Productivité laitière et autonomie, Anton Sidler & Arthur Clausse
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Merci à Anton Sidler et Arthur Clausse pour cet entretien !
Retrouvez plus d'infos sur La Vache Heureuse ici : https://www.lvh-france.com/
Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet CoAgroEco, avec le soutien de la région Normandie et de l'Union Européenne.
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Chapitrage :
00:00 Zapping d’introduction
00:01:16 Présentation de la ferme
00:03:22 Le troupeau laitier
00:06:57 Alimentation : stratégie et qualité
00:27:39 Alimentation des veaux et nurserie
00:41:02 Composition des rations : les génisses
00:46:55 La préparation au vêlage
00:58:44 Ration des vaches en lactation
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Stratégie de conduite alimentaire et autonomie au sein de l’EARL du Moulin Guérin
Sur la ferme de l’EARL du Moulin Guérin, la stratégie repose sur une régularité alimentaire stricte pour les vaches laitières. L’objectif est de maintenir une ration identique tout au long de l’année pour ne pas perturber la flore ruminale des animaux. Pour ce faire, Anton Sidler et son équipe utilisent la technique des « silos sandwich » : la deuxième coupe d’herbe ou de méteil est déposée directement par-dessus la première. Cette méthode évite toute transition alimentaire brusque, favorisant une valorisation optimale des fourrages par les vaches.
La finesse de hachage est un pilier central de cette performance. En broyant les fourrages très finement (9 à 12 mm pour l’herbe et le méteil, 8 mm pour le maïs), la surface de contact disponible pour les bactéries, protozoaires et champignons du rumen est augmentée, ce qui permet d’accélérer la dégradation et de maximiser l’ingestion. Cette approche permet au troupeau, composé d’environ 105 vaches laitières de race Prim’Holstein, d’atteindre une production moyenne de 41 à 42 kg de lait par jour. Avec un coût alimentaire de 6,40 € par vache et par jour pour un produit de 12,60 €, le système affiche une performance économique solide, bien au-dessus de la moyenne française.
Synergie entre sol, cultures et élevage
Arthur Clausse, salarié spécialisé en nutrition au sein du réseau LVH, travaille en étroite collaboration avec Anton Sidler pour assurer la synergie entre les sols, les cultures et le troupeau. La fertilisation raisonnée permet d’obtenir des plantes de haute qualité nutritive, base indispensable pour viser des hauts potentiels de production tout en restant autonome.
L’élevage des génisses est également pensé pour préparer le futur du troupeau. Le sevrage est conduit en douceur sur trois semaines afin d’éviter tout blocage de croissance. Une attention particulière est portée à la préparation au vêlage : six semaines pour les génisses et trois à quatre semaines pour les vaches laitières. Cette étape est cruciale pour favoriser la différenciation des cellules lactocytes dans la mamelle au détriment des cellules adipeuses (gras), assurant ainsi une meilleure productivité future.
Gestion sanitaire et technique de la nurserie
La gestion de la nurserie, assurée par Marline, repose sur des protocoles rigoureux. L’usage de « couettes » sur les veaux lors d’épisodes de grand froid a permis d’éviter les chutes de température corporelle et de maintenir les croissances malgré des conditions climatiques difficiles. Par ailleurs, la lutte contre les émanations d’ammoniaque et le maintien d’une ambiance saine sont favorisés par l’utilisation de bactéries lactiques (EM) pulvérisées dans les bâtiments et sur les litières.
La santé des animaux est également préservée par un contrôle strict des paramètres métaboliques, notamment le pH urinaire et le taux de corps cétoniques (BHB), permettant d’ajuster la balance alimentaire (BACA) et de prévenir les maladies métaboliques comme l’acétonémie ou la fièvre de lait.
Robotisation et rentabilité
L’exploitation est équipée de deux robots de traite de marque Boumatic, choisis pour leur flexibilité de circulation et la possibilité de gérer deux lots distincts de vaches. La rentabilité est le maître-mot de cette installation. Selon l’expertise d’Arthur Clausse, l’investissement dans un robot de traite ne se justifie que si l’éleveur peut dégager une marge d’au moins 7,50 € par vache et par jour. Grâce à une gestion optimisée, l’EARL du Moulin Guérin dépasse largement cet objectif, confirmant la viabilité de leur système technique et économique.