Myciculture en circuit court et biomatériaux, par Mycotopia
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Acteur de la myciculture à Marseille, Mycotopia présentera son fonctionnement impliquant économie circulaire, sociale et en circuit court, valorisation des déchets ainsi que le développement de bio-matériaux (notamment la fabrication de brique à partir de mycélium).
C'est quoi le Forum Mycorium ? 2 chefs 3*, des sommités universitaires dont le savoir n'a d'égal que leur capacité à retranscrire la complexité du monde pour nous la rendre compréhensible, des cueilleurs professionnels, des mycologues émérites et passionnés, des ingénieurs agronomes et forestiers, des agriculteurs et des myciculteurs de France, de Belgique et d'Afrique, un pharmacien-mycologue fou de nature, des Hauts-de-France, de cuisine et de champignons... Bref, de quoi faire rêver les petits comme les grands avec une programmation accessible à tous, jamais complexe et pourtant pointue avec les meilleurs spécialistes.
Origine du projet et prise de conscience
Les intervenants expliquent que le projet s’est construit progressivement, au fil de leurs parcours et de l’évolution de leurs réflexions. Leur premier contact avec le champignon ne s’est pas fait par une approche naturaliste, mais par une sensibilité forte aux enjeux environnementaux.
Ils disent avoir été marqués par l’omniprésence du plastique, par l’accumulation des déchets et par leurs effets catastrophiques sur les sols. Cette prise de conscience s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’Anthropocène, c’est-à-dire l’idée que l’être humain est devenu la principale force d’impact sur la planète. Ce constat est présenté comme négatif, mais aussi porteur d’espoir : si l’humanité a pu transformer le monde « par mégarde », elle peut aussi, en prenant conscience de ses actes, choisir d’orienter cette capacité de transformation vers quelque chose de positif.
Les parcours des membres de l’équipe sont différents, mais ils se rejoignent dans cette volonté d’agir face à la pollution et à la surconsommation.
La découverte du mycélium comme réponse possible
Le projet est né d’une rencontre avec une technologie et un matériau déjà développés dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, en Indonésie et en Hollande. Ce matériau est le mycélium.
L’un des fondateurs, issu d’un parcours plutôt orienté recherche, explique s’être plongé dans la littérature scientifique et technique sur les biomatériaux à base de mycélium. L’idée initiale était claire : il pouvait exister là une solution concrète à la pollution plastique. Un autre membre du projet avait, de son côté, une approche davantage liée au design et expérimentait déjà le mycélium dans la perspective de développer un matériau de substitution au plastique, voire un matériau capable de remplacer certains usages polluants.
En s’intéressant au mycélium, puis plus largement au rôle du champignon dans les sols et dans la biodiversité, ils ont compris que l’intérêt du champignon dépassait largement la seule question des matériaux. Le champignon est apparu comme un organisme aux fonctions multiples : recycleur de matière organique, acteur de la fertilité des sols, source potentielle de nourriture et de protéines, et partenaire essentiel des plantes et des arbres.
Cette prise de conscience les a conduits à élargir leur vision.
De la fabrication de matériaux à Mycotopia
Au départ, le projet portait surtout sur les matériaux. Mais très vite, les fondateurs ont estimé qu’ils ne pouvaient pas se limiter à cet aspect. C’est de cette évolution qu’est né Mycotopia, pensé comme une forme d’utopie fondée sur la mycologie.
L’ambition de Mycotopia est de pouvoir agir sur plusieurs champs à la fois :
- la production de champignons comestibles,
- la valorisation de déchets organiques,
- la recherche sur les biomatériaux,
- l’expérimentation agronomique,
- la transmission des savoirs autour du champignon.
Le projet s’appuie donc sur une approche globale de la mycologie, au lieu de se concentrer sur une seule application.
Pourquoi Marseille ?
Marseille occupe une place centrale dans la représentation et la stratégie du projet. C’est là que l’équipe a choisi de s’installer et de faire grandir Mycotopia.
