Erwan CARADEC - Du TCS au Semis Direct sous Couvert - 2/2

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Dans cette seconde partie, Erwan Caradec présente son semoir de semis direct sous couvert : un outil simple, composé d’un disque ouvreur, d’une roue de jauge, d’une roulette de rappui et d’une roue de fermeture. Son intérêt principal est de très peu perturber le sol, ce qui limite la levée d’adventices par rapport au TCS ou au labour. Il souligne aussi la sobriété du matériel, utilisable avec un tracteur de puissance modérée, malgré un coût d’investissement important. Erwan compare ensuite deux situations de sol : une parcelle restée 15 ans sans travail du sol mais sans couverts, devenue fermée, battante et pauvre en vie biologique, puis une parcelle en méteil après maïs ensilage, riche en vers de terre, bien structurée et très vivante. Il y montre l’effet positif des couverts, du lisier et de l’absence de désherbage. Enfin, il met en avant la productivité du système, capable de nourrir à la fois les animaux, les humains et le sol.

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Résumé
Dans cette seconde partie, Erwan Caradec présente son semoir de semis direct sous couvert : un outil simple, composé d’un disque ouvreur, d’une roue de jauge, d’une roulette de rappui et d’une roue de fermeture. Son intérêt principal est de très peu perturber le sol, ce qui limite la levée d’adventices par rapport au TCS ou au labour. Il souligne aussi la sobriété du matériel, utilisable avec un tracteur de puissance modérée, malgré un coût d’investissement important. Erwan compare ensuite deux situations de sol : une parcelle restée 15 ans sans travail du sol mais sans couverts, devenue fermée, battante et pauvre en vie biologique, puis une parcelle en méteil après maïs ensilage, riche en vers de terre, bien structurée et très vivante. Il y montre l’effet positif des couverts, du lisier et de l’absence de désherbage. Enfin, il met en avant la productivité du système, capable de nourrir à la fois les animaux, les humains et le sol.

2/2 - Erwan CARADEC - Du TCS au Semis Direct sous Couvert


Aujourd'hui, seconde partie d'un entretien avec Erwan CARADEC, un éleveur laitier à Douarnenez (29). Il nous explique ici comment il a rendu ses terres plus vivantes que jamais, et les moyens à mettre en oeuvre pour y arriver !


Le semoir de semis direct

Erwan Caradec présente ici son semoir de semis direct sous couvert. Il s’agit, selon ses mots, d’un outil très simple :

  • un disque ouvreur ;
  • une roue de jauge, qui permet de régler la profondeur de semis ;
  • une roulette de rappui, pour appuyer la graine au fond du sillon ;
  • une roue de fermeture.

L’idée principale est que l’outil perturbe très peu le sol. On ne fait que poser la graine et refermer. Comme la terre est très peu remuée, il y a beaucoup moins de levée d’adventices que dans des systèmes en TCS ou en labour. Au niveau du salissement, le départ est donc plus propre, précisément parce qu’on ne bouge pas la terre.

Erwan insiste aussi sur le fait que c’est un outil relativement léger et simple à tracter. Il l’utilise avec un tracteur d’environ 110 chevaux, et explique que même dans des terrains compliqués, il n’a pas de problème particulier de traction.

Le coût du matériel

Erwan Caradec rappelle qu’un outil de ce type représente un investissement important. Il donne un ordre de grandeur de prix autour de 60 000 à 75 000 euros. Il mentionne également l’achat de son GPS, pour un montant d’environ 28 000 euros.

Il souligne ainsi que le semis direct demande certes peu de travail du sol, mais repose malgré tout sur du matériel spécifique, qui peut être coûteux.

Exemple d’une parcelle en semis sans couvert depuis longtemps

Erwan montre ensuite une parcelle conduite en semis direct depuis environ 15 ans, mais sans couverts végétaux. Pour lui, c’est un exemple de ce qu’il faut éviter.

Sur cette parcelle, il observe :

  • de gros problèmes de battance ;
  • un terrain très fermé ;
  • une forte dureté du sol ;
  • l’absence de galeries et de vers de terre.

