RIAV - Christian Abadie
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Présentation
Je suis Christian Abadie, agriculteur dans le Gers, dans le sud de la France, près des Pyrénées. Ma particularité, si je puis dire, c’est d’avoir franchi il y a 18 ans le pas du changement de pratiques techniques. Je suis passé du labour au semis direct sous couvert végétal.
Pour moi, c’est ni plus ni moins que copier la nature. Cela signifie l’arrêt du travail du sol, mais en contrepartie le sol est couvert en permanence. Entre les cultures, on met en place des intercultures qui permettent de protéger le sol, de séquestrer du carbone et d’injecter ce carbone dans le sol, afin d’en améliorer la fertilité.
L’objectif, à terme, est aussi d’améliorer la productivité, d’augmenter les rendements et, progressivement, de diminuer l’utilisation des intrants.
Les principes du semis direct sous couvert végétal
Le principe repose sur deux idées simples :
- arrêter le travail du sol ;
- couvrir les sols en permanence.
Le couvert végétal entre les cultures joue un rôle central. Il protège les terres, limite leur dégradation et alimente le sol en carbone. Ce carbone contribue à restaurer et à renforcer la fertilité du sol.
Cette approche vise donc à faire fonctionner le sol davantage comme un milieu vivant, en s’inspirant du fonctionnement naturel.
Les bénéfices observés sur les sols
Je pense que oui, cette technique permet d’obtenir une multitude d’avantages.
D’abord, on protège le sol et on supprime l’érosion. Personnellement, je suis sur des sols limoneux battants, très fragiles, qui étaient descendus à 1,5 % de [[matière organique]]. Dans ces conditions, l’érosion faisait énormément de dégâts, notamment avec des pluies parfois un peu capricieuses au niveau pluviométrique.
Le fait de couvrir le sol permet effectivement de supprimer en partie cette érosion, donc de limiter les pertes de terre. En plus, cela permet de gagner en fertilité, de protéger l’activité biologique des sols et aussi d’améliorer leur fonctionnement global.
Réduction de l’usage de la chimie
Même si je ne suis pas en agriculture biologique, j’observe de très près tout ce qui concerne la réduction de la chimie.
L’utilisation de fongicides et d’insecticides, par exemple, a pu être supprimée. Pour les herbicides, c’est pareil : grâce à la couverture des sols, je commence à jouer sur ce levier pour en diminuer l’utilisation.
On voit qu’il y a vraiment des choses très intéressantes à faire de ce côté-là. Lorsqu’on met en pratique ce travail, on s’aperçoit qu’il y a des réponses très intéressantes, notamment pour diminuer l’utilisation de la chimie en général.
Le vivant dans le sol
Sur le vivant, pour moi, il n’y a qu’un seul cadre : la vie du sol.
Les êtres vivants que l’on voit en premier, ce sont les vers de terre, parce que ce sont les grosses bêtes visibles. Mais en dessous, il y a aussi quantité de bactéries et de champignons. En fait, ce sont des millions, voire des milliards d’êtres vivants qui sont sous nos pieds.
Quand on s’intéresse un peu à la biologie des sols, on s’aperçoit que, si l’on travaille dans le bon sens — c’est-à-dire en essayant d’amener le plus de carbone possible et en réduisant au maximum la chimie, voire dans certains cas en faisant des impasses —, il y a une réponse du sol.
Un sol qui fonctionne mieux
On observe alors un sol qui fonctionne de mieux en mieux. Et ce sol permet également d’avoir des plantes en bonne santé.
Au bout de la chaîne, cela va jusqu’à l’animal et jusqu’à l’homme. Autrement dit, en travaillant sur la santé du sol et sur le vivant, on agit sur l’ensemble du système.