Augmenter la biodiversité fonctionnelle dans le verger (haies, nichoirs, bandes fleuries)
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Dans cette vidéo François Warlop et Jérôme Lambion du GRAB présentent des différents éléments mis en place sur la ferme de la Durette pour augmenter la biodiversité fonctionnelle.
0:00 Introduction
1:02 Les haies
1:47 Tas de bois
2:14 Mare
2:51 Tas de pierres
3:46 Perchoirs, gîtes et nichoirs
4:52 Pots en terre
5:18 Flore spontanée et bandes fleuries
7:18 Conclusion
Les auxiliaires au verger :
https://ebionetwork.julius-kuehn.de/index.php?menuid=53
https://www.lerouergue.com/catalogue/la-biodiversite-amie-du-verger
Mettre en place des bandes fleuries :
https://ebionetwork.julius-kuehn.de/index.php?menuid=54
Régulation par les araignées :
https://www.produire-bio.fr/articles-pratiques/araignees-vergers-de-pommiers-regulent-ravageurs/
Régulation par les oiseaux :
Augmenter la biodiversité fonctionnelle dans le verger
Bienvenue sur la ferme de la Durette. Dans le cadre du projet BIOFRUITNET, cette journée technique met en lumière la gestion d’une exploitation associant maraîchage et arbres fruitiers. Ces derniers étant particulièrement exposés aux ravageurs, le choix a été fait ici de limiter drastiquement les traitements phytosanitaires, même en agriculture biologique, au profit de la biodiversité fonctionnelle. L’objectif est de favoriser les insectes, les oiseaux et les mammifères auxiliaires par des aménagements agro-écologiques variés, structurés de l’échelle du paysage jusqu’à l’intérieur des parcelles.
Aménagements à l’échelle du paysage
Les haies
Aux côtés des haies anciennes, choisies initialement pour leur croissance rapide et leur rôle de brise-vent, de nouvelles haies “composites” ont été implantées. Elles intègrent des espèces comme le noisetier, la viorne ou le cornouiller. Ce mélange permet d’offrir des ressources alimentaires diversifiées et des abris persistants durant l’hiver, favorisant ainsi l’installation d’insectes auxiliaires.
Tas de bois
Le stockage du bois de taille ou d’arbres issus de haies constitue un refuge simple et efficace. Ces structures offrent un habitat riche pour de nombreux auxiliaires ainsi que pour la faune rampante, comme les reptiles (lézards, serpents).
Mare
Exploitant un ancien système de lagunage, la mare est un élément clé de l’écosystème. Bien que celle-ci soit vaste, des structures plus petites peuvent tout aussi bien jouer un rôle fonctionnel majeur en abritant des chauves-souris, des hérissons ou des renards.
Tas de pierres
La création de pierriers, inspirée de modèles suisses, consiste à empiler de grosses pierres en laissant des cavités. Ces refuges sont conçus pour héberger des prédateurs naturels du campagnol provençal, un ravageur majeur en Provence, tels que les belettes, les fouines et certains reptiles.
Installations dans le verger
Perchoirs, gîtes et nichoirs
Pour lutter contre le campagnol provençal, des perchoirs à rapaces ont été installés sur chaque parcelle, avec des résultats visibles sur la baisse des dégâts. Ces perchoirs supportent également des gîtes à chauves-souris (environ dix par hectare), essentiels pour la régulation de la tordeuse orientale sur le pêcher et du carpocapse du pommier. En complément, des nichoirs à mésanges bleues sont disposés pour leur capacité à consommer de nombreux ravageurs, notamment les pucerons et certains papillons.
Pots en terre
Une solution simple consiste à placer des pots en terre remplis de paille dans les pommiers. Ils servent d’abris aux forficules (perce-oreilles), auxiliaires précieux pour réguler les populations d’acariens et de pucerons dans les vergers de pommiers.
Flore spontanée et bandes fleuries
Au-delà des abris, la gestion de la flore est primordiale. Jérôme Lambion souligne l’importance de laisser se développer la végétation spontanée entre les rangs, complétée par des bandes fleuries sur le rang.
Les bandes fleuries vivaces, installées depuis cinq ans, visent à fournir une diversité de ressources aux auxiliaires. L’achillée mille-feuilles et la centaurée jacée attirent par exemple les syrphes et les coccinelles. Ces dernières peuvent s’attaquer aux pucerons spécifiques de l’achillée, qui ne migrent jamais vers les cultures, servant ainsi de “garde-manger” aux prédateurs. Le lotier corniculé, quant à lui, héberge des coccinelles du genre Scymnus, friandes d’acariens et de pucerons présents sur les arbres fruitiers.
Concernant l’installation, si le semis est une option, la plantation est recommandée pour une meilleure densité et une pérennité accrue. En plantant de manière serrée, on assure une meilleure réussite de la bande fleurie sur la durée.
Conclusion
Ces aménagements, qu’ils soient paysagers ou situés directement sur le rang, illustrent la diversité des leviers disponibles pour renforcer la résilience d’un verger. La ferme de la Durette démontre qu’avec une conception réfléchie, il est possible de créer un équilibre naturel durable au service de la production fruitière.