Cours en ligne 6/9 BIOFRUITNET: Agrobiodiversite fonctionelle
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Biodiversité fonctionnelle dans les verger. Favoriser les organismes auxiliaires dans la production fruitière. Intervenant Veronique Chevillat, FiBL; Modérateur: François Warlop, GRAB
• Biodiversité fonctionnelle dans l'arboriculture écologique
o 00:00. Presentation présentation du cours et de l'intervenant
o 00:30. Biodiversité fonctionnelle
o 21:50. Questions et réponses
o 01 :00 :13. Conclure
Introduction à la biodiversité fonctionnelle dans les vergers
La biodiversité fonctionnelle désigne l’ensemble des fonctions et des processus d’un écosystème. Dans un verger, elle fournit de nombreux services écosystémiques gratuits, tels que la fertilité des sols, la pollinisation et la régulation des ravageurs. Plus un écosystème est diversifié, plus le nombre d’espèces est élevé, ce qui permet à l’écosystème de fonctionner de manière optimale.
Les « ennemis naturels » ou auxiliaires incluent des insectes (prédateurs généralistes ou spécialisés, parasitoïdes), des oiseaux et des chauves-souris.
Les auxiliaires du verger
Parmi les auxiliaires, on distingue :
- Les prédateurs généralistes : tels que les coccinelles, les larves de chrysopes, les punaises, les araignées et les perce-oreilles.
- Les parasitoïdes : des insectes minuscules (mouches ou guêpes) qui pondent leurs œufs à l’intérieur des ravageurs (œuf, larve ou adulte). La larve du parasitoïde se développe ensuite à l’intérieur de l’hôte, entraînant sa mort.
- Les vertébrés : les oiseaux et les chauves-souris consomment de grandes quantités d’insectes dans les vergers.
Mesures pour favoriser la biodiversité fonctionnelle
Pour attirer et pérenniser ces auxiliaires, ils ont besoin de nourriture (insectes ravageurs mais aussi ressources alternatives), de lieux d’hibernation et de sites de nidification.
Les haies
Éléments paysagers pérennes et peu sujets aux perturbations, les haies offrent des abris, des lieux de nidification et de la nourriture tout au long de la saison (fleurs nectarifères puis baies en hiver). Il est recommandé de privilégier des espèces endémiques et d’éviter les néophytes invasives. Un entretien régulier, comme le rabattage des espèces à forte croissance, est nécessaire.
Les bandes fleuries
Conçues pour les pollinisateurs et les auxiliaires, elles doivent être diversifiées pour offrir du nectar tout au long de la saison. Elles peuvent être installées en bordure, mais idéalement au plus près des arbres, car les auxiliaires se déplacent sur de courtes distances.
- Mise en place : Le semis doit se faire sur un sol bien préparé (propre, sans végétation spontanée). Le passage du rouleau après le semis est crucial.
- Entretien : Éviter de faucher trop bas (idéalement à 8-10 cm) pour préserver le sol. La fauche doit être échelonnée pour maintenir une offre en fleurs continue.
Autres pratiques
- Enherbement sous le rang : Le système “sandwich” consiste à laisser une bande enherbée (fleurs spontanées ou semées) au centre du rang, tout en travaillant le sol sur les côtés.
- Nichoirs : Outil complémentaire efficace seulement s’il est combiné à une source de nourriture proche.
Enjeux et limites
La directive abeille en France
Cette directive impose, dans certaines conditions de floraison, le broyage des fleurs avant tout traitement insecticide, même en agriculture biologique. Cela pose un réel défi pour le développement de vergers agroécologiques diversifiés, car ces pratiques sont essentielles pour la régulation naturelle des ravageurs.
Gestion du sol et climat
Face aux changements climatiques, le maintien d’un couvert végétal, même en été, est recommandé pour limiter l’évapotranspiration. Bien que l’impact précis de la biodiversité sur la régulation des maladies fongiques (par les levures naturelles présentes sur les feuilles) soit complexe, la réduction des interventions chimiques est un préalable indispensable au fonctionnement de cet équilibre écologique.
Perspectives
Des recherches participatives, notamment en France, explorent l’efficacité de ces aménagements à l’échelle professionnelle. L’objectif est de démontrer que, sur le long terme, la biodiversité fonctionnelle permet de réduire les interventions phytosanitaires, malgré des coûts de mise en place initiaux. Les pratiques peu coûteuses comme la gestion de l’enherbement spontané ou la conservation de bois de taille pour abriter les arthropodes sont également des leviers intéressants pour les producteurs.