Trois questions à Brice Tandille, maraîcher à Mouazé
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Brice Tandille est maraîcher à Mouazé (35). Il pratique depuis quelques années déjà le maraichage sur sol vivant.
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Julien et Marie parcourent les fermes du réseaux Maraichage Sol Vivant pour faire des analyses de sols et documenter les pratiques de chaque agriculteur.
Parcours de Brice Tandille
Brice Tandille explique qu’il a d’abord travaillé pendant deux ans et demi comme ouvrier agricole dans le sud de la France. Ce choix est venu à un moment où il ne pouvait plus exercer facilement son métier précédent, qui se faisait principalement à Paris. Il était en effet illustrateur de livres de médecine.
La reconversion vers l’agriculture s’est donc imposée progressivement, mais aussi assez spontanément. Il dit que ce métier lui a semblé intéressant et qu’il avait envie de le faire. Cette première expérience de terrain a été très positive, puisqu’il précise avoir été très content de ce travail pendant ces deux années et demie. Cela a constitué un premier pas concret vers son installation.
Il ajoute toutefois que son intérêt pour l’agriculture ne date pas seulement de cette expérience comme ouvrier agricole. Avant cela, il avait déjà étudié l’agronomie par intérêt personnel. Il y avait, dans la suite de ses études, un lien avec son métier, mais cela l’avait déjà conduit à s’intéresser de près à la production agricole. Il était donc, selon ses mots, déjà « mordu » par ces questions.
Découverte du maraîchage sur sol vivant
Brice Tandille indique qu’il a trouvé, il y a maintenant trois ou quatre ans, dans le maraîchage sur sol vivant une application évidente d’idées qu’il jugeait déjà très bonnes. Cette approche faisait écho à des lectures antérieures en agronomie ainsi qu’aux travaux de praticiens qui allaient dans ce sens.
Il cite notamment Claude et Lydia Bourguignon, qui montraient des choses intéressantes et suscitaient beaucoup d’intérêt, même si leur mise en application concrète n’était pas toujours claire pour lui à l’époque. Il mentionne aussi Konrad Schreiber, ainsi que Manfred Wenz ou encore d’autres intervenants qui l’avaient amené à réfléchir à ces techniques.
Pour le maraîchage plus spécifiquement, il évoque aussi les travaux de François Mulet sur le maraîchage sans travail du sol. Il explique avoir lu le petit fascicule que ce dernier a consacré au sujet, et en avoir déjà appliqué certains principes en partie.
Le rôle décisif de l’exemple de François Mulet
Brice Tandille raconte que le fait de voir François Mulet pallier les difficultés liées à l’ensemble de ses cultures, et notamment aux cultures de plantation, a été un élément déclencheur. Cela l’a convaincu « d’un seul coup ».
À partir du moment où il a vu que cela fonctionnait concrètement, directement sur le terrain, il a su que cette voie était praticable. Il dit alors l’avoir appliquée « à plein pot », rapidement.
Ce passage montre que, dans son parcours, la démonstration pratique a joué un rôle essentiel. Au-delà des lectures et des principes théoriques, c’est la preuve par l’exemple qui l’a décidé à s’engager pleinement dans cette manière de produire.
L’intérêt principal de cette technique
Pour Brice Tandille, l’intérêt principal du maraîchage sur sol vivant est d’avoir une terre de très grande qualité, qu’il décrit comme « super formidable, merveilleuse ». Il insiste sur le fait que la base du maraîchage, comme de toute autre culture d’ailleurs, est de disposer d’un sol visiblement en forme.
Le sol est donc présenté comme le fondement de la réussite culturale. Avoir une terre vivante, bien structurée et en bon état constitue, dans son propos, le premier objectif. C’est même le « premier pas » indispensable.
Il laisse entendre que cette amélioration du sol permet aussi de résoudre beaucoup d’autres problèmes, même s’il ne les détaille pas ici. Le bénéfice essentiel reste cette remise en état du support de culture.
L’apport massif de carbone
Brice Tandille souligne toutefois une particularité importante de cette technique : elle repose sur l’incorporation de grosses quantités de carbone. Il insiste sur le fait qu’il faut être bien conscient de la masse et de la quantité de produits à manipuler.
Cette approche implique donc une manutention importante. C’est un point pratique qu’il juge nécessaire d’anticiper. Selon lui, il faut savoir que, dans ce système, on apporte de grosses quantités de carbone sous une forme ou sous une autre.
Il cite notamment :
- la paille ;
- le fumier pailleux ;
- le BRF.
Autrement dit, il ne faut pas être étonné par les volumes à déplacer. Cela fait partie intégrante du fonctionnement du maraîchage sur sol vivant.
Une technique qui demande de s’équiper
Brice Tandille précise que, face à cette nécessité de manipuler beaucoup de [[matière organique]], il faut s’équiper en conséquence. C’est, selon lui, une des particularités du maraîchage sur sol vivant, surtout dans les débuts.
Il explique qu’au départ, il faut en mettre beaucoup. Par la suite, les besoins peuvent évoluer, mais au commencement du système, les apports sont particulièrement importants. Cette phase initiale demande donc à la fois une bonne compréhension de la technique et des moyens matériels adaptés.
Son témoignage met ainsi en avant un double aspect du maraîchage sur sol vivant :
- d’un côté, un bénéfice majeur sur la qualité du sol ;
- de l’autre, une exigence forte en termes d’apports de carbone et de logistique.