Symbioses au service de la production, par Hervé Covès
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Et si les symbioses pouvaient se dérouler sous nos pieds, en viticulture ? C'est ce que va nous raconter Hervé !
Introduction
Pour débuter son intervention, Hervé Covès montre un petit film réalisé le dimanche matin, où l’on voit une comète. Il s’en sert comme point de départ pour introduire une idée centrale : il ne suffit pas de voir un signe, encore faut-il comprendre ce qu’il indique.
Il attire ensuite l’attention sur des nuages lenticulaires. Ces nuages paraissent immobiles alors même qu’il y a du vent. En réalité, ce ne sont pas les masses d’air qui restent fixes, mais les conditions locales de condensation qui se maintiennent au même endroit. L’air circule, arrive dans une zone où le bilan radiatif est différent, se refroidit légèrement, condense, puis, en quittant cette zone, se réchauffe ou s’assèche de nouveau, et le nuage disparaît.
Hervé Covès insiste sur ce point car il veut faire percevoir quelque chose d’important pour la suite : dans un courant d’air, de l’eau peut se condenser localement s’il existe quelque part une zone plus froide. Cette idée de condensation localisée servira ensuite à penser le fonctionnement des paysages agricoles.
Symbioses et coopération dans la vigne
Le sujet de l’intervention est celui des symbioses et de la coopération. Hervé Covès reprend certains éléments évoqués auparavant par Marc-André, mais développe surtout son propre grand domaine d’étude : les mycorhizes et les champignons mycorhiziens.
Le premier point qu’il veut mettre en avant est la très grande porosité du système racinaire de la vigne. De la même façon qu’il existe de nombreuses bactéries dans les feuilles, il existe de très nombreux champignons à l’intérieur des racines. Ces champignons sont de natures très diverses.
Sur une série d’analyses réalisées sur des racines de vigne, il indique qu’on a trouvé en moyenne 54 champignons présents dans des tronçons de 4 mm de racines. On y trouve :
- des champignons pathogènes ;
- beaucoup de champignons mycorhiziens ;
- beaucoup de champignons endophytes, présents à l’intérieur des tissus, dont le rôle reste encore mal connu.
L’intérieur de la racine, un espace largement partagé
Hervé Covès décrit l’organisation interne de la racine. Au centre se trouve le cylindre central, dans lequel circule notamment la sève élaborée qui redescend des feuilles vers les racines. Autour se trouve une zone de parenchyme, avec des espaces aériens, et c’est dans cet environnement que les champignons pénètrent et colonisent les tissus.
Ils occupent les zones autour du cylindre central et y stockent des nutriments. Leur présence est si importante qu’Hervé Covès affirme que 50 % de la biomasse d’une racine peut être constituée de champignon.
Parmi ces champignons, il évoque notamment les Glomus, avec leurs vésicules. Ces vésicules sont des structures de stockage. Elles montrent à quel point le champignon est à l’aise dans la racine : il utilise la plante comme lieu de protection et de réserve, jusqu’à y stocker sa propre énergie. Lorsque le champignon meurt, ces réserves deviennent intégralement disponibles pour la plante hôte. La plante n’a alors plus à nourrir le champignon, et récupère en plus les nutriments qu’il avait accumulés.
Hervé Covès signale cela pour nuancer certaines études qui concluent que l’arrêt du fonctionnement mycorhizien pourrait parfois améliorer le fonctionnement de la plante : selon lui, ce mieux n’est que transitoire.
Des champignons inattendus dans les racines
Parmi les résultats d’analyses, Hervé Covès rapporte une observation qui l’a beaucoup surpris : la présence, à l’intérieur des racines de vigne, de champignons coprophages, c’est-à-dire de champignons qui dégradent les excréments animaux.
Au départ, l’équipe a cru à une contamination des prélèvements. Les échantillons ont été de nouveau nettoyés et analysés, mais le résultat s’est confirmé. Ces champignons étaient bien présents dans les racines.
