Présentation de l'association Pour une Agriculture du Vivant, par Nina Bigaud

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Dans cette présentation, Nina Bigaud expose la mission de l’association Pour une Agriculture du Vivant, créée en 2018 pour rassembler les acteurs de l’amont à l’aval des filières autour de la transition agroécologique. Sa vision, « nourrir les sols pour nourrir les hommes », place la fertilité des sols au cœur d’une agriculture capable de restaurer la biodiversité, améliorer la qualité de l’eau et contribuer à la santé globale des territoires. L’association agit selon quatre leviers : le développement agronomique, la structuration de filières, la pédagogie et le financement de la transition. Elle défend une démarche de progrès inclusive, fondée sur des pratiques comme la couverture des sols, l’agroforesterie et la réduction du travail du sol. Plutôt que de créer un nouveau label, elle cherche à valoriser ces engagements via les filières existantes, la RSE, la formation et des outils économiques comme les crédits carbone.

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Résumé
Dans cette présentation, Nina Bigaud expose la mission de l’association Pour une Agriculture du Vivant, créée en 2018 pour rassembler les acteurs de l’amont à l’aval des filières autour de la transition agroécologique. Sa vision, « nourrir les sols pour nourrir les hommes », place la fertilité des sols au cœur d’une agriculture capable de restaurer la biodiversité, améliorer la qualité de l’eau et contribuer à la santé globale des territoires. L’association agit selon quatre leviers : le développement agronomique, la structuration de filières, la pédagogie et le financement de la transition. Elle défend une démarche de progrès inclusive, fondée sur des pratiques comme la couverture des sols, l’agroforesterie et la réduction du travail du sol. Plutôt que de créer un nouveau label, elle cherche à valoriser ces engagements via les filières existantes, la RSE, la formation et des outils économiques comme les crédits carbone.


Présentation de l’association Pour une Agriculture du Vivant

Nina Bigaud présente l’association Pour une Agriculture du Vivant, organisatrice de l’événement. Son intervention prend volontairement un peu de recul par rapport aux aspects strictement techniques abordés par ailleurs, afin d’expliquer ce qu’est l’association, comment elle a été créée, quelle est sa vision, vers quoi elle souhaite aller, et quels leviers d’action elle met en place.

Elle précise qu’elle sera brève, notamment parce que l’on approche du déjeuner, et pour laisser ensuite la parole à Florian Breton, partenaire de l’association, qui présentera une action spécifique autour du financement.

Origine et raison d’être de l’association

L’association Pour une Agriculture du Vivant a été créée officiellement en avril 2018, même si sa réflexion avait commencé plus tôt.

Elle est née à l’initiative de différents types d’acteurs :

  • des acteurs de l’aval des filières, notamment dans la restauration individuelle et collective, ainsi que des acheteurs pour les entreprises alimentaires ;
  • des agriculteurs et des agronomes, qui faisaient remonter de nombreuses innovations de terrain autour des pratiques agroécologiques.

L’objectif initial était de faire le lien entre ces différents acteurs, de l’amont à l’aval des filières, et de les réunir dans un projet collectif, un mouvement commun appelé Pour une Agriculture du Vivant.

Cette mise en lien vise à :

  • valoriser les produits issus de pratiques agroécologiques, portés par des agriculteurs qui les mettent déjà en place depuis longtemps ;
  • accompagner les agriculteurs qui souhaitent s’engager dans cette démarche ;
  • connecter ces agriculteurs avec des acheteurs pouvant eux-mêmes être membres de l’association.

Vision et mission

La vision de l’association est résumée par la formule :

« Nourrir les sols pour nourrir les hommes »

Cette vision repose sur l’idée que le sol et sa fertilité sont au cœur de ce que l’association veut promouvoir. Il s’agit de réfléchir à :

  • la restauration de la fertilité naturelle des sols ;
  • la manière de produire avec la biodiversité.

La mission que l’association s’est donnée est :

accélérer la transition agroécologique en réunissant tous les acteurs des filières et en structurant des filières agroécologiques.

Pour y parvenir, l’association s’appuie sur quatre grands leviers d’action :

  • le développement agronomique ;
  • la coopération et la structuration de filières ;
  • la pédagogie et la communication autour de l’agroécologie ;
  • le financement de la transition.

À travers cette structuration de filières et ces leviers d’action, l’objectif est de produire et de démontrer un certain nombre de bénéfices :

  • régénération des sols ;
  • développement de la biodiversité ;
  • amélioration de la qualité de l’eau ;
  • et plus largement d’autres bénéfices environnementaux.

