Pré-vergers : 40 T de pommes/ha sans traitement, V. Beauruelle
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Merci à Vincent Beauruelle pour cet entretien !
Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet CoAgroEco, avec le soutien de la région Normandie et de l'Union Européenne.
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Chapitrage :
00:00:00 Zapping d'introduction
00:00:57 Présentation de la ferme
00:15:18 Objectifs
00:19:27 Les prairies
00:45:16 Le système cultural
00:47:09 Les pré-vergers
00:59:40 L'élevage
01:08:52 Reproduction et génétique
01:16:55 Haies et litière de bois déchiqueté
01:24:42 Ensemencement de la litière au kéfir
01:26:10 Biodiversité prairiale
01:30:58 Bilan azoté et plantes bioindicatrices
01:33:56 Autonomie
01:38:47 Bilan social
01:49:12 Conclusion
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Présentation de l’exploitation de Vincent Beauruelle
Vincent Beauruelle gère une exploitation laitière située en zone bocagère, principalement herbagère. Son système de production repose sur des principes forts d’autonomie et d’économie, avec une recherche constante de réduction des intrants et du matériel lourd. En 2023, il a récolté environ 190 tonnes de pommes sur ses vergers.
Conduite du troupeau et système laitier
L’exploitation compte un troupeau laitier issu de croisements (environ 35-40 % de croisés Normande, Prim’Holstein ou Red Holstein). Le renouvellement se fait par un croisement Normande-Simmental. La reproduction est assurée à 60 % par insémination et à 40 % par monte naturelle.
Les vaches sont nourries à 100 % à l’herbe durant la période de pâturage, avec une moyenne laitière de 16 à 17 litres par jour sur l’année, complétée par très peu de concentrés. Vincent Beauruelle a récemment introduit des “vaches nourrices” pour élever ses veaux, une stratégie destinée à soulager physiquement son travail quotidien, incluant le transport du lait.
La gestion du troupeau est facilitée par une grande complicité avec les animaux, permettant une manipulation en solitaire, notamment lors de la “transhumance” entre les différents sites de la ferme, distants de plusieurs kilomètres.
Gestion des prairies et des vergers
La ferme s’étend sur environ 132 hectares, avec une topographie vallonnée et des sols majoritairement [[argilo-limoneux]], hydromorphes, sur un sous-sol calcaire.
- Vergers : Vincent Beauruelle conduit ses vergers (pommiers et poiriers, haute et basse tige) sans aucun traitement phytosanitaire. La récolte est triée manuellement avec une grande exigence de qualité. La diversité variétale permet d’étaler les récoltes et de gérer les aléas climatiques.
- Pâturage : Il pratique le pâturage tournant, ajusté à la pousse de l’herbe et à la portance du sol. Il accorde une importance capitale à ne pas dégrader les sols par piétinement en période humide.
- Fertilité : L’apport de [[matière organique]] est régulier (fumier composté ou lisier), principalement sur les fauches, à raison de 10 à 15 tonnes par hectare. Il évite le surpâturage et veille à la préservation des auxiliaires, notamment les bousiers, en limitant strictement l’usage d’antiparasitaires.
Choix stratégiques et autonomie
Vincent Beauruelle cherche à valoriser au mieux ses ressources :
- Récupération d’énergie : Utilisation d’un échangeur thermique sur le tank à lait pour préchauffer l’eau.
- Gestion du bois : Installation de litières en bois déchiqueté pour valoriser les haies de l’exploitation, bien que les contraintes sanitaires l’aient poussé à revenir périodiquement à une litière paille classique.
- Indicateurs : Il observe attentivement la flore (renoncules, rumex, plantains) pour diagnostiquer l’état de ses sols et ajuster ses pratiques sans recourir systématiquement à des analyses chimiques.
Défis et perspectives
Malgré la passion pour son métier, Vincent Beauruelle fait face à une surcharge de travail importante, étant seul pour gérer l’ensemble des ateliers (lait, vergers, cultures). Cette situation, couplée à la lourdeur administrative, met en péril la viabilité du système laitier actuel. Il recherche activement un salarié ou un associé pour partager les tâches et pérenniser l’exploitation, faute de quoi il pourrait être contraint de convertir son activité vers un système allaitant d’ici fin 2024.
Il souligne l’importance de la transmission des savoirs et de l’expérimentation, même si celle-ci comporte des risques, tout en prônant une approche respectueuse des équilibres naturels, héritée de la gestion de ses parents.