Agriculture suisse innovante : l'expérience radicale

De Triple Performance
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Dans cette vidéo intitulée « Agriculture suisse innovante : l'expérience radicale », nous partons à la découverte d'une initiative helvétique ambitieuse visant à réduire l'usage des pesticides de 75 %. Accompagné par Sandie Masson, chercheuse au centre Agroscope, l'auteur explore les méthodes agronomiques innovantes testées sur des parcelles pilotes, telles que le désherbage mécanique de précision et l'usage de plantes compagnes pour limiter les adventices. L'agriculteur Nicolas Widmer illustre le volet technique de ces expérimentations, tandis que Daniel Demiéville témoigne des défis rencontrés au quotidien sur sa ferme. Pour sécuriser cette transition agro-écologique et pallier les risques de perte de rendement, la Suisse a mis en place un fonds de compensation financière robuste. Ce reportage met en lumière la synergie indispensable entre les agriculteurs et la communauté scientifique, offrant une vision rafraîchissante et prometteuse sur la capacité du monde agricole à se transformer radicalement face aux enjeux environnementaux actuels.

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Résumé
Dans cette vidéo intitulée « Agriculture suisse innovante : l'expérience radicale », nous partons à la découverte d'une initiative helvétique ambitieuse visant à réduire l'usage des pesticides de 75 %. Accompagné par Sandie Masson, chercheuse au centre Agroscope, l'auteur explore les méthodes agronomiques innovantes testées sur des parcelles pilotes, telles que le désherbage mécanique de précision et l'usage de plantes compagnes pour limiter les adventices. L'agriculteur Nicolas Widmer illustre le volet technique de ces expérimentations, tandis que Daniel Demiéville témoigne des défis rencontrés au quotidien sur sa ferme. Pour sécuriser cette transition agro-écologique et pallier les risques de perte de rendement, la Suisse a mis en place un fonds de compensation financière robuste. Ce reportage met en lumière la synergie indispensable entre les agriculteurs et la communauté scientifique, offrant une vision rafraîchissante et prometteuse sur la capacité du monde agricole à se transformer radicalement face aux enjeux environnementaux actuels.

Comment l'agriculture suisse aborde-t-elle la transition écologique ? Sur une ferme suisse en polyculture-élevage et sur un essai agronomique d'Agroscope à Changins, rencontre avec des scientifiques et agriculteurs qui mènent une expérience radicale. Au sein du projet PestiRed, ils veulent réduire de 75% l’utilisation des pesticides en six ans.

C’est encore plus que les 50% fixés par l’UE. La Suisse a donc prévu un fonds de risque pour compenser les pertes de rendement des agriculteurs.


Cette vidéo est co-produite par INRAE, l’Institut national de recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement.


Membre de l’Alliance européenne de recherche pour une agriculture sans pesticides, Agroscope assure le suivi scientifique et accompagne l’expérience avec des solutions agronomiques et mécaniques innovantes.


Le projet PestiRed est financé par l’Office fédéral de l’Agriculture (OFAG), IP-Suisse, et les cantons de Vaud, Soleure et Genève. Il est accompagné par Agroscope et trois partenaires de conseil agricole (Proconseil, Wallierhof et Agrivulg).


Cette vidéo en Suisse est la sixième étape de mon « Field Trip », mon tour d’Europe de la recherche scientifique en agronomie.


L’Alliance européenne de recherche vers une agriculture sans pesticides a vu le jour à l’initiative d’INRAE et de ses homologues allemands ZALF et JKI. Elle réunit 34 organismes de recherche issus de 20 pays européens, désireux d’unir leurs forces et de faciliter les échanges de connaissances et d’expertises. Son objectif : accompagner scientifiquement l’objectif ambitieux fixé par la Commission européenne de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030.


Le site de l’alliance et des 34 membres :

https://www.era-pesticidefree.eu/About-us


Abonnez-vous à la chaîne et activez la cloche si vous voulez être avertis des nouvelles vidéos : www.youtube.com/PierreGirardOfficiel//?sub_confirmation=1


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La liste des intervenant·e·s de cette vidéo (par ordre d’apparition) :


  • Sandie Masson : biologiste, malherbologie, systèmes de production végétale, Agroscope
  • Nicolas Widmer : responsable de la ferme expérimentale de Changins, Agroscope
  • Daniel Demiéville : agriculteur, participant au projet PestiRed, Ferme Demiéville à Palézieux


Pour comparer les résultats de la parcelle innovante, voici ceux de la parcelle témoin (avec désherbage chimique) : 111,7g de culture et 0,08g d’adventices. La biomasse d’adventices est quasi nulle et la biomasse de la culture est nettement plus élevée que dans l’innovante.

