Systèmes bananiers de culture sous Couverture végétale aux Antilles, Tran Quoc Hoa

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Dans cette intervention, Tran Quoc Hoa, ingénieur agronome au Cirad, présente le développement de systèmes bananiers sous couverture végétale en Guadeloupe et en Martinique, dans le cadre du Plan Banane Durable. Face aux limites du modèle conventionnel — forte dépendance aux herbicides et nématicides, dégradation des sols, pression parasitaire et impacts sanitaires et environnementaux — il montre comment des systèmes en SCV ont été conçus avec les producteurs. Ces itinéraires reposent sur des couverts multi-espèces, associant graminées et légumineuses, pour améliorer la structure du sol, limiter l’enherbement et réduire les nématodes parasites du bananier. La mécanisation adaptée, l’accès aux semences et la coordination entre producteurs, techniciens et recherche ont été déterminants pour diffuser ces pratiques. Malgré une adoption encore progressive, ces innovations ont déjà contribué à réduire l’usage des pesticides et à accompagner la transition agroécologique de la filière banane aux Antilles.

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Résumé
Dans cette intervention, Tran Quoc Hoa, ingénieur agronome au Cirad, présente le développement de systèmes bananiers sous couverture végétale en Guadeloupe et en Martinique, dans le cadre du Plan Banane Durable. Face aux limites du modèle conventionnel — forte dépendance aux herbicides et nématicides, dégradation des sols, pression parasitaire et impacts sanitaires et environnementaux — il montre comment des systèmes en SCV ont été conçus avec les producteurs. Ces itinéraires reposent sur des couverts multi-espèces, associant graminées et légumineuses, pour améliorer la structure du sol, limiter l’enherbement et réduire les nématodes parasites du bananier. La mécanisation adaptée, l’accès aux semences et la coordination entre producteurs, techniciens et recherche ont été déterminants pour diffuser ces pratiques. Malgré une adoption encore progressive, ces innovations ont déjà contribué à réduire l’usage des pesticides et à accompagner la transition agroécologique de la filière banane aux Antilles.

Cette intervention a eu lieu dans le cadre du colloque d'hommage à Lucien Séguy et Hubert Charpentier.

Pour retrouver la vidéo du colloque dans son entièreté : https://www.youtube.com/watch?v=aXs59o8AoZc




Présentation et parcours de l’intervenant

L’intervenant se présente comme ingénieur agronome, travaillant au moment de l’enregistrement au Laos pour le Cirad. Il explique avoir rencontré Lucien pour la première fois en 2000, au Laos, alors qu’il était encore étudiant et qu’il avait très peu d’expérience en agriculture de conservation.

Il a ensuite travaillé au Laos de 2001 à 2008. C’est durant cette période qu’il a eu l’occasion de mieux connaître Lucien et surtout d’être formé aux SCV par lui, lors de différentes missions, avec ses amis et collègues Florent Thivet, Patrick Julhès et Pascal Hélène, ce dernier devant intervenir juste après pour présenter l’expérience du Laos.

Concernant les Antilles, il rappelle que Lucien a réalisé sa première mission en Guadeloupe et en Martinique en 2008. À la suite de cette mission, l’intervenant a été affecté aux Antilles de 2010 à 2018 afin d’appuyer la filière banane dans le développement de systèmes bananiers plus durables dans les deux départements.

À travers cette présentation, son objectif est de mettre en avant la contribution de Lucien dans le développement des systèmes bananiers de culture sous couverture végétale aux Antilles.

Plan de la présentation

La présentation est organisée en trois parties :

  • un rapide état des lieux de la filière banane ;
  • une présentation des principaux systèmes bananiers en SCV mis au point avec les producteurs ;
  • une description de l’approche adoptée pour accompagner le changement d’échelle.

État des lieux de la filière banane aux Antilles

Contexte mondial

La production et le marché mondial de la banane dessert sont en pleine croissance. Le continent asiatique, en particulier l’Inde et la Chine, est le premier producteur mondial avec plus de 50 % de la production mondiale, suivi par l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale.

En revanche, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale sont les premiers exportateurs mondiaux, tandis que l’Europe et l’Amérique du Nord sont les premiers importateurs de banane dessert.

Place de la Guadeloupe et de la Martinique

La Guadeloupe et la Martinique représentent une très petite part de la production et du marché mondial. Les surfaces cultivées en banane y sont inférieures à 8 000 hectares, pour environ 550 producteurs.

