Accord UE-Mercosur : une agriculture écologique est-elle tenable ?

De Triple Performance
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Cette vidéo explore les enjeux complexes de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur sous l’angle de l’agroécologie. Pour témoigner des impacts de ces politiques, une délégation composée de Paulinha Santos Souza, Ana Romero Flores, Katia Dos Sentos Penha, Sergio Rojas et Júlio Barbosa a fait le voyage depuis l’Amazonie jusqu’à Bruxelles. Accompagnés par l'agriculteur belge Guillaume, ils illustrent la nécessité de repenser nos systèmes alimentaires. Face à une agriculture intensive déconnectée des réalités environnementales, le collectif « Farm for Good » prône une transition vers une production locale, biologique et régénératrice des sols. À travers des échanges interculturels, cette rencontre souligne une vérité fondamentale : l’avenir des agriculteurs amazoniens et européens est lié. Pour contrer les effets pervers des traités commerciaux, le soutien citoyen à travers une consommation locale et engagée apparaît comme le levier indispensable pour préserver la biodiversité et garantir une souveraineté alimentaire mondiale durable.

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Résumé
Cette vidéo explore les enjeux complexes de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur sous l’angle de l’agroécologie. Pour témoigner des impacts de ces politiques, une délégation composée de Paulinha Santos Souza, Ana Romero Flores, Katia Dos Sentos Penha, Sergio Rojas et Júlio Barbosa a fait le voyage depuis l’Amazonie jusqu’à Bruxelles. Accompagnés par l'agriculteur belge Guillaume, ils illustrent la nécessité de repenser nos systèmes alimentaires. Face à une agriculture intensive déconnectée des réalités environnementales, le collectif « Farm for Good » prône une transition vers une production locale, biologique et régénératrice des sols. À travers des échanges interculturels, cette rencontre souligne une vérité fondamentale : l’avenir des agriculteurs amazoniens et européens est lié. Pour contrer les effets pervers des traités commerciaux, le soutien citoyen à travers une consommation locale et engagée apparaît comme le levier indispensable pour préserver la biodiversité et garantir une souveraineté alimentaire mondiale durable.

L’accord de libre-échange Union européenne-Mercosur est en cours de négociation et il pourrait avoir des conséquences dramatiques à la fois pour les peuples autochtones d’Amazonie et pour l’agriculture en Europe.


Sur une ferme en agriculture bio de conservation des sols (bio régénérative), j’ai eu la chance d’organiser une rencontre entre agriculteurs d’Europe et d’Amérique du Sud autour de la déforestation en Amazonie et dans d’autres régions, avec l’ONG Fern.


Pour faire court : des produits ne respectant pas les normes environnementales européennes pourraient arriver massivement sur le marché de l’UE. Ça serait une concurrence rude pour l’agroécologie européenne et une aubaine pour l’industrie agroalimentaire qui transforme la forêt amazonienne et ailleurs dans le Mercosur en prairies et en champs pour l’exportation. La déforestation et la pression sur les petits producteurs augmenterait des deux côtés de l’Atlantique.


Les membres de la délégation des pays du Mercosur sont :

  • Paulinha Santos Souza (Brésil), communauté des agriculteurs d'Altamira (Pará) et professeure à l'université fédérale du Pará,
  • Katia Dos Sentos Penha (Brésil), membre de la communauté quilombola Divino Espirito Santo et de la Coordination nationale d'articulation des Quilombos,
  • Sergio Rojas (Argentine), membre du peuple Qom/Tobas et du Conseil national des femmes indigènes du Chaco,
  • Júlio Barbosa (Brésil), président du Conseil national des populations extractivistes (récoltants de caoutchouc).


Ils ont été réunis par l’ONG Fern (https://www.fern.org/fr/pole-francais/) et l’institut de recherche environnementale sur l’Amazonie (IPAM), qui soutient la science et l’éducation en Amazonie et dans le Cerrado (https://ipam.org.br/the-ipam/purpose/).


Avec eux, j’ai choisi de me rendre sur la Ferme qui bouge, de Guillaume Debouge, parce qu’il est l’un des cofondateurs du collectif Farm for Good :

https://www.farmforgood.org/cpt_fermes/la-ferme-qui-bouge/

Le collectif Farm for Good accompagne les démarches bio régénératives en Belgique (agriculture bio de conservation des sols), en recréant localement des filières agricoles vertueuses, telles que la moutarde ou la farine. Je vous mets un peu plus bas les coordonnées de Guillaume et Guirec, qui ont participé à la vidéo. Merci infiniment à eux et à leurs familles pour leur accueil.


Merci également aux autrices et auteurs suivants qui m’ont autorisé à utiliser certaines de leurs images pour illustrer le propos :

  • Pour les images de déforestation en Amazonie : Illuminati Filmes, IPAM, Woodwell, IPAM Archives (https://ipam.org.br/)
  • Pour les photos de vaches blanc bleu belges : Robert Scarth, CC BY-SA 2.0,

Stoolhog, CC BY-SA 3.0.