L’association souhaite également mesurer ces résultats et les démontrer afin de pouvoir les valoriser jusqu’au consommateur.

Une approche fondée sur la santé unique

La grande vision portée par l’association est celle d’une action en faveur de la santé unique de la planète.

L’idée défendue est qu’en partant de la santé des sols, on agit ensuite sur :

  • la santé des plantes ;
  • la santé des animaux ;
  • la santé des humains ;
  • la santé des paysages et des territoires.

Les acteurs réunis dans le mouvement

L’association regroupe différents acteurs engagés dans la transition agroécologique, dans une démarche de progrès.

On y trouve :

  • des agriculteurs adhérents directement à l’association ;
  • des structures collectives, comme des coopératives agricoles, des négoces, des grossistes et des acheteurs des filières alimentaires ;
  • des partenaires techniques intéressés par les questions d’agroécologie, parmi lesquels MiiMOSA, qui intervient plus tard dans la journée.

Au moment de l’intervention, Nina Bigaud indique qu’il y a environ :

  • 400 producteurs adhérents à l’association ;
  • plus de 6 000 producteurs concernés dans les projets menés avec les différents membres.

Le socle agronomique commun

Le socle de l’action de l’association repose sur un ensemble de pratiques agroécologiques structurantes, notamment :

  • la couverture végétale des sols ;
  • la couverture horizontale ;
  • la couverture verticale, notamment avec l’agroforesterie ;
  • la limitation du travail du sol.

Ces pratiques sont présentées comme étant au cœur de ce que propose et de ce sur quoi travaille l’association.

Nina Bigaud insiste sur le fait qu’il s’agit d’une démarche de progrès vers un objectif commun, celui d’une « agriculture du vivant », qui chercherait à prendre :

Cette agriculture viserait à articuler :

L’association veut s’adresser aux agriculteurs au-delà des clivages qui peuvent exister entre différents mouvements. L’idée n’est pas de se positionner dans une opposition entre modèles, mais de dire que, quel que soit le point de départ, il est possible d’aller vers un objectif commun grâce à une démarche de progrès.

La dimension économique de la transition

La vision portée par l’association ne se limite pas à l’agronomie. Elle intègre aussi fortement les aspects économiques.

L’objectif est d’aller, grâce à la structuration des filières, jusqu’à une valorisation de l’agroécologie auprès du consommateur.

Plusieurs leviers économiques sont évoqués.

Les coûts de production

L’association travaille sur la modélisation économique de différentes situations :

  • agriculture conventionnelle ;
  • phase de transition vers l’agroécologie ;
  • changements de pratiques.

Il s’agit d’identifier :

  • les coûts associés à ces changements ;
  • les avantages qu’ils peuvent aussi procurer.

L’enjeu est d’objectiver économiquement les résultats obtenus.

La diversification des revenus

L’intervention souligne également l’importance de la diversification des revenus sur les fermes :

  • valorisation d’autres productions ;
  • combinaison de plusieurs sources de revenus ;
  • recherche d’un équilibre économique plus robuste.

La valorisation économique de la qualité des produits

L’association cherche aussi à travailler sur la qualité nutritionnelle des produits issus de pratiques agroécologiques.

Cela passe par des travaux de recherche et développement visant à mieux caractériser la qualité nutritive de ces produits, afin de pouvoir, à terme, la valoriser économiquement.

En parallèle, l’association travaille avec les acteurs des filières sur les conditions permettant un modèle économique pérenne et stable pour les pratiques agroécologiques, notamment en termes :

  • de durée de contrat ;
  • de prix ;
  • de partage de la valeur.

Les crédits carbone

La question du stockage du carbone dans les sols fait également partie des sujets travaillés par l’association.

L’enjeu est double :

  • mesurer ce stockage ;
  • le valoriser économiquement ensuite.

Ce travail est encore mené de façon exploratoire dans le cadre de projets de recherche et développement, avec la perspective qu’il puisse contribuer à la valorisation des filières agroécologiques.

Une méthode de travail spécifique

Nina Bigaud résume l’approche de l’association à partir de plusieurs idées-clés.

Une approche systémique

L’association cherche à traiter les enjeux à l’échelle de différentes filières, et pas uniquement des grandes cultures. Elle rassemble l’ensemble de ces filières dans une même plateforme.