Cette activité agricole reste néanmoins très importante pour les deux départements, car elle concerne plus de 10 000 emplois directs et indirects, soit en moyenne un actif sur 20 dans les deux îles.

Conditions pédoclimatiques

Le climat est tropical, avec une pluviométrie variant d’environ 1 300 mm à 6 000 mm par an selon les zones.

La banane est principalement cultivée sur des sols volcaniques, naturellement riches et très fertiles.

Les limites des systèmes conventionnels

Impacts sanitaires et environnementaux

L’intervenant rappelle les impacts bien connus des systèmes bananiers très intensifs en conventionnel aux Antilles, notamment :

  • l’impact des pesticides sur la santé humaine, avec en particulier des taux d’incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés de France ;
  • l’impact sur l’environnement, avec une pollution des eaux et des sols par les pesticides.

Le problème du chlordécone est également évoqué dans les échanges qui suivent la présentation, comme un sujet marquant de l’histoire de la banane aux Antilles.

Contraintes économiques et techniques

Du côté de la filière, les producteurs doivent faire face à :

  • des coûts de production très élevés, liés principalement à la main-d’œuvre et aux intrants chimiques ;
  • l’émergence de nouvelles maladies ;
  • de nouvelles réglementations sur les produits phytosanitaires, qui réduisent leur marge de manœuvre en système conventionnel.

Sensibilité des bananiers Cavendish

Les cultivars Cavendish sont les principaux cultivars de banane dessert utilisés aux Antilles, en monoculture et en climat tropical. Ces cultivars sont confrontés à une grande diversité de maladies et de ravageurs, notamment :

  • des nématodes spécifiques du bananier comme Radopholus similis ou Pratylenchus coffeae ;
  • le charançon du bananier, qui a été massivement traité dans le passé avec le chlordécone ;
  • la cercosporiose noire, maladie fongique très problématique pour les producteurs ;
  • plus généralement, une très forte pression de l’enherbement, favorisée par le climat.

Niveau d’usage des pesticides en 2010

En 2010, en système conventionnel, les producteurs de bananes aux Antilles utilisaient jusqu’à 8 kg de matière active par hectare et par an, dont 5,5 kg d’herbicides par hectare et par an.

Fonctionnement du système conventionnel avant transition

Après cinq ans de production de bananes, les producteurs laissent généralement les parcelles en jachère à la suite d’une forte baisse de rendement, souvent liée à une forte pression parasitaire qui entraîne une diminution de la densité des bananiers.

Le schéma classique est le suivant :

  • destruction chimique et mécanique de la bananeraie ;
  • jachère de 6 à 12 mois ;
  • travail du sol à nouveau ;
  • plantation de vitroplants de bananier sur sol nu.

Ce fonctionnement pose plusieurs problèmes agronomiques :

  • pendant la jachère naturelle, multiplication du stock semencier des adventices ;
  • assainissement biologique des sols très aléatoire vis-à-vis des ravageurs ;
  • dégradation des sols due aux différents travaux du sol avant la jachère et avant replantation ;
  • très forte pression de l’enherbement après plantation sur sol nu, conduisant à plusieurs passages d’herbicides.

Mise en place d’un programme de transition

C’est dans ce contexte que l’intervenant a été affecté aux Antilles en 2010, dans le cadre du Plan banane durable, un programme alors financé par l’Union européenne.

Sa mission principale était d’appuyer la filière pour la mise au point et la diffusion de systèmes de culture bananiers à très faibles intrants chimiques, avec un focus particulier sur la réduction des pesticides.

Il souligne que Lucien l’a accompagné à distance tout au long de cette mission et qu’il a également pu réaliser plusieurs missions d’appui auprès de la filière entre 2010 et 2015, malgré un agenda extrêmement chargé.

Principes des systèmes bananiers en SCV

Avec l’appui de Lucien, le travail a porté sur plusieurs axes :

  • la mise au point de systèmes avec mélanges d’espèces complémentaires en phase de jachère, pour améliorer la fertilité des sols, en particulier leur structure, et pour renforcer l’assainissement biologique ;
  • l’installation de couverts diversifiés et multifonctionnels à très forte biomasse aérienne et souterraine ;
  • le développement d’itinéraires techniques en SCV avec mélanges de plantes de couverture ;
  • dans un premier temps, l’utilisation de légumineuses annuelles dans les jeunes plantations ;
  • dans un deuxième temps, l’utilisation de couverts pérennes multifonctionnels ;
  • plus récemment, l’introduction d’arbres dans ces systèmes par un petit nombre de producteurs.

