Le Jardin de Deux'Mains, avec Guillaume Haelewyn

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Dans cette conférence, Guillaume Haelewyn présente Le Jardin de Deux’Mains, sa microferme maraîchère installée depuis 2016 sur 2,85 ha en Normandie, près des plages du Débarquement. Il y partage sa vision des clés de réussite en maraîchage sur sol vivant. Pour lui, la réussite se construit d’abord en définissant ses propres objectifs de vie, personnels et professionnels, plutôt qu’en subissant ceux des autres. Son projet vise à restaurer la fertilité des sols, produire des légumes sains, limiter l’usage d’énergies fossiles, préserver son corps et garder une vraie qualité de vie. Il détaille aussi plusieurs choix techniques structurants : analyse de sol, création de chemins, plantation d’arbres, buttes permanentes, production de plants, vente 100 % directe et mécanisation raisonnée. Son témoignage souligne qu’il n’existe pas de modèle unique : chaque ferme doit s’inventer selon son contexte, ses contraintes et ses aspirations.

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Résumé
Dans cette conférence, Guillaume Haelewyn présente Le Jardin de Deux’Mains, sa microferme maraîchère installée depuis 2016 sur 2,85 ha en Normandie, près des plages du Débarquement. Il y partage sa vision des clés de réussite en maraîchage sur sol vivant. Pour lui, la réussite se construit d’abord en définissant ses propres objectifs de vie, personnels et professionnels, plutôt qu’en subissant ceux des autres. Son projet vise à restaurer la fertilité des sols, produire des légumes sains, limiter l’usage d’énergies fossiles, préserver son corps et garder une vraie qualité de vie. Il détaille aussi plusieurs choix techniques structurants : analyse de sol, création de chemins, plantation d’arbres, buttes permanentes, production de plants, vente 100 % directe et mécanisation raisonnée. Son témoignage souligne qu’il n’existe pas de modèle unique : chaque ferme doit s’inventer selon son contexte, ses contraintes et ses aspirations.

Cette semaine, nous vous proposons la rediffusion des Rencontres Maraîchage Sol Vivant de janvier dernier !


Présentation de la ferme

Guillaume Haelewyn présente son installation, commencée le 1er juillet 2016, sur une ferme de 2,85 hectares. La surface comprend :

  • environ 1 000 m² de serres en production ;
  • une pépinière, qui a aussi servi au départ de magasin de vente ;
  • 1,5 hectare en buttes permanentes, conduit en maraîchage sur sol vivant, sans travail du sol depuis plus de deux ans ;
  • un peu moins d’un hectare supplémentaire encore conduit avec un travail du sol simplifié.

La partie encore travaillée concerne principalement :

  • les pommes de terre, avec un objectif de production de 4 à 5 tonnes par an ; selon lui, à ces volumes, la culture sur paille reste difficile à rentabiliser ;
  • les poireaux, maintenus en buttes classiques et plantés à la planteuse, car dans ses terres argileuses, l’arrachage manuel en système maraîchage sur sol vivant s’est révélé trop pénible physiquement ;
  • encore un peu de carottes, parce que son sol n’est pas encore assez vivant pour bien les produire sans travail du sol.

Il précise partir d’un sol labouré depuis quarante ans, avec un taux de matière organique parmi les plus faibles qu’il ait observés dans son réseau.

Son activité est diversifiée :

  • production de fruits et légumes ;
  • élevage de 100 poules pondeuses ;
  • implantation d’arbres fruitiers en agroforesterie maraîchère.

Il explique avoir planté d’abord des poiriers principalement, en rangs espacés de 24 mètres, puis avoir continué à planter entre 100 et 120 arbres par an, afin de diversifier les fruits, améliorer le paysage et rendre l’environnement de travail plus agréable.

La ferme est située à 1,5 km de la mer, sur les plages du débarquement, dans le Calvados.

Une ferme pensée d’abord pour travailler seul, puis en équipe

Guillaume Haelewyn explique avoir conçu au départ une ferme capable de payer une personne, mais en commençant seul. L’organisation a ensuite évolué.

À l’été 2018, il se casse les deux malléoles et doit s’arrêter trois mois. C’est à ce moment que Florian arrive sur la ferme. Ancien archéologue pendant dix ans, il prend le relais physiquement, puis reste durablement dans le projet. Guillaume emploie désormais :

  • un salarié, Florian ;
  • un apprenti, Victor, arrivé en septembre ;
  • et peut compter ponctuellement sur des amis venus aider sur certains chantiers.

Il insiste sur le fait qu’il a commencé seul, mais qu’aujourd’hui la ferme est aussi un lieu collectif, où plusieurs personnes prennent plaisir à travailler au jardin.

