Michaël Georget, Le temps retrouvé. Viticulture biodynamique avec des couvertures spontanées.
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Le projet Agroécopyr, une initiative dédiée à faciliter les échanges entre les agriculteurs pionniers des Catalognes Nord et Sud. Nous organisons des visites et des formations transfrontalières pour explorer, valider et diffuser les innovations qui émergent dans le domaine agricole. Les retours d'expériences sur des techniques innovantes affluent, et il est maintenant primordial de partager ces progrès pour promouvoir une agriculture nourrissant à la fois les sols et les êtres humains.
Le projet est financée par la Communauté de Travail des Pyrénées et réalisée par Xavi López Coma, elle met en lumière les initiatives innovantes en collaboration avec l'association Arbre et Paysage 66.
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Michaël Georget, le temps retrouvé : viticulture biodynamique avec des couvertures spontanées
Michaël Georget, vigneron installé en famille avec sa compagne et leurs enfants Rachel et Raphaël, partage son parcours et sa philosophie de viticulture. Originaire de Touraine, où il a débuté sa carrière agricole à l’âge de 15 ans, il a acquis de nombreuses expériences à travers la France. C’est en Alsace qu’il découvre la biodynamie, une méthode qui lui permet de se rapprocher du végétal, du sol et du vivant.
L’expérience en Roussillon
Son chemin l’a conduit jusqu’à Montescot, dans les Pyrénées-Orientales (Roussillon), où il a travaillé dans un domaine viticole en biodynamie. En tant que régisseur, il a mené à bien la conversion du domaine et a optimisé les pratiques biodynamiques sur 65 hectares. En 2012, il saisit l’opportunité de reprendre le Mas Ancour, une cave qui était fermée depuis 20 ans.
Une agriculture paysanne et non dépensière
Michaël Georget cultive une vision de l’agriculture paysanne, qui ancre l’économie avant tout. Pour lui, il s’agit d’une agriculture non dépensière, où l’on évite les coûts superflus. En dehors du carburant pour le tracteur et du matériel de base, il privilégie l’utilisation d’outils anciens et limite les dépenses, ce qui renforce l’économie de son exploitation.
La gestion des sols et l’utilisation du cheval
Pour éviter de travailler le sol, il laisse en place des couverts végétaux permanents. Il utilise désormais le cheval pour remplacer le tracteur autant que possible. Le cheval permet de coucher l’herbe, qui est ensuite fauchée mécaniquement ou pâturée par des animaux lors de l’écopâturage, après la chute des feuilles. Cette méthode garantit que le sol n’est jamais remué.
Vers une phytothérapie de la vigne
Le vigneron a observé que le sol vivant rend la vigne plus dynamique et résistante. Après avoir utilisé du cuivre et du soufre, il a réalisé que ces interventions créaient un déséquilibre. Depuis trois ans, il n’utilise plus ces produits, mais se tourne vers la phytothérapie, avec des plantes et des huiles essentielles. Il constate que la plante est beaucoup plus réactive et efficace grâce à cette approche douce, rendue possible par la richesse et la densité du système racinaire de ses vignes.
La porosité du sol comme réservoir d’eau
Le maintien des couverts végétaux permet le développement d’un réseau racinaire dense. À chaque cycle, les racines qui meurent laissent des galeries dans le sol, créant une porosité exceptionnelle. Ce sol devient alors un réservoir d’eau majeur, capable de stocker de grandes quantités d’eau, rendant la vigne beaucoup plus résistante à la sécheresse que dans les parcelles travaillées de manière conventionnelle. Même en conditions sèches, la vigne continue sa croissance et prépare ses réserves.
Validation par le protocole CIVB
À partir de 2016-2017, Michaël Georget a participé à un protocole avec le CIVB, impliquant plusieurs vignerons du département. L’étude comparait des rangs travaillés mécaniquement à des rangs laissés en couverture spontanée pendant cinq ans. Le constat a été sans appel : un sol couvert est extrêmement bénéfique pour la vie microbienne et la rétention d’eau. La qualité du raisin s’en trouve améliorée et la production devient plus linéaire et régulière, grâce à une meilleure immunisation naturelle de la vigne face aux maladies.
En conclusion, Michaël Georget souligne que travailler en harmonie avec la nature est une approche “gagnant-gagnant”. Sans chercher à battre des records de rendement, il est convaincu que cette méthode est la voie à suivre pour une viticulture pérenne et respectueuse du vivant.