Il explique qu’il a même du mal à y enfoncer un outil dans le sol tellement celui-ci est dur. En grattant, il montre la croûte de battance en surface. Le sol apparaît brisé par plaques, compact, sans activité biologique visible. Il insiste sur le fait qu’il n’y trouve « pas un seul trou de ver de terre ».

Pour lui, cette situation montre bien que le semis direct seul ne suffit pas : sans couverts, on peut aboutir à un sol fermé, battant, biologiquement peu actif. C’est donc « une chose à éviter au maximum ».

Exemple d’une parcelle de méteil après maïs ensilage

Erwan passe ensuite sur une autre parcelle, qu’il oppose à la précédente. Il s’agit d’une parcelle de méteil implantée après un maïs ensilage, puis destinée ensuite à une autre culture.

Le méteil a été récolté à la mi-mai. Sur cette parcelle, il a déjà réalisé un épandage de lisier bovin environ une quinzaine de jours auparavant, à une dose de l’ordre de 35 m³/ha.

Ce qu’il veut montrer, c’est l’état du sol après passage de tonnes : on aperçoit à peine les traces. Malgré l’épandage, la structure reste bien tenue. Cela illustre selon lui la portance et la vie du sol dans un système bien conduit.

Absence de désherbage sur le méteil

Erwan précise qu’il n’y a pas de désherbage sur le méteil. Il dit même qu’il n’y a jamais de désherbage dans cette culture. En pratique :

  • pas de [[désherbage chimique]] sur le méteil ;
  • pas de phyto, sauf éventuellement en fin de cycle si un problème sanitaire apparaît ;
  • il cite par exemple un peu de rouille sur l’avoine certaines années, à surveiller.

Mais en règle générale, il explique que le méteil se défend seul. Le couvert dense prend le dessus, concurrence les adventices et limite fortement le besoin d’intervention.

Observation de la structure et de la vie du sol

En arrachant des plantes à la main, Erwan montre que le sol se défait très facilement. Il met en avant plusieurs éléments :

  • les racines viennent facilement ;
  • la terre est grumeleuse et arrondie ;
  • il n’y a pas d’arêtes saillantes ;
  • il y a des vers de terre partout.

Pour lui, ces observations traduisent un sol vivant, bien structuré, biologiquement actif. On est à l’opposé de la parcelle précédente, fermée et battante.

Les légumineuses et les nodosités

Dans ce méteil, Erwan observe notamment du pois fourrager et de la féverole. Il attire l’attention sur les nodosités présentes sur les racines.

Il explique que, lorsque ces nodosités deviennent roses, cela signifie qu’elles sont actives : elles captent l’azote de l’air et le transforment sous une forme utile à la plante. C’est un signe que la fixation symbiotique fonctionne.

En observant un pied de pois puis un pied de féverole, il montre :

  • des nodosités déjà bien visibles ;
  • une terre qui se décroche facilement ;
  • une forte présence de vers de terre ;
  • également la présence de limaces.

Cette biodiversité visible fait partie du fonctionnement normal du système.

Production de biomasse et intérêt du système

Erwan donne ensuite des repères de rendement et de production de biomasse. Il évoque un potentiel de rendement important, avec des niveaux de production très élevés.

Il prend pour exemple ses résultats de l’année précédente :

  • 17,4 tonnes de méteil ;
  • 16 tonnes de haricots extra-fins.

À partir de là, il raisonne en production totale de matière. Il ne regarde pas seulement la récolte exportée, mais l’ensemble de la biomasse produite :

  • culture pour l’alimentation animale ;
  • culture de rente ou pour l’alimentation humaine ;
  • résidus destinés au sol.

Il additionne les productions aériennes et rappelle qu’il faut aussi compter le système racinaire, les feuilles et les tiges laissées sur place. Selon lui, on dépasse ainsi largement 40 tonnes de matière produite au total.

Nourrir à la fois les animaux, les humains et le sol

La conclusion d’Erwan Caradec est claire : un système comme celui-ci permet de produire en même temps :

  • de la nourriture pour les animaux ;
  • de la nourriture pour les humains ;
  • de la nourriture pour la vie du sol.

C’est ce triple objectif qui résume sa logique de conduite : produire, valoriser économiquement, et en même temps entretenir ou améliorer la fertilité biologique du sol.