Sécheresse : irrigation et réserve d'eau chez Gilles VK

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Face au changement climatique et aux sécheresses récurrentes, l'accès à l'eau est devenu un enjeu agricole majeur. Dans cette vidéo, Pierre Girard part à la rencontre de l'agriculteur Gilles Van Kempen, situé dans le Loiret, pour comprendre l'intérêt de l'irrigation et du stockage de l'eau. Gilles explique sa stratégie : récupérer l'excédent d'eau hivernal via un système de drainage et le stocker dans une retenue collinaire. Cette réserve permet de sécuriser ses cultures d'été, comme le maïs, particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs qui entravent la fécondation. Au-delà des aspects techniques, cette gestion de l'eau soulève des questions de société sur l'impact environnemental et la nécessité d'un débat politique. Entre pratiques agronomiques pour des sols plus vivants et gestion prudente de la ressource, cette immersion propose une réflexion constructive sur l'avenir de l'agriculture face à la raréfaction de l'eau, illustrée par le témoignage d'Isalia Crosson et de Gilles Van Kempen.

auto_awesome
Résumé
Face au changement climatique et aux sécheresses récurrentes, l'accès à l'eau est devenu un enjeu agricole majeur. Dans cette vidéo, Pierre Girard part à la rencontre de l'agriculteur Gilles Van Kempen, situé dans le Loiret, pour comprendre l'intérêt de l'irrigation et du stockage de l'eau. Gilles explique sa stratégie : récupérer l'excédent d'eau hivernal via un système de drainage et le stocker dans une retenue collinaire. Cette réserve permet de sécuriser ses cultures d'été, comme le maïs, particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs qui entravent la fécondation. Au-delà des aspects techniques, cette gestion de l'eau soulève des questions de société sur l'impact environnemental et la nécessité d'un débat politique. Entre pratiques agronomiques pour des sols plus vivants et gestion prudente de la ressource, cette immersion propose une réflexion constructive sur l'avenir de l'agriculture face à la raréfaction de l'eau, illustrée par le témoignage d'Isalia Crosson et de Gilles Van Kempen.

Face à la sécheresse, faut-il stocker l'eau de pluie en hiver pour assurer l'irrigation en été ? J'étais chez @gillesvk agriculteur du Loiret aux deux saisons. Sa réserve d'eau, je l'avais découverte grâce à sa chaîne YouTube et j'avais envie de me faire une idée sur le terrain. Grâce à sa retenue d'eau de 45 000 m3, il peut irriguer 25 ha de maïs et 5 ha d’oignons. En plein débat sur les méga-bassines et face au changement climatique, la question se pose : Faut-il multiplier les réserves d'eau ? Et quelles sont les solutions complémentaires ? En ouvrant la porte de son exploitation et en montrant sa solution, Gilles permet d'y voir plus clair et aide à se forger son opinion.


Abonnez-vous à mes vidéos sur l'agriculture en cliquant ici : www.youtube.com/PierreGirardOfficiel//?sub_confirmation=1


En vous abonnant à la chaîne, vous rejoignez aussi la communauté de celles et ceux qui savent que l’agriculture est porteuse de solutions, pas seulement de problèmes.


  • --------------------------------------------------------------------


Suivez-moi :


http://www.instagram.com/pierre_girard

http://www.facebook.com/PierreGirardjournaliste

http://www.twitter.com/artepierre

  1. TousTerriens


  • --------------------------------------------------------------------


Quelques infos supplémentaires :


Les critiques sont nombreuses à l’égard des retenues d’eau : elles sont l’accaparement d’un bien collectif (l’eau), elles prélèvent une ressource limitée, dont dépendent aussi le débit des cours d’eau, l’approvisionnement des foyers, des entreprises, des centrales nucléaires, elles accentuent l’artificialisation des sols, elles risquent de maintenir les nappes souterraines à un niveau bas toute l’année (et pas seulement en été), elles favorisent les cultures d’été, qui ont besoin d’eau au moment où il y en a le moins. Non couvertes et avec l’arrosage en pleine journée, une partie de cette eau est également perdue par évaporation.


En France, la majorité du maïs (plus de 80%) est destinée à l’alimentation animale : en fourrage pour les poulets, les canards et certains élevages bovins et porcins. Gilles fait exception : sa production est destinée à la consommation humaine.


Malgré tous les points critiques, le changement climatique et la multiplication des épisodes de sécheresse oblige l’agriculture à trouver des solutions pour continuer à produire. Car il n’y a pas d’agriculture sans eau et les réserves d’eau font partie de ces solutions.


Sur les données scientifiques qui alimentent le débat pour ou contre les retenues d’eau et l’irrigation, je vous invite à lire le très bon thread de Terre à Terre sur Twitter :

https://twitter.com/TerreTerre13/status/1560970341979226112

Les infos de Terre à Terre ainsi que les réponses montrent bien la complexité et le caractère politique du sujet.


Je vous invite aussi à voir cette vidéo sur la position de la Confédération paysanne : « Méga-bassines : Un hold-up sur l’eau » : https://www.youtube.com/watch?v=Hn29K1QGRNE

Elle est réalisée par Isalia Crosson (Terre Nourricière) et j’ai utilisé deux plans courts qu’elle a tournées pour cette vidéo.


