Essais pluri-annuels des groupes semis direct Sol Avenir 60, Sophie Wieruszeski
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Cette vidéo à été tournée lors de la journée du semis direct en grandes culture de Chambray, organisée par Ver de terre Production. Merci à Sophie Wieruszeski pour son intervention !
00:00 Présentation
04:05 Les associations de culture : colza associé, résultats pluriannuels
14:53 Bandes fleuries
16:57 Protection et biostimulation des céréales
27:32 Techniques d’implantation des cultures de printemps
30:32 Questions/réponses
Essais pluri-annuels des groupes semis direct Sol Avenir 60
Cette présentation, animée par Sophie Wieruszeski, chargée de mission en innovation agronomique à la Chambre d’Agriculture de l’Oise, porte sur les travaux de recherche menés par les groupes d’agriculteurs en agriculture de conservation des sols (ACS) du département.
Contexte et méthodologie des groupes
Le travail autour du semis direct a débuté en 2012, avec la création officielle d’un premier groupe en 2014. Ce dernier a évolué vers une labellisation G2E (2017-2022, puis renouvelée pour 5 ans en 2022) avec pour objectif de gagner en résilience sur les systèmes en semis direct. Un autre groupe, labellisé “Groupe 30000”, travaille spécifiquement sur les systèmes de cultures industrielles (betteraves et pommes de terre).
L’expérimentation chez les agriculteurs est la pierre angulaire de ces travaux. Elle permet :
- De créer des références locales et de diffuser les pratiques efficaces.
- De mutualiser les connaissances pour diluer la prise de risque individuelle.
- D’accompagner les agriculteurs dans la construction de protocoles rigoureux répondant aux besoins du terrain.
Piliers de l’agriculture de conservation
La démarche repose sur trois piliers fondamentaux :
- Réduction du travail du sol : Favoriser la vie biologique, améliorer la porosité et protéger la [[matière organique]].
- Couverture des sols : Structurer le sol, lutter contre l’érosion/battance, augmenter la fertilité et gérer le salissement par concurrence naturelle.
- Diversification de la rotation : Casser les cycles des adventices et des ravageurs.
Focus : associations de cultures et gestion de l’altise
Les essais sur les associations de colza (depuis 2018) visent à limiter le risque lié aux altises, soit par dilution de biomasse, soit par effet répulsif olfactif.
- Résultats : Dans 63 % des cas, le colza associé présente moins de larves d’altises. Des espèces comme la coriandre, la févrole, le fenugrec ou la moutarde (selon les années) montrent un potentiel intéressant.
- Rendement : Sur cinq campagnes, 78 % des essais en colza associé montrent un rendement supérieur au colza conduit seul.
- Limites : Le choix des espèces est crucial pour éviter la concurrence excessive. Certaines espèces (comme la coriandre) peuvent augmenter le taux d’impureté à la récolte, rendant le tri complexe. La gestion des couverts permanents reste un sujet à creuser pour sécuriser la levée du colza en conditions sèches.
Protection naturelle des plantes
L’objectif est d’améliorer globalement la santé du système pour s’affranchir des solutions chimiques. La démarche s’appuie sur la stimulation des défenses naturelles (biostimulants, extraits fermentés) pour favoriser un état “acide-réduit” de la plante, réputé plus résistant.
- Efficacité : Les essais montrent un effet positif des biostimulants sur les symptômes foliaires (septoriose, rouille), souvent comparable à la stratégie phytosanitaire classique, sans toutefois apporter de gain de rendement massif systématique.
- Vie des sols : Les produits testés ne semblent pas avoir d’impact négatif sur la vie du sol ; ils favorisent même, dans certains cas, la dégradation de la matière organique.
- Qualité : Les mesures de taux de “Brix” (sucre) corroborent la théorie selon laquelle les plantes traitées avec des substances naturelles maintiennent un meilleur état de santé par rapport à celles subissant un stress oxydatif dû aux engrais azotés ou aux fongicides.
Perspectives et diffusion
Le groupe insiste sur l’importance de la fabrication “maison” des extraits fermentés par les agriculteurs pour en réduire le coût. Les travaux se poursuivent pour :
- Standardiser la qualité des produits utilisés (via des mesures de pH et de potentiel redox).
- Mieux documenter l’impact sur le rendement net et les marges économiques.
- Affiner les techniques d’implantation pour les cultures de printemps (tournesol, lin fibre) où le semis direct demande encore des ajustements techniques.
Toutes ces références sont régulièrement compilées dans les recueils d’essais des Chambres d’Agriculture des Hauts-de-France et partagées via des journées techniques, des articles de presse et des réseaux sociaux, valorisant ainsi une démarche collective récompensée plusieurs fois par les prix de l’agroécologie.