Exemple de système bananier en SCV

Un exemple de système développé avec les producteurs est présenté.

Le principe est le suivant :

  1. installation d’un couvert multi-espèces et multifonctionnel reposant sur un mélange de Brachiaria et de légumineuses annuelles, comme la crotalaire ;
  2. destruction du couvert ;
  3. plantation des vitroplants de bananier en semis ou plantation directe sur mulch ;
  4. installation d’un second couvert, cette fois une légumineuse pérenne ;
  5. gestion mécanique de ce couvert dans l’interrang pendant le cycle du bananier.

Une autre alternative consiste à installer directement un couvert de légumineuse pérenne, fauché en bandes alternées, sur lesquelles les bananiers sont plantés en semis direct. L’interrang reste couvert vivant et est contrôlé mécaniquement tout au long du cycle.

Le rôle des plantes de couverture dans l’assainissement des sols

Enjeu nématodes

La banane dessert est très sensible à certains nématodes qui provoquent des dégâts dans les racines du bananier, pouvant entraîner la chute des plants.

Pour contrôler ces ravageurs par voie biologique, une solution consiste à supprimer leurs ressources alimentaires, c’est-à-dire les espèces hôtes, pendant la phase de jachère. Pour cela, on implante des couverts composés :

  • d’espèces non hôtes ;
  • associées à des espèces dites nématicides naturelles.

Travail sur les espèces utilisables

Lucien avait recommandé un très grand nombre d’espèces alors complètement méconnues et non utilisées aux Antilles. Beaucoup ont ensuite été étudiées en laboratoire pour connaître leur statut d’hôte.

L’intervenant cite notamment des résultats sur Radopholus similis, nématode parasite du bananier. Les espèces présentant un taux de multiplication négatif sont des espèces non hôtes, tandis que celles présentant un taux de multiplication positif sont hôtes. À titre de comparaison, le bananier présente un taux de multiplication d’environ 100.

Ces résultats ont montré que plusieurs espèces, notamment différentes crotalaires, constituaient d’excellentes plantes à utiliser en phase de jachère.

Couverts multi-espèces testés en phase de jachère

Association brachiaria et crotalaire

Des mélanges multi-espèces ont été testés en phase de jachère, par exemple :

  • du Brachiaria, utilisé principalement pour sa capacité à améliorer la structure du sol grâce à la biomasse produite, au carbone apporté et à son système racinaire fasciculé ;
  • associé à de la crotalaire, pour sa capacité à fixer l’azote et surtout à assainir les sols vis-à-vis des nématodes parasites.

Utilisation de Cajanus cajan

Un autre exemple de jachère améliorée repose sur Cajanus cajan, le pois d’Angole, une légumineuse semi-pérenne.

Ce couvert est installé en phase de jachère puis couché au rouleau Faca avant plantation des bananiers. L’espèce est jugée intéressante en raison de sa forte production de biomasse aérienne.

Des bananiers ont ainsi été plantés en semis direct sur mulch de Brachiaria et de Cajanus, avec parfois des repousses de Cajanus.

Une autre variété de Cajanus, annuelle cette fois, a aussi été utilisée dans l’interrang avec de jeunes bananiers, sans générer de compétition notable.

Itinéraires techniques en SCV dans les bananeraies

Un des itinéraires illustrés dans la présentation comprend les étapes suivantes :

  1. installation, en phase de jachère, d’un premier couvert multifonctionnel à base de Brachiaria, graminée pérenne très productive en biomasse ;
  2. destruction de ce couvert ;
  3. semis direct d’un second couvert à base de légumineuses ;
  4. fauche de ce second couvert en bandes alternées avant plantation des vitroplants de bananier ;
  5. plantation des jeunes bananiers sur le mulch composé des deux couverts ;
  6. maintien de la légumineuse dans l’interrang comme couverture vivante.

D’autres couverts multi-espèces à base de légumineuses annuelles et pérennes ont également été utilisés dans les jeunes plantations. Selon l’intervenant, aucune compétition notable n’a été observée entre ces couverts multifonctionnels et le bananier. Dans certains cas, le couvert rend même un service de brise-vent ou de barrière physique.

