Cap Sud Ouest : Brouage, une vie dans le marais
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Situé à quelques kilomètres au sud de Rochefort, le marais de Brouage, d’une superficie de 11 000 hectares, est un paysage à l’histoire singulière, un espace modelé à la fois par la nature et les hommes. Les zones humides sont de fabuleuses réserves de biodiversité, le marais de Brouage est un havre pour les oiseaux. On y a recensé 250 espèces différentes dont la fameuse cigogne. Après avoir failli disparaître, c’est en Charente-Maritime que se trouve la plus importante colonie de cigognes de France !
Les marais, aménagés par l’homme, ont permis le développement de l’agriculture et notamment de l’élevage. Brouage est aujourd’hui le plus gros marais européen géré par le pastoralisme. Faustine Oudin a repris la ferme familiale en 2020, elle élève une dizaine de races différentes. Bien sûr, la Maraîchine mais aussi une race venue d’Ecosse : la Highland et ses impressionnantes cornes.
Nous vous emmenons ensuite découvrir une autre facette de l’histoire du marais. L’activité ostréicole a donné naissance à un riche patrimoine maritime aujourd’hui menacé de disparition. A Bourcefranc-le-Chapus, Eric part à la rencontre d’une association créée par des passionnés de bateaux traditionnels, les lasses marennaises.
Pour terminer notre balade en Charente-Maritime, Eric vous convie à un incroyable spectacle : celui de chevaux Camargue vivant en semi-liberté dans le marais de Brouage. Après avoir passé son enfance sur ces terres, Mathieu Truffier est parti quelques années voyager et vivre au Pays basque, mais en 2015 sa passion pour le Cheval Camargue le rattrape. Il revient aux sources et reprend, avec Léa sa compagne, l’élevage familial. Le jeune couple propose aussi des promenades à cheval dans le marais de Brouage.
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Cap Sud Ouest : Brouage, une vie dans le marais
Située en Charente-Maritime, la citadelle de Brouage est un village de pierre et d’eau, célèbre pour ses 2 500 mètres de remparts au milieu des marais. Si aujourd’hui le paysage semble figé, il faut imaginer qu’au XVIe siècle, l’océan léchait ses fortifications qui protégeaient l’un des ports les plus importants d’Europe. Avec le temps, la mer s’est retirée pour laisser place à un vaste marais de 11 000 hectares, un territoire façonné par la nature et le travail des hommes.
Le marais de Brouage, un havre pour la biodiversité
Le marais de Brouage est un sanctuaire naturel où l’on recense près de 250 espèces d’oiseaux, dont la cigogne blanche. La colonisation du site par cet oiseau emblématique est un succès de conservation. Il y a 15 ou 20 ans, les nids étaient isolés, mais face à une forme de “crise du logement”, les cigognes ont tendance à se concentrer en micro-colonies, comme celle observée comptant 17 couples.
En 2020, les dénombrements faisaient état de 636 couples pour 1 952 jeunes à l’envol, faisant de la Charente-Maritime le premier département productif de France pour cette espèce. Pourtant, la cigogne a bien failli disparaître : en 1974, il ne restait que 11 couples sur tout le territoire national. Dans le marais, la protection des oiseaux est une priorité. Pour éviter les risques liés aux lignes à haute tension, des plateformes artificielles sont installées en haut des pylônes pour sécuriser les nids, une méthode efficace pour maintenir les populations.
Le pastoralisme, garant de l’équilibre du marais
Brouage est aujourd’hui le plus grand marais européen géré par le pastoralisme. Sur 3 000 hectares de prairies, environ 180 exploitations, comme la ferme familiale reprise par Faustine Oudin en 2020, maintiennent cette activité indispensable. L’[[Élevage bovin|élevage bovin]] — notamment avec la race locale Maraîchine, parfaitement adaptée au milieu humide — est le seul moyen de préserver le marais sans le dénaturer.
L’entretien des terres est le fruit d’un engagement collectif, né il y a une quinzaine d’années face à une dégradation du milieu, qui a mené à la création du collectif des éleveurs bovins du marais de Brouage. Pour ces éleveurs, la présence des animaux est vitale : sans le troupeau, le marais perd son âme et son entretien devient impossible. Le respect des contraintes environnementales et la valorisation économique de leur production permettent de pérenniser cet espace naturel.
Patrimoine maritime : sauver l’histoire ostréicole
Après le déclin du commerce du sel, les anciens marais salants ont été convertis dès le XVIIIe siècle en claires pour l’ostréiculture. Marennes-Oléron est devenu le premier bassin européen pour la commercialisation des huîtres. Cette activité historique a laissé un riche patrimoine maritime que des passionnés tentent de préserver.
À Bourcefranc-le-Chapus, une association de bénévoles, “Les Amis de la Marine”, travaille à la restauration de bateaux traditionnels ostréicoles. L’objectif n’est pas seulement de réparer ces navires, mais de les faire naviguer. Le “Talion”, un sloop ostréicole de 1969, illustre cette volonté de faire revivre des savoir-faire classés. Pour les bénévoles comme Mathieu Truffier, ces bateaux sont des témoins des histoires d’hommes et de familles qui ont dû travailler dans des conditions difficiles avec peu de moyens.
L’élevage de chevaux Camargue : une vie en semi-liberté
Mathieu Truffier perpétue une tradition familiale avec son élevage de 40 chevaux Camargue. La gestion du troupeau, inspirée des méthodes camarguaises, se fait en semi-liberté dans le marais. Le cheval Camargue, par sa rusticité, est le compagnon idéal de ce milieu : il est l’une des rares races capables de manger des plantes aquatiques sous l’eau.
Pour Mathieu, qui a repris l’élevage en 2015, le marais est un espace de liberté qu’il souhaite transmettre. En plus de l’élevage, il propose des promenades à cheval, une activité qu’il partage avec sa compagne. Monter à cru ou avec des selles traditionnelles en cuir permet une connexion unique avec l’animal. Cette vie, au rythme des saisons et des éléments, offre une stabilité et une sensation de liberté totale, faisant du marais de Brouage un territoire où l’homme et l’animal cohabitent dans un équilibre préservé.