Visite du Jardin de Jouailles (par Maxime Livenais)

De Triple Performance
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Dans cette vidéo, Maxime Livenais nous emmène visiter le Jardin de Jouailles, un lieu en construction pensé comme une oasis nourricière mêlant maraîchage, vergers, vignes et bientôt animaux. Le porteur du projet y explique sa volonté de créer un système agricole diversifié, autonome et inspiré des pratiques anciennes de jouailles, où cultures temporaires et pérennes cohabitent. Après plusieurs années de maraîchage, il développe progressivement une ferme d’environ 6 hectares, dont 5 en agroforesterie, en laissant une large place aux dynamiques naturelles tout en gardant une organisation réfléchie. Il oppose cette approche au productivisme et défend une agriculture plus résiliente, fondée sur l’abondance, l’observation et l’anticipation des changements à venir. La vidéo montre ainsi un projet expérimental, poétique et concret, tourné vers la relocalisation alimentaire et la création d’un lieu vivant, fertile et collectif.

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Résumé
Dans cette vidéo, Maxime Livenais nous emmène visiter le Jardin de Jouailles, un lieu en construction pensé comme une oasis nourricière mêlant maraîchage, vergers, vignes et bientôt animaux. Le porteur du projet y explique sa volonté de créer un système agricole diversifié, autonome et inspiré des pratiques anciennes de jouailles, où cultures temporaires et pérennes cohabitent. Après plusieurs années de maraîchage, il développe progressivement une ferme d’environ 6 hectares, dont 5 en agroforesterie, en laissant une large place aux dynamiques naturelles tout en gardant une organisation réfléchie. Il oppose cette approche au productivisme et défend une agriculture plus résiliente, fondée sur l’abondance, l’observation et l’anticipation des changements à venir. La vidéo montre ainsi un projet expérimental, poétique et concret, tourné vers la relocalisation alimentaire et la création d’un lieu vivant, fertile et collectif.

Bonjours à toutes et à tous


On se retrouve aujourd'hui au Jardin des Joualles, à Verdun-sur-Garonne au Nord de Toulouse.

Reportage réalisé par Maxime Livenais dans le cadre de sa série-documentaire sur l’agroforesterie nommée Le Goût du Rêve.


« Sous les 5 Hectares d'agroforesterie en haies fruitières multi-étagées, Ludovic fait du maraîchage en rotation.

Un beau projet d'avenir qui je pense va inspirer beaucoup de gens

Merci Ludovic »


Si tu veux faire du woofing chez Ludovic, c'est par ici : https://wwoof.fr/host/4853-Jardins-des-Joualles


Merci à Baoj, Media Right Production et Terakaft pour les musique d'ambiance :

https://www.youtube.com/watch?v=BIXe09I6kkM

https://www.youtube.com/watch?v=A-8XzXakxio

https://www.youtube.com/watch?v=oBiv0SoP0Gw&t=0s


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Vous pouvez suivre l’aventure de la série Le Goût du Rêve sur la chaîne Youtube de Maxime :

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À Bientôt pour de nouvelles aventures !




Un projet de jardin nourricier et diversifié

Ludovic explique qu’il a voulu créer une offre alimentaire avec le plus de diversité possible, à la fois pour se nourrir lui-même et pour nourrir d’autres personnes. Il dit aussi que ce métier lui convenait parce qu’il lui permettait d’être son propre patron, ce qui était très important pour lui après avoir passé dix ans comme salarié.

Être à son compte lui permet de créer selon ses inspirations, d’orienter son activité comme il le souhaite, et de mettre en œuvre une vision personnelle du jardin et de l’agriculture.

Une création guidée par le ressenti et l’expérience

Dans sa manière de cultiver, Ludovic distingue plusieurs sources d’apprentissage :

  • ce qui est transmis dans la formation scolaire ;
  • ce qu’on essaie de récupérer en se déformatant ;
  • ce qu’on ressent profondément.

