Lien entre couverture végétale et pluviométrie, Cédric CABROL - Webinaire CNA

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Dans ce webinaire du Centre national d'agroécologie, Martin Rollet reçoit Cédric Cabrol pour aborder l'impact crucial des pratiques agricoles sur le climat et la pluviométrie. Cédric Cabrol souligne que la déshydratation climatique est exacerbée par une gestion inappropriée des sols. Il explique que la couverture végétale permanente et la présence de haies jouent un rôle fondamental de climatisation naturelle en favorisant l'évapotranspiration et la formation de nuages refroidissants. À l'inverse, l'agriculture conventionnelle, marquée par le travail du sol et le manque de couverture, favorise la battance, la compaction et les îlots de chaleur, repoussant les précipitations. L'intervenant propose des solutions concrètes comme l'agroforesterie d'urgence avec le Paulownia, l'utilisation de paillis comme réflecteur thermique (albédo) ou la gestion optimisée des fossés pour favoriser l'infiltration. L'objectif est de recréer des équilibres naturels dynamiques pour restaurer le cycle de l'eau et assurer la résilience des exploitations face aux dérèglements climatiques.

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Résumé
Dans ce webinaire du Centre national d'agroécologie, Martin Rollet reçoit Cédric Cabrol pour aborder l'impact crucial des pratiques agricoles sur le climat et la pluviométrie. Cédric Cabrol souligne que la déshydratation climatique est exacerbée par une gestion inappropriée des sols. Il explique que la couverture végétale permanente et la présence de haies jouent un rôle fondamental de climatisation naturelle en favorisant l'évapotranspiration et la formation de nuages refroidissants. À l'inverse, l'agriculture conventionnelle, marquée par le travail du sol et le manque de couverture, favorise la battance, la compaction et les îlots de chaleur, repoussant les précipitations. L'intervenant propose des solutions concrètes comme l'agroforesterie d'urgence avec le Paulownia, l'utilisation de paillis comme réflecteur thermique (albédo) ou la gestion optimisée des fossés pour favoriser l'infiltration. L'objectif est de recréer des équilibres naturels dynamiques pour restaurer le cycle de l'eau et assurer la résilience des exploitations face aux dérèglements climatiques.

Webinaire gratuit avec Cédric Cabrol et animé par Martin Rollet, agronome au Centre National de l'Agroécologie. Chimiste de formation, Cédric Cabrol est agro-éco-climatologue. Depuis de nombreuses années, il travaille sur le lien entre climat et agriculture. Il a notamment montré que dans un contexte de sécheresse et de baisse du régime hydrique, la couverture des sols via l’agriculture reste le seul moyen de corriger les extrémums climatiques.



Lien entre couverture végétale et pluviométrie

Ce webinaire du Centre national d’agroécologie, animé par Martin Rollet, accueille Cédric Cabrol pour aborder le rôle crucial de la couverture végétale et de la gestion des sols dans la régulation climatique et la pluviométrie.

Le constat : déshydratation climatique et déséquilibre énergétique

Le point de départ de la réflexion est la déshydratation climatique actuelle. Cédric Cabrol souligne que pour chaque degré supplémentaire, les besoins en eau augmentent de 7 %. Au-delà des gaz à effet de serre, le réchauffement observé en France (avec un déséquilibre estimé à 15 W/m²) est fortement corrélé à la manière dont nous gérons nos surfaces.

Le mécanisme fondamental réside dans la capacité de la nature à “refroidir” le climat par l’évapotranspiration. Les forêts et zones végétalisées agissent comme des climatiseurs naturels. À l’inverse, des sols nus ou compactés ne permettent plus de réguler la température, créant des “points chauds” qui empêchent la formation de nuages rafraîchissants et perturbent le cycle de l’eau.

Le rôle de l’amortisseur climatique

Le système “sol-plante” fonctionne comme un amortisseur mécanique. Pour être performant et éviter les “sorties de route” climatiques, cet amortisseur doit être bien réglé :

  • La structure du sol : La présence de mycorhizes et de vers de terre est essentielle pour garantir une bonne infiltration et une réserve en eau accrue.
  • La dynamique de la végétation : Une couverture permanente permet de répondre aux sollicitations de l’atmosphère. Si le système est défaillant, l’eau utilisée peut avoir un caractère réchauffant, empêchant la formation de nuages bas qui réfléchissent la lumière et refroidissent le sol.

L’impact des pratiques agronomiques sur la pluie

Cédric Cabrol démontre, via des données satellites et des observations sur le terrain (notamment en Bretagne et dans le Tarn), que les pratiques agricoles influencent directement la pluviosité locale :

  • L’agriculture conventionnelle avec sol nu et tassement entraîne une baisse de la photosynthèse et de la capacité d’infiltration, ce qui se traduit par une diminution de la pluie par rapport à des systèmes en prairies ou en semi-direct avec couverture permanente.
  • L’effet “autoroute de la pluie” : En créant des corridors végétalisés, on peut amorcer des cycles d’humidité. Les plantes, par leur capacité à capter l’eau (rosée) et à créer de l’ombre, génèrent des dépressions qui attirent la pluie.

Solutions d’urgence pour la résilience

Pour contrer la désertification, plusieurs leviers sont proposés :

  1. Agroforesterie d’urgence : Planter des arbres comme le Paulownia (croissance rapide, économe en eau, valeur fourragère et économique) à raison de 40 pieds/hectare permet de maintenir une ombre protectrice et de structurer le sol.
  2. Gestion de l’albédo : La paille non broyée ou disposée pour réfléchir le rayonnement (albédo élevé) agit comme un miroir, limitant l’échauffement des sols sans consommer d’eau.
  3. Infiltration : Éviter le curage des fossés et privilégier des petits ouvrages de retenue permet de recharger les nappes lors des épisodes pluvieux.
  4. Techniques culturales : Le passage au semi-direct et l’arrêt du travail profond du sol (semelles de labour) sont impératifs pour restaurer la porosité et la vie du sol.

En conclusion, Cédric Cabrol insiste sur le fait que la nature possède des mécanismes de régulation éprouvés depuis des millions d’années. Il appelle à une prise de conscience sur l’importance de la gestion fine des sols : “Si l’on refroidit le territoire, on peut réamorcer la pluie”. L’enjeu est de passer d’une agriculture qui subit le changement climatique à une agriculture qui participe activement à la régulation du cycle de l’eau et du climat.