Bio-électronique et santé humaine, par Laurence Gallais

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Dans cette conférence, Laurence Gallais présente la bioélectronique appliquée à la santé humaine. Formée en naturopathie, elle explique comment cette approche, fondée sur des mesures du pH, du redox et de la résistivité du sang, de la salive et des urines, permet d’évaluer le terrain d’un organisme. Son objectif n’est pas de poser un diagnostic médical ni de supprimer un symptôme, mais de comprendre les déséquilibres physiologiques qui favorisent leur apparition. À partir de cas concrets, elle montre que de nombreuses pathologies sont liées à des troubles digestifs, à des carences enzymatiques ou protéiques, et à une perte d’homéostasie. Laurence Gallais défend une vision globale, dynamique et préventive de la santé, qu’elle appelle bioélectronique rénovée, et souligne que cette lecture du vivant peut aussi s’appliquer aux animaux, aux plantes et aux sols.

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Résumé
Dans cette conférence, Laurence Gallais présente la bioélectronique appliquée à la santé humaine. Formée en naturopathie, elle explique comment cette approche, fondée sur des mesures du pH, du redox et de la résistivité du sang, de la salive et des urines, permet d’évaluer le terrain d’un organisme. Son objectif n’est pas de poser un diagnostic médical ni de supprimer un symptôme, mais de comprendre les déséquilibres physiologiques qui favorisent leur apparition. À partir de cas concrets, elle montre que de nombreuses pathologies sont liées à des troubles digestifs, à des carences enzymatiques ou protéiques, et à une perte d’homéostasie. Laurence Gallais défend une vision globale, dynamique et préventive de la santé, qu’elle appelle bioélectronique rénovée, et souligne que cette lecture du vivant peut aussi s’appliquer aux animaux, aux plantes et aux sols.

La relation entre la bio-électronique et santé humaine, par Laurence Gallais


Vous connaissez le RedOx pH appliqué à l'agriculture ? Voici ce qu'il est possible de faire pour la santé humaine, Laurence Gallais nous explique !


Présentation de Laurence Gallais et de son parcours

Laurence Gallais se présente comme bio-électronicienne, d’origine vendéenne. Elle explique avoir découvert la bioélectronique au cours de sa formation en naturopathie. Cette discipline fait en effet partie des techniques enseignées dans les écoles de naturopathie, dans le cadre d’un tronc commun.

Dès sa première rencontre avec cette approche, elle dit avoir été immédiatement séduite par son aspect mesurable, logique et structuré. Elle insiste sur le fait qu’elle a un esprit à dominante scientifique, au sens où elle aime pouvoir vérifier les choses par la mesure. C’est précisément cet aspect qui l’a attirée dans la bioélectronique.

Après avoir terminé son cursus de naturopathe, elle commence à recevoir ses premiers patients. Très vite, elle ressent qu’il lui manque un outil pour mieux appréhender leur état réel. N’étant pas médecin, elle ne peut pas prescrire d’examens biologiques. Elle se tourne donc vers la bioélectronique, qu’elle voit comme un moyen d’obtenir des informations objectives à partir de mesures.

Elle acquiert rapidement un appareil de bioélectronique. Mais elle constate alors que la théorie enseignée ne colle pas toujours avec la pratique clinique. Plutôt que de remettre en cause la technique, elle choisit d’approfondir sa compréhension des mesures et de chercher ce qu’elles signifient réellement sur le plan physiologique.

Au fil des années, grâce à l’observation de nombreux cas, elle développe une lecture plus fine des bilans. Elle explique avoir cherché à corréler les mesures de pH, de potentiel d’oxydo-réduction et de résistivité à la physiologie réelle du corps humain. C’est ainsi qu’elle fait évoluer sa pratique.

Elle estime que la présentation classique de la bioélectronique, notamment à travers les « quatre cadrans », est trop réductrice. Selon elle, il faut lire les paramètres de façon dynamique, en tenant compte des corrélations entre les différents milieux mesurés, notamment entre le sang et les urines, mais aussi entre les paramètres eux-mêmes.