Cela l’amène à une idée importante : l’intérieur de la plante contient aussi quelque chose de l’extérieur. En d’autres termes, la qualité de l’environnement créé autour de la vigne détermine en partie le type de relations biologiques qui vont s’installer en elle. Ce qui se passe autour de la plante influence profondément sa physiologie et ses relations avec le vivant.
Le réseau mycélien et les zones d’hyperfluidité
Hervé Covès montre ensuite des images de réseaux mycéliens, notamment de champignons décomposeurs de bois. Autour des filaments mycéliens existe une zone floue, hydratée, qui fait partie du champignon. C’est là qu’il digère. Là où l’être humain digère à l’intérieur de son appareil digestif, le champignon digère à l’extérieur de lui-même, dans cette zone d’interface avec le milieu.
Dans cette zone se trouvent aussi des bactéries. Elles y circulent dans un état qu’il qualifie d’« hyperfluide », c’est-à-dire avec très peu de résistance. Une bactérie peut alors se déplacer à grande vitesse, jusqu’à deux mètres par heure.
Cela signifie que, dans un sol traversé par des réseaux fongiques, les fonctionnalités biologiques peuvent se diffuser très rapidement. Si, quelque part dans la parcelle, apparaît une ressource particulière — feuilles mortes, matière organique, foyer pathologique, capacité locale à absorber ou transformer un nutriment — cette fonctionnalité peut être diffusée :
- à l’intérieur du réseau mycorhizien ;
- mais aussi à l’extérieur, dans ces zones d’hyperfluidité, encore plus rapidement.
Pour Hervé Covès, c’est une idée décisive : le sol n’est pas un milieu fixe. C’est un milieu mouvant, très fluide, dans lequel beaucoup de choses circulent très vite.
L’importance de l’intégrité du réseau mycorhizien
Dans les milieux où la vigne pousse naturellement, souvent un peu arides et difficiles, les ressources sont limitées. Si les faibles quantités disponibles de phosphore, d’azote et d’autres éléments ne peuvent pas circuler grâce à un réseau fonctionnel, alors le système ne fonctionne pas de manière optimale.
Dans ce cas, on devient dépendant des intrants. À l’inverse, si l’on maintient des réseaux mycorhiziens intègres, on laisse au vignoble et aux vignes la capacité :
- d’interagir ;
- de faire émerger des solutions ;
- de se les échanger.
Si des plantes vivent ensemble depuis très longtemps, c’est précisément parce qu’elles ont pris des habitudes communes et développé des formes de coopération.
Les plantes compagnes de la vigne sauvage
Hervé Covès s’appuie ensuite sur deux études :
- une étude française, réalisée par Brice à l’université de Nîmes, sur les écosystèmes sauvages de Vitis vinifera subsp. sylvestris, l’ancêtre de la vigne cultivée ;
- une étude suisse, des années 2000, très complète, dont il ne se rappelle pas le nom de la chercheuse.
Ces travaux ont permis de définir le cortège végétal fréquemment associé à la vigne en milieu sauvage, autrement dit son syntaxon, l’ensemble des plantes avec lesquelles elle est couramment liée.
Parmi les plantes les plus fréquemment associées, Hervé Covès cite :
- la ronce ;
- le cornouiller sanguin ;
- l’aubépine ;
- la clématite ;
- le lierre ;
- le troène ;
- le prunellier ;
- l’orme.
Selon lui, si ces plantes sont si souvent présentes avec la vigne depuis des millénaires, voire davantage, ce n’est pas un hasard : elles ont probablement appris à vivre ensemble.
La ronce, le cornouiller et l’aubépine
La ronce est la plante qui arrive en tête dans l’étude qu’il évoque. Hervé Covès aime insister sur ce point : la ronce et la vigne vivent ensemble depuis très longtemps. Elles ont donc pu développer des stratégies communes d’adaptation, de résistance et de coopération.
Le cornouiller sanguin vient ensuite. Il évoque le souvenir des destructions de cornouillers à coups de pioche dans les vignes d’Alsace, alors qu’en réalité il existe, selon lui, des relations d’une grande intimité entre la vigne et le cornouiller.