Les agriculteurs qui irriguent, comme Gilles, sont une toute petite minorité en France. Mais en nette augmentation : 5,8% des surfaces agricoles étaient irriguées en 2010. Elles sont déjà 7,3% en 2020, selon les données de France Nature Environnement.


Il existe deux grands types de réserves d’eau :

⁃ Les réserves qui pompent dans une nappe (c’est le cas des fameuses « méga-bassines » dont on parle beaucoup, notamment autour du marais poitevin) ;

⁃ et celles qu’on appelle les retenues collinaires, alimentées uniquement par le ruissellement d’eau de pluie.


Chaque retenue a un impact sur l’environnement et sur la quantité d’eau disponible par ailleurs. Depuis 2010, avant toute nouvelle construction de réserve d’eau, il est obligatoire de réaliser une étude pour l’évaluer. Notamment l’effet sur le remplissage des nappes, des cours d’eau et des zones humides. Dans le cas d’une retenue comme celle de Gilles, les scientifiques que j’ai consultés m’ont expliqué que cet impact était "relativement limité". Mais que si on multiplie les retenues, les effets s’additionnent. Il faut donc aussi changer le système agricole en profondeur : utiliser des équipements d’irrigation plus performants, changer de cultures et de variétés, faire évoluer le système. Avec de meilleures rotations de cultures, par exemple, ou en optant pour la conservation des sols, qui peut faire gagner 10% à 15% d’eau, grâce à un sol qui stocke et distribue mieux l’eau.


  • -----------------------------------


0:00 stocker l’eau l’hiver pour irriguer l’été

0:38 sécheresse et irrigation chez Gilles VK

1:01 sols secs en été

1:39 culture du maïs et sécheresse

3:05 eau et fécondation du maïs

4:16 terres hydromorphes en hiver

5:07 réserve d’eau

5:43 méga-bassines et retenues collinaires

6:33 retenue et système d’irrigation

8:03 adaptation à la sécheresse

9:37 solution face au changement climatique ?


Stocker l’eau pour répondre au changement climatique

Stocker l’eau lorsqu’elle est abondante en hiver pour l’utiliser lors des périodes de sécheresse estivales est une pratique qui relève, pour beaucoup, du bon sens paysan. Dans cette vidéo, Pierre Girard et Isalia Crosson vont à la rencontre de Gilles Van Kempen, agriculteur dans le Loiret, pour comprendre concrètement les enjeux de l’irrigation et de la gestion de l’eau face au changement climatique.

Les conséquences de la sécheresse sur les cultures

Sur le terrain, le constat est sans appel : après plusieurs semaines sans pluie significative, les sols sont extrêmement secs en surface. Cette carence hydrique empêche notamment l’implantation des couverts végétaux en été, période où le soleil pourrait pourtant offrir une énergie maximale pour la photosynthèse.

Le maïs, culture d’été par excellence, est particulièrement vulnérable. Gilles Van Kempen montre des épis marqués par des problèmes de fécondation. Lorsque les températures dépassent les 40 °C, le pollen est brûlé. Par ailleurs, l’eau est doublement indispensable au maïs : elle est nécessaire à sa croissance mais sert également à “rafraîchir” la plante pour qu’elle reste en dessous de ce seuil thermique critique.

La gestion de l’eau dans le Loiret : drainage et stockage

Le Loiret est une zone historiquement humide, marquée par des terres hydromorphes. Par le passé, ces sols étaient difficiles à cultiver car trop gorgés d’eau, ce qui a nécessité l’installation de drains.

Dans les années 90, le père de Gilles Van Kempen a eu l’idée de créer une réserve d’eau pour récupérer ces eaux de drainage hivernales. Cette infrastructure, appelée “retenue collinaire”, permet de stocker environ 45 000 m³ d’eau. Contrairement aux méga-bassines qui pompent dans les nappes phréatiques, cette réserve est alimentée exclusivement par le ruissellement et le drainage, sans connexion avec les cours d’eau ou les nappes souterraines.

L’irrigation : un outil stratégique

Pour Gilles, cette réserve constitue une “assurance météo”. L’irrigation permet de sécuriser le rendement et de maintenir une diversité dans les rotations de cultures (maïs, betteraves, pommes de terre, oignons).

Le choix des cultures se fait désormais en fonction de la capacité de stockage : si l’eau est disponible, il est possible de se lancer dans des cultures de printemps ; dans le cas contraire, l’agriculteur privilégie les cultures d’hiver. L’irrigation n’est pas une fin en soi, mais un levier pour garantir la production alimentaire tout en adaptant le système agronomique (sols vivants, couverts végétaux) pour économiser l’eau.

Un débat de société

Si l’irrigation agricole a globalement réduit sa consommation d’eau de 40 % depuis les années 90 pour une même surface, la question de l’impact environnemental des retenues d’eau reste centrale.

Gilles Van Kempen souligne que l’objectif de ces réserves n’est pas de thésauriser la ressource, mais de produire de l’alimentation pour le consommateur final. La question de savoir à partir de quel seuil l’impact de ces infrastructures devient problématique est un débat éminemment politique et sociétal qui mérite d’être posé.