Cette vidéo est financée par l’ONG Fern, qui lutte à Bruxelles pour inscrire les droits de peuples et des forêts dans les politiques de l’Union europénne : https://www.fern.org/fr/pole-francais/


C’est la première fois qu’une vidéo de ma série « Tous Terriens ! » est financée par une organisation tierce. Comme toujours, je tiens à être totalement transparent avec vous : l’organisation Fern a pris en charge mes frais de voyage, de tournage et de post-production, en acceptant le principe de mon indépendance éditoriale totale. Concrètement, ça veut dire que j’ai tourné, monté et commenté cette vidéo comme toujours : selon mes propres choix.


Ce type de collaboration m’aide énormément pour vous proposer des contenus de qualité sur l’agroécologie, tout en conservant mon indépendance de journaliste. Dites-moi en commentaire ce que vous pensez de cette collaboration et si ça vous plairait de voir plus de vidéo de ce type-là.


Abonnez-vous à mes vidéos sur l'agriculture en cliquant ici :

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Bienvenue dans la communauté où l’agriculture est porteuse de solutions, pas seulement de problèmes.


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« Tous Terriens ! » est une série indépendante, fruit de mon engagement de citoyen et de journaliste pour une information à la hauteur des enjeux environnementaux et sociétaux.


Auteur et montage :

Pierre Girard


Rédaction et caméra,

traduction et sous-titrage (FR/EN/DE) :

Geoffrey Schöning


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  1. TousTerriens


Accord UE-Mercosur : une agriculture écologique est-elle tenable ?

Dans cette vidéo, nous partons à la rencontre d’une ferme agroécologique en Belgique, une exploitation qui, par contraste, nous éclaire sur les enjeux de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Cet accord, souvent critiqué pour son manque de clauses environnementales contraignantes, met en péril les petits producteurs, tant en Europe qu’en Amazonie.

Une rencontre internationale pour un combat commun

Pour aborder cet accord complexe, nous avons suivi une délégation de six petits producteurs venus tout droit d’Amazonie : Paulinha Santos Souza, Ana Romero Flores, Katia Dos Sentos Penha, Sergio Rojas et Júlio Barbosa. Accompagnés par l’ONG Farm For Good, ils sont venus à Bruxelles pour faire entendre leur voix auprès des institutions européennes.

L’idée est simple : trouver des alliés en Europe pour défendre une agriculture qui protège les forêts, lutte contre le changement climatique et préserve la dignité humaine. Comme le souligne la délégation, le défi est global : les pratiques industrielles destructrices exportées depuis des décennies touchent aujourd’hui les agriculteurs du monde entier.

L’exemple de la transition en Belgique

Nous nous sommes rendus sur la ferme de Guillaume, un agriculteur belge engagé au sein du collectif Farm For Good. Cette exploitation familiale, qui cultive près de 70 hectares en bio, illustre parfaitement la transition nécessaire.

Le passage d’une agriculture conventionnelle — caractérisée par l’utilisation de produits chimiques et un cheptel intensif — vers un modèle agroécologique a été un processus exigeant mais salutaire. Guillaume a réorienté la ferme vers :

  • L’autonomie alimentaire et énergétique : Réduire la dépendance aux intrants extérieurs.
  • La conservation des sols : Adopter des rotations de cultures diversifiées.
  • Le bien-être animal : Utiliser des races rustiques et favoriser le pâturage extérieur sur de longues périodes.

Produire et consommer autrement

Le constat est partagé par les invités amazoniens : pour être tenable, l’agroécologie ne demande pas seulement de produire autrement, mais aussi de consommer différemment. Le succès de la production locale, comme la moutarde wallonne redéveloppée par le collectif, prouve qu’il est possible de reconstruire des filières courtes et résilientes.

Cependant, le poids de la concurrence déloyale reste fort. La viande importée à bas prix via les accords commerciaux comme le Mercosur pèse sur les marges des petits paysans, qu’ils soient européens ou sud-américains.

Quel rôle pour le citoyen ?

La question centrale demeure : que peuvent faire les citoyens pour soutenir cette transition et influencer les décisions politiques ? Selon les producteurs, la solution repose sur trois piliers :

  1. La demande citoyenne : Favoriser les circuits courts et la production locale.
  2. La sensibilisation : Partager ces modèles d’autonomie pour changer les habitudes alimentaires ancrées par l’industrie.
  3. Le soutien politique : Exiger que les accords de libre-échange intègrent des mesures strictes protégeant les sols, le vivant et les agriculteurs, et non uniquement les intérêts des grands lobbies industriels.

En protégeant les sols et la biodiversité, tant dans nos campagnes qu’en Amazonie, nous protégeons notre avenir commun. Comme le rappelle la délégation, nous sommes tous des terriens, et la solidarité internationale est notre meilleure arme pour faire face à l’urgence climatique.