Cours en ligne 4/9 BIOFRUITNET: poire ravageurs

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Dans ce cours en ligne BIOFRUITNET consacré à la protection du poirier, Gilles Libourel (expérimentateur et arboriculteur au GRAB) dresse un panorama des ravageurs majeurs en agriculture biologique. Accompagné par Claude-Eric Parveaud, il détaille le cycle biologique, les méthodes de détection et les stratégies de lutte contre cinq ravageurs clés : la cécidomyie des poirettes, le carpocapse de la pomme, l'hoplocampe du poirier, les punaises (dont la punaise diabolique) et l'agrile du poirier. L'expert souligne l'importance cruciale de la prophylaxie, notamment l'élimination précoce des fruits infestés et une gestion raisonnée de la vigueur des vergers. Il aborde également les limites des solutions biocides actuelles, souvent peu sélectives ou soumises à des restrictions réglementaires, et met en avant l'intérêt des régulations naturelles par les auxiliaires, tout en insistant sur la nécessité de bien piloter la biodiversité fonctionnelle pour éviter de favoriser indirectement certains ravageurs.

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Résumé
Dans ce cours en ligne BIOFRUITNET consacré à la protection du poirier, Gilles Libourel (expérimentateur et arboriculteur au GRAB) dresse un panorama des ravageurs majeurs en agriculture biologique. Accompagné par Claude-Eric Parveaud, il détaille le cycle biologique, les méthodes de détection et les stratégies de lutte contre cinq ravageurs clés : la cécidomyie des poirettes, le carpocapse de la pomme, l'hoplocampe du poirier, les punaises (dont la punaise diabolique) et l'agrile du poirier. L'expert souligne l'importance cruciale de la prophylaxie, notamment l'élimination précoce des fruits infestés et une gestion raisonnée de la vigueur des vergers. Il aborde également les limites des solutions biocides actuelles, souvent peu sélectives ou soumises à des restrictions réglementaires, et met en avant l'intérêt des régulations naturelles par les auxiliaires, tout en insistant sur la nécessité de bien piloter la biodiversité fonctionnelle pour éviter de favoriser indirectement certains ravageurs.

Le cours couvrira les principaux stratégies de lutte contre les ravageurs en fruits à pepins (poires) biologiques. Intervenant: Gilles Libourel, GRAB; Modérateur: Claude-Eric Parveaud, GRAB

o 00:00. Presentation présentation du cours et de l'intervenant

o 00:45. Strategies de lutte contre les ravageurs

o 46:20. Questions et réponses

o 01:02:00. Conclure


Cours en ligne : panorama des ravageurs du poirier en agriculture biologique

Cette présentation, animée par Gilles Libourel, expérimentateur et arboriculteur au GRAB, dresse un état des lieux des principaux ravageurs rencontrés dans les vergers de poiriers en agriculture biologique. Bien que le contexte soit celui du sud de la France, les informations fournies restent pertinentes pour l’ensemble des zones de production francophones (Belgique, Suisse, France).

La cécidomie des poirettes

C’est un diptère qui hiverne dans le sol sous forme de pupe. Les adultes émergent juste avant le stade végétatif sensible du poirier. Les œufs sont pondus dans les bourgeons.

  • Symptômes : Les fruits infestés grossissent anormalement vite au stade “hache” et présentent des déformations. À l’intérieur, on peut trouver plusieurs dizaines de larves qui détruisent les pépins.
  • Protection : L’usage des phéromones est un outil d’observation intéressant en cas de forte pression. La prophylaxie repose sur l’élimination des fruits infestés. Les traitements (huiles minérales, spinosad, pyrèthres) ont des efficacités variables et doivent respecter un timing précis. Le soufre, souvent utilisé dans les programmes de protection, est déconseillé car il nuit aux parasitoïdes naturels qui régulent les populations de cécidomies.

Le carpocapse de la pomme

Ravageur commun, il peut engendrer jusqu’à quatre générations selon les secteurs.

  • Particularité chez le poirier : Contrairement à la pomme, le fruit du poirier est peu attractif en début de développement à cause de sa dureté. Cependant, à l’approche de la récolte, certaines variétés (comme les poires de type “beurré”) deviennent très sensibles.
  • Lutte et prévention : La confusion sexuelle et les barrières physiques (filets) sont des outils clés. Il est indispensable de réduire le nombre de fruits par bouquet (idéalement deux) pour limiter les zones de contact où les larves se réfugient et échappent aux traitements. La destruction systématique des fruits infestés est primordiale. En lutte directe, le virus de la granulose (en alternant les souches) et les nématodes (en automne) sont des solutions privilégiées en bio.

L’hoplocampe du poirier

Ressemblant à l’hoplocampe du pommier, cet insecte hiverne dans le sol. Les œufs sont pondus dans le fond de la fleur.

  • Symptômes : Les larves grignotent les jeunes fruits, provoquant leur chute rapide. Une seule larve peut détruire trois à quatre fruits au cours de son développement. On observe des traces noires et des déjections caractéristiques, ainsi qu’une odeur de punaise à l’ouverture des fruits.
  • Lutte : Le piégeage chromatique blanc est une option. La régulation naturelle est efficace dans les vergers à faibles intrants. La lutte directe par nématodes est en cours d’évaluation pour valider le positionnement idéal de l’application.

Les punaises (diabolique et indigènes)

Les punaises, dont la punaise diabolique (espèce invasive), sont très polyphages.

  • Dégâts : Elles piquent les fruits, causant des zones liégeuses ou pierreuses. Ces piqûres, particulièrement préjudiciables à l’approche de la récolte, rendent les fruits invendables.
  • Lutte : La maîtrise est complexe car ces insectes sont mobiles et se déplacent à pied, rendant les filets de protection moins hermétiques que face au carpocapse. Le piégeage de masse avec phéromones d’agrégation est une piste à l’étude pour l’automne. La gestion de la biodiversité (bandes fleuries) doit être prudente pour ne pas créer des “échelles” permettant aux punaises d’accéder aux arbres.

L’agrile du poirier

Il s’agit d’un coléoptère xylophage dont l’adulte pond à la base des rosettes.

  • Symptômes : La larve creuse une galerie sinueuse entre le bois et l’écorce, ce qui finit par couper le passage de la sève et provoquer le dessèchement de la rosette. Les feuilles présentent des échancrures caractéristiques en forme de “V”.
  • Prévention : L’agrile est considéré comme un parasite de faiblesse, bien qu’il puisse attaquer des arbres équilibrés. Il est fortement déconseillé de planter des plants de deux ans (“scions de deux ans”), car ils sont de vecteurs majeurs d’introduction de ce ravageur. Le rabattage à la plantation est préconisé pour favoriser une croissance vigoureuse et limiter les risques. La prophylaxie précoce consiste à repérer les rosettes sèches et à couper la branche atteinte le plus tôt possible pour éviter que la larve n’atteigne le tronc ou les charpentières.

Ce cours s’inscrit dans le cadre du projet européen BIOFRUITNET, visant à disséminer les connaissances techniques en arboriculture biologique. L’ensemble des ressources est disponible sur le site officiel de BIOFRUITNET.