Cours en ligne 3/9 BIOFRUITNET: poire maladies

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Dans le cadre du projet européen BIOFRUITNET, Claude-Eric Parveaud et Gilles Libourel, du Groupe de recherche en agriculture biologique, présentent un cours en ligne dédié à la gestion des principales maladies du poirier en verger biologique. Cette session technique détaille le cycle et les stratégies de lutte contre la tavelure, le feu bactérien, le Pseudomonas et la stemphyliose. L'intervenant souligne la virulence particulière de la tavelure du poirier, capable de provoquer des chancres sur bois, ce qui impose une surveillance constante et une prophylaxie rigoureuse. La gestion repose sur un triptyque : prévention, lutte curative et, si nécessaire, interventions ciblées. Les échanges abordent également l'influence des techniques culturales, comme la gestion de la vigueur des arbres ou le traitement des feuilles au sol, sur la pression parasitaire. Cette synthèse offre des outils pratiques pour les producteurs afin de limiter les risques sanitaires tout en préservant la qualité commerciale des fruits.

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Résumé
Dans le cadre du projet européen BIOFRUITNET, Claude-Eric Parveaud et Gilles Libourel, du Groupe de recherche en agriculture biologique, présentent un cours en ligne dédié à la gestion des principales maladies du poirier en verger biologique. Cette session technique détaille le cycle et les stratégies de lutte contre la tavelure, le feu bactérien, le Pseudomonas et la stemphyliose. L'intervenant souligne la virulence particulière de la tavelure du poirier, capable de provoquer des chancres sur bois, ce qui impose une surveillance constante et une prophylaxie rigoureuse. La gestion repose sur un triptyque : prévention, lutte curative et, si nécessaire, interventions ciblées. Les échanges abordent également l'influence des techniques culturales, comme la gestion de la vigueur des arbres ou le traitement des feuilles au sol, sur la pression parasitaire. Cette synthèse offre des outils pratiques pour les producteurs afin de limiter les risques sanitaires tout en préservant la qualité commerciale des fruits.

Le cours couvrira les principaux stratégies de lutte contre les maladies en fruits à pepins (poires) biologiques. Intervenant. Gilles Libourel; Modérateur: Claude-Eric Parveaud, GRAB

o 00:00. Presentation présentation du cours et de l'intervenant

o 01:10. Strategies de lutte contre les maladies

o 52:10. Questions et réponses

o 01:13:50. Conclure


Introduction

Ce cours en ligne, présenté par Gilles Libourel du Groupe de recherche en agriculture biologique (GRAB), s’inscrit dans le cadre du projet européen Biofruitnet. Ce projet, d’une durée de trois ans et demi, a permis de collecter, synthétiser et traduire des données techniques mises en forme sous diverses supports (vidéos, fiches techniques, podcasts et cours en ligne). Cette session se concentre sur les maladies du poirier en verger conduit en agriculture biologique.

La [[tavelure du poirier]]

La tavelure du poirier se distingue de celle du pommier par une caractéristique majeure : la formation de symptômes sur le bois (craquelures et chancres).

  • Risque permanent : La présence de chancres sur le bois entraîne un risque de contamination tout au long de la saison de végétation, même sans pluie, dès lors qu’il y a une forte humectation (y compris nocturne).
  • Sensibilité : La tavelure attaque également les jeunes pousses herbacées et les fruits.
  • Variété conférence : Longtemps considérée comme résistante, elle subit désormais des souches hypervirulentes de tavelure dans de nombreuses zones de production traditionnelles (Orléanais, Belgique, Pays-Bas, Savoie).
  • Symptômes : Sur feuilles, les tâches sont souvent plus discrètes que sur pommier et situées sur la face inférieure. Sur fruits, les tâches primaires déclassent commercialement la récolte. En conservation, si l’hygrométrie est forte et la température insuffisamment basse, la tavelure peut continuer à se développer.
  • Surveillance et gestion : Il est conseillé de surveiller l’aspect des lésions sur les rameaux pour déclencher la prophylaxie. La gestion inclut :

Le ramassage ou le broyage des feuilles (porteuses de péritèces) en fin d’hiver, favorisé par l’application de vinasse. La gestion de la vigueur par la fertilisation et la taille (en évitant l’excès de pousse). Dans certains pays, des techniques drastiques comme la coupe de racines ou la “réduction des troncs” sont pratiquées pour limiter la croissance. En lutte directe : utilisation préventive de cuivre et soufre, ou traitements “stop” (curatifs précoces ou tardifs) basés sur le calcul des degrés-heures pour tuer la spore lors de sa germination.

Le feu bactérien

Maladie potentiellement dévastatrice capable d’entraîner la perte totale d’un verger.

  • Prophylaxie : Sélection de variétés tolérantes (gamme “Arrow”), maîtrise de la vigueur (les pousses vigoureuses sont très sensibles), élimination des parties infectées en hiver (lorsqu’elles sont bien sèches pour limiter la propagation) et suppression des fleurs secondaires.
  • Lutte directe : Usage limité du cuivre pour son action bactériostatique et utilisation d’antagonistes comme Aureobasidium pullulans (ex: Blossom Protect), qui acidifie le milieu et empêche le développement de la bactérie Erwinia amylovora.

Pseudomonas syringae

Présente partout dans l’environnement, cette bactérie est particulièrement active par temps froid et humide, notamment autour de la floraison.

  • Impact : Elle provoque des dessèchements de fleurs et de bourgeons, souvent confondus avec le feu bactérien. C’est une bactérie glaçogène qui augmente les dégâts de gel.
  • Risque lié à l’irrigation : L’usage d’eau de surface pour la protection antigel peut introduire des populations bactériennes élevées dans le verger, provoquant des dégâts sévères.
  • Gestion : Éviter l’irrigation par aspersion si possible, utiliser des traitements au cuivre (si autorisé) pour baisser la pression des populations, et emploi du Blossom Protect qui présente une double efficacité contre le feu bactérien et Pseudomonas.

La stemphyliose du poirier

Champignon présent sur de nombreuses cultures, sa dynamique en agriculture biologique semble moins problématique dans le sud de la France et aux Pays-Bas, bien qu’elle reste imprévisible.

  • Sensibilité variétale : Conférence, Abate Fetel et Beurre Hardy sont très sensibles, tandis que les Williams sont plus tolérantes.
  • Gestion : Comme pour la tavelure, l’aération de l’arbre et la réduction de la durée d’humectation sont essentielles. Les traitements directs (cuivre, bicarbonate de sodium) servent à réduire la pression, bien que la phytotoxicité soit un point de vigilance sur certaines variétés. L’utilisation de Trichoderma est une piste en préventif.

Le chancre européen du poirier

  • Répartition et symptômes : Sévit surtout dans les zones au climat doux et humide (Bretagne, Normandie). Il provoque des dépérissements de branches par pénétration via les plaies (chute des feuilles, récolte).
  • Gestion : Inspection rigoureuse des plants à la livraison, gestion de l’acidité et du taux de calcium dans les sols, et soin apporté à la cicatrisation des plaies. Des badigeons à base de cuivre peuvent être utilisés pour couvrir les plaies après des coupes.

Conclusion sur les stratégies de gestion

Gilles Libourel souligne que, quel que soit l’agent pathogène, la surveillance constante du verger et les mesures prophylactiques constituent l’investissement le plus rentable à long terme. Négliger ces interventions peut mener à des situations ingérables et coûteuses. La lutte doit reposer sur un triptyque : prévention, prophylaxie rigoureuse et lutte directe raisonnée.