Exemples de légumineuses pérennes utilisées

Arachis pintoi

Un semis de légumineuse pérenne de type Arachis pintoi, cousine de l’arachide, a été implanté dans l’interrang d’une jeune plantation sur mulch de Brachiaria et de crotalaire.

Arachis repens

Une autre espèce proche a été utilisée : Arachis repens, qui ne produit pas de graines et reste très rasante.

Cette caractéristique est jugée très importante pour les producteurs de bananes, car elle facilite la circulation des ouvriers dans la bananeraie et nécessite moins d’entretien.

Desmodium

Le Desmodium a également été testé dans les bananeraies. L’intervenant rappelle qu’il faisait partie des espèces recommandées très tôt par Lucien, dès 2010, pour les couverts.

Premières intégrations d’arbres dans les systèmes

Un petit nombre de producteurs a commencé à introduire des espèces ligneuses dans ces systèmes couverts.

Le principe décrit est le suivant :

  1. phase de jachère améliorée avec un couvert multifonctionnel multi-espèces ;
  2. fauche du couvert en bandes alternées ;
  3. plantation en semis direct, sur mulch, des bananiers et des arbres ;
  4. maintien du couvert vivant dans l’interrang ;
  5. fauche régulière pendant tout le cycle du bananier.

L’intervenant insiste sur le fait que, dans ce type de système sol-plante, le fonctionnement se rapproche d’un circuit fermé.

Exemples d’associations observées chez les producteurs

Plusieurs exemples développés directement par les producteurs sont présentés :

  • une parcelle en jachère avec du Panicum, fauché en bandes avant plantation des bananiers et des espèces associées ;
  • une association bananier-papayer, plantée en semis direct, avec toujours du Panicum dans l’interrang, régulièrement fauché, puis déposé sur la ligne de bananiers ;
  • une association bananier-eucalyptus, toujours avec du Panicum dans l’interrang ;
  • une association bananier-papayer photographiée du ciel par le producteur Patrick Berry.

Importance de la mécanisation

L’introduction d’une mécanisation adaptée a été essentielle pour l’adoption de ces systèmes.

Les équipements mentionnés comprennent :

  • des semoirs de semis direct ;
  • des rouleaux Faca pour la gestion mécanique des couverts ;
  • plus récemment, différents équipements adaptés pour gérer les couverts pérennes vivants, installés ou naturels, dans les interrangs de bananier.

Lors des échanges après la présentation, il est précisé que :

  • pour les bananiers, il s’agit bien de plantation directe ;
  • pour les couverts, il s’agit de semis direct sur mulch ;
  • les semis de légumineuses dans le mulch étaient réalisés avec des semoirs à disques ;
  • les principaux semoirs utilisés étaient des Semeato et des Tatu, importés du Brésil via le réseau de Lucien.

L’intervenant souligne qu’un énorme travail a été réalisé sur l’adaptation du matériel, car les mulchs étaient souvent très épais. Le semis de petites graines était possible, mais le semis de grosses graines dans de tels mulchs restait compliqué.

Il ajoute qu’aujourd’hui sont également encouragées des pratiques de semis à la volée dans du couvert vivant, comme cela se développe déjà en France et en Amérique latine.

La mécanisation a aussi nécessité un travail d’ingénierie pour la gestion des couverts dans les interrangs, avec une implication forte des producteurs eux-mêmes et des instituts techniques.

Difficultés du changement d’échelle

En 2016, des enquêtes conduites auprès des acteurs de la filière ont montré que la transition était encore à ses débuts. Le niveau d’adoption était plus important dans les grandes exploitations, qui avaient accès à la mécanisation.

Ces enquêtes ont aussi mis en évidence une absence de coordination entre les différents acteurs de la filière :

  • producteurs ;
  • prestataires de services ;
  • fournisseurs de semences ;
  • services techniques ;
  • recherche.

Malgré l’existence :

  • d’une mécanisation adaptée ;
  • de semences disponibles ;
  • de systèmes techniquement au point ;

des contraintes à l’adoption à grande échelle subsistaient et subsistent encore.

Innovations organisationnelles et institutionnelles

Pour accompagner ce changement d’échelle, des innovations organisationnelles et institutionnelles ont été jugées nécessaires.

