JOURNÉE NATIONALE SOL VIVANT - MARCIAC 2018 - Baptiste MAITRE

De Triple Performance
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Dans cette intervention lors de la Journée Nationale Sol Vivant à Marciac en 2018, l’agronome Baptiste Maître aborde les enjeux cruciaux de l'accompagnement des agriculteurs vers une agriculture de conservation des sols. Fort de ses expériences au sein du programme Sol-Ver en Picardie et d'autres projets dans le Gers, il analyse les obstacles majeurs à cette transition : l’isolement des exploitants, le manque de moyens techniques et financiers, ainsi que la pression temporelle qui limite l’observation. Pour pallier ces difficultés, Baptiste Maître souligne l'importance de créer des groupes locaux fédérateurs où le partage d'expériences et la convivialité jouent un rôle moteur. Il insiste sur la nécessité d'un déclic initial chez l'agriculteur, suivi d'un accompagnement structuré permettant de mesurer et comparer les résultats agronomiques. Enfin, il rappelle que la formation et l'accès à la connaissance sont les piliers indispensables pour transformer durablement les pratiques et construire collectivement une agriculture régénératrice.

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Résumé
Dans cette intervention lors de la Journée Nationale Sol Vivant à Marciac en 2018, l’agronome Baptiste Maître aborde les enjeux cruciaux de l'accompagnement des agriculteurs vers une agriculture de conservation des sols. Fort de ses expériences au sein du programme Sol-Ver en Picardie et d'autres projets dans le Gers, il analyse les obstacles majeurs à cette transition : l’isolement des exploitants, le manque de moyens techniques et financiers, ainsi que la pression temporelle qui limite l’observation. Pour pallier ces difficultés, Baptiste Maître souligne l'importance de créer des groupes locaux fédérateurs où le partage d'expériences et la convivialité jouent un rôle moteur. Il insiste sur la nécessité d'un déclic initial chez l'agriculteur, suivi d'un accompagnement structuré permettant de mesurer et comparer les résultats agronomiques. Enfin, il rappelle que la formation et l'accès à la connaissance sont les piliers indispensables pour transformer durablement les pratiques et construire collectivement une agriculture régénératrice.

JOURNÉE NATIONALE SOL VIVANT - MARCIAC 2018 - Baptiste MAITRE


Agriculture & alimentation, comprendre ce que nous mangeons !

Cette journée du 3 août s’adresse à tous les professionnels du secteur agroalimentaire tout comme au grand public curieux de découvrir les bénéfices associés aux pratiques agricoles sur sols vivants.


Introduction

Baptiste Maître, agronome, présente ses retours d'expérience sur l'accompagnement des agriculteurs dans la transition vers l'agriculture de conservation des sols (ACS). Au travers de ses expériences avec le programme Solvert en Picardie et le programme Agro, il souligne l'importance de créer des réseaux, de fédérer les agriculteurs et de structurer des cellules d'appui technique pour surmonter les obstacles à la transition.

Les défis de la transition agricole

Pour accompagner les agriculteurs vers des sols vivants, plusieurs freins majeurs doivent être levés :

  • L'isolement : Les agriculteurs en transition se retrouvent souvent seuls face à leurs pratiques, parfois observés ou critiqués par leur voisinage.
  • Le manque d'accompagnement technique : Le manque d'expertise disponible laisse l'agriculteur seul face à ses expérimentations, augmentant la prise de risque.
  • Les moyens financiers : La transition demande des investissements matériels (notamment en semoirs) au sein de systèmes souvent déjà fortement endettés.
  • Le manque de temps pour l'observation : Les exploitations travaillent en flux tendu, ce qui empêche les agriculteurs de prendre le recul nécessaire pour analyser leurs résultats et ajuster leurs systèmes.

Le rôle du déclic et de la prise de conscience

Le changement ne peut être effectif que s'il émane de l'agriculteur lui-même. Ce déclic survient souvent face à des impasses techniques ou économiques :

  • En Picardie, par exemple, la nécessité de travailler les sols toujours plus profondément pour la pomme de terre, malgré une puissance de traction croissante, a créé des problèmes de battance et des difficultés de récolte.
  • D'autres déclics naissent de la constatation de phénomènes d'érosion ou de la volonté de s'affranchir d'une formation agricole classique centrée sur le labour et la chimie.

Fédérer et accompagner par le groupe

La création de cellules d'appui technique est essentielle pour structurer cette transition. Une fois le groupe constitué (souvent sur une base géographique de 20 à 30 km), le travail consiste à :

  • Co-construire des objectifs communs : Définir une direction collective pour donner du sens à la démarche.
  • Mesurer, comparer et expérimenter : Il est crucial de doter les agriculteurs d'outils de mesure pour passer de l'intuition à la donnée. Beaucoup d'essais ne sont pas exploités par manque de temps pour les mesures (ex: taux de levée des couverts végétaux).
  • Professionnaliser l'expérimentation : L'accompagnement technique permet de sortir de l'isolement et de mutualiser les connaissances pour éviter que chaque agriculteur ne répète les mêmes erreurs.
  • Former et cultiver la convivialité : La formation (via des outils comme les vidéos de Vers de Terre Production ou des journées techniques) est le socle de la progression. La convivialité est tout aussi fondamentale : pour durer, un groupe doit être un lieu de plaisir et d'échange humain, au-delà de la technique pure.

En conclusion, la dynamique de groupe permet de transformer des initiatives individuelles isolées en une véritable force de changement pour l'agriculture. Comme le rappelle l'adage : "Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin."