SE DÉBARASSER DES RAY-GRASS VULPINS, Paul Robert

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Dans cette vidéo, Paul Robert, fondateur de Novalis Terra, propose une approche holistique et systémique pour gérer les ray-grass et les vulpins, deux adventices devenues des préoccupations majeures en raison de l'érosion de l'efficacité des herbicides et de l'augmentation des phénomènes de résistance. Face au retrait progressif des matières actives et à la complexité des conditions climatiques, l'expert souligne qu'une stratégie reposant uniquement sur le tout-chimique est vouée à l'échec. Il préconise une combinaison de leviers : diversification des rotations culturales pour casser les cycles biologiques, utilisation de cultures de printemps, techniques de semis direct, faux-semis ciblés et outils de désherbage mécanique (scalpage, binage, herse). Paul Robert insiste également sur l'importance de l'optimisation des conditions d'application des produits, notamment via l'adjuvantation et la qualité de pulvérisation, tout en rappelant que le succès réside dans une approche combinatoire plutôt que dans la recherche d'une solution miracle unique.

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Résumé
Dans cette vidéo, Paul Robert, fondateur de Novalis Terra, propose une approche holistique et systémique pour gérer les ray-grass et les vulpins, deux adventices devenues des préoccupations majeures en raison de l'érosion de l'efficacité des herbicides et de l'augmentation des phénomènes de résistance. Face au retrait progressif des matières actives et à la complexité des conditions climatiques, l'expert souligne qu'une stratégie reposant uniquement sur le tout-chimique est vouée à l'échec. Il préconise une combinaison de leviers : diversification des rotations culturales pour casser les cycles biologiques, utilisation de cultures de printemps, techniques de semis direct, faux-semis ciblés et outils de désherbage mécanique (scalpage, binage, herse). Paul Robert insiste également sur l'importance de l'optimisation des conditions d'application des produits, notamment via l'adjuvantation et la qualité de pulvérisation, tout en rappelant que le succès réside dans une approche combinatoire plutôt que dans la recherche d'une solution miracle unique.

Paul Robert est agronome et dirigeant de la société Novalis Terra. Il nous livre ici son analyse de la vision systémique de la gestion des graminées et plus largement des adventices.




== Introduction : une approche systémique

Pour lutter efficacement contre les adventices comme le ray-grass et le vulpin, il est crucial d'adopter une approche holistique ou systémique plutôt que de se reposer uniquement sur les herbicides. L'utilisation exclusive de ces derniers est vouée à l'échec en raison de l'érosion des matières actives disponibles, de l'augmentation des résistances et du retrait progressif de nombreuses molécules au niveau européen. Une gestion intégrée doit impérativement combiner la rotation culturale et les pratiques culturales.

== Pourquoi contrôler les adventices ?

Le contrôle des adventices se justifie pour deux raisons principales :

  • Nuisibilité directe : Au-delà d'un certain seuil, la présence d'adventices entraîne une chute du rendement, dépendante de la réserve utile des sols.
  • Nuisibilité indirecte : La capacité de multiplication des adventices crée un stock semencier persistant dans le sol.

Par exemple, un pied de coquelicot peut produire jusqu'à 50 000 graines, tandis qu'un pied de ray-grass ou de vulpin en produit entre 1 000 et 3 000. La persistance de ces stocks varie selon les espèces : très éphémère pour les bromes, beaucoup plus élevée pour les chénopodes, renouées ou rumex.

== Les limites de la lutte chimique

La lutte chimique est de plus en plus contrainte :

  • Résistances : On observe une montée en puissance des résistances aux herbicides sélectifs (sulfonylurées, etc.) et même aux herbicides non sélectifs comme le glyphosate.
  • Retrait des matières actives : Environ 75 matières actives, dont le flufénacet (fin d'utilisation fin 2026), le prosulfocarbe ou encore le chlorotoluron, sont sous surveillance ou menacées de retrait par l'Europe.
  • Fixation au sol : La présence de résidus de culture (pailles) et la teneur en [[matière organique]] influencent fortement l'efficacité des herbicides racinaires. Des produits comme la pendiméthaline se fixent fortement aux résidus, limitant leur efficacité en semis direct.
  • Conditions d'application : L'efficacité des traitements dépend étroitement des conditions climatiques (hygrométrie, températures) et de la qualité de pulvérisation. L'adjuventation (correction de la dureté de l'eau, pH, mouillants) devient essentielle pour optimiser les doses restantes.

== Leviers agronomiques : casser les cycles

Pour gérer durablement les populations de ray-grass et de vulpins, il est nécessaire de rompre les cycles de développement :

  • Diversification de la rotation : Il est indispensable d'intégrer des cultures de printemps (tournesol, maïs, sarrasin) qui permettent de casser le cycle des graminées d'hiver. Enchaîner les cultures d'hiver (type colza-blé-orge) favorise la sélection de lignées de ray-grass levant au printemps, rendant le désherbage très complexe.
  • Prairies temporaires : L'implantation d'une prairie de 2 à 3 ans, exploitée en fauche ou pâturage sans laisser monter à graine, est l'un des moyens les plus efficaces pour épuiser le stock semencier.
  • Méthanisation : L'insertion de cultures récoltées immatures (seigle, orge méta) permet de faucher les graminées avant leur grenaison.
  • Choix variétal : Privilégier des variétés à fort pouvoir couvrant pour étouffer les adventices.

== Pratiques culturales et mécaniques

Il ne faut s'interdire aucun levier technique. Le succès réside dans le combinatoire :

  • Semis direct (SD) : Il permet de limiter la levée des adventices en réduisant la perturbation du sol. Le semis sous couvert végétal apporte une occultation à la lumière qui retarde la levée de dormance.
  • Labour : Il doit être raisonné dans la rotation et ne pas être systématique. Un labour tous les 2 ou 3 ans peut s'avérer contre-productif s'il remonte des graines non épuisées.
  • Faux-semis : Le secret réside dans le côté superficiel et le rappuyage. Ils sont particulièrement efficaces s'ils sont réalisés lors des périodes préférentielles de levée des adventices, suivis d'un roulage pour assurer le contact terre-graine.
  • Outils mécaniques : Le scalpage superficiel (3 passages à 4 cm avec dents rigides), le binage, la herse rotative ou la herse étrille sont des outils précieux, à condition d'être réglés avec précision et d'être utilisés au bon stade des adventices.
  • Gestion des résidus : La connaissance des outils (houe rotative, etc.) et de leurs réglages est le facteur limitant principal pour réussir le [[désherbage mécanique]] en conditions de fortes densités de résidus.