Les débuts matériels de la ferme

Parmi les premiers chantiers, il évoque le montage des serres, réalisé avec des amis de son école d’Angers, dans une ambiance joyeuse, même si les conditions étaient boueuses en raison des sols argileux.

Il montre aussi son premier magasin, installé dans un tunnel. Pour lui, c’était sans doute la solution la moins chère pour disposer rapidement d’un lieu de vente. Il y a accueilli les clients pendant un peu plus d’un an et demi. Puis, en février, il a terminé la rénovation d’un bâtiment dans le corps de ferme de ses parents, ce qui lui permet désormais de recevoir les clients dans de meilleures conditions, notamment en été, quand le tunnel devenait trop chaud pour les légumes.

Les clés de réussite à l’installation

Guillaume Haelewyn commence sa réflexion sur la réussite en expliquant qu’il faut d’abord savoir comment la mesurer. Pour lui, la réussite ne se subit pas : elle suppose d’avoir défini ses propres objectifs, puis de prendre le temps de vérifier régulièrement si l’on est toujours en phase avec eux.

Il souligne que si l’on ne fixe pas soi-même ses objectifs, d’autres le feront à notre place :

  • la famille ;
  • le réseau maraîchage sur sol vivant ;
  • les clients ;
  • la banque ;
  • le comptable.

Il insiste particulièrement sur la banque et le comptable comme sources possibles d’objectifs extérieurs potentiellement dangereux.

Il donne l’exemple de son installation sans emprunt. Bien que beaucoup l’aient poussé à emprunter, sous prétexte que l’argent n’était pas cher, il a choisi de démarrer avec l’argent de côté gagné dans sa « première vie », après avoir travaillé un an à l’extérieur. Ce choix lui a permis de conserver sa liberté vis-à-vis du capital et, selon lui, cela fait aujourd’hui partie des facteurs de réussite de son installation.

Les objectifs à définir avant de s’installer

Pour lui, les objectifs à se fixer avant de se lancer se répartissent en trois grands groupes :

  • les objectifs de vie ;
  • les objectifs personnels ;
  • les objectifs professionnels.

Les objectifs de vie

Le premier objectif de Guillaume Haelewyn est de prendre soin d’un bout de terre. Les 2,5 hectares qu’il loue à ses parents, il veut les transmettre plus fertiles qu’il ne les a reçus. Il rappelle que la génération précédente, son grand-père, a arraché les arbres et labouré la prairie, ce qui était normal à l’époque, mais que lui veut aller dans le sens d’une amélioration de la fertilité.

Le second objectif de vie est de prendre soin d’un bout de planète.

Enfin, il dit vouloir rendre les gens autour de lui heureux, car ce sont pour lui deux éléments fondamentaux de son bonheur quotidien : prendre soin de la terre et rendre les gens heureux. Il cite cette idée : le bonheur naît de l’harmonie entre ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on fait. À ses yeux, le métier de paysan laisse une grande liberté pour tendre vers cette harmonie.

Les objectifs personnels

Parmi ses objectifs personnels, il cite :

  • ne pas travailler le week-end ;
  • se rémunérer au moins un SMIC ;
  • garder une flexibilité sur ses horaires ;
  • conserver de la place pour l’imprévu ;
  • produire une large part de sa propre nourriture.

Le non-travail du week-end est pour lui fondamental : sans dimanche, dit-il, il n’y a pas de lundi. Il veut revenir au travail avec envie.

Concernant la rémunération, il considère qu’après des études d’ingénieur, il souhaite pouvoir continuer à porter des projets qui ont du sens dans sa vie, ce qui nécessite un revenu minimum. Il fixe donc au moins un SMIC comme objectif clair. En revanche, il s’interroge davantage sur la limite supérieure : jusqu’où faut-il continuer à gagner plus, et à travailler plus ?

Il revendique aussi une certaine souplesse dans l’organisation du temps de travail. Il rappelle que les paysans parlent souvent de leurs contraintes, mais moins du fait qu’ils peuvent parfois faire une sieste ou organiser leur temps différemment. Cette liberté compte beaucoup pour lui.

Enfin, il veut rester libre de partir, de fermer le jardin si nécessaire, de ne pas être pieds et poings liés. Il donne l’exemple d’un mois de vacances pris l’hiver précédent.

Les objectifs professionnels

Professionnellement, ses objectifs sont :

  • créer une ferme agroécologique à échelle humaine ;
  • réussir à mieux se rémunérer ;
  • améliorer le sol ;
  • produire des légumes ayant du goût et une qualité nutritive ;
  • nourrir des gens en utilisant le moins possible de carburants fossiles ;
  • prendre soin de son corps ;
  • innover et partager ;
  • vendre 100 % en direct.

Sur l’énergie, il dit chercher à produire de la nourriture en consommant le moins de calories fossiles possible.

