Agroécologie innovante en Italie : scénario pour 2050
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L’agriculture toscane teste des systèmes d'agroécologie innovante. Pourrait-elle travailler totalement sans pesticide en 2050 ? Le défi est énorme pour cette région qui produit une partie importante de nos céréales et du blé qui sert à fabriquer notre farine et nos pâtes.
L’Italie est le premier producteur mondial de pâtes, avec 3,6 millions de tonnes produites par an. C’est de là que sont originaires trois quarts des pâtes consommées en Europe. La Toscane est la 6e région productrice, connue pour ses variétés de fabrication artisanale.
Alors comment embarquer toute la filière, de l’agriculture céréalière à la transformation et la distribution ? Dans le cadre de l’étude prospective d’INRAE pour 2050, des scientifiques de l’université Sant’Anna de Pise (École supérieure Sainte-Anne) avaient élaboré un scénario sans pesticide. Experts en agroécologie, Stefano Carlesi et Giovanni Pecchioni m’emmènent à la rencontre de certains acteurs de la filière.
Les scientifiques italiens ont travaillé en étroite collaboration avec Claire Meunier et Olivier Mora d’INRAE, qui ont coordonné l’étude prospective européenne :
https://www.inrae.fr/actualites/agriculture-europeenne-pesticides-2050
Cette vidéo est co-produite par INRAE, l’Institut national de recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement.
Cette vidéo en Italie est la neuvième étape de mon « Field Trip », mon tour d’Europe de la recherche scientifique en agronomie.
L’Alliance européenne de recherche vers une agriculture sans pesticides a vu le jour à l’initiative d’INRAE et de ses homologues allemands ZALF et JKI. Elle réunit 34 organismes de recherche issus de 20 pays européens, désireux d’unir leurs forces et de faciliter les échanges de connaissances et d’expertises. Elle vise à accompagner scientifiquement l’objectif ambitieux fixé par la Commission européenne de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030.
Le site de l’alliance et des 34 membres :
https://www.era-pesticidefree.eu/About-us
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La liste des intervenant·e·s de cette vidéo (par ordre d’apparition) :
- Elía Del Sarto : agriculteur céréalier, San Giuliano Terme
- Stefano Carlesi : professeur assistant en agronomie et grandes cultures, spécialiste d’agroécologie et de biodiversité fonctionnelle à l’université Sant’Anna de Pise
- Giovanni Pecchioni, chercheur à l’université Sant’Anna de Pise et coordonnateur du réseau IPMworks en Toscane
- Fabiano Busdraghi, agriculteur bio en polyculture-élevage, ferme Poggio Diavolino
- Luca Balleri, paysan-meunier bio, ferme Il Felciaione
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Mon impact transport :
Je suis très attentif à limiter mon bilan carbone. Pour cette vidéo, mon impact transport (source : Ademe/monimpacttransport.fr) est de 1,8 kg CO2e pour parcourir 788 km en train, soit 92,2 kg CO2e de moins que si j’avais opté pour la voiture et 66,2 kg CO2e de moins que l’avion.
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Une série de Pierre Girard, co-produite avec INRAE
Auteur :
Caméra et montage :
Graphisme :
Traduction et sous-titrage :
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- FieldTrip_EU
Agroécologie innovante en Italie : scénario pour 2050
Comment imaginer un futur sans pesticides dans l’une des régions agricoles les plus stratégiques d’Europe ? C’est en Toscane, terre de production majeure pour nos pâtes, nos pains et nos pizzas, que des chercheurs de l’Université Sant’Anna de Pise, en collaboration avec l’INRAE, travaillent sur des scénarios agricoles pour 2050.
La transition sur le terrain : le cas d’Elia Del Sarto
Elia Del Sarto, jeune agriculteur sur une exploitation familiale de 400 hectares, illustre les défis de la grande culture. Très conscient des débats autour du glyphosate, il s’est engagé, via le “Consorzio di Terre dell’Etruria”, à produire du blé sans cet herbicide. Cependant, pour des cultures comme le maïs ou le tournesol, l’absence de solutions efficaces pour désherber reste un frein.
Elia souligne la difficulté de la transition à grande échelle : la compétition sur le marché mondial et les normes strictes sur les résidus de pesticides rendent l’abandon total des produits phytosanitaires complexe sans une restructuration profonde du système économique et logistique.
L’exemple de Fabiano Busdraghi : l’autonomie par l’écosystème
Pour mieux comprendre les enjeux de cette transition, les scientifiques Stefano Carlesi et Giovanni Pecchioni nous emmènent à la rencontre de Fabiano Busdraghi. Agriculteur en bio depuis une dizaine d’années, Fabiano a supprimé tous les pesticides de synthèse, incluant ceux autorisés en bio.
Sa stratégie repose sur la création d’un micro-écosystème circulaire :
- Valorisation des ressources : Le fumier de ses cochons fertilise les oliviers, tandis que les déchets de taille servent à pailler les potagers.
- “Green matching” : Il augmente la densité des cultures pour étouffer naturellement les mauvaises herbes.
- Diversification : Élevage de races anciennes de poules et culture de variétés céréalières oubliées.
Fabiano travaille en circuit court avec Luca Balleri, un paysan meunier qui transforme une dizaine de variétés de céréales. Bien que ce modèle soit viable pour une petite structure, il souligne que le passage à une échelle industrielle nécessiterait de repenser les infrastructures de transformation et de distribution.
La science au service de l’agroécologie : cultures associées
Les travaux de Stefano Carlesi et de son équipe à l’université visent à proposer des solutions techniques applicables à plus grande échelle. L’une des pistes prometteuses est la culture associée (ou interculture) : mélanger des céréales (comme le blé dur) avec des légumineuses (comme les lentilles).
Cette méthode présente plusieurs avantages :
- Fixation de l’azote : La légumineuse enrichit le sol naturellement.
- Compétition naturelle : La structure racinaire différente des plantes associées occupe l’espace et empêche le développement des adventices.
- Diversification des revenus : La récolte simultanée de deux cultures sur une même parcelle compense une éventuelle baisse de rendement de la céréale.
Vers 2050 : un changement systémique
Si le chemin vers le “zéro pesticide” est encore long, une nouvelle génération d’agriculteurs, comme Elia Del Sarto, se montre ouverte aux nouvelles pratiques. Le message des chercheurs est clair : le changement ne peut reposer uniquement sur les épaules des agriculteurs. Il nécessite un système politique et économique qui sécurise ces démarches agroécologiques.
La clé réside dans la diversité — qu’elle soit végétale, sociale ou technique — pour construire une agriculture résiliente face aux défis de 2050.