Il explique avoir pris du recul entre ce qu’il ressentait intérieurement et ce que le monde extérieur renvoyait. Cela l’a amené à aller un peu à contre-courant, dans une direction qui comporte des risques, mais qu’il considère comme des risques mesurés. Le projet est autofinancé, ce qui limite selon lui la prise de risque économique.

Pour lui, cette création est aussi un chemin personnel : faire un jardin, c’est exprimer ce qu’il est, même s’il dit être encore en train de découvrir qui il est réellement.

Une réflexion personnelle sur l’identité et le vivant

Ludovic développe une réflexion plus intime sur le fait de « savoir qui l’on est ». Il dit prendre conscience que ce qu’il croit être n’est peut-être qu’une toute petite partie de ce qu’il est réellement. Il évoque toutes les inconnues qui composent l’être, le passé, le futur, les mémoires oubliées, et une identité en devenir.

Dans ce cadre, il se présente simplement comme quelqu’un qui vient sur une terre pour y reconstruire une oasis, dans le but de nourrir et de s’amuser à travers cette création.

Le jardin de Jouailles

Le jardin porte le nom de « Jardin de Jouailles ». Ludovic précise que ce nom vient d’un terme agricole ancien. Les jouailles désignent des systèmes où les cultures maraîchères sont intégrées dans des vergers, parfois avec des vignes, selon des formes de polyculture que l’on trouvait avant la mécanisation.

Il décrit ces jouailles comme des paysages composés :

  • d’arbres fruitiers ;
  • de vignes intercalées ;
  • de cultures maraîchères en dessous.

Lorsqu’il a découvert ce mot, il l’a repris pour nommer son projet, car il correspondait exactement à ce qu’il souhaitait mettre en place.

Un paysage ancien à recréer

Selon Ludovic, le paysage visible aujourd’hui est très récent à l’échelle historique. Après-guerre, l’activité humaine a fortement transformé les campagnes : déboisement, mécanisation, intensification.

Il pense qu’il y a un siècle ou deux, il existait davantage de systèmes de type jouailles, avec des jardins riches en arbres fruitiers et en cultures associées. Son projet consiste précisément à remettre en œuvre ce principe ancien : un jardin composé de vergers, de maraîchage, et de vignes grimpant dans les arbres.

Un jardin d’expérimentation

Le lieu est pensé comme un jardin d’expérimentation. Ludovic y prend peu de risques et cherche à laisser une grande place à la nature. Il explique qu’il préfère mettre beaucoup d’énergie au départ dans la création, puis laisser ensuite le système fonctionner au maximum par lui-même.

Sur le plan du concept, il donne l’exemple d’un pommier : ce n’est pas l’homme qui « fait » les pommes. Si l’arbre est bien nourri, s’il n’est pas épuisé, il peut vivre et produire de lui-même. Cette vision l’amène à rechercher une agriculture avec peu d’interventions.

Il résume son approche ainsi :

  • laisser la nature faire ;
  • accueillir ce qu’elle veut bien donner ;
  • intervenir peu ;
  • se rapprocher d’un fonctionnement plus autonome.

Une opposition au productivisme

Cette manière de faire s’oppose selon lui au productivisme. Il espère tendre vers une forme de jardin plus « sauvage », plus proche de la nature, dans lequel il ne prélève que ce dont il a besoin.

Il reconnaît cependant qu’un tel fonctionnement impose d’accepter une certaine variabilité :

  • les récoltes de fruits peuvent être très aléatoires ;
  • certaines années sont bonnes, d’autres moins ;
  • le climat joue un rôle important.

Cela concerne surtout les cultures pérennes. Pour le maraîchage, il y a tout de même une intervention plus directe : il plante et il récolte. Mais ces cultures sont installées en cohérence avec les alignements d’arbres.

Associer cultures temporaires et permanentes

Le jardin repose sur l’association de cultures temporaires et de cultures permanentes :

  • les arbres constituent la partie permanente ;
  • les légumes relèvent de cultures temporaires ;
  • à terme, des animaux doivent aussi être intégrés dans le système.

Ludovic explique qu’il choisit les essences d’arbres et leur disposition pour accueillir plus tard des animaux en rotation sous les alignements. Il y a donc à la fois une part de laisser-faire et une part d’organisation. Il ne contrôle pas tout, mais il ne laisse pas non plus les choses au hasard.

Il choisit où planter les arbres pour faciliter la vie du système, puis il les laisse évoluer librement.

Surface et organisation du lieu

Le jardin couvre environ six hectares au total :

  • cinq hectares en agroforesterie ;
  • un hectare de maraîchage.

Le maraîchage est conduit avec une logique de rotations, intégrée aux plantations d’arbres.

Le parcours du projet

Ludovic raconte qu’il a commencé par produire sous tunnel, en faisant des fleurs et des plants de légumes, avant d’avoir accès à la terre. Cela a duré plusieurs années. Ensuite, il a acheté des terres, commencé à planter des arbres, et développé progressivement le projet.

Peu à peu, il a arrêté les fleurs, continué les plants un temps, puis s’est consacré à la plantation de légumes sous les arbres. Son système repose sur l’idée que lorsque les arbres sont encore petits, les cultures légumières peuvent se développer en dessous. Plus tard, quand les arbres grandissent, la situation évolue.

Les alignements d’arbres ont été plantés avec différents espacements, parfois de 6 mètres, 10 mètres, 12 mètres, voire 24 mètres. Il dit avoir mis en place plusieurs prototypes de jardin, avec des configurations variées.

La place de l’arbre et la dynamique dans le temps

Ludovic souligne que le projet est évolutif. Certains arbres ont été plantés il y a plusieurs années et ont déjà grandi ; d’autres peuvent encore être ajoutés entre eux au fur et à mesure. Il cherche à avoir, dans un même alignement, des arbres de tailles et d’âges différents.

Il dit ne pas avoir forcément peur de la concurrence entre arbres si ceux-ci sont bien nourris. Pour lui, le développement de l’ombre sera même nécessaire plus tard. Il y a donc un véritable désir de reboisement, mais avec des arbres fruitiers ou utiles dans une logique nourricière.

L’usage des bâches en maraîchage

Ludovic évoque aussi l’utilisation de bâches plastiques, en précisant bien qu’il s’agit de plastique à base de pétrole. Il explique leur fonction :

  • laisser passer l’eau ;
  • créer l’obscurité ;
  • empêcher la pousse de l’herbe.

Il perce régulièrement des trous dans ces bâches pour y planter les légumes. Les bâches peuvent être déplacées d’une parcelle à l’autre. Cela permet de limiter l’enherbement, surtout avec certaines cultures.

Il précise qu’il n’aime pas particulièrement cette technique, mais qu’elle lui simplifie le travail. Elle est surtout adaptée à des cultures volumineuses, comme :

  • les courges ;
  • les choux.

En revanche, elle ne convient pas à des cultures comme :

Les bâches ont une durée de vie d’environ dix ans, après quoi elles commencent à se dégrader.

Commercialisation actuelle

Pour l’instant, Ludovic vend sa production sur les marchés de Balma et de L’Union, dans la banlieue toulousaine, à environ 35 kilomètres de la ferme. Il explique avoir obtenu des places sur ces marchés, où il existe une clientèle habituée à acheter des légumes.

Il reconnaît que cette situation pourra être amenée à changer à l’avenir, car il estime qu’il faudra aller vers davantage de relocalisation. Pour l’instant, les habitants autour de la ferme ne le connaissent pas encore vraiment, et lui-même ne cherche pas à faire venir trop de monde tant que le lieu est encore en construction.

Un lieu encore en construction

Ludovic insiste sur le fait que le lieu n’est pas encore prêt à accueillir du public dans de bonnes conditions. Comme il est seul, il lui est déjà difficile de produire et de vendre ; il ne peut pas en plus gérer un accueil permanent à la ferme.

Il distingue d’ailleurs le fonctionnement du vivant non humain et celui des relations humaines : autant il peut laisser les arbres évoluer de manière assez autonome, autant la présence humaine demande de la gestion, de l’organisation et du temps.

C’est pourquoi, pour le moment, il préfère vendre à l’extérieur sur des marchés bien structurés, avec un début et une fin clairement définis.

Une critique de la dépendance au pétrole

Ludovic considère que le modèle actuel repose sur une abondance artificielle, liée notamment à l’énergie fossile et au pétrole bon marché. Cette situation donne l’illusion que l’on peut se déplacer facilement, transporter loin, et vivre dans une forme d’abondance, mais il y voit une période de gaspillage qui ne peut pas durer.

Il estime qu’avec la raréfaction des ressources, il faudra revenir à des modes de vie plus localisés, avec un rapprochement entre les lieux de production et les lieux de consommation. À ses yeux, l’avenir amènera donc naturellement les gens à se rapprocher des fermes.

Une vision d’avenir pour le lieu

Ludovic ne se voit pas rester isolé dans son jardin. Il imagine au contraire que le lieu deviendra plus vivant, avec davantage de personnes, des échanges, des coups de main, et des formes de vie collectives ou coopératives selon les capacités et les intentions de chacun.

Il imagine un lieu où :

  • des personnes viennent aider ;
  • des gens vivent ou passent sur place ;
  • chacun trouve une place dans un ensemble de relations et de synergies.

Selon lui, la première étape est de créer le jardin. Le reste viendra ensuite. Comme le jardin se développe de manière exponentielle à mesure que les plantations grandissent, il pense qu’il attirera naturellement de plus en plus de monde.

La culture comme base des sociétés humaines

Ludovic affirme que toutes les situations humaines ont été basées sur la culture au sens agricole du terme. Pour lui, la base de toute civilisation est la capacité à produire de la nourriture : c’est là où la terre est fertile et où l’on peut manger que les sociétés peuvent se développer, habiter, construire.

Il considère qu’aujourd’hui nous vivons dans des conditions très artificialisées, souvent « hors sol », et que cela ne pourra pas durer indéfiniment. Il juge donc plus intéressant d’anticiper un avenir plus réaliste, davantage ancré dans le vivant et dans les limites matérielles.

Un projet fondé sur l’anticipation

Ludovic dit être complètement dans l’anticipation. Il se projette dans l’avenir et donne à son projet les moyens de se construire progressivement. Il souligne que, même une petite entreprise, doit investir et se projeter pour pouvoir vivre.

Dans son cas, il insiste sur le fait qu’il projette en autofinançant et en plantant. Autrement dit, l’investissement principal se fait dans le temps long, à travers la mise en place progressive du jardin.

Conclusion de Maxime Livenais

En conclusion, Maxime Livenais remercie Ludovic pour son accueil. Il explique que son séjour sur place l’a beaucoup inspiré et constate que les jouailles prennent forme tout doucement.

Il remercie également les spectateurs ayant regardé la vidéo jusqu’au bout, les invite à la partager et à s’abonner à sa chaîne. Il précise aussi qu’il est possible de le soutenir sur Tipeee afin qu’il puisse continuer à proposer régulièrement des contenus de qualité sur l’agroforesterie sous toutes ses formes.

Selon lui, cet argent sert à financer ses trajets et à lui faire gagner du temps, en lui évitant d’aller travailler dans un système qui ne lui correspond pas forcément. Son objectif est d’attirer un maximum de personnes vers ce nouveau paradigme, cette nouvelle façon de voir la vie, et de transmettre le goût du rêve.