Poulaillers mobiles dans une ferme maraîchère du Sud Ouest
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Installé à Cazères, en région Toulousaine, Alban Réveillé cultive 1 hectare de terres depuis 2014, au sein d’une coopérative d’habitants. Il cultive 2500m² de pleins champs et de tunnels froids en maraîchage bio, et a 250 poules pondeuses Isa Brown en poulailler mobile. Peu mécanisé, Alban privilégie une agriculture autonome, sans dépendance aux énergies fossiles.
Pour voir la vidéo complète sur la ferme d’Alban Réveillé, c'est ici : https://youtu.be/LeoSYMi8izI
Et pour suivre la ferme : https://la-ferme-intention.bee.wf/
Cette vidéo a été créée dans le cadre du projet NBSOIL financé par l'union Européenne. Pour en savoir plus : https://nbsoil.eu/
Date de tournage : janvier 2025
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L’élevage de poules pondeuses en ferme maraîchère
Alban Réveillé, maraîcher dans le Sud-Ouest, partage son retour d’expérience sur l’intégration d’un atelier de poules pondeuses au sein de son exploitation. Aujourd’hui, la ferme compte 250 poules pondeuses réparties en deux bandes, gérées en collaboration avec sa mère.
Stratégie alimentaire et réduction des coûts
Le levier principal de rentabilité de cet atelier réside dans la maîtrise du coût de la ration. En achetant de l’aliment tout fait, le coût avoisine les 900 à 1000 € la tonne. En fabriquant sa propre ration, Alban réduit ce coût à 300-400 € la tonne, soit une division par deux ou trois.
La ration est composée de :
- Base céréalière bio : Triticale, soja toasté (essentiel pour l’assimilation des protéines) et pois.
- Valorisation de déchets : Utilisation de sons et rebuts de céréales issus de paysans boulangers, ainsi que des restes alimentaires de cantines scolaires (pain, etc.).
- Compléments : Carbonate de calcium, sel et coquilles d’huîtres.
Le mélange est aplati pour améliorer l’assimilation par les volailles. Bien que l’utilisation de restes alimentaires empêche la certification bio de la production, Alban souligne le sens écologique et économique de cette pratique qui évite l’incinération de nourriture humaine.
Gestion technique et sanitaire
Pour limiter les risques sanitaires et la gestion parasitaire, Alban a opté pour des poulaillers mobiles de sa propre conception :
- Conception : Réalisés sur des châssis de mobil-homes avec une structure en acier pour éviter le bois, nid à poux rouges.
- Hygiène et confort : Le poulailler est ventilé naturellement (entrée d’air basse, évacuation haute) et équipé d’un toit en panneau sandwich pour limiter la chaleur.
- Prédation : L’usage de filets mobiles électrifiés et d’une trappe solaire automatique permet de sécuriser les poules. La distribution de la ration à l’intérieur du poulailler, fermé la nuit, empêche les rats d’accéder à la nourriture.
- Bien-être : L’accès régulier à de la verdure fraîche est, selon l’éleveur, le meilleur moyen de maintenir une bonne santé parasitaire et d’obtenir des œufs de qualité.
Rentabilité et organisation du travail
L’atelier est considéré comme secondaire mais rentable. Avec 250 poules, il génère environ 22 000 € de bénéfice par an. Alban précise qu’il travaille sur cet atelier six mois par an, le reste du temps étant dédié au maraîchage.
Quelques points clés pour la réussite de l’atelier :
- Économies d’échelle : Alban estime qu’il faut un seuil minimum de 100 poules pour que l’astreinte quotidienne (ramassage des œufs, gestion de la clôture et de la ration) soit économiquement viable.
- Commercialisation : Les œufs servent de produit d’appel pour la vente à la ferme. Ils sont vendus en complément des légumes, sans temps de commercialisation supplémentaire.
- Réglementation : En restant sous le seuil de 250 poules pondeuses, avec une vente directe au consommateur final dans un rayon de 80 km, l’exploitation est exemptée du calibrage et des tests salmonelles obligatoires.
Pour Alban, si c’était à refaire, il débuterait directement avec 100 poules plutôt que de commencer par un petit effectif de 30, afin de mieux rentabiliser l’infrastructure nécessaire dès le départ.