L’aubépine est également citée. Elle aussi a été massivement détruite pour diverses raisons sanitaires ou agronomiques. Aujourd’hui encore, il est souvent interdit d’en planter, même si les oiseaux le font spontanément. Pourtant, Hervé Covès estime qu’il existe là aussi des fonctionnalités communes entre la vigne et l’aubépine.
La clématite et l’émergence des auxiliaires
La clématite est un cas plus controversé. On lui objecte souvent qu’elle héberge les cicadelles de la flavescence dorée, et qu’il ne faudrait donc pas mettre « le loup dans la bergerie ».
Hervé Covès répond qu’on dispose certes de publications scientifiques sérieuses sur ce rôle d’hôte, mais pas d’études aussi sérieuses sur d’autres fonctions possibles de la clématite. Il évoque notamment :
- son système de pollinisation particulier ;
- la présence d’insectes plutôt nocturnes ;
- la venue possible de chauves-souris attirées par cette activité ;
- et donc une meilleure régulation éventuelle de certains ravageurs à proximité.
Il formule ici une idée forte : là où est le problème peut aussi se trouver la solution. Si le problème ne s’exprime jamais, la solution ne peut pas émerger.
Plus largement, il explique que la coopération dépasse largement la seule symbiose mycorhizienne. Le simple fait qu’une plante existe entraîne avec elle tout un cortège d’insectes. Et de ce cortège peuvent émerger des auxiliaires utiles à plusieurs espèces végétales du système.
Le lierre, plante clé de l’hiver
Hervé Covès insiste particulièrement sur le lierre. Il demande s’il est possible d’imaginer une vigne sans lierre.
Du point de vue mycorhizien, le lierre n’a pas toujours des relations très proches avec la vigne. Mais il possède d’autres qualités majeures :
- il fleurit en hiver ;
- il produit du nectar en hiver ;
- il offre donc gîte et nourriture à de nombreux auxiliaires.
Il cite notamment les chrysopes. À l’état larvaire, elles consomment divers ravageurs ; à l’état adulte, elles se nourrissent de nectar. Le lierre permet ainsi à de nombreuses espèces auxiliaires de passer l’hiver au plus près de la vigne.
Si le lierre est présent juste à côté de la vigne, les auxiliaires sont déjà sur place lorsque les premiers parasites apparaissent. Si, au contraire, le lierre se trouve à 500 mètres, dans un bois, ces petits insectes ne feront pas la distance en sortie d’hiver, quand le froid limite leurs déplacements et que la prédation par les oiseaux est forte.
Le prunellier et les fruitiers à noyau
Le prunellier a, selon Hervé Covès, un rapport mycorhizien particulièrement privilégié avec la vigne. Plus largement, il affirme que les fruitiers à noyau issus de cette même famille partagent environ 85 % de leurs champignons mycorhiziens avec la vigne.
Cette proximité a plusieurs conséquences :
- le prunellier fleurit et photosynthétise avant la vigne ;
- il nourrit donc le sol plus tôt au printemps ;
- son réseau mycorhizien est déjà opérationnel lorsque la vigne démarre.
La vigne peut ainsi bénéficier très tôt d’un réseau déjà actif. Ensuite, en été, lorsque la vigne fructifie et a de forts besoins en ressources, les prunelliers, pruniers, abricotiers ou pêchers ont souvent déjà terminé l’essentiel de leur fructification. Leurs besoins diminuent alors au moment même où ceux de la vigne augmentent.
Comme ils alimentent un réseau mycorhizien très proche de celui de la vigne, ils peuvent contribuer à mettre des ressources à sa disposition au moment le plus utile, notamment pour la maturation des raisins.
L’orme
L’orme fait aussi partie de ces plantes compagnes. Comme le prunellier, il démarre tôt au printemps et peut entretenir un réseau mycorhizien utile à la vigne.
Hervé Covès note aussi que la graphiose, en détruisant les grands ormes, a paradoxalement favorisé le maintien de formes plus basses, plus buissonnantes, capables de rejeter et de repartir sans devenir de très grands arbres. Cela pourrait en faire des compagnons plus faciles à intégrer dans certains systèmes, sans nécessiter un entretien excessif.
