Gestion de la compaction en Agriculture de Conservation des Sols, Vincent TOMIS

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Dans cette vidéo, Vincent Tomis, expert chez Agrotransfert, aborde la gestion de la structure des sols dans le cadre de l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS). Si l’absence de travail du sol favorise une meilleure résistance structurelle grâce aux galeries de vers de terre et aux fissures racinaires, les parcelles restent vulnérables au tassement, particulièrement en conditions humides avec des engins lourds. Le tassement profond, souvent causé par des charges à l’essieu supérieures à 17 tonnes, est extrêmement difficile à régénérer naturellement. Vincent Tomis préconise donc une vigilance accrue, l'utilisation d'outils de diagnostic (pénétromètre, méthode bêche) et une gestion rigoureuse des chantiers. Il souligne également l'importance cruciale de l'entretien organique — via les résidus de culture et les couverts végétaux — pour nourrir l'activité biologique, moteur essentiel de la résilience du sol. En cas de tassement sévère, une intervention mécanique légère, ciblée et réalisée dans des conditions optimales, peut toutefois s'avérer nécessaire.

auto_awesome
Résumé
Dans cette vidéo, Vincent Tomis, expert chez Agrotransfert, aborde la gestion de la structure des sols dans le cadre de l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS). Si l’absence de travail du sol favorise une meilleure résistance structurelle grâce aux galeries de vers de terre et aux fissures racinaires, les parcelles restent vulnérables au tassement, particulièrement en conditions humides avec des engins lourds. Le tassement profond, souvent causé par des charges à l’essieu supérieures à 17 tonnes, est extrêmement difficile à régénérer naturellement. Vincent Tomis préconise donc une vigilance accrue, l'utilisation d'outils de diagnostic (pénétromètre, méthode bêche) et une gestion rigoureuse des chantiers. Il souligne également l'importance cruciale de l'entretien organique — via les résidus de culture et les couverts végétaux — pour nourrir l'activité biologique, moteur essentiel de la résilience du sol. En cas de tassement sévère, une intervention mécanique légère, ciblée et réalisée dans des conditions optimales, peut toutefois s'avérer nécessaire.

Merci à Vincent Tomis pour cet entretien. Pour plus d’information sur AgroTransfert, c’est par ici : http://www.agro-transfert-rt.org/


  • ---

Chapitrage :

00:00 Introduction

00:28 Présentation de Vincent Tomis et AgroTransfert

02:29 Contexte et constats de la compaction des sols

09:43 L’activité biologique comme moteur du fonctionnement du sol

11:05 Comment diagnostiquer l’état structural d’un sol ?

13:55 Et en ACS ?

17:57 Quelles solutions pour développer la structure du sol ?

18:09 L’entretien de la matière organique par les cultures intermédiaires

25:40 La prévention des tassements

38:58 Sur pommes de terre : le prébuttage d’automne

41:10 La régénération par les processus naturels : racines, vers de terre, climat.

50:29 Conclusion

52:16 Question : Pour aérer mécaniquement un sol fortement compacté, quel type de dents apporte la meilleure satisfaction pour de la fissuration ? Quelle profondeur et quel écartement ?

  • ---



Gestion de la compaction en Agriculture de conservation des sols

La gestion de la structure des sols est un enjeu crucial en Agriculture de conservation des sols (ACS), un système où le travail du sol est réduit, voire inexistant. Contrairement à une idée reçue, le simple fait d’être en ACS ne suffit pas à garantir un sol structuré et résistant. Avec l’augmentation du poids des engins (moissonneuses, tracteurs, épandeurs), les risques de compaction persistent, et il est nécessaire de comprendre comment les prévenir ou les corriger.

Le diagnostic de l’état structurel du sol

L’observation est la première étape indispensable. Il ne faut pas se limiter à la surface, car les tassements profonds, situés sous les horizons habituellement travaillés, sont fréquents et particulièrement problématiques. La régénération y est très lente, car les vers de terre et l’activité biologique sont moins actifs qu’en surface.

Vincent Tomis souligne l’importance d’outils de diagnostic simples et formalisés, disponibles sur le site d’Agrotransfert :

  • La tige pénétrométrique : Elle permet d’évaluer la résistance du sol à la pénétration, un indicateur corrélé à l’enracinement des cultures.
  • Le mini-profil 3D : Une méthode permettant d’observer la structure du sol à hauteur d’homme à partir d’un bloc prélevé.
  • La méthode bêche : Une approche visuelle et pédagogique qui permet d’apprécier la stabilité structurale et la bioturbation (traces d’activité biologique comme les galeries ou déjections).

L’entretien organique : le moteur de la fertilité

L’activité biologique est le moteur du fonctionnement du sol. Elle dépend du “gîte” (structure) et du “couvert” (carburant/matière organique). Pour évaluer l’état organique de ses parcelles, il est possible d’utiliser le bilan humique.

L’outil Simeos-AMG, développé par Agrotransfert, permet de simuler l’évolution des stocks de carbone organique selon les pratiques. Les cultures intermédiaires sont un levier puissant : leurs racines contribuent significativement au stockage de carbone et à la stabilité structurale, souvent mieux que les pailles de blé, car leur matière organique est mieux assimilée par les biomasses microbiennes.

Prévenir le tassement profond

Le tassement est la résultante de la pression exercée par les machines et de la résistance du sol (très dépendante de l’humidité).

  • Charge à l’essieu : Les expérimentations montrent qu’il faut éviter de dépasser 17 tonnes par essieu sur des sols limoneux humides pour limiter le tassement au-delà de 30 cm de profondeur.
  • Pneumatiques : L’utilisation du télégonflage permet d’augmenter la surface de contact, de réduire le patinage et de limiter la pression au sol.
  • Stratégie de chantier : Il est préférable de privilégier plusieurs passages avec des charges modérées plutôt qu’un seul passage avec une charge extrême.

Régénération naturelle et rôle de la biologie

Les racines ne sont pas des “marteaux-piqueurs” : elles cherchent à contourner les zones tassées en empruntant la porosité existante (fissures, galeries).

  1. Le rôle des racines : En pompant l’eau, les racines provoquent une dessiccation qui crée des fissures, améliorant ainsi l’infiltration de l’eau et offrant des voies préférentielles pour les cultures suivantes.
  2. Le rôle des vers de terre : Ils sont essentiels pour brasser la terre et créer des galeries. Une forte activité biologique (plus de 300 à 400 galeries par m²) est un levier majeur de régénération.

Intervention mécanique : le “coup de pouce” nécessaire

Parfois, la régénération naturelle ne suffit pas, notamment en cas de tassement sévère. Si une intervention est nécessaire, le choix du matériel est primordial :

  • Type de dent : Les dents droites et fines sont recommandées car elles permettent une bonne fissuration sans bouleverser inutilement les horizons.
  • Condition d’intervention : La réussite dépend à 90 % de l’état d’humidité du sol lors du travail. Intervenir dans un sol trop humide aggravera la situation.
  • Réglage : L’écartement des dents doit être environ 1,5 fois la profondeur de travail.

En conclusion, bien que l’ACS améliore la résistance globale du sol grâce à une porosité fissurale et tubulaire plus stable, la vigilance reste de mise face au tassement profond. La gestion repose sur un équilibre entre le maintien de l’activité biologique, une réflexion sur les charges au champ et, si besoin, une intervention mécanique raisonnée et ponctuelle.