Une approche pragmatique

L’association veut rester proche du terrain. Selon elle, les innovations viennent d’abord des agriculteurs. Les expérimentations sont issues du terrain, et l’association joue un rôle de caisse de résonance :

  • faire connaître les pratiques ;
  • favoriser les échanges ;
  • diffuser les premiers résultats et les retours d’expérience.

Les journées techniques, comme celle au cours de laquelle a lieu cette intervention, participent de cette logique.

Une plateforme inclusive

L’association ne souhaite pas travailler de manière isolée. Elle se veut ouverte aux partenariats avec l’ensemble des acteurs qui travaillent déjà sur les thématiques agroécologiques.

Quel que soit le type d’acteur, un engagement réel peut se traduire par l’adhésion à l’association, notamment à travers la signature d’une charte d’engagement, qui est ensuite vérifiée.

La mutualisation des moyens

L’un des principes de fonctionnement est de monter des projets collectifs associant différents acteurs des filières, afin de mutualiser les moyens et d’aller plus vite ou plus loin, notamment sur certains sujets de recherche et développement.

Les quatre leviers d’action

Nina Bigaud présente ensuite les quatre grands leviers d’action de l’association :

  • le développement agronomique ;
  • la coopération et la structuration de filières ;
  • la pédagogie ;
  • le financement.

Elle précise qu’elle est, au sein de l’association, responsable du pôle coopération et filières.

Le développement agronomique

L’approche de développement agronomique proposée par l’association s’appuie sur les innovations observées sur le terrain et repose sur trois aspects centraux.

Travailler en collectif

Pour l’association, il est essentiel de favoriser les échanges entre agriculteurs :

  • partage d’expériences ;
  • visites d’expérimentations ;
  • observation des essais réalisés par les uns et les autres.

Le collectif est présenté comme un élément structurant de toutes les actions de l’association.

Se former par l’expérimentation

L’expérimentation est au cœur de la démarche. Il n’existe pas de recette universelle en agroécologie. Les solutions ne sont pas transposables partout de manière identique.

L’idée est donc que chacun puisse :

  • tester chez soi ;
  • observer dans son propre système ;
  • identifier les solutions qui lui conviennent ;
  • partager ensuite les résultats et les enseignements tirés.

Impliquer les acteurs techniques locaux

Nina Bigaud insiste sur le fait que Pour une Agriculture du Vivant n’est pas une structure qui fait seule le développement agronomique, ni seule la structuration de filières.

L’association se positionne plutôt comme un facilitateur :

  • mise en relation ;
  • animation ;
  • diffusion des expériences ;
  • travail avec des partenaires.

Dans ce cadre, l’association travaille également à la structuration de cellules agronomiques nationales, réunissant des experts de différentes thématiques agroécologiques :

  • certains experts généralistes ;
  • d’autres spécialistes de filières particulières.

Ces cellules ont vocation à :

  • alimenter les échanges avec les techniciens en contact avec les agriculteurs ;
  • mutualiser les retours d’expérience ;
  • proposer des méthodes de travail sur différents sujets ;
  • renforcer les liens avec les partenaires scientifiques et techniques.

La coopération et la structuration de filières

Sur ce volet, l’idée centrale est que l’association propose une démarche de progrès vers l’agroécologie.

Selon la place occupée dans la filière, chaque acteur a une part de responsabilité. L’association souhaite donc que, dès l’adhésion, chacun s’engage à mettre en œuvre un certain nombre d’actions, et que ces engagements puissent ensuite être vérifiés à travers des procédures internes.

L’objectif est à la fois :

  • de s’assurer de la réalité des engagements ;
  • de montrer les résultats des pratiques mises en place.

Le référentiel technique pour les agriculteurs

Pour les agriculteurs, l’association a construit un référentiel technique fondé sur un nombre limité d’indicateurs considérés comme clés du socle agronomique commun.

Ce référentiel permet de :

  • mesurer le positionnement d’un agriculteur dans la démarche de progrès ;
  • revenir régulièrement mesurer les résultats ;
  • observer la progression dans le temps.

Il ne s’agit pas d’un système exclusif : chacun peut entrer dans la démarche. Il existe une notation de 0 à 100, avec une note globale sur 100. L’enjeu est que chacun puisse se situer et progresser, en choisissant les leviers techniques qui lui conviennent le mieux.

L’habilitation des techniciens

Les techniciens agricoles sont présentés comme des acteurs clés du déploiement de la démarche.

