Mesurer la qualité des aliments que l'on consomme - Projet FOOD SCANNER
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Toutes les informations du projet ici :
https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/foodscanner-qualite-nutritive-maraichagesolvivant
Présentation
Arnaud Daguin se présente comme ancien cuisinier, métier qu’il a exercé pendant plus de quarante ans, notamment dans un hôtel-restaurant. Il explique que la grande question qui a traversé toute sa vie professionnelle est la suivante : « qu’est-ce qu’un bon produit ? ». Selon lui, répondre à cette question constitue un travail de longue haleine, presque « l’œuvre de toute une vie ».
Aujourd’hui, il intervient ici comme porte-parole d’une association qu’il a cofondée, intitulée Pour une agriculture du vivant. Parmi les missions portées par cette association figure notamment celle de définir le mieux possible ce qu’est un bon produit.
Pourquoi mesurer la qualité des aliments
Arnaud Daguin insiste sur l’idée que ce que nous mangeons nous constitue directement. L’alimentation ne relève pas seulement du goût ou du plaisir, mais participe pleinement à notre physiologie.
Il donne plusieurs exemples :
- lorsqu’on mange un bon pain fait avec une bonne farine, la minéralité de cette farine va directement au cœur de nos cellules ;
- lorsqu’on mange de bons fruits, tous les nutriments qu’ils contiennent viennent s’ajouter à notre propre vivant ;
- lorsqu’on mange un yaourt ou un fromage au lait cru, toute la microbiologie et les ferments lactiques qu’ils renferment viennent enrichir notre microbiote.
À partir de ces exemples, il affirme qu’il est essentiel de savoir ce qu’il y a réellement dans les produits que l’on consomme. Il va même plus loin en disant que c’est peut-être là la chose la plus importante à connaître.
Un enjeu encore au début de sa compréhension
Selon lui, la capacité à mesurer précisément la qualité des aliments n’en est encore qu’à ses débuts. On commence seulement à comprendre ce qu’il faut mesurer et ce qu’il convient d’observer dans les aliments.
L’objectif est de pouvoir analyser, par exemple dans « une petite pomme comme celle-là », le capital nutritionnel qu’elle contient réellement. Mais cette mesure, à elle seule, ne suffit pas.
Faire le lien entre le produit, le sol et les pratiques agricoles
Le point qu’Arnaud Daguin juge encore plus important est la capacité à établir des corrélations entre :
- le sol qui a porté l’arbre ou la culture ;
- les pratiques agricoles mises en œuvre autour de cette production ;
- ce qui a été fait au sol ;
- les produits issus de ce sol ;
- et, plus largement, les animaux qui auraient pu consommer ces productions avant d’être eux-mêmes consommés par l’être humain.
Il évoque ici une chaîne trophique et une chaîne nutritionnelle faites de relations et de corrélations. Pour lui, ces liens existent de manière évidente, mais aujourd’hui on ne sait ni les expliquer clairement, ni même les montrer de façon satisfaisante.
Le besoin d’une mesure en temps réel et en routine
Arnaud Daguin affirme que nous avons besoin d’une agriculture capable de mesurer :
- en temps réel ;
- en permanence ;
- de façon routinière ;
- et à coût accessible.
Il s’agit de pouvoir connaître tout ce qu’il y a dans un produit, puis de relier cette composition nutritionnelle aux pratiques qui ont permis d’amener ces nutriments dans ce produit.
Ces corrélations sont présentées comme fondamentales. Selon lui, l’agriculture de demain doit être capable de produire cette connaissance, c’est-à-dire de comprendre ce qu’elle fait et de le mesurer.
Le projet FOOD SCANNER et l’appel à l’action
Dans l’esprit du projet FOOD SCANNER, Arnaud Daguin explique que cela passe par des opérations de financement et de soutien à de nouveaux outils :
- des appareils de mesure ;
- des pratiques de mesure ;
- des avancées scientifiques.
Il souligne l’importance des appels à projets et de la manière d’y répondre. C’est, selon lui, en finançant « par petits bouts » ces développements que l’on pourra construire collectivement un système massivement collaboratif et open source.
Ce système devrait permettre, à terme, de dire pour chaque produit :
- ce qu’il contient ;
- pourquoi il est bon ;
- et comment il en est arrivé là.
Conclusion
L’intervention se termine sur un appel clair : il faut se mobiliser pour rendre possible cette capacité de mesure et de compréhension des aliments. Pour Arnaud Daguin, il ne s’agit pas d’un sujet secondaire, mais d’un enjeu fondamental, dont « notre avenir à tous » dépend.