Il ne s’agit cependant que d’un cadre sur chaque parcelle. Les scientifiques réalisent normalement 8 prélèvements pour calculer une moyenne représentative, et répètent l’opération plusieurs fois au fil de la saison.


L'essai agronomique sur le site d'Agroscope à Changins (en début de vidéo) est baptisé Herbiscope et se déroule en parallèle du projet PestiRed, de 2019 à 2025 : https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/production-vegetale/protection-vegetaux/herbologie/herbiscope.html


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Mon impact transport :


Je suis très attentif à limiter mon bilan carbone. Pour cette vidéo, mon impact transport (source : Ademe/monimpacttransport.fr) est de 4,8 kg CO2e pour parcourir 2021 km en train, soit 337,2 kg CO2e de moins que si j’avais opté pour la voiture et 285,2 kg CO2e de moins que l’avion.


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Une série de Pierre Girard, co-produite avec INRAE


Auteur :

Pierre Girard


Caméra et montage :

Patryk Puchalski


Graphisme :

Otto Stobbe


Traduction et sous-titrage :

Geoffrey Schöning


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  1. FieldTrip_EU


L’agriculture suisse face au défi de la réduction des pesticides

La Suisse s’est lancée dans une expérience agricole radicale : dépasser les objectifs européens en matière de réduction des produits phytosanitaires. Alors que l’Union européenne vise une baisse de 50 %, certains cantons suisses, en collaboration avec des fermes sélectionnées, expérimentent une réduction ambitieuse de 75 %. Ce projet, suivi de près par Agroscope, le centre de recherche agronomique suisse, cherche à transformer les pratiques agricoles tout en sécurisant les revenus des agriculteurs.

L’expérimentation à la station de Changins

À la station expérimentale de Changins, au bord du lac Léman, les chercheurs testent des itinéraires techniques innovants. L’objectif est de s’affranchir du désherbage chimique en misant sur deux leviers principaux :

  • La réduction du travail du sol : Minimiser le labour pour préserver la structure des sols.
  • Le [[désherbage mécanique]] de précision : Utilisation de machines innovantes, comme celle présentée par Nicolas Widmer, qui permet un binage extrêmement proche de la ligne de semis (jusqu’à 4 cm) pour arracher les adventices sans endommager la culture principale.

Le projet PestiRed : accompagner la rupture

Réduire drastiquement les pesticides comporte un risque économique non négligeable pour les agriculteurs. Pour pallier ce problème, le projet PestiRed propose un mécanisme de compensation financière. Si une parcelle innovante enregistre une baisse de rendement supérieure à 10 % par rapport à une parcelle témoin traitée classiquement, l’État verse une compensation pour couvrir les pertes. Ce « fonds de risque » permet aux agriculteurs d’oser des ruptures technologiques qu’ils n’auraient pas tentées seuls.

Le témoignage de Daniel Demiéville : une approche holistique

Daniel Demiéville, agriculteur à Palézieux, pratique une polyculture-élevage typiquement suisse. Sur son exploitation, il a intégré des stratégies agronomiques avancées, comme le semis de plantes compagnes (mélange de vesce et de trèfle d’Alexandrie) avec le colza. Ces plantes prennent le dessus sur les adventices avant de disparaître naturellement lorsque le colza se développe.

Sandie Masson, qui accompagne ces fermes, souligne l’importance cruciale de l’intervention précoce : en l’absence d’herbicides, le désherbage mécanique doit être effectué au tout début de la culture. Une fois ce stade dépassé, il est impossible de rattraper le retard sans endommager les cultures.

Résultats et perspectives

Les analyses en laboratoire sur la biomasse récoltée chez Daniel Demiéville montrent des résultats encourageants : le ratio d’adventices par rapport à la biomasse totale reste autour de 4 %, ce qui confirme que, pour l’instant, l’impact sur le rendement est minime.

Ce modèle suisse, alliant innovation technique, soutien financier et accompagnement scientifique rigoureux, pourrait bien servir de source d’inspiration pour le reste de l’Europe. En sécurisant les agriculteurs face au risque, la Suisse favorise une transition agro-écologique audacieuse et pragmatique, prouvant qu’il est possible de repenser le métier d’agriculteur en profondeur.