Les intervenants rappellent que Marseille était historiquement une terre agricole, entourée d’une ceinture verte importante. Ils indiquent que, jusque dans les années 1970, la ville était encore presque autosuffisante sur le plan agroalimentaire. L’extension urbaine et certaines politiques publiques ont ensuite largement contribué à faire disparaître cette réalité.
Face à cela, il existe aujourd’hui à Marseille un réseau associatif, agricole et social dynamique, sur lequel Mycotopia entend s’appuyer. La ville constitue donc à la fois un territoire en difficulté sur les questions d’autonomie alimentaire, et un terrain riche en initiatives collectives.
Les intervenants soulignent aussi un paradoxe marseillais : malgré la proximité de la nature, des calanques, de la mer, des montagnes et d’un vaste parc national, une partie importante de la population vit une forme de déconnexion avec son environnement. Ils évoquent notamment des habitants de certains quartiers qui n’ont jamais fréquenté ces espaces naturels. Cette déconnexion peut entraîner un manque de considération pour les impacts environnementaux des modes de vie.
Pour eux, reconstruire un lien entre habitants, nature et agriculture urbaine est un enjeu essentiel.
Le constat d’un manque d’autonomie alimentaire
La période du Covid a renforcé leur conviction qu’il fallait relocaliser l’alimentation. Pendant cette période, l’équipe a livré des champignons, ce qui leur a fait toucher concrètement les limites de l’autonomie alimentaire locale.
Ils en tirent l’idée qu’il existe à Marseille une nécessité réelle de revenir à une alimentation plus locale, y compris en milieu urbain. Cette conviction structure l’un des pôles principaux du projet : l’agriculture urbaine par la culture de champignons.
Produire des champignons à partir de ressources locales
Après avoir restructuré le projet, l’équipe a décidé de développer une production locale de champignons en partant des ressources disponibles autour d’eux.
Le point de départ est le rôle naturel du champignon comme décomposeur de matière organique. Ils ont donc cherché quels déchets ou coproduits agricoles et urbains pouvaient être valorisés comme substrats de culture.
Ils rappellent que d’importantes quantités de déchets verts sont encore brûlées, ce qui représente une perte de matière organique et une source d’émissions de CO2. En travaillant avec la chambre d’agriculture et d’autres acteurs du territoire, ils ont identifié plusieurs gisements intéressants, notamment :
- la paille de riz de Camargue,
- les déchets de pépinières,
- les sarments ou résidus issus de cultures, notamment dans les zones viticoles,
- les drêches de brasserie,
- les coproduits d’ateliers bois.
Ce travail a conduit à la mise en place de partenariats. Mycotopia travaille notamment avec :
- le domaine de la Tour du Cazes,
- un riziculteur en Camargue pour la paille de riz,
- une brasserie indépendante à Marseille pour les drêches,
- un atelier bois partagé.
Les intervenants insistent sur le fait que l’idéal ne serait pas seulement de transporter ces matières vers Marseille pour les transformer, mais aussi d’encourager à terme les producteurs eux-mêmes à valoriser localement leurs propres ressources.
La culture du champignon en milieu urbain
L’équipe considère que la culture de champignons est particulièrement adaptée au milieu urbain. Elle peut s’installer dans du bâti existant, y compris des caves, friches ou locaux vacants, à condition de recréer les bonnes conditions de culture.
Marseille, avec ses nombreux bâtiments disponibles ou dégradés, leur a semblé être un terrain particulièrement favorable pour lancer ce type d’activité. Ils ont ainsi pu imaginer une agriculture urbaine qui ne nécessite pas nécessairement de terres agricoles au sens classique.
Installation d’une première champignonnière expérimentale
Pour démarrer, Mycotopia a lancé une campagne de financement participatif sur une plateforme spécialisée dans les projets agricoles. Grâce au soutien d’amis, de proches et de quelques entreprises, ils ont récolté plus de 16 000 euros.
Avec cette base, ils se sont installés pour six mois dans les caves d’un lieu occupé temporairement par l’association Coco Velten. Les locaux étaient dans un état très précaire, mais cette installation leur a permis d’expérimenter à la fois les techniques de culture et les conditions matérielles d’une champignonnière urbaine légère et mobile.
