Histoire du semis direct en france avec Frederic Thomas
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Agriculteur en Sologne et rédacteur en chef de la revue TCS, Frédéric Thomas est une figure incontournable de la transition agroécologique en France depuis plus de 25 ans. À travers TCS, il accompagne les agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques, diffusant des connaissances techniques et agronomiques venues des quatre coins du monde, fruit de ses nombreux voyages et de ses rencontres avec des pionniers du secteur.
Ce jeudi 19 juin 2025, Frédéric Thomas reviendra sur l’histoire des réseaux d’agriculture de conservation en France. Il évoquera les grandes étapes techniques, les innovations de terrain, les influences internationales, ainsi que les dynamiques collectives qui ont permis à ce mouvement de prendre racine et d’évoluer.
Une conférence incontournable pour celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre les fondements et les perspectives de cette transition agricole en cours.
Histoire du semis direct en France avec Frédéric Thomas
Le semis direct a fait ses premiers pas en France il y a environ trente ans. Frédéric Thomas, figure incontournable de l’agronomie française, revient sur l’épopée de l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS) en France. Agronome, agriculteur en ACS depuis 1996 et rédacteur de la revue TCS (Toutes les Cultures Sans labour), Frédéric Thomas propose une synthèse historique, à la croisée de la théorie et de la pratique.
Les racines du parcours de Frédéric Thomas
Le parcours de Frédéric Thomas est marqué par une volonté de terrain. Après une formation agricole classique en France, il s’est formé aux États-Unis (1982-1985), puis en Australie, avant de s’installer en freelance en 1991 avec l’entreprise Farming Communication. Cette période est jalonnée par des échanges techniques internationaux, notamment avec Michel Horch, qui l’a initié au machinisme dédié au semis direct à une époque où le concept était encore confidentiel en France.
L’évolution de l’agriculture de conservation
Dans les années 1990, le développement des techniques culturales simplifiées (TCS) répondait principalement à une nécessité économique, accélérée par la réforme de la PAC de 1992 qui a libéré les prix agricoles. L’objectif était de réduire les coûts de production, notamment par la diminution du travail du sol.
Vers 1996-1997, la création de l’APAD (Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable) marque un tournant, soutenu par des financements européens. À cette époque, le matériel de semis direct, comme le SEM Exact ou le SD300 de Kuhn, commence à se démocratiser, permettant de semer des cultures variées au-delà des simples céréales.
Le rôle des réseaux et la transmission du savoir
L’essor de l’ACS en France a été porté par une forte émulation au sein de différents réseaux, notamment l’association BASE (Biodiversité, Agriculture, Sol et Environnement) dont Frédéric Thomas est l’un des fondateurs. Ces structures ont permis d’organiser des plateformes de démonstration et des réunions techniques cruciales.
Un moment clé a été la rencontre avec des pionniers comme Dominique Soltner, qui a préfiguré le maraîchage sur sol vivant, ou encore des figures internationales comme Carlos Crovetto (Chili), Ademir Calegari (Brésil) et Don Reicosky (États-Unis), dont les travaux sur la séquestration du carbone et l’activité biologique des sols ont été déterminants pour les agriculteurs français.
La revue TCS : un pilier de la connaissance
Créée en 1999, la revue TCS est née de la demande croissante d’informations techniques pointues, à une époque où internet n’existait pas encore sous sa forme actuelle. Fidèle à sa ligne éditoriale, Frédéric Thomas a toujours privilégié l’analyse approfondie et la pratique réelle plutôt que le discours marketing. Malgré des débuts complexes, la revue s’est imposée comme une référence, encourageant une approche agronomique systémique, bien au-delà de la simple technique culturale.
Perspectives et avenir de l’ACS
Interrogé sur l’avenir de l’ACS dans un contexte français marqué par le développement de résistances aux herbicides (comme le régrain ou le vulpin), Frédéric Thomas souligne que l’agriculture n’est pas une science figée. Pour lui, la clé réside dans la diversification des outils — incluant, si nécessaire, des interventions mécaniques légères, l’intégration de l’élevage, ou l’exploitation de la biologie des sols.
Il conclut sur une note optimiste : pour la première fois dans l’histoire, grâce à l’accumulation des connaissances techniques et biologiques, l’humanité possède les clés pour développer une agriculture véritablement durable et régénérative. Cette transition, bien que non linéaire et nécessitant une adaptation constante, constitue une période formidable pour les nouvelles générations d’agronomes et d’agriculteurs.