Il précise ne pas faire de cultures sur bâche, sauf pour les fraisiers sur toile tissée. Il utilise des bâches pour l’occultation et le désherbage, mais pas comme support principal de culture. Il n’utilise pas de chimie, travaille avec des filets, et cherche à être proactif pour limiter les conditions favorables au développement des maladies.

Il insiste aussi sur la préservation du corps. Cela explique certains choix techniques, comme la culture sur buttes pour gagner environ 30 cm de hauteur de travail lorsqu’on est accroupi, ou encore la décision de mécaniser certaines tâches.

Enfin, il aime innover, accueillir des gens, échanger, et veut garder de la place pour cela dans sa vie professionnelle.

L’importance de relire régulièrement ses objectifs

Guillaume Haelewyn invite fortement chacun à écrire ses objectifs sur une feuille, qu’ils soient liés à la vie, à la famille ou au travail, puis à les relire chaque année, notamment en hiver, au moment des commandes de semences. Pour lui, c’est une manière de vérifier si l’on reste dans la ligne de ce pourquoi on a choisi le métier de paysan.

Quelques points techniques qu’il considère comme déterminants

Faire une analyse de sol avant de commencer

Pour lui, c’est indispensable. Il faut savoir d’où l’on part. Dans son cas, son sol a un pH de 7,2, ce qu’il considère comme très basique. Cela oriente les choix techniques possibles ou non.

Il prend l’exemple de l’utilisation de paillages d’herbe de tonte ou d’ensilage d’herbe, qui sont des matières relativement vertes et acides. Il peut se permettre ce type de paillage, en tenant compte du pH de départ et du fait qu’il ne répète pas deux années de suite le même paillage sur la même planche.

Son sol contient environ 20 % d’argile. Il y voit une chance dans une logique de maraîchage sur sol vivant, car ce sont selon lui des sols plus résilients, qui conservent encore de la vie et de la matière organique malgré les pratiques antérieures. Il souligne aussi qu’en ne travaillant plus le sol, il se libère en partie de la contrainte du ressuyage, ce qui redonne de l’intérêt à l’argile, souvent mal vue en maraîchage mécanisé.

Commencer par faire un chemin

Il présente la création du chemin comme un choix technique majeur. Avant même de tout installer, il a commencé par décaisser puis empierrer. Pour lui, c’est un investissement essentiel pour la santé physique et mentale du maraîcher.

Il dit avoir vu beaucoup de paysans attendre plusieurs années avant de faire un chemin, faute d’argent, et parfois arrêter avant d’avoir pu le faire. Même si cela représente 1 000, 2 000 ou 3 000 euros, il estime que c’est un investissement qui vaut vraiment le coup.

Planter des arbres dès le début

Il considère que commencer par planter des arbres est une belle manière d’entrer dans le métier. Même si l’arboriculture est une activité différente du maraîchage, il estime que les arbres nains demandent autant de précision et d’attention que les légumes, et sont donc compatibles avec une activité maraîchère.

Vivre avec des arbres au quotidien le rend heureux.

Investir dans des tunnels neufs, mais simples

Il a choisi des tunnels neufs. Ce choix s’explique par son manque d’expérience initial : il venait du monde de la production animale, n’avait jamais monté de serre ni produit de légumes quelques années auparavant.

Plutôt que de bricoler et remonter des tunnels d’occasion, il a préféré partir sur du neuf, mais avec des modèles simples :

  • largeur de 9,30 m ;
  • longueur de 36 m pour les serres de production ;
  • sans aérations latérales ;
  • avec portes ouvertes comme système d’aération principal.

Il estime qu’une serre de 9,30 m x 36 m revient à environ 3 500 euros en neuf, ce qui lui paraît raisonnable si l’on reste sur des modèles simples. Il oppose cela aux structures plus sophistiquées, beaucoup plus coûteuses.

Le choix des buttes permanentes

Il explique avoir commencé sur un sol très pauvre en matière organique. Sur 1,5 hectare, il a apporté environ :

  • 40 tonnes de broyat grossier ;
  • 40 tonnes de fumier.

Ces apports ont été intégrés sur environ 15 cm à l’aide d’un chômeur, puis il a implanté un engrais vert important, composé de féverole, avoine et pois.

Ensuite, il a progressivement détruit cet engrais vert. Il montre qu’au départ il l’a notamment roulé. Les buttes ont été formées avec un outil bricolé à partir d’un chômeur, dont il a retiré des éléments pour ne garder qu’une dent centrale, des doubles disques et les roues. Dans ses terres argileuses, une fois les buttes formées, elles tiennent bien et il n’a pas besoin de les refaire chaque année.

Produire quasiment tous ses plants

Il a décidé de produire presque tous ses plants lui-même. Il achète seulement sa première série de tomates, poivrons et aubergines, car il ne se sent pas en capacité de produire ces plants précocement dans de bonnes conditions sans chauffer, et juge que chauffer une serre non isolée ne serait pas cohérent d’un point de vue environnemental.

