Cours en ligne 7/9 BIOFRUITNET: Fruits à noyau Ravageurs
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Description: Stratégies de lutte contre les ravageurs en fruits à noyau biologiques. Intervenant: Clémence Boutry, FiBL; Modérateur: Robin Sonnard, FiBL
o 00:00. Presentation présentation du cours et de l'intervenant
o 00:50. Strategies de lutte contre les ravageurs
o 24:40. Questions et réponses
o 50:45. Conclure
Introduction
Ce cours en ligne, structuré en trois sessions, s’inscrit dans le cadre du projet européen BIOFRUITNET. Ce projet a permis d’identifier les besoins de recherche en arboriculture biologique, de répertorier les meilleures sources d’information disponibles en Europe et de traduire ces connaissances sous divers formats (résumés pratiques, vidéos, podcasts, cours en ligne). Cette présentation est animée par Clémence Boutry (FiBL, Suisse), spécialiste des techniques arboricoles et phytosanitaires, en collaboration avec des partenaires de Pologne et de République tchèque (notamment Pavla).
Principaux ravageurs des fruits à noyau
Les ravageurs abordés lors de ce cours incluent :
- La drosophile du cerisier (Drosophila suzukii) : affecte cerisiers, pruniers et abricotiers.
- La [[mouche de la cerise]] (Rhagoletis cerasi et Rhagoletis cingulata).
- Les tétranyques (acariens) : dont le tétranyque rouge et le tétranyque tisserand, qui s’attaquent à toutes les espèces à noyau.
- Le puceron noir du cerisier.
- Le carpocapse de la prune (Grapholita funebrana).
La drosophile du cerisier (Drosophila suzukii)
Identification et symptômes
Le mâle se distingue par deux taches sombres sur ses ailes. La femelle, responsable des dégâts, possède un ovipositeur incurvé et dentelé (visible à la loupe) lui permettant de percer la peau du fruit pour y pondre. Les symptômes incluent de petits trous à la surface du fruit et la présence de larves dans la chair.
Suivi et gestion
- Suivi : Installer des pièges attractifs (rouges ou noirs) dès la maturation des fruits jusqu’à la récolte. Les pièges artisanaux peuvent être réalisés avec des bouteilles contenant un mélange d’eau, de vinaigre et de savon.
- Gestion :
Favoriser un climat sec dans le verger. Filets : Protection très efficace (mailles de 1 mm maximum), devenue standard en production de cerises de table. Hygiène : Enlever les fruits trop mûrs ou endommagés pour limiter la prolifération. Lutte directe : Le piégeage de masse est plus adapté aux abricots et prunes. Le kaolin (argile) peut être pulvérisé pour dissuader la ponte, bien qu’il puisse tacher les fruits (réservé à la transformation). Le spinosad reste un recours ultime ponctuel, étant peu sélectif.
La mouche de la cerise
Cycle et symptômes
L’adulte pond dans le fruit ; la larve se développe, tombe au sol, se transforme en pupe et y hiverne jusqu’à l’année suivante. Les fruits infestés présentent souvent un aspect blanc et mou.
Suivi et gestion
- Suivi : Utiliser des plaques jaunes engluées installées à la cime des arbres dès le début de la maturation (seuil : 2 adultes par piège).
- Gestion :
Installation de filets sur l’ensemble du verger ou au sol pour empêcher les adultes d’éclore. Privilégier les variétés à maturation précoce. Biocontrôle : Utilisation de champignons entomopathogènes (Beauveria bassiana) ou d’huile de Neem.
Les tétranyques (acariens)
Identification et symptômes
Le tétranyque rouge pond des œufs rouges sur la face inférieure des feuilles. Le tétranyque tisserand, quant à lui, est reconnaissable par les toiles d’araignées qu’il tisse sur les feuilles. Les attaques provoquent un blanchiment ou un brunissement des feuilles et peuvent entraîner une chute prématurée des fruits.
Gestion
La méthode principale consiste à favoriser les [[acariens prédateurs]] (Typhlodromus pyri, Hypoaspis) en évitant les insecticides non sélectifs qui leur sont nuisibles. Des lâchers peuvent être effectués si les populations d’auxiliaires sont insuffisantes.
Le puceron noir du cerisier
Cycle et symptômes
Le puceron migre entre le cerisier (hôte primaire) et des plantes herbacées (hôte secondaire) en été. Au printemps, les fondatrices colonisent les jeunes pousses, provoquant un enroulement des feuilles et la présence de fumagine liée au miellat.
Gestion
- Préventif : Fertilisation équilibrée pour éviter une croissance excessive de rameaux tendres, très attractifs pour les pucerons.
- Lutte directe :
Application de kaolin à l’automne pour dissuader la ponte. Traitement à l’huile de paraffine en hiver pour étouffer les œufs. Au printemps, emploi de pyrèthre naturel combiné à du savon noir ou de l’huile de Neem.
Le carpocapse de la prune
Identification et symptômes
Les larves creusent des galeries autour du noyau. Les premiers signes sont une décoloration du fruit et des écoulements de gomme au point de pénétration.
Gestion
- Confusion sexuelle : Méthode la plus efficace, nécessite une surface minimale (environ 0,5 hectare) pour créer un “nuage” de phéromones empêchant le mâle de trouver la femelle.
- Autres leviers : Utilisation de Bacillus thuringiensis (BT) ou pose de filets.
Questions et réponses
- Température et drosophile : La drosophile préfère des températures entre 20 et 25 °C. Au-delà de 30 °C, elle cherche des zones ombragées (haies, forêts).
- Rôle des poules : Le passage de poules dans les vergers en hiver peut aider à limiter les pupes dans le sol, mais reste une méthode d’appoint.
- Diversification : Avoir des haies ou des arbres sauvages (merisiers) à proximité peut servir de réservoir aux ravageurs. La lutte directe y est difficile, la meilleure approche est la gestion globale de l’écosystème.
- Auxiliaires : Les syrphes sont essentiels. Ils se nourrissent de pollen sur des fleurs jaunes ou blanches, d’où l’importance de maintenir des bandes fleuries précoces (dès mars).
- Huile de Neem : Le Neem (Azadirachtine) est autorisé sous certaines dérogations (ex: NeemAzal en France). Son efficacité dépend des conditions d’application.