C’est cette approche qu’elle a nommée « bioélectronique dynamique », puis « bioélectronique rénovée ». Elle la définit comme une bioélectronique clinique, appliquée à la pratique, fondée sur une lecture dynamique des mesures.

Une pratique construite par la clinique

Laurence Gallais explique qu’elle a beaucoup appris par la clinique, au contact direct des patients. Elle remercie d’ailleurs ceux qui lui ont fait confiance, car ce sont eux qui lui ont permis de faire avancer sa compréhension.

Elle mentionne aussi sa rencontre avec Jeanne Rousseau, grande figure de la bioélectronique, qui habitait à une demi-heure de chez elle. Elle dit avoir eu la chance de la côtoyer à plusieurs reprises, même si elle regrette que cela n’ait pas été plus long. Elle décrit Jeanne Rousseau comme une femme visionnaire et extraordinaire, dont elle cherche à transmettre une partie de la pensée.

Après environ 18 ans de pratique de la bioélectronique, Laurence Gallais explique avoir formé plusieurs thérapeutes à sa méthode. Un petit groupe de praticiens a ainsi été constitué autour de la bioélectronique rénovée, avec la création d’un site internet pour présenter leur démarche et référencer les thérapeutes formés sur le territoire.

Jusqu’en 2019, elle exerce en cabinet libéral, où elle reçoit des patients venus parfois de loin pour réaliser des bilans bioélectroniques. Puis elle décide d’arrêter cette activité clinique afin de se consacrer entièrement à la formation et à la recherche, qu’elle considère comme les deux grands piliers de sa vie professionnelle.

Ses ouvrages et son travail de transmission

Laurence Gallais dit avoir écrit un premier livre simple, intitulé Votre santé vous appartient. Pour elle, ce titre résume bien sa démarche : redonner la main au patient. Elle affirme que le thérapeute ne doit pas détenir le pouvoir sur l’autre, mais au contraire aider la personne à comprendre ce qu’elle vit et à reprendre sa santé en main.

Ce premier livre rassemble des conseils de base de « redressement de terrain », portant principalement sur l’alimentation, l’eau et l’environnement électromagnétique.

Par la suite, elle rédige un second ouvrage, davantage centré sur le déchiffrage des bilans bioélectroniques. Elle précise qu’il existait déjà des ouvrages théoriques sur la bioélectronique, notamment sur les paramètres physico-chimiques, mais peu ou pas de livres traitant directement de clinique. Son objectif a donc été de vulgariser la pratique à partir de cas concrets et de montrer tout ce qu’un bilan peut révéler.

Elle insiste cependant sur le fait qu’on ne devient pas bio-électronicien simplement en lisant ce livre : la pratique reste indispensable.

Une approche qui concerne tout le vivant

Même si son premier domaine de travail est la santé humaine, Laurence Gallais explique qu’elle s’est progressivement intéressée à la bioélectronique animale, puis à la bioélectronique des sols et des plantes.

Selon elle, une fois que l’on a compris les principes de la bioélectronique, ceux-ci s’appliquent à tous les domaines du vivant. Les mêmes logiques, les mêmes outils et les mêmes grands principes se retrouvent chez les humains, les animaux, les plantes et dans les sols.

Elle souligne donc que la bioélectronique n’est pas seulement une technique de santé humaine, mais une manière de lire le fonctionnement du vivant dans son ensemble.

Qu’est-ce que la bioélectronique ?

Pour introduire cette notion, Laurence Gallais cite Galilée : « Il n’y a de véritable science que dans le mesurable ». Elle dit avoir reconnu dans cette phrase l’esprit même de la bioélectronique, qui part d’abord de la mesure.

Selon elle, on ne peut pas être bio-électronicien sans mesurer. La bioélectronique repose sur trois paramètres :

  • le pH ;
  • le potentiel d’oxydo-réduction, ou redox ;
  • la conductivité ou résistivité.

Elle ne développe pas ici la définition technique détaillée de chacun, car cela relève de la formation, mais rappelle qu’il s’agit de paramètres physico-chimiques fondamentaux.