Produire ses plants lui permet :

  • de maîtriser les quantités ;
  • d’accéder à une gamme variétale beaucoup plus large ;
  • de choisir des variétés avant tout sur le goût.

Il relie ce choix à sa recherche de légumes plus nutritifs et plus gustatifs.

Organiser la vente en direct

La commercialisation est entièrement en vente directe.

Il distingue deux circuits :

  • la vente à la ferme le mardi de 16 h à 19 h 30 ;
  • la vente le vendredi grâce à une plateforme coopérative open source, « Open Food France ».

Ce système lui permet de livrer dans des points relais. Les clients composent eux-mêmes leur panier, et l’équipe récolte puis prépare les commandes le vendredi matin. Il parle de 30 à 50 paniers par semaine, en paniers sur mesure.

Des compromis assumés

La mécanisation

Il présente certains choix comme des compromis. C’est le cas de la mécanisation. Il utilise beaucoup un godet désileur monté à l’avant du tracteur, qui lui sert à distribuer :

  • de l’ensilage d’herbe ;
  • du compost ;
  • des copeaux ;
  • un peu de fiente de poule.

Cet outil lui permet de pailler une planche de 30 mètres en cinq minutes, là où d’autres passeraient une heure à transporter manuellement la matière. Il reconnaît cependant qu’il s’agit toujours d’un tracteur, avec moteur et carburant. Il aimerait faire autrement si possible, mais n’a pas encore trouvé mieux à ce stade.

L’irrigation

Il dit irriguer peu. Dans les serres, il arrose avec de l’eau de pluie, car il est connecté directement au réseau et dispose sur la ferme d’un forage, mais l’eau du forage est salée et inutilisable pour l’arrosage.

Les associations de cultures

Il montre un exemple de modalité inspirée de la permaculture qui fonctionne très bien chez lui : des oignons bottes repiqués sur le côté, un rang de radis au milieu, et des petits pois qui montent au-dessus. Il souligne que, sur le plan du chiffre d’affaires au mètre carré, ce type d’association est très performant.

L’accueil des visiteurs

L’accueil de nombreuses personnes sur la ferme est pour lui une joie, car cela montre l’intérêt suscité par son travail. Mais il reconnaît aussi que cela devient une difficulté, car il n’a pas encore trouvé l’équilibre pour accueillir tout le monde dans de bonnes conditions tout en continuant à travailler sereinement.

Le terreau et la tourbe

Il exprime une gêne environnementale liée à l’usage du terreau, et plus encore de la tourbe. Pour limiter cela, il cherche à faire un maximum de semis directs.

Il pratique notamment beaucoup le semis direct sur compost, avec 3 à 4 cm de compost sur toute la planche, puis un semis réalisé avec un semoir de précision. Cela lui permet de réduire sa consommation de terreau, même s’il en utilise encore.

Le travail du sol résiduel

Il montre encore une partie de la ferme où il travaille un peu le sol, en essayant de le faire le moins possible :

  • travail très superficiel ;
  • principalement pour les pommes de terre et les poireaux ;
  • travail des engrais verts plutôt que du sol lui-même ;
  • travail le moins profond possible.

Il constate déjà que les choux poussent mieux dans les zones conduites en maraîchage sur sol vivant que dans les zones travaillées, ce qui l’encourage à poursuivre la réduction du travail du sol.

Les investissements de départ

Guillaume Haelewyn indique s’être installé avec environ 30 000 euros d’investissement de départ.

Parmi les éléments qu’il mentionne plus particulièrement, il souligne l’intérêt de son Kangoo Maxi électrique, qu’il considère comme un très bon investissement acheté d’occasion.

Il cite aussi l’achat d’une débroussailleuse électrique, tout en précisant que c’est selon lui beaucoup d’argent pour ce que c’est. L’objectif reste de consommer le moins possible de carburants fossiles, même s’il reconnaît que la question de l’électricité n’est pas simple, notamment dans son contexte énergétique.

Conclusion

En conclusion, Guillaume Haelewyn insiste sur plusieurs idées fortes :

  • ce qu’il présente correspond à son contexte, à ses sensibilités et à ce qu’il aime ou non faire au quotidien ;
  • chaque paysan, chaque ferme et chaque contexte sont différents ;
  • il faut visiter des fermes, s’inspirer, mais éviter les copier-coller ;
  • il est essentiel de définir ses propres objectifs avant de s’installer, ou même après, si cela n’a pas été fait ;
  • cette clarification des objectifs est pour lui un facteur majeur de bonheur dans le métier.

Il termine en disant que c’est un métier fantastique, et en espérant que beaucoup de personnes pourront devenir maraîchers, être heureuses dans ce métier, et venir à leur tour raconter leurs expériences.