Accompagner la transition agroécologique grâce à la ferme pilote de Saint Louis Sucre
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Pour en savoir plus sur la ferme d'Etrépagny : https://www.saintlouis-sucre.com/nos-engagements-rse/agriculteurs/
Vidéo réalisé en été 2024
Présentation de la ferme expérimentale de Saint-Louis Sucre
La ferme expérimentale de Saint-Louis Sucre est une structure de 80 hectares située en Normandie, dans le département de l’Eure, sur l’axe reliant Rouen à Cergy-Pontoise. Ancienne réserve foncière cultivée en conventionnel pendant 80 ans, le site a été transformé en 2020 en ferme expérimentale dédiée à l’agriculture régénératrice.
L’objectif principal est de créer des références agronomiques, de les déployer auprès des 3 000 agriculteurs partenaires de l’entreprise et de servir de support pédagogique pour les clients, les écoles et le grand public. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie globale de décarbonation de la filière betteravière de Saint-Louis Sucre, entreprise française appartenant au groupe sucrier allemand Südzucker.
Les six piliers de la transition agroécologique
La stratégie de conversion de la ferme repose sur six étapes clés :
- Diagnostic global : Analyse biologique et chimique des sols pour caractériser les parcelles et évaluer les pratiques initiales.
- Construction de la rotation : Mise en place d’une rotation longue et diversifiée (8 cultures) incluant la betterave sucrière (sur 3 ans), le blé, l’orge de printemps, le maïs, le colza associé à des légumineuses, la féverole, la luzerne et le miscanthus.
- Intensification du végétal : Maximisation de la biomasse via des couverts végétaux gérés comme une culture à part entière, pour améliorer l’autofertilité des sols.
- Réduction du travail du sol : Limitation au strict nécessaire (travail superficiel, semis direct) pour éviter la déstructuration du sol.
- Gestion de la fertilisation : Optimisation de la fertilisation organique et minérale, notamment azotée, en tenant compte du ratio carbone/azote issu des restitutions de pailles.
- Santé du végétal : Protection phytosanitaire raisonnée utilisant des oligoéléments et des biostimulants, tout en cherchant à préserver la vie biologique du sol.
Itinéraires techniques et expérimentations
La gestion de la ferme s’appuie sur un partenariat avec une entreprise de travaux agricoles locale, utilisant du matériel spécifique comme des semoirs en semis direct, des herses à paille, des fissurateurs et des outils de [[désherbage mécanique]].
- Betterave sucrière : L’accent est mis sur la gestion de la pression des pucerons et des adventices. Des essais incluent l’utilisation de robots de désherbage (Farm Droid) et des tests sur la fertilisation azotée (comparaison entre solution azotée et engrais à libération progressive décarboné).
- Blé et colza : Ces cultures sont associées à des couverts pluriannuels (trèfle) pour améliorer la structure du sol, limiter les intrants et favoriser la lutte biologique (ex: lutte contre les campagnols grâce aux rapaces).
- Féverole et luzerne : La féverole est développée dans le cadre du “plan protéine” du groupe pour limiter les importations et offrir des débouchés locaux. La luzerne, quant à elle, est utilisée sur les zones à plus faible potentiel pour structurer le sol, et valorisée localement par la déshydratation.
- Miscanthus : Implanta sur les zones humides proches de la rivière (la Bonde), il sert de zone tampon pour éviter la dérive de produits phytosanitaires, nécessite zéro intrant après installation et est valorisé comme comburant par l’usine locale.
Aménagements écologiques et biodiversité
La ferme favorise la biodiversité via :
- Linéaires de haies : 2 kilomètres plantés en 2021 avec des essences locales (fusain d’Europe, cornouiller sanguin, saule marsault).
- Bandes fleuries : Environ 0,8 hectare dédié à la pollinisation tout au long de l’été.
- Apiculture : Installation de neuf ruches pour renforcer le lien entre l’agriculture, l’usine et les collaborateurs, tout en profitant de la richesse florale (luzerne).
Bilan après trois ans de transition
Après trois années de conversion, le bilan est très positif. Les indicateurs de santé du sol (taux de matière organique, activité biologique, structure racinaire) montrent une amélioration rapide. Les rendements, loin de s’effondrer, se sont stabilisés, et les charges de mécanisation ont diminué, bien que partiellement compensées par des investissements en semences pour les couverts. Cette transformation prouve qu’il est possible de concilier performance agronomique, durabilité financière et décarbonation de la filière.