Présentation de Maraîchage Sol Vivant
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En contribuant à notre campagne de financement sur KissKissBankBank, vous nous aidez à collecter, documenter et diffuser les innovations issues du terrain. Nous avons établi un protocole visant à réunir des données sur les sols, les performances économiques et environnementales d’au moins 10 fermes. Le résultat sera publié sous de multiples formes afin d’en maximiser l’accès : fiches techniques, vidéos, photos. Le tout disponible librement ! Et vous pourrez suivre au jour le jour l’avancée des visites sur nos réseaux sociaux !
Avec : François Mulet, Arnaud Daguin, Edouard Stalin, Laurent Welsch, Hervé Covès, Olivier Tassel, Damien Fihey, Isabelle Perry, Morgane Fournier, Aurélien Fercot
Le rôle central de la vie du sol
L’idée de départ est simple : quand on discute avec un agriculteur qui travaille, disons, de manière classique, même en agriculture biologique, on peut lui poser une question très concrète : combien y a-t-il de vers de terre dans votre sol ? À quoi servent-ils ? Et si on les fait disparaître, que se passe-t-il ?
C’est une question à laquelle, pendant longtemps, à peu près personne n’avait vraiment répondu. Pourtant, quand on s’y intéresse, on se rend compte que si les vers de terre, les champignons et les bactéries ne sont plus là, les sols se dégradent. Les plantes poussent moins bien, elles rencontrent davantage de problèmes de maladies, l’agriculteur a des problèmes de rendement, il a plus de difficultés à gagner sa vie, et il se retrouve aussi avec davantage de mauvaises herbes.
Selon l’intervenant, c’est un fil conducteur qui a été en grande partie perdu au XXe siècle, pour des raisons bien connues : la recherche de productivité, de compétitivité économique, la question du coût et de la quantité produite. Ces aspects sont évidemment importants, mais lorsqu’ils prennent le pas sur tout le reste, on finit par entrer dans des logiques qui deviennent absurdes.
Nourrir le sol plutôt que le détruire
Aujourd’hui, il devient même évident que ces logiques ne fonctionnent plus vraiment. L’enjeu est déjà d’entretenir un sol vivant. Si l’on prend soin du sol, il redonne en échange. L’intervenant explique qu’on le voit très bien sur la taille des légumes : parfois, les salades ou d’autres cultures deviennent même trop grosses.
Il rappelle aussi qu’il faut transmettre ce sol aux générations futures. C’est pourquoi il est jugé essentiel de nourrir le sol et de ne pas le « flinguer » à force de le travailler. Le message est clair : un sol ne devrait pas être travaillé au point de s’opposer à la vie.
Cela conduit à s’interroger sur toutes les stratégies biocides : insecticides, fongicides, antibiotiques et autres produits du même type. À l’inverse, il est possible d’aller vers des pratiques qui font la promotion du vivant, qui favorisent davantage de vie. L’intervenant parle d’une agriculture qui aime la vie, une agriculture « bio » au sens profond du terme.
Observer la nature comme modèle
Un des axes de travail majeurs est de comprendre que la nature fait pousser les choses. C’est même présenté comme le fil directeur qui a permis de garder la bonne direction tout au long du développement et de la recherche.
L’idée est d’observer une prairie, d’observer une forêt, et de constater que le système se construit tout seul, en permanence. Il n’y a personne pour venir bêcher, arroser ou intervenir sans arrêt, et pourtant cela fonctionne.
Cette observation conduit à une conclusion forte : on néglige trop souvent le sol, alors qu’on ne peut pas obtenir de résultats durables sans lui. L’intervenant dit avoir toujours été persuadé que la priorité est de maîtriser la qualité du sol pour réussir en agriculture. D’un point de vue agronomique, il n’y a pas photo : tout commence par là.
Des effets visibles sur le terrain
L’intervenant annonce qu’il ira montrer une parcelle plus tard, en soulignant à quel point les résultats sont frappants. Il donne un exemple très concret : les poireaux peuvent être arrachés à la main. Le sol, après avoir passé tout l’hiver à recevoir la pluie, reste pourtant facile à travailler.
Avant, sur deux hectares, arracher les poireaux en hiver était une vraie galère. Désormais, cela se fait tout seul. Cet exemple illustre très directement le pouvoir d’un sol vivant, structuré et en bon état.
Des maraîchers qui cherchent pour des maraîchers
Ce qui est mis en avant ici, c’est aussi le fait que la démarche vient de maraîchers qui font de la recherche pour des maraîchers. L’intérêt de cette dynamique réside dans la mutualisation et dans la mise en commun des pratiques.
L’idée est qu’à plusieurs, on avance beaucoup plus vite. Chacun peut apprendre des erreurs des autres, mais aussi de leurs réussites. Cela permet également de mieux comprendre les différences de terroirs : les choses ne se passent pas du tout de la même manière d’un endroit à un autre. Elles varient aussi selon les approches personnelles.
Beaucoup de maraîchers essaient déjà des choses chez eux, mais ils ne prennent pas forcément le temps de partager, de publier des photos, de mettre leurs résultats en ligne, ou simplement d’en parler avec leurs voisins. Ce qui manque réellement, selon l’intervenant, c’est du temps humain.
L’importance du partage et de la diffusion
Dans cette perspective, la structure évoquée sert justement à récupérer les échecs comme les réussites, puis à les diffuser afin d’aller plus vite collectivement. L’enjeu n’est pas seulement d’expérimenter, mais aussi d’organiser la circulation des connaissances.
Cela permet de faire progresser les pratiques plus rapidement, en évitant que chacun reste isolé dans son coin avec ses essais. Le partage d’expérience devient alors un levier essentiel de transformation.
Un cercle vertueux pour l’agriculteur et pour la société
L’intervenant conclut en expliquant qu’en voyant tous les bénéfices que cette approche peut apporter, il devient difficile de ne pas s’y intéresser. Ces bénéfices concernent à la fois l’être humain, le système économique de la ferme, l’impact environnemental et, plus largement, la vie elle-même.
Pour lui, cela forme un cercle vertueux. Une fois qu’on entre dans cette dynamique, elle peut bénéficier à tout le monde. Il y voit même un pas très positif pour la société dans son ensemble.
Il est enfin question d’un mouvement de fond, presque d’une révolution agricole. Cette transformation est déjà en cours dans les grandes cultures céréalières, et elle arrive maintenant en maraîchage. L’image employée est celle de la petite fourmi ou du colibri : chacun apporte sa part, modestement mais concrètement, à un changement beaucoup plus vaste.