L'Hydrologie régénérative, inspirations et cas d'études en France et à l'étranger
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Les premières Rencontres de l'Hydrologie Régénérative organisées par l'association Pour une hydrologie régénérative se sont tenues le 20 octobre 2022 à Annecy.
Elles ont débuté par une table ronde* et se sont poursuivies par ce temps de Grands Témoins, animé par Samuel Bonvoisin, ingénieur agronome (@alveoles) avec :
- Alain Malard, consultant en viticulture-œnologie et formateur en permaculture
- Chan Sac Balam, concepteur et co-gérant de @permalabprod.9281
- Sébastien Roumégous, consultant en agroécologie et Directeur général de Biosphères
- Fabien Balaguier, agronome et Directeur de l'@agroforesterie
- Lien vers le replay de la table ronde : https://youtu.be/eCHkEVaozsw
Pour soutenir la réalisation de cette vidéo et de ces rencontres, pour découvrir et contribuer plus largement aux actions de l'association Pour une Hydrologie Régénérative, rdv sur notre site internet : https://hydrologie-regenerative.fr/don/
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L’hydrologie régénérative, inspirations et cas d’études en France et à l’étranger
Cette table ronde, animée par Charlène, s’inscrit dans la continuité d’une réflexion globale sur l’état de la planète. L’objectif est de donner la parole à des experts de terrain pour illustrer, de manière concrète et précise, comment la notion d’hydrologie régénérative transforme notre perception des agrosystèmes et impacte les pratiques agricoles au quotidien.
La démarche de conception et le rôle de l’eau en viticulture
Alain Malard présente sa démarche d’accompagnement auprès des vignerons. L’objectif n’est pas d’empêcher l’eau de circuler, mais de la ralentir pour permettre une infiltration optimale dans la parcelle tout en évacuant les excédents vers le cycle naturel.
Principes clés de la démarche
- Valorisation des ressources : Utiliser la topographie (gravité), le vent, la lumière et la chaleur, ainsi que les arbres et la polyculture pour sécuriser la production.
- Tracer les lignes clés : Valoriser l’énergie de la gravité. Les couverts végétaux jouent un rôle majeur dans la régénération du sol et la gestion de la biodiversité.
- Matérialisation des “bessières” : Mise en place de fossés fermés avec trop-plein pour retenir l’eau tout en permettant une évacuation maîtrisée.
- Approche holistique : La vigne n’est qu’un élément d’un système intégré. Il faut inventorier et valoriser toutes les ressources, accepter l’autorégulation et prévoir une rétroaction, car la nature impose ses propres règles.
- Biodiversité intégrée : L’intégration d’espèces (comme les oliviers et les mûrs) à l’intérieur des parcelles, plutôt qu’en périphérie, favorise le retour de la vie et des services écosystémiques.
Hydrologie régénérative : visions internationales et réseaux
Chan Sac Balam partage une vision élargie de l’hydrologie, insistant sur le fait que nous n’agissons qu’à l’échelle d’un bassin versant.
Concepts fondamentaux et sources d’inspiration
- Le cycle de l’eau : Améliorer les petits cycles de l’eau à l’échelle territoriale. Le sol vivant est la condition sine qua non de cette gestion.
- Sources d’inspiration :
Victor Schauberger : Pour son approche thermodynamique et systémique de l’eau. Gérald Pollack : Pour ses recherches sur la quatrième phase de l’eau. Bill Mollison : Pionnier de la permaculture, définie ici comme une science complexe de conception d’agroécosystèmes.
- Outils de modélisation : L’utilisation de systèmes d’information géographique (SIG) permet de mieux comprendre la dynamique de l’eau et de concevoir des paysages agricoles adaptés.
- Réseaux : L’existence de réseaux mondiaux (comme celui de Darren Doherty) permet de mutualiser les connaissances entre amateurs et professionnels sur la gestion des paysages.
Vers une agriculture régénératrice : le cas de l’agroécologie
Sébastien Roumegous souligne que l’agriculture conventionnelle, bien qu’efficace en termes de volume, est souvent dégradante pour les fonctions des écosystèmes. La transition vers l’agroécologie consiste à restaurer ces fonctions.
Leviers d’action pour la transition
- Couverture des sols : La base de la résilience. Un sol couvert, même pauvre, finit par recréer de la porosité et de la [[matière organique]] grâce à la photosynthèse.
- Pragmatisme économique : Pour convaincre les agriculteurs conventionnels, il faut proposer des solutions simples, robustes et rentables, comme l’enherbement un rang sur deux, qui offre un gain de temps tout en améliorant l’infiltration.
- Gestion des ressources : L’agroforesterie est ici vue comme une plante cultivée contrainte. L’arbre sert d’amortisseur, de filtre et de pompe hydraulique, créant des synergies (symbiose 1+1=3).
- Approche collective : La transition doit se penser à l’échelle du territoire. L’agroforesterie et la gestion de l’eau nécessitent une coordination entre agriculteurs, techniciens et agences de l’eau.
En conclusion, si la transition prend du temps, le succès des projets pilotes démontre qu’une autre agriculture est possible. L’avenir dépend de nos choix individuels et collectifs pour tendre vers des scénarios de régénération plutôt que d’effondrement, en partant du réel et en optimisant nos moyens pour une gestion durable des ressources.