Semis direct sous couvert de trèfle - Julien SENEZ

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Dans cette vidéo, Julien Senez présente un exemple de semis direct sous couvert de trèfle, implanté en même temps que le colza. Il montre un couvert très réussi, dense et bien enraciné, qui protège efficacement le sol tout en limitant fortement le travail du semoir et les perturbations de surface. Le trèfle, comme la luzerne, apparaît ici comme une solution intéressante pour implanter des couverts avant moisson, notamment dans les blés ou escourgeons, avec peu d’impact sur la culture en place. Julien souligne aussi les limites du système : gestion compliquée des adventices vivaces, nécessité de bien gérer les pailles, et vigilance sur la concurrence entre le trèfle et la culture suivante, notamment pour l’azote. Sur une parcelle humide et difficile à exploiter, ce couvert permet toutefois d’améliorer nettement la portance et de retrouver des zones auparavant impraticables, illustrant tout le potentiel agronomique du semis direct sous couvert.

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Résumé
Dans cette vidéo, Julien Senez présente un exemple de semis direct sous couvert de trèfle, implanté en même temps que le colza. Il montre un couvert très réussi, dense et bien enraciné, qui protège efficacement le sol tout en limitant fortement le travail du semoir et les perturbations de surface. Le trèfle, comme la luzerne, apparaît ici comme une solution intéressante pour implanter des couverts avant moisson, notamment dans les blés ou escourgeons, avec peu d’impact sur la culture en place. Julien souligne aussi les limites du système : gestion compliquée des adventices vivaces, nécessité de bien gérer les pailles, et vigilance sur la concurrence entre le trèfle et la culture suivante, notamment pour l’azote. Sur une parcelle humide et difficile à exploiter, ce couvert permet toutefois d’améliorer nettement la portance et de retrouver des zones auparavant impraticables, illustrant tout le potentiel agronomique du semis direct sous couvert.

Vidéo remise en ligne avec l'aimable autorisation de Julien SENEZ

Pour plus d'informations, nous vous recommandons vivement de vous rendre sur son site web : https://www.kiwiagronomy.fr/


Un trèfle très réussi sous le colza

Dans cette parcelle, le trèfle a été semé en même temps que le colza. Le résultat est décrit comme très impressionnant, car le trèfle est très réussi et couvre fortement le sol.

Le colza a été littéralement étouffé par le trèfle. Après la moisson, seules les cannes ont été broyées le jour même, et cela a permis de constituer un tapis végétal très dense. On observe un trèfle bien installé, avec seulement quelques zones où l’on retrouve du ray-grass.

Le ray-grass a toutefois été traité, ce qui rend la situation intéressante à observer. Malgré cela, le trèfle domine très largement.

Un semis avec très peu de perturbation du sol

Ce qui est mis en avant ici, c’est la très faible perturbation provoquée par le semoir. Lors du passage, on voit à peine l’interrang : le sol reste littéralement couvert.

Le trèfle forme un véritable chevelu racinaire. Il y a très peu de foisonnement de terre lié au semoir, et le sol a quasiment très peu bougé. C’est un point important dans la logique de semis direct sous couvert.

Cette faible perturbation permet de limiter fortement les levées d’adventices, notamment les repousses ou les graminées comme le ray-grass que l’on peut retrouver dans d’autres systèmes après céréales.

Intérêt du trèfle et de la luzerne dans les pratiques de salissement

Julien Senez explique que le trèfle, comme la luzerne, est très intéressant dans ce type de pratiques.

Depuis plusieurs années, il implante du trèfle dans ses blés au mois de mars, lorsque les conditions sont ressuyantes. Il intervient juste au moment du tallage et implante en direct du trèfle ou de la luzerne dans les blés ou les escourgeons.

Comme il est équipé en RTK, il peut se décaler et semer dans l’interrang. Avec des semoirs qui foisonnent très peu la terre, il est aussi possible de passer en léger biais ou en décalé, sans abîmer les cultures en place.

Cela permet d’implanter les couverts sur une période souvent plus creuse du calendrier de travail, et surtout d’avoir un couvert déjà en place avant la moisson.

Avoir un couvert déjà implanté avant la moisson

Le fait d’avoir un couvert déjà implanté avant la récolte est présenté comme très intéressant. Ces couverts, à petit stade, ont très peu d’impact sur la culture principale.

L’intérêt est de gagner du temps et de disposer d’un couvert vivant immédiatement après la moisson, sans attendre une nouvelle intervention. Cela facilite la continuité de couverture du sol.

