JOURNÉE NATIONALE SOL VIVANT - MARCIAC 2018 - Arthur BURESI
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JOURNÉE NATIONALE SOL VIVANT - MARCIAC 2018 - Arthur BURESI
Agriculture & alimentation, comprendre ce que nous mangeons !
Cette journée du 3 août s’adresse à tous les professionnels du secteur agroalimentaire tout comme au grand public curieux de découvrir les bénéfices associés aux pratiques agricoles sur sols vivants.
Introduction
Arthur Buresi intervient lors de la Journée nationale sol vivant à Marciac en 2018. Il souligne l'importance des espaces de rencontre entre consommateurs et producteurs pour construire une agriculture différente. Il pose d'emblée un constat majeur : 95 % de l'alimentation française provient du système agro-industriel actuel. Pour lui, la transition doit impérativement s'opérer au sein de ce système dominant pour avoir un réel impact à grande échelle.
Le constat de l'agriculture actuelle
Arthur Buresi note que les fermes conventionnelles font souvent face à des difficultés économiques, sociales et environnementales (compaction, érosion, battance). Toutefois, il observe l'émergence de pratiques prometteuses, comme l'agriculture de conservation des sols, bien que ces agriculteurs soient souvent intégrés dans les mêmes circuits que le conventionnel.
Il pointe plusieurs freins à la transition :
- La difficulté de diversifier les rotations sans débouchés garantis par les coopératives.
- Le manque de reconnaissance pour les agriculteurs qui stockent le carbone ou limitent les intrants.
- L'absence de débat sur les traitements insecticides après récolte, pourtant cruciaux pour la santé des consommateurs.
Vers une troisième voie : l'agriculture du vivant
L'intervenant propose de sortir de l'opposition binaire entre bio et conventionnel. Son objectif est de créer une "troisième voie" appelée Agriculture du vivant, qui met le sol au cœur du système.
Il estime qu'il est plus facile de réduire les pesticides une fois que la fertilité des sols est restaurée. Cette démarche vise à accompagner tous les profils d'agriculteurs, qu'ils soient pionniers ou en phase de transition, vers des pratiques agro-écologiques.
Les missions de l'association
Pour structurer cette transition, l'association "Pour une agriculture du vivant" s'est fixée trois missions principales :
- Développement agronomique : Combler le manque de références techniques et offrir un accompagnement personnalisé aux agriculteurs pour sécuriser leur transition.
- Structuration des filières : Créer des débouchés qui valorisent économiquement les efforts des agriculteurs.
- Reconnaissance par les labels : Arthur Buresi analyse les labels actuels en distinguant trois niveaux d'action :
- L'efficience : optimiser l'existant (ex: agriculture de précision).
- La substitution : remplacer un intrant par un autre moins toxique.
- L'art conception : repenser globalement le système.
Il souligne que la plupart des labels ne garantissent pas nécessairement des sols vivants. L'association travaille donc sur des cahiers des charges fondés sur des indicateurs de résultats (taux de couverture des sols, stockage carbone, réduction des pesticides) plutôt que sur des indicateurs de moyens.
Conclusion
La transformation du système alimentaire repose sur la synergie entre tous les acteurs : producteurs, agro-industrie et consommateurs. Arthur Buresi insiste sur le rôle central du consommateur : c'est par l'acte d'achat et la demande de transparence que la transition vers des pratiques vertueuses pour les sols sera pérennisée et généralisée.