Une grande partie du matériel a été récupérée par réemploi, notamment via un réseau associatif marseillais et grâce à l’association High Five, qui récupère des équipements issus de bâtiments ou de structures en transition. Cela leur a permis d’obtenir gratuitement ou à faible coût :
- du matériel de laboratoire,
- des tables,
- des éléments réassemblés pour construire une table à flux laminaire,
- divers équipements modifiés ou bricolés pour les besoins de la production.
Le lieu et l’installation étaient pensés comme expérimentaux : il fallait produire, tester, apprendre, tout en gardant une structure mobile et peu coûteuse.
Les étapes de la culture des champignons
Les intervenants détaillent le processus de culture, principalement sur pleurotes.
Le substrat est fabriqué à partir des matières premières récupérées, par exemple la paille de riz et les drêches. Ce mélange constitue le support nutritif du champignon.
La première étape consiste à le pasteuriser. Ils ont testé plusieurs méthodes :
- la pasteurisation à la chaux, qui fait monter le pH de l’eau afin de limiter les contaminations,
- des méthodes plus classiques avec stérilisateurs ou autoclaves.
Une fois le substrat préparé, il est mis en sacs puis inoculé avec du mycélium. Pendant environ trois semaines, le mycélium colonise entièrement le substrat dans une phase réalisée à l’obscurité.
Les sacs passent ensuite en salle de fructification. Dans cette deuxième phase, les conditions changent :
- apport de lumière,
- humidité,
- alternance jour/nuit,
- aération adaptée.
L’idée est de recréer les conditions qui permettent au champignon de « sortir » après la phase souterraine de développement du mycélium.
Les expérimentations techniques et les premiers apprentissages
Cette phase a été marquée par de nombreux essais, des erreurs, des échecs et quelques réussites. L’équipe insiste sur le fait qu’elle connaissait encore peu la culture du champignon à ce stade, et qu’il a fallu apprendre en faisant.
Ils ont travaillé en particulier sur plusieurs types de pleurotes :
- pleurote gris,
- pleurote jaune,
- pleurote du panicaut.
D’autres espèces, comme le shiitaké, se sont révélées plus laborieuses à ce stade.
Un enjeu majeur a été la maîtrise des contaminations. Le local initial étant très poussiéreux, cela compliquait fortement les cultures. Cette confrontation directe avec les contaminations leur a cependant permis de mieux comprendre les précautions nécessaires.
Les intervenants présentent cette période comme une véritable phase d’apprentissage pratique, indispensable pour stabiliser les itinéraires techniques.
La question des contenants et l’usage du plastique
L’un des problèmes rencontrés concerne l’usage des sacs plastiques. Alors même que le projet est né d’une volonté de répondre à la pollution plastique, la culture en sacs en consomme beaucoup.
Pour chercher des alternatives, ils ont testé la culture en seaux recyclés, récupérés auprès d’un producteur de jus d’orange. Les seaux étaient lavés, percés, puis utilisés comme contenants de culture. Les champignons sortaient par les trous, et le système fonctionnait bien, notamment pour les pleurotes en culture amateur.
Cependant, à plus grande échelle, cette solution s’est révélée très contraignante :
- percer chaque seau demande beaucoup de temps,
- le nettoyage après culture est long,
- les microfissures peuvent favoriser les contaminations,
- le retrait du substrat usé est laborieux.
L’équipe estime donc que cette méthode est pertinente pour un usage amateur, mais moins adaptée à une production plus importante.
Une autre piste explorée est celle du carton. Comme il contient de la cellulose, il peut être colonisé par le mycélium, puis retourner au sol avec le reste du substrat. Cela permettrait de disposer de contenants biodégradables et valorisables en amendement.
Se former et s’entourer
Les membres de Mycotopia soulignent l’importance de la formation continue. Ils ont travaillé notamment avec Jérôme, qui les a accompagnés pendant deux semaines et les a aidés à recadrer certains itinéraires techniques.
Clément a également pu se rendre à Bruxelles, où il a rencontré d’autres structures comme Micosphère et PermaFungi. Ces échanges ont nourri leur réflexion sur le montage d’une champignonnière de production et sur la structuration de l’approvisionnement en substrats.
Cette logique d’échange, de circulation des savoirs et d’apprentissage collectif est présentée comme centrale dans leur démarche.
Changement d’échelle et perspectives de production
Mycotopia travaille désormais avec des institutions locales pour trouver un lieu pérenne et installer une champignonnière capable de produire à plus grande échelle, avec l’objectif évoqué d’atteindre une centaine de kilos de production.
Même si la culture du pleurote commence à être maîtrisée, l’équipe souhaite continuer à expérimenter de nouvelles espèces, notamment des espèces bien adaptées au climat marseillais.
Parmi les pistes citées figure le pioppino (ou piboulat, selon les usages régionaux), présenté comme une espèce historiquement liée à Marseille, qui aurait été maîtrisée par les Grecs, premiers Phocéens installés sur ce territoire. Les intervenants expriment le souhait de renouer avec cette histoire locale en relançant sa culture dans la région.
Ils mentionnent aussi d’autres champignons plus intéressants gustativement ou nutritionnellement que les seuls pleurotes. Cette diversification suppose de nouveaux essais et de nouveaux itinéraires techniques.
Sensibiliser à la consommation de champignons
La diversification de la production pose aussi une question de débouchés et d’habitudes alimentaires. Les intervenants notent que vendre des champignons peu connus sur les marchés suppose un travail préalable de sensibilisation.
Ils envisagent bien sûr un marché auprès des restaurateurs, mais leur ambition est plus large : faire en sorte qu’un nombre croissant de personnes consomment des champignons, et surtout des variétés différentes.
Cela rejoint la vocation pédagogique du projet : démocratiser les connaissances sur les champignons et faire évoluer les représentations.
Réutiliser le substrat et expérimenter sur les sols
Un autre axe important concerne l’après-culture. Que faire du substrat une fois la production de champignons terminée ?
L’équipe souhaite travailler sur la réintroduction de ce substrat mycélié dans les sols, notamment en maraîchage, pour en mesurer les effets. Une expérimentation doit être menée avec le Talus, le lieu où se déroule l’intervention.
L’objectif n’est pas seulement d’utiliser ce substrat comme amendement organique classique, mais de mieux comprendre l’effet structurant du mycélium dans le sol. Les intervenants évoquent plusieurs hypothèses ou résultats déjà observés ailleurs :
- amélioration de la structure du sol,
- facilitation de l’accès des plantes à l’eau,
- protection potentielle contre certaines maladies,
- réduction de certains problèmes liés aux insectes,
- mise en place de relations symbiotiques entre champignons et plantes.
Ils mentionnent aussi des travaux déjà menés au Québec sur ces questions et expliquent vouloir aller plus loin par une démarche d’expérimentation scientifique.
Constitution d’une banque de souches
En parallèle, Mycotopia souhaite développer un travail de collecte et de conservation de souches de champignons. L’idée est d’aller prélever des champignons en forêt afin de constituer une sorte de banque de souches, utile pour la recherche, les échanges et l’autonomie de production.
Cette démarche s’inscrit dans leur volonté de ne pas dépendre entièrement de ressources extérieures et de mieux connaître les champignons présents localement.
Les biomatériaux à base de mycélium
Le matériau mycélium reste un axe majeur du projet, même s’il ne constitue plus l’unique point de départ.
Les intervenants expliquent que la fabrication de biomatériaux repose sur un procédé proche de celui de la culture des champignons, mais interrompu plus tôt. On arrête le développement au stade où le mycélium a colonisé l’ensemble du substrat. À ce moment-là, la matière a changé de nature : le mycélium enrobe, relie et soude les particules entre elles, formant un bloc cohérent. Une fois séché, ce matériau devient résistant.
Ils présentent plusieurs propriétés du matériau obtenu :
- résistance mécanique,
- flexibilité,
- absorption des chocs,
- caractère ignifuge,
- caractère hydrophobe,
- grande légèreté.
Pour eux, il s’agit d’un matériau d’avenir, capable de remplacer dans certains usages des matériaux issus de la pétrochimie.
