Cultures de printemps en semis direct, JC Quillet - Journée Séguy 2024
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A l'occasion de la journée technique Lucien Séguy en septembre 2024, Jean-Claude Quillet, qui pratique l'agriculture de conservation des sols depuis 30 ans, est venu nous parler de ses cultures de printemps en semis direct.
Cette vidéo a été créée dans le cadre des projets CONSERWA avec le financement de l’Union Européenne, de la confédération suisse et du Royaume-Uni. Par ici pour plus d'info : https://conserwa.eu/
et dans le cadre du projet SOL Couvert financé par l'OFB / ECOPHYTO II+
Réussir les cultures de printemps en semis direct : retour d’expérience de Jean-Claude Quillet
Lors des journées techniques organisées par l’association Lucien Séguy en 2024, Jean-Claude Quillet, agriculteur bénéficiant de plus de 30 ans de recul en semis direct, a partagé son expertise sur la conduite des cultures de printemps.
Le défi des semis de printemps
Si le semis direct de céréales d’hiver est globalement maîtrisé, les cultures de printemps (maïs, soja, tournesol) imposent des contraintes plus strictes liées à l’humidité et à la température des sols. L’expérience montre que les semis trop tardifs, notamment lors d’années pluvieuses comme 2023, peuvent fortement pénaliser le rendement. À l’inverse, semer trop tôt dans des terres limoneuses froides et humides comporte des risques majeurs d’échec à la levée.
Pour Jean-Claude Quillet, la règle d’or est simple : une fois le semis effectué, il faut idéalement disposer d’une fenêtre de 3 à 4 jours de temps sec. Si le sol est déjà frais et que des précipitations surviennent immédiatement, la germination risque d’être bloquée ou de subir une asphyxie, particulièrement sur le soja et le maïs.
Évolution des sols et structure
Après 30 ans de pratique en semis direct, Jean-Claude Quillet observe une transformation radicale de la structure de ses terres. Autrefois battantes et difficiles, elles sont devenues comparables à du terreau. Cette résilience permet une meilleure gestion de l’eau : après de fortes pluies, le sol ne brille pas, signe qu’il conserve sa porosité et sa structure stable. Il souligne que cette transition nécessite de la patience (environ une dizaine d’années) et un arrêt total du travail du sol, car le labour, en créant une semelle, détruit la capillarité et la vie du sol.
[[Gestion des ravageurs]] : les limaces
La gestion des limaces est un point critique, surtout en semis direct avec couverts. Jean-Claude Quillet prône une approche préventive :
- Traitement précoce : Il faut intervenir dès les premières pluies de fin août ou début septembre, lorsque la température baisse.
- Le piège des conditions extrêmes : Les granulés sont inefficaces si les limaces ne sortent pas à cause d’une sécheresse estivale ou d’une chaleur excessive.
- Le choix du produit : Il insiste sur la vigilance vis-à-vis des produits utilisés. Si le métal déhyde reste une option, il note que son efficacité dépend fortement de la météo (besoin de temps sec après l’épandage pour éviter la dilution et garantir l’effet). Il souligne également l’importance de préserver les prédateurs naturels (carabes, staphylins) en évitant les pratiques trop agressives.
Pratiques culturales et couverts
Pour assurer la réussite de ses rotations, l’agriculteur accorde une grande importance à la gestion des couverts :
- Autonomie : Il produit ses propres semences de couverts (mélange féverole/vesce) qu’il récolte après leur maturité en fin juillet.
- Allélopathie : Le choix des couverts, comme la vesce commune, joue un rôle dans la gestion des adventices par allélopathie, permettant de limiter la pression des dicotylédones (amarantes, chénopodes) dans les cultures de printemps suivantes.
- Gestion du chiendent : Contrairement à certaines idées reçues sur la persistance des herbicides, il observe que le chiendent peut être maîtrisé par une rotation bien pensée et une gestion rigoureuse des semis, sans pour autant nuire à la culture en place.
Conclusion sur la stratégie de semis
Le conseil de Jean-Claude Quillet pour les agriculteurs tentés par le semis direct est de ne pas chercher à “gratter” le sol pour résoudre les problèmes de compaction. Selon lui, le climat et l’activité biologique feront le travail si l’agriculteur laisse le sol se structurer naturellement. Il déconseille vivement de céder à la tentation du travail du sol ou des faux semis répétitifs, qui consomment de l’énergie et dégradent la structure durement acquise, rappelant que la réussite réside dans la patience et l’observation constante de la biologie du sol.