son but : réussir à se dégager un salaire minimum correct sans dépendre exclusivement du tourisme, en faisant de l’agriculture son activité principale.
Un choix de vie affirmé
Malgré le contexte actuel de baisse du nombre d’exploitations en France, Louise a fait le choix assumé de reprendre l’exploitation. Un choix que ses parents n’ont pas forcément encouragé au départ, préférant qu’elle poursuive des études générales pour avoir plus de portes ouvertes. Pour Jean-Bernard, la mentalité des jeunes a changé : ils cherchent avant tout un métier qui a du sens et une meilleure qualité de vie. Louise confirme cette vision : elle souhaite choisir un métier où elle se sentira heureuse.
Une relation privilégiée avec les animaux
Le bien-être animal est au cœur du quotidien de Louise. Elle passe beaucoup de temps au contact de ses brebis, créant une relation de confiance remarquable. Même lors de critiques sur les réseaux sociaux — où elle est très active au sein de la communauté des “France Agri Tweetos” — Louise aborde les questions techniques (comme le sevrage ou l’épointage) avec pédagogie, en expliquant que ces pratiques s’inscrivent dans une logique de bien-être et de santé animale. Elle accepte le cycle naturel de l’élevage, convaincue que l’essentiel est d’offrir une belle vie à ses animaux jusqu’à la fin.
L’autonomie et la conversion en bio
Jean-Bernard a franchi le pas de la conversion en bio en 2015. Bien que le changement de système n’ait pas été facile, c’était une décision nécessaire pour la pérennité de la ferme. Louise partage cette vision et souhaite renforcer l’autonomie de l’exploitation. La ferme produit la quasi-totalité de son fourrage et de sa litière, ne dépendant de l’extérieur que pour quelques compléments minéraux. Cette autonomie permet non seulement de réaliser des économies, mais aussi de garantir la qualité de l’alimentation du troupeau.
Vers l’avenir
Alors que Louise part entamer trois années d’études en agronomie à Nancy, sa détermination reste intacte. Elle envisage également de réaliser des stages dans d’autres régions, comme la Bretagne, pour découvrir différentes manières de travailler. “C’est pas négociable, je veux reprendre la ferme”, affirme-t-elle. Une ambition qui témoigne de l’optimisme d’une nouvelle génération d’éleveurs prêts à relever les défis de demain.