Gestion des prairies et restauration du sol, Étienne Gauthier
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This video was made as part of the NBSoil project co-funded by the European Union.
La réalisation de cette vidéo a été faite dans le cadre du projet NBSoil financé par l'union Européenne
Cette page a été rédigée dans le cadre du projet NBSOIL avec le soutien financier de l'Union Européenne, avec la participation du Centre National d'Agroécologie, de Ver de Terre Production et de Neayi
Gestion des prairies et restauration du sol, Étienne Gauthier
Dans ce webinaire, Étienne Gauthier, agronome spécialisé dans la prairie et le sol, partage son approche de la gestion agricole globale. Son intervention met en lumière l’importance cruciale des prairies dans les systèmes de polyculture-élevage et leur rôle dans la régénération de la fertilité des sols.
L’approche systémique : sol, plante, animal
Pour Étienne Gauthier, une ferme fonctionne comme un système interdépendant. Le sol nourrit la plante, qui nourrit l’animal, et l’animal, par ses déjections, nourrit à son tour le sol et la plante. L’agronome souligne l’importance d’observer cette dynamique globale plutôt que de traiter chaque élément de manière isolée. Il insiste particulièrement sur le diagnostic de terrain, notamment à travers le test bêche, pour évaluer l’état structurel et biologique du sol.
Diagnostic et indicateurs de fertilité
Pour évaluer la santé des sols, Étienne Gauthier utilise la méthode VESS (Visual Evaluation of Soil Structure), qui permet de noter la structure du sol (de 1 à 5) et l’activité biologique. Ce suivi, idéalement complété par des photos, permet de monitorer l’évolution des parcelles sur plusieurs années. Il rappelle l’ordre chronologique des priorités pour restaurer un sol :
- Aspect physique : la structure du sol.
- Aspect acidobasique : le pH (bien que la prairie tolère des pH acides autour de 5,5).
- Aspect organobiologique : le statut et la composition de la [[matière organique]] (libre vs stable).
- Aspect minéral : les besoins en N, P et K.
Le pâturage régénératif
Étienne Gauthier met en avant le pâturage régénératif comme un levier puissant. Cette méthode consiste à respecter les cycles de mise en réserve de la plante. En attendant que la prairie soit plus développée (20-30 cm) avant d’y introduire les animaux, on favorise le développement racinaire et les exsudats racinaires, améliorant ainsi la fertilité. Contrairement au surpâturage classique qui épuise les réserves racinaires, cette technique permet de conserver une prairie productive toute l’année, même en conditions séchantes, tout en améliorant la santé des animaux.
Fauche et fertilisation
L’agronome conseille vivement de faucher haut pour protéger le sol et favoriser une repousse rapide. Il introduit également la notion de “fauche de restitution” en automne : laisser sur pied ou broyer la dernière pousse de l’année au sol permet un apport important de matière organique riche en sucres et nutriments, agissant comme un amendement naturel.
Enfin, concernant la fertilisation, Étienne Gauthier insiste sur l’importance de valoriser les apports organiques (fumiers, lisiers) en automne pour maximiser leur efficacité et limiter la volatilisation. Il met en garde contre les composts de bout de champ qui, s’ils sont mal gérés (stockage long, lixiviation), perdent une part importante de leur valeur fertilisante (notamment en potasse).
Conclusion
La restauration du sol demande du temps, de la persévérance et une vision à long terme. L’investissement dans des infrastructures de pâturage (clôtures mobiles, chemins, abreuvement) est un levier clé, bien que coûteux, pour transformer les systèmes de production. En combinant la gestion du pâturage, des fauches raisonnées et une fertilisation organique optimisée, il est possible de déplafonner les rendements, de réduire la dépendance aux intrants et d’assurer la pérennité des fermes.