Méthode Fortier : bio intensif contre la sécheresse
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Avec la méthode Jean-Martin Fortier et la formation Sylvain Couderc, cette ferme bio intensive en maraîchage obtient des rendements stables, malgré les épisodes de sécheresse extrême et les inondations en Provence. Installé en agriculture il y a deux ans dans le Var, Luc Sommer (Graine de Jardin) m’a accueilli sur sa micro-ferme.
Il me montre les grands principes de la méthode Jean-Martin Fortier, le jardinier-maraîcher du Québec :
Comment est-elle adaptée à sa réalité en Provence ? Pourquoi elle lui permet de mieux conserver toute l’eau disponible ?
Je vous avais parlé de son financement participatif sur Instagram, pour équiper son nouveau tunnel en irrigation. On l’installe ensemble dans cette vidéo.
Cultivés sur près de 1800 m2 de planches, les fruits et légumes de Luc alimentent 100 à 200 personnes chaque semaine, en plus de la cantine de Carcès, sa commune, et de quelques restaurateurs locaux.
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Auteur et montage :
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Méthode Fortier : bio-intensif contre la sécheresse
En pleine canicule, avec des températures atteignant les 39°C, nous partons à la rencontre de Luc, un maraîcher installé dans le Var. Pour faire face aux conditions climatiques extrêmes de la région, Luc a choisi d’adopter le modèle bio-intensif de Jean-Martin Fortier. Ce système, bien qu’originaire du Québec, s’avère être une solution pertinente pour optimiser la production sur une petite surface tout en préservant les ressources, notamment l’eau.
Un défi climatique en zone aride
La région méditerranéenne préfigure les défis agricoles de 2050 : des épisodes de sécheresse intense alternant avec des risques d’inondations. Luc, situé près du fleuve Argens, doit composer avec cette dualité. Son objectif est de maintenir un sol vivant, semblable à une éponge, pour retenir l’eau au maximum. Pour réussir dans cet environnement, le choix des variétés est crucial. Par exemple, Luc privilégie des variétés comme la laitue « cissonnette marocaine », naturellement plus résistante à la chaleur et à la sécheresse.
La rigueur de la méthode Jean-Martin Fortier
Le succès de Luc repose sur une organisation extrêmement rigoureuse inspirée par Jean-Martin Fortier. La méthode consiste à maximiser la production sur une petite surface (ici, un hectare) grâce à une planification précise des rotations.
Le système se distingue par plusieurs points clés : - Densité et succession : Une gestion millimétrée des espacements (ex: 20x15 cm pour le fenouil) permet d’enchaîner rapidement les cultures. Une fois une planche récoltée, la suivante est immédiatement mise en place. - Préservation du sol : Luc pratique une forme de permaculture optimisée. Il travaille très peu le sol, utilisant principalement un passage de grelinette et un bâchage long pour préparer les planches de culture. - Gestion de l’eau : L’eau est utilisée de manière ciblée via le goutte-à-goutte, et des phases de bassinage aident les plantes à supporter les pics de chaleur. - Semis direct : À l’aide d’un semoir de précision, Luc réalise ses semis directement sur un sol recouvert de compost, sans labour, favorisant ainsi la vie microbienne.
Un modèle économique à taille humaine
Malgré les difficultés, ce modèle permet à Luc de dégager un salaire (environ 1 500 € par mois pour un chiffre d’affaires annuel de 34 000 €). Si le métier reste physiquement éprouvant, il offre une qualité de vie et une indépendance précieuses. Pour Luc, l’avenir de l’agriculture réside dans cette mosaïque de petites fermes diversifiées qui ne traitent pas leurs sols et permettent de produire une nourriture saine en toute sécurité.
Vers une transition agricole
Si la mécanisation lourde est souvent pointée du doigt pour la dégradation des sols, l’approche de Jean-Martin Fortier, soutenue par des agriculteurs comme Luc, prouve qu’une exploitation à taille humaine peut être à la fois productive et résiliente. La multiplication de ces systèmes, capables de gérer l’eau et de préserver la structure du sol, semble être une voie essentielle pour répondre aux enjeux climatiques actuels et futurs.