VERS L'AGRICULTURE SUR SOL VIVANT, François Mulet, Vincent Levavasseur
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Cette vidéo est une republication de la chaîne YouTube Citizen Light.
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Ver de terre, biodiversité, travail du sol, matière organique, pollution de l'eau, érosion, étude de sol, souveraineté alimentaire, productivité, mécanisation... nous allons aborder en profondeur des sujets complexes dans une approche de vulgarisation pour nous permettre à tous de devenir les messagers de cette révolution invisible et pourtant si puissante : l'Agriculture sur Sol Vivant : les vers de terre contre attack !
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Vers l’agriculture sur sol vivant : une révolution invisible
Dans cet entretien, Akina, reporter pour l’agence Citizen Light, part à la rencontre de François Mulet et Vincent Levavasseur, deux pionniers qui travaillent depuis 15 ans à transformer le monde agricole à travers le modèle de l’agriculture sur sol vivant. Loin des débats anxiogènes et de la polarisation médiatique, ils construisent un écosystème axé sur la régénération des sols et une approche agronomique pragmatique.
Le constat : des sols dégradés mais résilients
François Mulet et Vincent Levavasseur soulignent que la “révolution verte” a certes permis d’augmenter les rendements pendant des décennies, mais au prix d’une dégradation biologique massive. Aujourd’hui, les taux de matière organique dans les sols français ont drastiquement chuté.
Cependant, le message est optimiste : il n’y a pas de problème indépassable. Le sol est un écosystème vivant capable de se régénérer très rapidement si l’on cesse de le massacrer avec un travail mécanique intensif (labour) et si l’on remet en place le cycle naturel de la fertilité.
Le ver de terre, allié central de la fertilité
Au cœur de leur modèle, le ver de terre joue un rôle de “pilote”. Il représente une part majeure de la biomasse animale dans les sols tempérés. En décomposant la matière organique et en contaminant le sol avec sa microbiologie intestinale, il assure la nutrition des plantes et la stabilité sanitaire de l’écosystème.
François Mulet explique que, dans des systèmes de production intensive, le retour des vers de terre permet de résoudre des problèmes sanitaires complexes sans avoir recours aux pesticides ou à une fertilisation chimique excessive. Leurs expérimentations, notamment sur des cultures records de tomates, ont démontré qu’une gestion basée sur la vie du sol permet d’égaler, voire d’améliorer, les rendements industriels tout en restaurant la fertilité.
Les piliers techniques du sol vivant
Leur approche repose sur plusieurs principes fondamentaux :
- Arrêt du travail du sol : Le labour est identifié comme l’outil le plus destructeur, tuant les vers de terre et détruisant la structure biologique du sol.
- Couverture végétale permanente : Utiliser la photosynthèse pour nourrir le sol en permanence, en fauchant régulièrement des couverts végétaux qui nourrissent la vie souterraine.
- Gestion de l’eau : Un sol vivant et structuré par les galeries de vers de terre est un filtre efficace. Il permet une infiltration optimale et une recharge des nappes phréatiques, limitant ainsi le ruissellement et l’érosion, contrairement aux sols nus.
- Approche systémique : L’objectif est de tendre vers l’autofertilité, où le sol, nourri par des cycles biologiques intenses, n’a plus besoin d’apports exogènes massifs.
Un réseau pour diffuser le savoir
Face à un monde agricole fragmenté, François Mulet et Vincent Levavasseur ont cherché à fédérer les bonnes volontés. À travers l’association “Maraîchage sur sol vivant” et la société “Ver de terre production”, ils organisent des formations partout en France et produisent du contenu audiovisuel.
Leur démarche est scientifique et pragmatique : ils testent, mesurent (taux de matière organique, analyses de sève, tests gustatifs) et partagent les résultats en toute transparence. Ils encouragent les citoyens, étudiants et agriculteurs à s’approprier ces connaissances pour sortir de l’alarmisme ambiant et agir concrètement.
Un projet de société inspirant
En conclusion, François et Vincent voient dans cette transition une opportunité de réconcilier l’activité humaine avec les cycles naturels. Que ce soit à l’échelle d’une ferme, d’un jardin ou d’un balcon en ville, chacun peut contribuer à végétaliser son environnement et à restaurer la vie. C’est un projet de société enthousiasmant qui mise sur la compréhension fine du vivant plutôt que sur la peur, avec pour ambition de transmettre aux générations futures des sols régénérés et une souveraineté alimentaire durable.