La vigne est née les pieds dans l’eau
Hervé Covès rappelle ensuite une idée importante : la vigne est née au bord de l’eau, les pieds dans l’eau. Cela signifie que l’écosystème dans lequel elle est apparue contenait tout ce dont elle avait besoin pour se développer.
Il y a derrière cela des centaines de milliers d’années d’évolution et de coévolution.
Il fait remarquer qu’à proximité immédiate de l’eau, on observe souvent moins de parasites et moins de problèmes, car l’écosystème est alors plus à même de faire émerger tout ce dont la vigne a besoin. Il insiste sur le caractère primordial de l’écosystème aquatique : il précède même la vie terrestre. Si, autour d’un vignoble, il n’existe pas d’écosystème aquatique, cela peut poser problème pour l’autonomie et la résilience de la vigne.
Les vieux arbres comme réservoirs biologiques
Hervé Covès présente ensuite le cas d’un très vieux châtaignier du sud-est de la France, âgé d’environ 2000 ans.
Un tel arbre, vivant depuis des siècles dans un même lieu, a traversé le chaud, le froid, le sec, l’humide, les maladies, les déséquilibres et les périodes favorables. S’il est toujours vivant, c’est qu’il a su créer autour de lui des interactions efficaces avec de nombreux êtres vivants.
Il cite plusieurs observations :
- tous les cent ans, le nombre d’espèces d’insectes associées à un arbre augmente d’environ 30 % ;
- cela inclut à la fois les organismes problématiques et leurs auxiliaires ;
- les vieux arbres hébergent aussi des microbiotes beaucoup plus riches.
Il compare, à titre d’exemple, des pommiers :
- en culture conventionnelle, avec environ 6 champignons mycorhiziens sur leurs racines ;
- en système biologique, avec environ 40 champignons ;
- et de très vieux pommiers proches d’arbres anciens, avec jusqu’à 185 champignons différents dans les racines.
Les vieux arbres constituent donc, selon lui, de véritables outils biotechnologiques vivants. Ils donnent accès à une immense collection de micro-organismes forgée par une très longue histoire locale.
Il ajoute toutefois que, si la vigne pousse mal autour d’un vieil arbre, c’est souvent parce que les systèmes d’exploitation ne permettent plus la connexion biologique entre les plantes, par exemple à cause d’excès d’engrais qui interrompent le fonctionnement mycorhizien. Dans ce cas, les plantes entrent en opposition au lieu d’entrer en symbiose.
Le rôle des oiseaux migrateurs
Les micro-organismes des arbres ne sont pas figés. Hervé Covès explique qu’ils se mettent à jour en permanence grâce aux oiseaux, en particulier les oiseaux migrateurs.
Les grands couloirs migratoires amènent, du sud vers le nord, de nouveaux micro-organismes, de nouvelles espèces, de nouvelles potentialités écologiques. Il évoque notamment l’Éthiopie, où existent une grande diversité de climats et d’étagements altitudinaux, avec des plantes, des champignons mycorhiziens et des insectes comparables aux nôtres, mais aussi bien d’autres.
À mesure que le climat se réchauffe, les nouvelles espèces arrivent du sud, et avec elles arrivent aussi des micro-organismes susceptibles d’aider les écosystèmes à s’adapter. D’où l’intérêt, selon lui, de concevoir les paysages de manière à favoriser la venue régulière des oiseaux, afin qu’ils enrichissent les microbiotes locaux et apportent des solutions potentielles à des conditions nouvelles : chaleur, ultraviolet, sols dégradés, canicules.
La forme du paysage et la condensation
Hervé Covès revient alors à la question de la condensation évoquée au début.
Dans un paysage agricole, la forme du milieu a des conséquences directes sur le microclimat. Si l’on crée des structures paysagères complexes, avec arbres, clairières, ouvertures et zones de rupture, on modifie la circulation de l’air. Au lieu d’un flux homogène qui emporte toute l’humidité, on crée des vortex locaux et des zones où l’air ralentit, se refroidit et condense.
