S'équiper pour le semis direct, Antoine Chédru
![]()
Merci à Antoine Chédru pour nous avoir ouvert les portes de sa ferme !
Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet CoAgroEco, avec le soutien de la région Normandie et de l'Union Européenne.
Retrouvez bientôt le portrait de ferme complet sur notre chaine YouTube.
- --
Chapitrage :
00:00 Zapping d’introduction
00:48 Semoir à dent auto-construit
00:50 Présentation : construction et fonctionnement
07:19 Vitesse et débit de chantier
07:59 Investissement
09:03 Poids
10:19 Semoir à disques (semis du blé et du lin, semis sous couvert végétal)
10:22 Présentation : combiné rolofaca pour semis sous couvert végétal
13:08 Semis du blé et du lin : quel semoir choisir ?
15:43 Aides et subventions
17:02 Usure et révision
19:51 Autoguidage RTK et confort de travail
- --
S’équiper pour le semis direct : la stratégie d’Antoine Chédru
Lorsqu’un agriculteur décide de passer en agriculture de conservation des sols et en semis direct, le principal handicap évoqué est souvent l’investissement financier lié au semoir. Cependant, il est possible de concevoir ses propres outils pour réduire drastiquement ces coûts. Antoine Chédru partage ici son expérience et sa vision de l’équipement en semis direct.
Conception et optimisation du matériel
Pour Antoine Chédru, le coût d’un semoir neuf est un frein majeur qui pousse certains agriculteurs à l’abandon après quelques années face à des échecs techniques. Pour son semoir à dents de 6 mètres, il estime l’investissement global (châssis, trémie frontale, cuve, conception) à environ 30 000 €, là où un outil neuf équivalent dans le commerce coûterait près de 100 000 €.
Le semoir, conçu en atelier avec l’aide d’un constructeur local, a été pensé pour gérer de gros volumes de pailles. La machine a évolué au fil des ans, passant de 3 mètres à 4,80 mètres, puis à 6 mètres de large aujourd’hui. Il dispose de 20 éléments espacés de 30 cm sur trois rangées.
Polyvalence et précision en un seul passage
L’objectif d’Antoine Chédru est de réaliser plusieurs interventions en un seul passage :
- Engrais localisé : Grâce à une cuve frontale de 600 litres et une pompe électrique, il apporte de l’engrais starter (phosphore) au plus près de la graine, ce qui permet de réduire les quantités de plus de 50 % tout en boostant la germination.
- Grandes graines : Elles sont placées dans le sillon, bien au contact de la terre, par la dent à ressort équipée de pointes carbure.
- Petites graines : Un semoir APV monté sur l’outil permet de semer les couverts végétaux (trèfle, phacélie, radis) juste derrière.
Une roue de rappui et des herses ferment ensuite le sillon, assurant un contact terre-graine optimal, même dans des conditions de sécheresse après la moisson.
Complémentarité : semoir à dents et semoir à disques
Antoine Chédru utilise deux types d’outils complémentaires :
- Le semoir à dents : Idéal pour les couverts et certaines cultures. Il permet de travailler en conditions difficiles (sols gelés en janvier pour les féveroles, par exemple).
- Le semoir à disques : Acquis en 2014, il est équipé d’un rouleau FACA frontal lesté pour coucher les couverts avant le passage des disques ouvreurs. C’est un outil très précis, particulièrement adapté pour le semis de lin textile, culture phare de sa région, où la précision de placement à 15 cm d’écartement est cruciale pour atteindre les densités cibles.
L’importance de la maintenance et du pilotage
Le semis direct étant très exigeant pour le matériel, l’entretien est une étape clé. Chaque hiver, les machines sont intégralement révisées en atelier (roulements, disques, pivots) pour garantir une fiabilité maximale lors des périodes de semis.
Enfin, la technologie joue un rôle central dans la réussite de ces systèmes. L’autoguidage RTK est utilisé sur 100 % des machines. Bien que l’investissement soit significatif (environ 15 000 € pour l’équipement), il offre un confort de travail inégalé, permet de travailler de nuit ou dans le brouillard, et optimise les trajectoires. La mutualisation des consoles d’autoguidage entre les tracteurs, la moissonneuse et l’arracheuse permet de rentabiliser rapidement cette technologie.
En somme, pour Antoine Chédru, la réussite en semis direct repose sur un équipement adapté, une conception réfléchie, une maintenance rigoureuse et une maîtrise technologique qui libère du temps et garantit la précision des interventions.