Pourquoi mesurer ces trois paramètres ? Parce que, dit-elle, la vie n’est qu’un échange de protons et d’électrons. Pour fabriquer de l’énergie, tout organisme vivant met en jeu des échanges acido-basiques et oxydo-réducteurs. La bioélectronique mesure donc, selon elle, les conditions mêmes de la vie.

La notion de terrain

La notion de terrain est au centre de son exposé. Laurence Gallais explique que l’apport essentiel de Louis-Claude Vincent a été de montrer que chaque forme de vie a besoin d’un terrain particulier pour se développer.

Dans la bioélectronique classique, cela correspond aux fameux « quatre terrains » ou « quatre cadrans » : acide, alcalin, réduit, oxydé. Selon les valeurs du pH et du redox, certains terrains deviennent favorables à certaines formes de vie : bactéries, virus, champignons, etc.

Mais au-delà de cette classification, elle insiste surtout sur l’idée d’homéostasie. Chaque organisme vivant cherche à maintenir un certain équilibre interne. Cet équilibre est régulé par les paramètres acido-basiques et oxydo-réducteurs.

Quand l’organisme s’écarte de cet état d’équilibre, il devient favorable à l’émergence de maladies. Laurence Gallais formule cela de manière forte : on « n’attrape » pas une maladie, on lui permet de se développer. Ce n’est pas, selon elle, le microbe seul qui explique la maladie, mais l’état du terrain qui lui permet ou non de se développer.

Elle applique cette idée aussi bien aux maladies aiguës qu’aux pathologies chroniques ou dégénératives.

Les différences de gradients et l’importance des membranes

Un autre point jugé essentiel par Laurence Gallais est le rôle des différences de gradients. Pour qu’il y ait échange de protons et d’électrons, il faut des différences de concentration, donc des séparations, des compartiments, des membranes.

Elle rappelle que le vivant est entièrement organisé autour de compartiments : la peau, les membranes cellulaires, les différents milieux internes. Sans ces frontières, il n’y aurait pas d’échange possible.

Elle élargit même cette idée au niveau sociétal, en disant que la vie se construit grâce à des différences. Les échanges, y compris dans les relations humaines, supposent une forme de séparation ou de distinction.

En bioélectronique, mesurer les potentiels revient selon elle à mesurer la capacité d’échange du vivant.

Une critique de la médecine centrée sur le symptôme

Laurence Gallais oppose fortement l’approche bioélectronique à une médecine qu’elle juge centrée sur le symptôme.

Elle reformule une phrase connue en disant, en substance, que là où la médecine regarde « le doigt », la bioélectronique cherche « la lune ». Par là, elle veut dire que la médecine classique se focalise sur le symptôme, alors que la bioélectronique cherche une vision globale.

Elle affirme qu’en bioélectronique, on ne s’occupe pas directement de la maladie ou du symptôme. On réalise un bilan de terrain. On cherche à savoir si l’organisme maintient ou non son homéostasie, puis on lui donne les moyens de la retrouver.

Elle insiste sur la complexité du vivant : vitamines, enzymes, systèmes hormonaux, système nerveux, digestion, tout est relié. Pour cette raison, elle estime qu’il faut faire preuve d’humilité et éviter d’intervenir directement sur un symptôme sans comprendre l’ensemble du fonctionnement.

Bloquer un symptôme sans traiter la cause reviendrait, selon elle, à empêcher le corps de s’exprimer. Le symptôme doit être entendu comme un signal d’alerte. Le travail du bio-électronicien consiste donc à rechercher « la cause de la cause de la cause ».

Le protocole du bilan bioélectronique humain

Laurence Gallais décrit un protocole de mesure très strict.

Pour un bilan bioélectronique humain, on mesure :

  • le sang ;
  • la salive ;
  • trois urines.

Les trois urines sont recueillies à une heure d’intervalle. L’ensemble du protocole se fait à jeun, le matin. La prise de sang est réalisée par une infirmière. Les liquides doivent être mesurés immédiatement ou presque immédiatement.

Le sang et les urines donnent des informations sur les équilibres acido-basiques et oxydo-réducteurs, sur l’homéostasie et sur la manière dont le corps élimine ses déchets.

La salive, elle, apporte des informations très précieuses sur le tube digestif, notamment l’intestin grêle, là où se jouent les processus d’assimilation. La résistivité salivaire est utilisée pour apprécier la charge enzymatique, c’est-à-dire d’éventuelles carences ou excès d’enzymes digestives.

Les résistivités du sang, de la salive et des urines donnent aussi des indications sur la charge du sang, l’état digestif et le métabolisme de l’eau.

L’équilibre acido-basique dépend du tube digestif

Un point important de son intervention porte sur l’origine digestive des déséquilibres acido-basiques.

Laurence Gallais critique certaines idées simplistes autour de l’acidité. Elle dit entendre souvent qu’un « terrain acide » mènerait au cancer, et considère cette affirmation comme aberrante si elle est sortie de son contexte.

Selon elle, l’organisme produit physiologiquement des acides pendant la digestion. Une partie est éliminée par les poumons, une autre par les reins. Ainsi, avoir des urines acides n’est pas forcément mauvais ; cela peut simplement signifier que les reins font leur travail.

Ce qui importe est de comprendre d’où vient cette acidité. Si elle est excessive, cela indique surtout que le tube digestif produit trop d’acides, souvent parce que l’alimentation n’est pas physiologique.

Elle critique également l’idée selon laquelle on pourrait corriger durablement un terrain acido-basique simplement en avalant des substances alcalinisantes, comme le bicarbonate. Cela peut modifier temporairement les urines, dit-elle, mais ne règle pas la cause profonde.

Pour elle, les équilibres acido-basiques se jouent à plusieurs niveaux, jusqu’à la respiration cellulaire dans la mitochondrie. On ne peut donc pas les réduire à une simple ingestion de bases.

La manière de travailler en consultation

Laurence Gallais explique qu’en consultation, elle demandait le moins possible de détails au départ sur les symptômes. Elle voulait éviter d’être influencée dans la lecture du bilan.

Cette méthode avait aussi pour but de montrer au patient la validité de la technique : en déduisant certaines hypothèses à partir des chiffres seuls, puis en les confrontant au vécu du patient, elle pouvait lui faire prendre conscience de la pertinence du bilan.

Elle précise qu’elle ne pose pas de diagnostic médical au sens classique du terme. Elle établit un bilan de terrain.

Exemple clinique : Manon, migraines et fatigue

Le premier exemple présenté est celui d’une femme appelée ici Manon, migraineuse, sous traitement médicamenteux. Elle prend notamment des triptans, un agoniste de la sérotonine, ainsi qu’un bêtabloquant. Malgré cela, elle continue à faire des crises importantes, avec besoin de rester dans le noir, et souffre d’une grande fatigue.

À la lecture du bilan, ce qui frappe immédiatement Laurence Gallais est une résistivité salivaire très élevée, signe selon elle d’un manque important d’enzymes digestives. Elle relie cela à une faiblesse du foie.

Comme les migraines sont souvent associées au foie et à la vésicule biliaire, elle oriente immédiatement sa lecture dans cette direction.

Le pH sanguin est légèrement trop bas, et le redox montre un terrain acide et oxydé. Selon elle, cela indique que l’organisme commence à sortir de son homéostasie et pourrait, s’il reste ainsi, devenir favorable à certains développements pathologiques, notamment fongiques.

Elle observe aussi une légère carence protéique, qui empêche selon elle le bon maintien du pH sanguin, les protéines étant l’un des grands systèmes tampons du corps.

Elle note également un encrassement du système lymphatique et une résistivité urinaire très élevée, qu’elle relie probablement à l’effet du bêtabloquant, responsable d’une perte d’eau importante.

Elle souligne un point important : si Manon ne s’était évaluée qu’avec des bandelettes urinaires de pH, elle aurait pu croire que son terrain était parfait. Or le bilan complet montre que tout le reste est déséquilibré.

