Hydrologie régénérative en Slovaquie - Webinaire & masterclass publique
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PermaLab (Simon Ricard) et Agrilandscape (Fabian Féraux) ont organisé une master class sous forme de webinaire qui retrace le parcours du « Slovak Water Tour » sous l’angle de leur expérience de designer professionnels.
Les slovaques communiquent énormément sur leurs projets d'hydrologie régénérative et avec un petit groupe belge, français et allemand, nous sommes allés voir de quoi il en retourne.
Nous avions envie d’échanger publiquement sur cette semaine riche en expériences et à la place de le faire en petit comité privé, nous vous proposons ce webinaire open source que vous pouvez regarder ou écouter.
On peut dire que de loin, ce que font nos collègues slovaques paraît impressionnant, inaccessible, global. Mais qu’en est-il réellement et que peut on en faire et en conclure ?
Nous espérons que cela vous sera utile? N'hésitez pas à commenter et nous taguer en commentaire.
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Hydrologie régénérative en Slovaquie - Webinaire & masterclass publique
Ce webinaire, animé par Fabian Féraux et Simon Ricard, propose un retour d’expérience sur un “Slovak Water Tour” effectué en Slovaquie. Ce voyage d’étude a permis à un groupe de professionnels (Belges, Français, Allemands) de découvrir les réalisations techniques et politiques en matière d’hydrologie régénérative, portées notamment par l’hydrologue Michal Kravčík.
Contexte de la mission
L’objectif de cette visite était d’observer, sur le terrain, des méthodes de gestion de l’eau à l’échelle des bassins versants. Contrairement aux approches conventionnelles basées sur de grands ouvrages de stockage, le modèle slovaque mise sur une multitude de micro-ouvrages permettant de ralentir et d’infiltrer l’eau dès le haut des versants. Cette stratégie vise à lutter simultanément contre les inondations (en écrêtant les crues) et les sécheresses (en réhydratant les nappes et les paysages).
Les solutions techniques observées
Le tour a permis d’explorer plusieurs types d’aménagements :
- Check dams (barrages de poche) : Petits ouvrages en bois (troncs) ou en pierre installés dans les talwegs et les chemins forestiers. Leur rôle est de casser la vitesse du flux d’eau, de favoriser l’infiltration et de retenir les sédiments avant qu’ils n’atteignent le réseau hydrographique principal.
- Revers d’eau : Dispositifs transversaux sur les pistes forestières ou agricoles qui dévient l’eau de ruissellement vers des zones d’infiltration, évitant ainsi l’érosion des chemins.
- Réhydratation par micro-dépression : Utilisation du relief existant ou création de légères cuvettes pour favoriser le stockage naturel et l’effet “éponge” du paysage.
- Interventions légères : L’accent est mis sur des techniques “low-tech” et “low-cost”, souvent réalisables manuellement ou avec peu de moyens mécaniques, privilégiant une approche mimétique des processus naturels (ex: ouvrages castor).
Enjeux de la mise en œuvre
La discussion a mis en lumière plusieurs points cruciaux pour le déploiement de ces stratégies en France et en Belgique :
- Approche territoriale : Une intervention isolée sur une seule parcelle est souvent insuffisante. La réussite de l’hydrologie régénérative repose sur une concertation à l’échelle du sous-bassin versant, impliquant agriculteurs, forestiers, collectivités et syndicats de rivières.
- Le rôle du design : Le design doit concilier les besoins hydrauliques (ralentir, infiltrer) avec les usages du sol (praticité pour les engins agricoles, exploitation forestière durable).
- Entretien : Ces ouvrages ne sont pas passifs ; ils nécessitent un entretien régulier pour éviter leur comblement par les sédiments, surtout dans les zones de grandes cultures où l’érosion est forte.
- Protocole scientifique : Il existe un besoin urgent de documenter et d’instrumenter ces pratiques pour prouver leur efficacité à long terme, tout en acceptant d’avancer empiriquement face à l’urgence climatique.
Vers une hydrologie régénérative
Les intervenants insistent sur le fait qu’il n’existe pas de “solution miracle”. La stratégie la plus robuste repose sur un triptyque : sol (couverture, matières organiques), eau (ralentissement, infiltration) et arbre (agroforesterie, bocage).
Pour les professionnels souhaitant approfondir ces sujets, l’association pour une hydrologie régénérative (dont Simon Ricard est cofondateur) propose des espaces d’échange, notamment via un serveur Discord, et travaille à la mise en place de protocoles de suivi en partenariat avec des agences de l’eau. Le partage d’expérience et l’émulation collective sont présentés comme les leviers principaux pour transformer durablement nos paysages.