Webinaire "Comprendre l'hydrologie régénérative“

De Triple Performance
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Dans ce webinaire organisé par la Fondation Terre de Liens en collaboration avec la FNAB, Simon Ricard (Permalab) présente les fondamentaux de l’hydrologie régénérative. Face aux défis du changement climatique, il souligne l'urgence de passer d'un paradigme d'évacuation de l'eau à une gestion fondée sur le ralentissement et l'infiltration. L'approche repose sur un triptyque clé : des sols vivants et couverts, une réimplantation réfléchie de l'arbre (agroforesterie) et l'aménagement du territoire (micro-ouvrages, baissières, mares temporaires). Simon Ricard illustre ces principes par des retours d'expérience concrets en viticulture et en élevage, démontrant comment ces techniques permettent de restaurer le cycle de l'eau à l'échelle des bassins versants. Ce webinaire offre des pistes opérationnelles précieuses aux agriculteurs et structures d'accompagnement pour renforcer la résilience hydrique des agrosystèmes, tout en rappelant la nécessité d'une vision systémique et d'une coordination territoriale pour transformer durablement nos paysages agricoles.

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Résumé
Dans ce webinaire organisé par la Fondation Terre de Liens en collaboration avec la FNAB, Simon Ricard (Permalab) présente les fondamentaux de l’hydrologie régénérative. Face aux défis du changement climatique, il souligne l'urgence de passer d'un paradigme d'évacuation de l'eau à une gestion fondée sur le ralentissement et l'infiltration. L'approche repose sur un triptyque clé : des sols vivants et couverts, une réimplantation réfléchie de l'arbre (agroforesterie) et l'aménagement du territoire (micro-ouvrages, baissières, mares temporaires). Simon Ricard illustre ces principes par des retours d'expérience concrets en viticulture et en élevage, démontrant comment ces techniques permettent de restaurer le cycle de l'eau à l'échelle des bassins versants. Ce webinaire offre des pistes opérationnelles précieuses aux agriculteurs et structures d'accompagnement pour renforcer la résilience hydrique des agrosystèmes, tout en rappelant la nécessité d'une vision systémique et d'une coordination territoriale pour transformer durablement nos paysages agricoles.

Face aux sécheresses de plus en plus fréquentes et intenses et aux pluies diluviennes, les agriculteurs reviennent à des mesures de bon sens pour ralentir l’écoulement de l’eau et en améliorer son stockage dans le sol.

Parmi ces approches, nous entendons de plus en plus souvent parler de l’hydrologie régénérative.


L’hydrologie régénérative repose sur un travail paysager à l’échelle de la ferme ou des bassins versants visant à restaurer le cycle de l’eau. Par des techniques d’aménagements axés sur le triptyque eau-sol-arbre, cette approche permet de ralentir l’eau, la répartir, l’infiltrer et la stocker, plutôt que de la drainer et l’évacuer.


Pour mieux comprendre cette approche, nous recevons Simon Ricard, du bureau d'études Permalab. Nous aborderons les bases du cycle de l'eau et nous attacherons à comprendre ce qu'est l'hydrologie régénérative, ses bénéfices et facteurs de réussite sur la base d'éléments théoriques et de retours d'expérience de terrain.

Car, si nous n'avons pas encore de retours chiffrés à valoriser, nombreux sont les paysans et les territoires qui s'y mettent et observent des évolutions dans leur ferme.


Comprendre l’hydrologie régénérative

Ce webinaire, organisé par la Fondation Terre de Liens en partenariat avec la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), aborde l’hydrologie régénérative, un sujet crucial pour la résilience des fermes face au changement climatique et la préservation des sols.

Les cycles de l’eau : causes et conséquences de sa rupture

Le cycle de l’eau, tel qu’enseigné traditionnellement, se concentre sur l’eau “bleue” (les flux visibles : évaporation, précipitations, ruissellement, cours d’eau). Cependant, une compréhension plus moderne intègre l’importance de l’eau “verte” (l’eau recyclée par le sol et la végétation). Environ 2/3 des précipitations continentales mondiales proviennent de cette évapotranspiration continentale.

La rupture de ce cycle est causée par deux phénomènes majeurs, souvent exacerbés par les pratiques humaines :

  1. La dévégétalisation : l’arrachage des haies, la disparition des zones humides et la perte de [[matière organique]] dans les sols (passée de 4 % en 1950 à environ 1,5 % aujourd’hui).
  2. L’évacuation forcée de l’eau : la politique du “tout tuyau” (drainage agricole intensif, recalibrage des cours d’eau) qui accélère artificiellement l’écoulement de l’eau vers les océans, asséchant les paysages et augmentant les inondations en aval.

Inverser la tendance : le triptyque sol, arbre, hydrologie

Pour restaurer le cycle de l’eau, il est nécessaire de mettre en œuvre un triptyque complémentaire :

  • Sol : Favoriser des sols vivants, couverts et riches en matière organique pour augmenter leur capacité d’infiltration et de stockage.
  • Arbres : Réintroduire les arbres (agroforesterie, bocages, systèmes agrosylvopastoraux) pour créer des microclimats frais et humides, favoriser l’infiltration en profondeur et développer la vie biologique (réseau mycorhizien).
  • Hydrologie : Aménager le territoire pour ralentir, infiltrer et stocker l’eau (noues, baissières, fossés à redans, mares temporaires, réintroduction de castors ou approches mimétiques).

Ces aménagements doivent être pensés globalement à l’échelle du bassin versant, en respectant le relief (méthode “Keyline”), et non comme des solutions isolées à la parcelle.

Exemples concrets de mise en œuvre

  • Domaine viticole dans le Var : Mise en place de baissières, de fossés à redans (matériaux naturels) et de plantations agroforestières pour contrer l’érosion et le manque d’eau, tout en protégeant le parcellaire des ruissellements violents.
  • Élevage de volailles bio dans la Drôme : Utilisation d’un sous-solage en courbe de niveau pour décompacter le terrain et favoriser l’infiltration, couplée à la création de bassins d’infiltration pour gérer les eaux de toiture des poulaillers.
  • Poly-culture en Nord-Drôme : Création de baissières et de micro-bassins pour tamponner les flux d’eau arrivant sur une parcelle, réduisant ainsi les charges sédimentaires et permettant une hydratation progressive du sol avant l’implantation d’arboriculture.

Financement et réglementation

La mise en œuvre de ces approches demande du temps, de l’observation et une adaptation spécifique à chaque contexte. Si le coût peut être réduit par des techniques simples (low tech), il reste un besoin de soutien financier, notamment de la part des collectivités et des syndicats de bassin versant.

Sur le plan réglementaire, il est essentiel d’identifier les cours d’eau (via la carte de la DDT) et de respecter la législation sur les zones humides. Cependant, l’approche préconisée par l’hydrologie régénérative — ralentir et infiltrer l’eau en amont — est généralement bien accueillie, car elle bénéficie à la collectivité dans son ensemble.

Ressources et formations

  • Permalab : Propose des formations sur l’hydrologie régénérative (détails sur permalab.fr).
  • FNAB : Développe un cycle de formation sur la gestion quantitative de l’eau pour les agriculteurs et conseillers (contact : c.charbonnier@fnab.org). Un webinaire sur les futurs usages de l’eau est également en préparation.