Pour Laurence Gallais, la cause première se situe donc dans une insuffisance digestive et hépatique. Elle ne cherche pas à traiter directement la migraine, mais à corriger le terrain : alimentation adaptée, soutien enzymatique, apport ciblé d’acides aminés, mise au repos du foie.

Elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de « drainer » le foie, mais de le ressourcer.

Exemple clinique : David, douleurs abdominales chroniques

Le second exemple est celui de David, un homme d’une trentaine d’années souffrant de douleurs abdominales depuis des années. Il a consulté plusieurs gastro-entérologues, subi coloscopies, fibroscopies et échographies, sans que rien ne soit trouvé. On lui a dit qu’il n’avait rien.

Laurence Gallais note d’abord un paramètre salivaire très bas, indiquant selon elle des fermentations au niveau de l’intestin grêle. Or l’intestin grêle ne devrait pas fermenter, mais assimiler.

Elle lui dit donc très vite qu’elle croit à ses douleurs et qu’elles viennent probablement de ces fermentations. Elle insiste sur l’importance de cette reconnaissance, après un parcours médical où il s’est entendu dire qu’il n’avait rien.

Le bilan montre aussi une résistivité sanguine très haute, compatible selon elle avec une carence protéique, ainsi qu’un terrain inflammatoire. L’ensemble traduit pour elle un système digestif déséquilibré.

En l’interrogeant sur son alimentation, elle apprend qu’il mange essentiellement des féculents, surtout du riz, sous plusieurs formes, matin, midi et soir. Elle en conclut qu’il a développé une flore de fermentation pour gérer cet excès de sucres, ce qui entretient ses douleurs.

Elle lui conseille donc de diminuer fortement les féculents et de réintroduire des protéines. Elle précise qu’elle n’a pas donné de probiotiques, car selon elle il y avait déjà trop de fermentation ; en ajouter aurait aggravé la situation.

David aurait rapidement constaté une amélioration.

Le regard porté sur le végétarisme et les protéines

À partir de cet exemple, Laurence Gallais développe sa vision des régimes végétariens et végétaliens.

Selon elle, les légumineuses restent des féculents. Elles apportent certes des protéines, mais dans un contexte globalement très riche en sucres. Elle considère que cela favorise les fermentations intestinales et les carences enzymatiques.

Elle affirme reconnaître assez vite, dans les bilans, les terrains correspondant à une carence protéique liée à une alimentation végétarienne : alcalose au départ, puis avec le temps acidité diffuse, oxydation, résistivités élevées, fatigue et fermentations.

Elle explique également que les protéines végétales demanderaient plus d’enzymes digestives que les protéines animales, ce qui peut encore aggraver certaines situations.

Pour elle, un végétarien n’est pas automatiquement protégé de l’oxydation, même s’il consomme beaucoup de légumes riches en antioxydants. Elle relie cela à l’incapacité de fabriquer correctement certains systèmes antioxydants, comme le glutathion, en cas de déficit en acides aminés.

Elle nuance néanmoins son propos en racontant le cas d’une femme végétarienne depuis 30 ans, dont le bilan était presque parfait. Dans ce cas, elle ne lui a pas demandé de modifier son alimentation. Elle insiste donc sur un point : elle ne part pas d’une idée préconçue, elle part d’abord de la mesure.

Les fruits et les régimes très riches en sucre

Interrogée sur les fruits, Laurence Gallais rappelle qu’ils sont riches en fructose. Selon elle, l’intestin grêle n’a qu’une faible capacité à assimiler ce fructose.

Un excès de fruits peut donc entraîner des fermentations et favoriser une stéatose hépatique, c’est-à-dire un « foie gras ». Elle cite à ce propos le syndrome NASH, qui traduit justement un foie gras lié à une alimentation trop riche en sucres.

Elle critique ainsi les recommandations simplistes du type « cinq fruits et légumes par jour », lorsqu’elles sont interprétées comme « cinq fruits par jour ».

Elle évoque aussi certains régimes très riches en jus et en fruits, qu’elle considère comme des aberrations physiologiques si они deviennent exclusifs. Selon elle, on ne peut pas nourrir correctement un organisme uniquement avec ce type d’aliments.