Limites du système

La limite principale de ce système, selon Julien Senez, est la gestion de certaines adventices vivaces ou problématiques. Si l’on a des chardons ou du vulpin dans un blé, cela complique fortement les choses, car il faut réussir à maintenir le couvert jusqu’à la moisson.

Au moment de la récolte, l’idéal est d’enlever les pailles. Si les pailles restent en place, elles peuvent trop protéger le sol, couvrir excessivement le trèfle ou la luzerne, et finir par les étouffer.

Le retrait des pailles permet donc de laisser ces plantes s’exprimer pleinement après la récolte.

Un enracinement de surface très couvrant

Une fois la végétation dégagée, on constate que le sol reste encore très sec. Le trèfle forme un enracinement de surface très impressionnant.

Ce n’est pas un enracinement profond, mais un réseau très dense dans les premiers centimètres du sol. On le retrouve jusqu’à 15, 20, 25 ou 30 cm selon les parcelles, mais ce qui marque surtout, c’est sa capacité à très bien tenir le sol en surface.

Cet enracinement contribue fortement à la stabilité du sol et à sa couverture.

Une parcelle atypique : « la grenouillère »

La parcelle présentée est décrite comme assez atypique. Elle est appelée « la grenouillère », ce qui n’est pas un hasard.

Il s’agit d’une ancienne pâture extrêmement humide. En haut de la parcelle, une source coule toute l’année. La parcelle est légèrement en pente, et l’eau descend vers le milieu.

À cela s’ajoutent d’anciens drainages en terre cuite, aujourd’hui vétustes, qui perturbent encore davantage la circulation de l’eau. Ils concentrent l’eau au milieu de la parcelle, ce qui crée des mouillères.

Au printemps, et même parfois l’été selon la pluviométrie, il est très difficile de passer dans cette parcelle. Environ 40 à 50 ares sont souvent inexploitable dans ces conditions.

Le trèfle pour assécher les mouillères

Avec les couverts, et en particulier avec un couvert de trèfle comme ici, Julien Senez explique qu’il parvient désormais à passer sur l’intégralité de la parcelle.

Le trèfle a besoin de beaucoup d’eau et pompe une grande partie de l’eau issue de la source. Cela réduit très nettement les mouillères. Elles sont quasiment effacées, au point de permettre le passage du semoir sans difficulté particulière.

Pour lui, c’est un point très intéressant, car cela montre qu’en modifiant simplement les techniques culturales, il devient possible de cultiver des parcelles que l’on n’arrivait plus à exploiter auparavant avec des techniques de travail du sol, y compris en TCS.

C’est aussi un moyen d’éviter un drainage supplémentaire, d’autant plus que les autorisations pour drainer deviennent très difficiles à obtenir.

Gestion du trèfle avant la culture suivante

Dans cette parcelle, Julien Senez prévoit une intervention la semaine suivante. Il indique qu’il va appliquer du glyphosate avec une petite dose d’Allié, de l’ordre d’une dizaine de grammes, pour calmer le trèfle.

L’objectif n’est pas forcément de le détruire à 100 %, mais de conserver une petite couverture résiduelle tout en le calmant très fortement.

Il rappelle un point réglementaire important concernant l’Allié : ce produit permet d’agir sur le trèfle, mais administrativement, on ne peut pas détruire le couvert à l’automne puis à nouveau au printemps. Il faut choisir sa stratégie de destruction, soit à l’automne, soit au printemps, et ne pas se tromper dans les doses ni dans le moment d’intervention.

Bien séparer le temps du couvert et le temps de la culture

La recommandation de Julien Senez est de bien segmenter la conduite du couvert et celle de la culture.

Selon lui, il y a un temps pour le couvert et un temps pour la culture. Quand on démarre en semis direct sous couvert, il faut bien avoir cela en tête et éviter que le trèfle ne vienne concurrencer trop fortement le blé.

Le risque principal concerne notamment l’azote. Le trèfle est extrêmement gourmand et, s’il est déjà bien implanté, il peut prendre le dessus sur le blé au démarrage. Or, à ce stade, le blé doit taller et a des besoins en azote, en potasse et en phosphore.

Si le trèfle domine trop, il peut diminuer le tallage du blé. C’est un risque réel au démarrage du système.

Adapter la densité de semis du blé

Pour compenser ce risque sur les premiers stades, Julien Senez indique avoir semé son blé un peu plus dru.

Il évoque une densité de l’ordre de 350 grains, afin de sécuriser l’implantation et de compenser les éventuelles pertes ou concurrences au démarrage.

Cette adaptation de la densité fait partie des leviers mobilisés pour réussir la coexistence entre le couvert de trèfle et la culture de blé dans un système de semis direct sous couvert.