L’association travaille donc à une habilitation de ces techniciens pour :

  • accompagner les agriculteurs ;
  • réaliser l’évaluation des pratiques agricoles ;
  • soutenir la progression dans le cadre du référentiel.

Les engagements des entreprises

Pour les entreprises adhérentes, les engagements portent notamment sur :

  • la pédagogie interne, c’est-à-dire la formation des collaborateurs à l’agroécologie ;
  • l’accompagnement de leurs fournisseurs actuels dans la transition agroécologique ;
  • le financement ou le cofinancement de projets pilotes ;
  • l’évolution des pratiques de contractualisation.

Sur ce dernier point, les entreprises sont encouragées à aller vers :

  • des contrats plus pérennes ;
  • davantage de création de valeur à chaque étape de la filière.

L’association développe des outils pour vérifier ces engagements et pour permettre leur valorisation jusqu’au consommateur.

Le positionnement vis-à-vis des labels

Une question revient souvent : Pour une Agriculture du Vivant est-elle un label ?

La réponse donnée par Nina Bigaud est non. L’association ne souhaite pas créer un nouveau label ou un nouveau logo venant s’ajouter à toutes les démarches existantes.

Le choix est plutôt de :

  • valoriser les engagements dans la responsabilité sociale et environnementale des entreprises ;
  • permettre à ces entreprises de communiquer sur ce qu’elles font ;
  • travailler avec des démarches qualité existantes.

L’association cherche à intégrer dans ces démarches existantes des critères liés au sol et des critères agronomiques, souvent absents des labels actuels.

L’idée est donc d’infuser ce socle agronomique dans des dispositifs déjà en place, plutôt que de superposer un label supplémentaire.

Cela suppose un travail sur les équivalences entre démarches, travail alors en cours au moment de l’intervention.

La pédagogie

Le troisième levier d’action est celui de la pédagogie, présenté comme central.

Cette pédagogie concerne à la fois :

  • l’interne, c’est-à-dire les entreprises, les groupes de producteurs et les acteurs engagés dans la démarche ;
  • l’externe, c’est-à-dire le grand public, les citoyens et les consommateurs.

Parmi les actions menées :

  • la communication sur les réseaux sociaux pour diffuser des messages et faire connaître les pratiques agroécologiques ;
  • la sensibilisation des acteurs des filières ;
  • l’organisation de formations pour les équipes des entreprises adhérentes ;
  • l’explication des enjeux autour de l’agroécologie et de la multiplication des labels ;
  • la diffusion en open source d’événements comme celui-ci sur internet, notamment via la chaîne YouTube de Ver de Terre Production, partenaire de l’association.

Le financement de la transition agroécologique

Le quatrième levier d’action porte sur la question du financement de la transition agroécologique.

Nina Bigaud rappelle qu’un changement de pratiques ou de système peut entraîner des risques. L’association souhaite donc proposer différents types de solutions ou d’outils de financement, afin que chacun puisse trouver un dispositif adapté à sa situation.

Cela se traduit par plusieurs types d’actions.

La modélisation agroéconomique

L’association travaille sur la modélisation de trajectoires de transition :

  • évolution des coûts de production ;
  • effets du changement de pratiques dans le temps ;
  • base de discussion au sein des filières.

Cette modélisation permet d’alimenter les échanges économiques entre les acteurs.

Le relais d’offres de financement

L’association relaie également des offres de financement au sein de son réseau, et travaille avec des acteurs :

  • bancaires ;
  • assurantiels.

L’objectif est de faire émerger des solutions spécifiques à la transition agroécologique.

Le financement de projets pilotes

Lorsqu’une entreprise adhère à l’association, sa cotisation sert à financer :

  • un certain nombre de projets collectifs de l’association ;
  • des projets pilotes avec ses agriculteurs fournisseurs.

Les crédits carbone et les services écosystémiques

L’association travaille aussi sur la rémunération liée :

  • aux crédits carbone ;
  • aux services écosystémiques.

Nina Bigaud mentionne notamment un projet autour du Label bas-carbone du ministère, visant à faire reconnaître le stockage de carbone dans les sols agricoles, et à définir les méthodes de calcul associées pour permettre sa valorisation.

Conclusion de l’intervention

En conclusion, Nina Bigaud annonce que la suite de la présentation donnera un exemple concret de partenariat, avec l’intervention de Florian Breton de MiiMOSA, qui expliquera comment l’un des partenariats de l’association se traduit concrètement sur le sujet du financement.

Elle termine en demandant s’il y a des questions, puis remercie l’auditoire.