Applications envisagées des biomatériaux
Mycotopia a déjà mené des expérimentations artisanales sur :
- du mobilier,
- de petits objets de design,
- des plaques fines pouvant évoquer un textile ou un « cuir » fongique.
L’équipe réfléchit aussi à des applications plus structurées, notamment :
- des panneaux d’isolation,
- des matériaux de construction,
- des objets techniques,
- des usages textiles.
Ils sont encore dans une phase de réflexion sur le changement d’échelle. Plusieurs questions restent ouvertes :
- faut-il produire eux-mêmes à plus grande échelle ?
- faut-il transférer le procédé à des industriels ?
- comment financer cette montée en puissance ?
- comment faire évoluer les procédés actuellement encore artisanaux ?
Partenariats de recherche et de développement
Pour avancer sur les biomatériaux, Mycotopia travaille ou souhaite travailler avec :
- des institutions publiques,
- des bureaux d’études spécialisés en isolation, construction ou matériaux biosourcés,
- l’INRAE, en raison de la présence à Marseille d’un département orienté vers les technologies fongiques,
- des partenaires disposant de banques de souches et de compétences en sélection variétale.
L’objectif est notamment de sélectionner des souches adaptées :
- aux substrats disponibles localement,
- aux usages recherchés,
- aux conditions de production du territoire.
Ils évoquent aussi des collaborations plus concrètes et plus immédiatement accessibles, par exemple :
- un premier prototype de planche de surf en mycélium,
- un travail avec une designer textile sur des cuirs fongiques.
Ces expérimentations servent à démontrer le potentiel du matériau et à préparer d’éventuels développements plus ambitieux.
La transmission comme pilier du projet
Le dernier grand volet présenté est celui de la transmission. Les intervenants insistent sur le fait que ce n’est pas un aspect secondaire, mais un pilier central de Mycotopia.
Ils partent du constat que le champignon reste très mal connu du grand public. En dehors des cercles d’amateurs ou de passionnés, les gens en savent peu sur son rôle écologique, ses usages, ou même sa diversité. Cette méconnaissance peut freiner autant la consommation que l’acceptation d’innovations fondées sur la mycologie.
Ils considèrent donc qu’il faut documenter, expliquer, montrer, former, et transmettre sans attendre d’avoir atteint un niveau d’expertise absolu. Leur position est claire : eux-mêmes ont beaucoup appris grâce à des ressources trouvées sur internet, grâce à des livres, et grâce à d’autres personnes qui ont partagé leurs connaissances. Ils veulent à leur tour faire la même chose.
Les actions pédagogiques menées
Cette activité de transmission prend plusieurs formes :
- ateliers pour apprendre à cultiver des champignons chez soi,
- interventions dans des associations,
- travail avec des lycées technologiques disposant de laboratoires,
- actions d’éducation à l’environnement,
- sensibilisation à l’alimentation, aux déchets et aux biomatériaux.
Ils mentionnent aussi des interventions en collège, où ils ont pu mesurer que la relation au champignon est loin d’aller de soi. Une partie des élèves est curieuse, une autre beaucoup moins, ce qui montre bien le travail culturel à mener.
Pour eux, le champignon est un formidable levier pédagogique, car il permet d’aborder à la fois :
- les cycles du vivant,
- la décomposition de la matière,
- la fertilité des sols,
- la biodiversité,
- les déchets,
- l’alimentation,
- les matériaux,
- les interactions entre espèces.
Il devient ainsi une porte d’entrée vers une compréhension plus large du vivant et des relations écologiques.
Une démarche ouverte et collective
En conclusion, les intervenants rappellent que leur découverte du champignon est récente et que leurs expérimentations sont encore jeunes. Pourtant, ils choisissent de partager immédiatement ce qu’ils apprennent.
Ils revendiquent une démarche d’amateurs au sens noble du terme : des personnes qui apprennent, expérimentent, documentent et contribuent malgré tout à faire avancer la mycologie. Ils insistent sur le fait qu’il n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir « découvert quelque chose de révolutionnaire » pour transmettre ; au contraire, le partage en cours de route peut permettre à d’autres d’aller plus loin.
Cette dynamique collective est au cœur de la philosophie de Mycotopia.