Cela a conduit à la mise en place d’une unité spécialisée dédiée :

  • à l’appui technique pour la mise en œuvre des systèmes en SCV ;
  • à l’organisation et à la coordination des acteurs sur le terrain ;
  • à l’animation de plateformes d’échange où les acteurs partagent leurs expériences.

Premiers résultats observés

Même si la dynamique d’adoption reste relativement lente, l’intervenant souligne que les changements récents de pratiques se sont traduits par une diminution des quantités de produits phytosanitaires utilisées aux Antilles, notamment pour :

  • les nématicides ;
  • les herbicides.

Il insiste aussi sur le fait que la filière a fait d’énormes efforts pour encourager et mettre en lumière les producteurs engagés dans la transition agroécologique.

Cette évolution permet aussi, selon lui, de mieux valoriser une banane dessert « plus propre » que dans d’autres pays producteurs comme en Amérique latine ou en Afrique, où les quantités de pesticides utilisées en conventionnel restent encore très importantes et préoccupantes.

Conclusion et hommage à Lucien

Pour conclure, l’intervenant rappelle une idée forte attribuée à Lucien : sa principale source d’inspiration était la nature, dans toute sa complexité. Lorsqu’on a une question à poser, il faut faire quelques manipulations pour qu’elle réponde, et le faire de manière scientifique pour comprendre pourquoi.

Pour l’intervenant, c’est l’un des messages les plus importants qu’il ait reçus et retenus pour avancer dans son métier d’ingénieur agronome.

Il explique également que c’est en partie grâce à Lucien qu’il a pu vivre huit belles années de sa vie aux Antilles, à la fois sur le plan professionnel et personnel. Durant toute cette longue mission, Lucien a toujours été disponible pour répondre à ses questions, qu’il s’agisse d’identifier une plante dans une parcelle ou de juger de l’intérêt d’une espèce dans un mélange. Il le décrit comme « bien plus efficace qu’une application de téléphone ».

Il adresse enfin plusieurs remerciements et hommages :

  • un remerciement personnel à Lucien ;
  • un hommage à Hubert, qu’il a peu connu ;
  • un hommage à leur ami Johnny Boyer, disparu en 2015, qui faisait partie de cette « bande de copains SCV du Cirad » et appréciait beaucoup Lucien ;
  • une pensée amicale à Jacqueline et à ses enfants.

Questions et précisions apportées en fin d’intervention

Plantation directe ou semis direct ?

À une question de José Martin, il est répondu qu’il s’agit en fait des deux :

  • plantation directe pour les bananiers ;
  • semis direct pour les couverts de plantes de couverture sur mulch.

L’intervenant précise qu’on reste bien dans les mêmes principes agronomiques.

Semis des légumineuses dans le mulch

À la question de savoir si l’installation des légumineuses dans le mulch était réalisée avec un semoir direct à disques, la réponse est oui.

Les semoirs principalement utilisés étaient des Semeato et des Tatu, importés du Brésil par l’intermédiaire du réseau de Lucien.

Production de semences d’Arachis pintoi

À une question sur la difficulté de produire des semences d’Arachis pintoi, il est répondu que les semences n’étaient pas produites sur place, mais achetées au Brésil, chez Matsuda.

Il est aussi expliqué qu’après avoir initialement promu Arachis pintoi, les acteurs se sont progressivement orientés vers d’autres espèces d’Arachis, notamment Arachis repens, jugée plus intéressante dans certains cas.

Même si cette dernière est plus compliquée à installer, car elle ne produit pas de graines et doit être implantée par boutures, elle peut être mieux adaptée à certaines petites exploitations. Un important travail de sélection des légumineuses pérennes capables de se maintenir sous ombrage en bananeraie a ainsi été mené. Arachis repens et Desmodium font partie des espèces jugées intéressantes.

Récolte des papayers et des eucalyptus

À la question de savoir si les papayers et les eucalyptus associés aux bananiers sont récoltés, la réponse est non à ce stade.

Ces associations sont encore en phase de test. En revanche, l’intervenant précise qu’il existe désormais, chez les mêmes producteurs, des associations bananier-cacaoyer, avec un objectif de production de cacao.

Diffusion de la présentation

Il est indiqué en fin d’échange que l’ensemble de ces interventions devait être accessible ultérieurement sur la chaîne de Ver de Terre Production, avec probablement un découpage en interventions séparées, et qu’un partage des présentations était envisagé pour les personnes intéressées.