Autonomie et sols vivants : élevage en agriculture céréalière
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En agriculture de conservation des sols sur 70 hectares en Sologne, Franck Baechler allie la culture de céréales et l'élevage. Sur sols vivants, il pratique le pâturage tournant dynamique de bovins de race angus, de brebis solognotes et de poulets, en plein air toute l'année. Son système autonome fonctionne sans bâtiments et sans matériel. C'est le sol vivant qui guide toutes ses décisions.
A côté de son activité d'agriculture céréalière, l'élevage permet à Franck de dynamiser le flux de carbone, d'augmenter le taux de matière organique et la fertilité de son sol, tout en diversifiant ses sources de revenu. Sa ferme baptisée "Angus de Sologne" est voisine de celle de Frédéric Thomas, l'un des pionniers de l'agriculture de conservation des sols en France.
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« Tous Terriens ! » est une série indépendante, fruit de mon engagement de citoyen et de journaliste pour une information à la hauteur des enjeux environnementaux et sociétaux. Cette vidéo est auto-financée.
Auteur et montage :
Rédaction et caméra,
traduction et sous-titrage (FR/EN/DE) :
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- TousTerriens
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0:00 Franck Baechler, éleveur de sols
0:32 Frédéric Thomas / Franck Baechler : comparaison de sols
1:42 animaux et sol vivant
2:08 troupeau angus noires
3:09 pâturage tournant dynamique
3:56 fertilisation et élevage
4:17 arrêt de l'élevage en grandes cultures
5:00 poulets en pâturage tournant
6:31 couvert biomax et pâturage
7:13 agriculture régénérative par l'animal
8:22 agriculture de conservation des sols
9:51 partenariat vaches, vers de terre, pollinisateurs
Introduction : le retour des animaux dans les systèmes céréaliers
Remettre des animaux dans les systèmes agricoles est un défi de taille, mais certains pionniers commencent à franchir le pas pour redonner de la résilience à leurs sols. Franck Baechler est l’un d’entre eux. Surnommé « éleveur de sols », il travaille en collaboration étroite avec Frédéric Thomas, figure emblématique de l’agriculture de conservation des sols en France. L’objectif est simple : reconstruire le sol petit à petit en réintégrant le cycle animal pour dynamiser les flux de carbone et de fertilité.
Le sol comme moteur de la fertilité
En comparant une parcelle convertie au semis direct depuis cinq ans (celle de Franck) avec une parcelle gérée en semis direct depuis 25 ans (celle de Frédéric Thomas), les différences sont flagrantes. Dans le sol de Frédéric Thomas, on observe des galeries creusées par les vers de terre et un brunissement profond. Ce phénomène illustre le travail biologique : les vers transfèrent la matière, l’énergie et la fertilité en profondeur.
Cette structure permet aux racines de progresser facilement dans des zones riches. De plus, une forte teneur en matière organique agit comme un tampon thermique et hydrique, conservant davantage d’eau et facilitant le semis, même en période de sécheresse. Pour Franck, l’enjeu est de réduire le temps nécessaire à cette construction biologique en utilisant le bétail pour accélérer les cycles de carbone.
L’élevage pour dynamiser les flux de carbone
Franck élève un petit troupeau d’Angus noirs qu’il déplace quotidiennement sur de nouveaux paddocks. Cette mobilité est la clé : les animaux mangent la biomasse tout en laissant une partie de la végétation pour que la photosynthèse puisse redémarrer sans épuiser les racines.
Par leurs bouses, les vaches réinjectent des bactéries et des ferments qui réveillent la micro-faune du sol. Franck considère littéralement ses animaux comme un « [[thé de compost]] vivant » qu’il répartit lui-même sur ses parcelles. Contrairement à beaucoup d’agriculteurs qui ont arrêté l’élevage pour des raisons de charge de travail, Franck en a fait une évidence dès son installation, sans bâtiment d’élevage pour maximiser le bien-être animal et l’autonomie.
Diversité animale et approche systémique
Outre les bovins, Franck intègre également des volailles sur ses parcelles. Cette pratique offre deux avantages majeurs :
- Une gestion optimale du pâturage.
- Une sécurité sanitaire accrue, notamment face au risque de grippe aviaire, en évitant la concentration des animaux.
Les résultats sont visibles : là où les poulets sont passés au printemps, la fertilité du sol est nettement supérieure sans aucun apport extérieur. À terme, cette superposition d’activités pourrait permettre de réfléchir à une production animale plus intensive, non pas au sens péjoratif du terme, mais en termes de biodiversité et d’intensification des cycles biologiques.
L’[[autonomie fourragère]] et la gestion des cultures
Pour pallier le manque de pousse d’herbe en été, Franck a mis en place des mélanges de couverts spécifiques (vesse, tournesol, sorgho, colza fourrager, phacélie) capables de supporter le pâturage. Cette stratégie permet de maintenir un « refuge carboné » tout en nourrissant le bétail.
Par mimétisme, les jeunes animaux apprennent des mères à consommer cette flore variée. Franck applique ici des principes inspirés du déplacement naturel des troupeaux sauvages, comme les bisons, en les adaptant avec des outils modernes. Il réalise ainsi une véritable boucle agronomique : les animaux pâturent les couverts, une céréale est semée, puis récoltée, tout en construisant un sol sain.
Conclusion
À travers cette approche, Franck prouve qu’il est possible de concilier production de viande et de céréales sur une même exploitation en 365 jours. Le sol devient alors le maître du jeu avec lequel l’agriculteur communique. À l’image de Sébastien dans le Loiret ou de Marc en Normandie, de nombreux céréaliers s’interrogent aujourd’hui sur le retour de l’élevage. L’agriculture de demain semble se diriger vers un rapprochement nécessaire entre le monde végétal et le monde animal pour régénérer le vivant.