Il montre un exemple, près de chez lui, observé par satellite à l’aide d’algorithmes permettant de mesurer la condensation en temps réel sur une parcelle. En septembre 2019, juste après la canicule, alors qu’il n’avait pas plu depuis longtemps, certaines zones récupéraient chaque nuit entre 2 et 4 mm d’eau simplement par condensation.
Selon lui, dans une culture trop homogène, l’air circule sans obstacle et l’humidité est emportée. En revanche, avec des motifs paysagers plus complexes, on crée des « motifs condensateurs » : l’air s’engouffre dans des ouvertures, rencontre localement des zones plus froides, et l’eau se condense.
Condensation, plantes froides et redistribution de l’eau
La condensation se fait sur les surfaces les plus froides. Cela peut être :
- de jeunes rameaux turgescents ;
- certaines plantes compagnes ;
- et en particulier le lierre, qu’Hervé Covès décrit comme étant parfois de 5 à 8 °C plus froid que la feuille de vigne.
La nuit, à un moment où les plantes ne transpirent pas, cette humidité se dépose sur leurs surfaces. Pourtant, elles restent capables d’absorber cette eau par le feuillage. Hervé Covès invite d’ailleurs à le vérifier physiquement en passant la main, de nuit ou en fin de nuit, sous des feuilles de vigne ou de lierre pour sentir la condensation.
Le lierre absorbe cette eau. Il en conserve une partie pour lui-même, mais le surplus peut être relargué dans le réseau mycorhizien et les zones d’hyperfluidité. Cette eau devient alors disponible, le lendemain, pour les plantes voisines, notamment la vigne.
Ainsi, on peut imaginer des structures végétales plus froides que la vigne :
- qui captent l’humidité nocturne ;
- qui évitent qu’elle ne se condense directement sur les feuilles de vigne ;
- et qui redistribuent ensuite cette eau à travers le sol vivant.
On met alors en place un nouveau cycle de l’eau, à très petite échelle, sur quelques mètres, pouvant fonctionner plusieurs fois dans une même nuit.
Vers des paysages viticoles condensateurs
Hervé Covès montre enfin un exemple de vignoble en Autriche, où tout le paysage a été retravaillé en terrasses, avec :
- des vignes sur des surfaces planes, facilement mécanisables ;
- des décrochements servant de corridors biologiques ;
- des zones favorables à la circulation du vivant ;
- et des secteurs où l’eau peut condenser puis être redistribuée.
Si l’on dispose de relief, cela peut se faire par de grands travaux. Mais on peut aussi recréer des effets comparables avec des arbres et d’autres structures paysagères qui modifient la circulation de l’air.
Il rejoint ici l’idée selon laquelle l’eau « se cultive ». Au moment même où l’on parle de pénurie d’eau et d’ouverture possible à l’irrigation dans certaines appellations, il affirme qu’il existe peut-être des moyens d’agir très concrètement au cœur même des parcelles, en concevant autrement les formes du paysage, les symbioses et les coopérations.
Conclusion
La conférence montre que la production viticole peut être pensée à partir des symbioses plutôt qu’à partir de la seule correction des manques par des intrants.
Hervé Covès insiste sur plusieurs idées liées entre elles :
- la vigne est traversée par une grande diversité de champignons ;
- les réseaux mycorhiziens et bactériens rendent le sol extrêmement mobile et réactif ;
- certaines plantes compagnes historiques de la vigne jouent un rôle déterminant ;
- les vieux arbres, l’eau, les oiseaux et la forme du paysage enrichissent les capacités du système ;
- la condensation nocturne peut devenir une ressource cultivée.
Au fond, il propose de considérer le vignoble comme un organisme élargi, fait de coopérations entre racines, champignons, bactéries, arbres, arbustes, insectes, oiseaux, humidité atmosphérique et formes du relief. C’est dans cette complexité vivante que peut se construire une production plus autonome et plus résiliente.