Assurer la qualité des fourrages, Florian Moulin

De Triple Performance
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Dans cette vidéo, Florian Moulin, de la Chambre d’agriculture de la Lozère, partage des stratégies clés pour optimiser la qualité des fourrages et renforcer l’autonomie alimentaire des fermes. L'expert souligne l'importance d'une fertilisation organique ciblée, idéalement réalisée à l'automne sur sol chaud et humide, complétée au printemps par un apport azoté minéral pour favoriser le tallage. La réussite repose également sur une gestion rigoureuse de la récolte, basée sur le suivi des sommes de températures (seuil optimal entre 600 et 800°C) et le maintien d'une hauteur de fauche minimale de 7 cm pour préserver le développement racinaire et limiter la compaction. Enfin, Florian Moulin explique comment l’utilisation du réfractomètre (Brix) et l'observation du pH et du potentiel redox dans les bouses permettent de mieux piloter la santé du rumen. Ces pratiques permettent d'assurer une meilleure digestibilité des fourrages et d’améliorer durablement les performances des animaux.

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Résumé
Dans cette vidéo, Florian Moulin, de la Chambre d’agriculture de la Lozère, partage des stratégies clés pour optimiser la qualité des fourrages et renforcer l’autonomie alimentaire des fermes. L'expert souligne l'importance d'une fertilisation organique ciblée, idéalement réalisée à l'automne sur sol chaud et humide, complétée au printemps par un apport azoté minéral pour favoriser le tallage. La réussite repose également sur une gestion rigoureuse de la récolte, basée sur le suivi des sommes de températures (seuil optimal entre 600 et 800°C) et le maintien d'une hauteur de fauche minimale de 7 cm pour préserver le développement racinaire et limiter la compaction. Enfin, Florian Moulin explique comment l’utilisation du réfractomètre (Brix) et l'observation du pH et du potentiel redox dans les bouses permettent de mieux piloter la santé du rumen. Ces pratiques permettent d'assurer une meilleure digestibilité des fourrages et d’améliorer durablement les performances des animaux.

Présentation par Florian Moulin, conseiller élevage à la chambre d'agriculture de la Lozère




Assurer la qualité des fourrages

La gestion des prairies est un levier majeur pour renforcer l’[[autonomie fourragère]] des exploitations d’élevage. Florian Moulin, conseiller à la chambre d’agriculture de la Lozère, partage ses recommandations techniques pour maximiser la valeur alimentaire des fourrages produits.

Fertilisation : le pilotage stratégique

La fertilisation ne se limite pas à un apport d’éléments ; c’est une question de calendrier pour correspondre aux besoins de la plante et à la minéralisation du sol.

  • Fertilisation organique : Il est crucial d’apporter les effluents d’élevage (fumiers, lisiers) à l’automne (avant le 15 novembre) sur un sol chaud et humide. Cela permet une minéralisation progressive durant l’hiver, rendant l’azote disponible au moment du pic de croissance printanier. Un épandage printanier, à l’inverse, risque d’entraîner un pic de minéralisation décalé à l’automne, provoquant un gaspillage et un déséquilibre alimentaire.
  • Fertilisation azotée minérale : Au printemps, l’apport d’azote minéral doit être réalisé autour de 200°C cumulés (base 0-18 à partir du 1er janvier) pour favoriser le tallage. Un tallage précoce permet d’obtenir une prairie plus dense, moins riche en tiges et plus riche en feuilles, augmentant ainsi la digestibilité.
  • Le respect des délais : Il est impératif de conserver un différentiel de 500°C cumulés entre le dernier apport d’azote et la récolte pour éviter les excès d’azote soluble dans le fourrage, qui compliquent la valorisation par les animaux.

Optimisation de la récolte

La valeur alimentaire du fourrage dépend fortement du stade et des conditions de récolte.

  • Le stade de récolte : Le stade idéal se situe entre la fin de la montaison et le début de l’épiaison. C’est le meilleur compromis entre digestibilité (valeur énergétique) et volume. Une récolte trop tardive conduit à une plante trop fibreuse (teneur élevée en cellulose brute et NDF), difficilement valorisable.
  • Somme des températures : Pour la récolte, le suivi des températures cumulées (base 0-18 à partir du 1er février) est un indicateur fiable. Une récolte précoce (autour de 600-700°C) garantit une haute digestibilité, bien que le volume soit plus faible.
  • L’heure de fauche : Faucher en milieu de journée (entre 11h et 14h) est souvent préconisé pour maximiser la teneur en sucres, mais il faut s’assurer que la chaîne de récolte permet un séchage rapide. Plus le séchage est rapide, mieux les sucres sont conservés.

La gestion de la fauche et du sol

  • Hauteur de coupe : Il est indispensable de faucher à une hauteur minimale de 7 cm. Cette pratique préserve les racines, favorise une repousse rapide et limite la récolte des parties basales de la plante, riches en fibres indigestibles. Une fauche haute aide également la prairie à mieux encaisser les périodes de sécheresse estivale.
  • Chaîne de récolte : L’usage d’une faucheuse à plat est souvent préférable pour préserver la plante. Si une conditionneuse est utilisée, elle peut être contre-productive au début du séchage en fermant les stomates de la plante. Le fanage rapide après la fauche est crucial pour aérer l’andain et maintenir les stomates ouverts, accélérant ainsi la perte d’eau avant la nuit.

Indicateurs de suivi : bouse et rumen

Florian Moulin insiste sur l’observation de l’animal pour évaluer la qualité de la ration :

  • pH et Rédox : Un rumen performant doit avoir un pH entre 6 et 6,5. Un pH trop élevé (alcalin) indique un sous-régime fermentaire, tandis qu’un pH trop bas signale un risque d’acidose. Le potentiel d’oxydoréduction (Rédox) renseigne sur la puissance de travail de la flore ruminale.
  • Analyse des bouses : C’est un indicateur pratique et accessible pour diagnostiquer l’équilibre de la ration. Des analyses régulières permettent d’ajuster les apports et d’éviter des troubles métaboliques ou des sensibilités aux infections, souvent corrélés à une mauvaise qualité de fourrage.

En conclusion, la réussite repose sur une approche globale : anticiper la fertilisation, respecter les stades de croissance par le suivi des températures et soigner la gestion de la prairie au quotidien pour préserver son capital racinaire.