De manière générale, elle défend l’idée qu’une alimentation physiologique doit être variée, sans exclusivisme, même si des évictions ponctuelles peuvent être nécessaires pour mettre un tube digestif au repos.

Le crudivorisme

Concernant le crudivorisme, Laurence Gallais répond avec prudence. Elle estime que cela dépend de l’état du tube digestif. Le cru demande beaucoup d’enzymes pour être correctement digéré.

Elle prend l’exemple d’une personne consommant jusqu’à 300 g de viande crue par jour. Cette personne n’était pas carencée en protéines, mais présentait néanmoins un terrain évoquant une carence protéique secondaire, car le foie n’arrivait plus à métaboliser cet excès.

Là encore, elle répète qu’elle ne se prononce pas de manière idéologique sur un régime donné ; c’est le bilan qui permet de dire s’il convient ou non à la personne.

La bioélectronique et les virus, notamment le Covid

Interrogée sur le Covid, Laurence Gallais reprend sa conception du terrain. Elle dit qu’on n’attrape pas un virus au sens strict ; on lui permet de se développer si le terrain est favorable.

Elle ne nie pas l’existence des virus, mais considère qu’ils circulent en permanence dans notre environnement. Ce qui compte, c’est la capacité du terrain à empêcher leur développement.

Elle prend l’exemple d’un sang équilibré, avec un pH de 7,34 et un redox autour de 22 : selon elle, un virus ne peut pas aller plus loin dans un tel milieu. En revanche, un terrain alcalin et oxydé devient favorable au développement viral.

Elle applique cela au Covid comme aux autres virus, et plus largement à tous les agents infectieux.

Elle ajoute qu’avec les changements climatiques, les paramètres de l’environnement vont évoluer, ce qui pourrait favoriser certains développements microbiens. D’où, selon elle, l’importance accrue de maintenir son terrain en bon état.

La bioélectronique comme outil de prévention

Pour Laurence Gallais, la bioélectronique est d’abord une technique de prévention.

Elle dit avoir observé cela chez des patients suivis sur plusieurs années, avec des bilans réguliers tous les six mois. Quand on connaît bien le terrain d’une personne, on peut repérer rapidement les dérives et intervenir avant que n’apparaissent de grosses pathologies.

Elle présente le cas de Paula, venue faire un bilan alors qu’elle avait des antécédents de cancer du sein. Son bilan montre selon elle une alcalose marquée, des incohérences entre paramètres, une très forte résistivité salivaire, et plus largement un terrain qui « ne colle pas ».

En poursuivant l’interrogatoire, elle apprend que la patiente prend du bicarbonate sur conseil médical, car un marqueur remonte. Laurence Gallais estime alors que ce ne sont pas seulement les bicarbonates qui expliquent l’alcalinisation et lui recommande fortement de consulter de nouveau.

Trois semaines plus tard, la patiente lui écrit pour lui dire qu’on lui a confirmé des métastases osseuses et hépatiques.

Elle rapporte aussi le cas d’une autre femme qu’elle suivait régulièrement, chez qui un léger basculement du terrain l’a alertée. Orientée rapidement vers le médecin, la patiente a été prise en charge à temps pour un processus cancéreux débutant.

Pour Laurence Gallais, ces exemples montrent bien que la maladie ne « tombe » pas sur quelqu’un : c’est l’aboutissement d’un long déséquilibre du terrain. Ce qui apparaît soudainement, c’est le diagnostic, pas la maladie elle-même.

Une logique valable aussi pour les plantes, les animaux et les sols

En conclusion, Laurence Gallais rappelle que tout ce qu’elle a exposé pour la santé humaine vaut aussi, selon elle, pour les animaux, les plantes et les sols.

Pour un sol comme pour un organisme humain, il s’agit de maintenir les bons équilibres afin d’éviter les désordres futurs. Si des mesures montrent un décalage, on peut intervenir en amont pour redresser le terrain avant que les problèmes n’apparaissent.

C’est selon elle toute la force de la bioélectronique : une même logique du vivant, fondée sur des mesures, des équilibres et le respect de l’homéostasie.